Les nuits sont à nous – témoignage pour la Leche League

La première tétée de ma fille a eu lieu la nuit. Elle est née à 00h22 et quelques minutes plus tard, je l’ai mise au sein.

Je n’avais pas d’idées préconcues avant d’accoucher si ce n’est que j’allaiterai et qu’un bébé dort dans  sa propre chambre. La première s’est enraciné en moi et m’a permis d’affronter les obstacles que l’on rencontre lorsque l’on allaite, la deuxième s’est effondrée, et pour le plus grand bien de tout le monde.  Ma fille a commencé a téter la nuit dès ses premières heures, et j’ai compris que je ne pouvais pas me séparer d’elle, jour ou nuit. Elle a dormi dès la maternité avec moi, son petit corps collé contre le mien, le sein à volonté. Toutes les demi heures, toutes les heures, toutes les deux heures. Sans savoir, sans compter.

A trois jours, ma fille a eu un ictère suffisamment important pour nécessiter de la photothérapie intensive pendant deux jours. Nous sommes toutes les deux restées à la maternité, et j’ai continué de l’allaiter, la nuit également. Je pense qu’elle a eu des biberons malgré tout, car je ne la récupérai que toutes les trois heures la nuit, mais plus souvent la journée, car dès qu’elle montrait des signes de faim, je pouvais la récupérer.

Rentrées à la maison, elle se réveillait toutes les quarante cinq minutes, ou heures et demi pour téter la nuit. Son lit était collé au nôtre mais elle nous a immédiatement rejoint et s’est retrouvé entre nous. Sans savoir ce que c’était que le cododo, nous avons adopté cette méthode. Elle se réveillait et je l’allaitais, nous nous rendormions ensemble.

J’étais à l’affut du moindre de ses mouvements ou respirations différentes, et le fait de l’avoir près de moi la nuit me rassurait énormément, j’avais l’impression de pouvoir combler ses besoins, et sans la faire attendre. La première fois qu’elle a dormi cinq heures sans se réveiller, et ça reste rare aujourd’hui encore, elle devait avoir deux mois, et je me suis réveillée et tellement inquiète qu’elle dorme autant, je l’ai réveillé pour qu’elle tête!

Elle tête parfois de manière intense la nuit, signe qu’elle est malade, qu’elle a une poussée dentaire ou bien qu’elle est en plein ‘pic de croissance’. Ses tétées rapprochées, ou incessantes m’indiquent son état fébrile, et dormir auprès d’elle est à nouveau pour moi une sécurité, qui me permet de répondre à ses besoins, comme par exemple de l’hydrater si elle a de la fièvre.

Vers ses 9 mois, elle a réduit ses tétées la journée, distraite par tous les stimuli extérieurs et bien intéressée par la diversification. Ses tétées se sont déplacées sur la nuit, et elle s’est remise à téter davantage la nuit et cela de manière considérable. Cela m’arrangeait du fait de l‘approche de ma reprise du travail, puisque ma fille avait pris l’habitude de téter au moment où ça serait toujours possible.

Elle se réveille assez régulièrement pour téter mais je n’ai jamais été inquiète de savoir si elle ferait ses nuits ou de quand est-ce qu’elle s’arrêterait de se réveiller, car je n’ai pas l’impression d’avoir été privée de sommeil, ni n’ai compté les réveils car le fait de dormir avec elle m’a permis de dormir paisiblement, en savant que j’étais là pour elle, calée sur son sommeil.

Elle a eu un an récemment, et elle dort toujours avec nous.  La nuit elle se réveille toutes les deux heures, quatre heures, moins ou plus, honnêtement je ne sais pas, car je me réveille à peine. Pour téter comme avant? Pour se rassurer? Ce qui est sûr c’est qu’on se rendort toutes les deux en paix, et qu’il est rare que son père s’aperçoive de quoi que ce soit. J’ai repris le travail il y a peu et je ne ressens pas de fatigue, uniquement le contentement de pouvoir être là pour ma fille de cette manière. Les nuits sont à nous, à notre famille, et à cette merveilleuse relation qu’est l’allaitement.

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