Répondre ou laisser pleurer un bébé?

J’ai toujours été perturbée lorsque j’entendais un enfant qui pleurait, mais avant de devenir maman je ne suis jamais entrée dans le débat de savoir s’il fallait laisser pleurer un enfant ou non.

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Enfant, j’étais attristée par la vue d’un autre enfant qui pleurait, et tentais de lui apporter maladroitement du réconfort.
Adolescente, j’étais aux anges lorsque ma nièce avait besoin d’un câlin pour aller mieux.
Adulte, je ne freine pas mon élan de prendre d’autres adultes dans mes bras lorsqu’ils pleurent. C’est la position dans laquelle je me sens le mieux. Si je ne le fais pas, je me sens stupide et en retrait.
Il en va de même avec ma fille. Je ressens du bien être lorsque je la prends dans mes bras, la câline, la console et la porte lorsqu’elle pleure.
Cela m’apaise profondément, et je trouve ces moments précieux.

Je me rappelle pourtant lors de rares occasions avoir été agacée en entendant des personnes pleurer et avoir voulu m’éloigner d’eux. Sentir l’énervement monter. Pleurer, souffrir c’est mal vu. C’est être vulnérable. Et cela provoque le mal être chez la personne qui l’entend quand celle-ci est elle-même en position de faiblesse. Il m’arrive comme tout le monde d’être faible et de ne pas beaucoup m’aimer. Heureusement, c’est de plus en plus rare. Dans ce cas là, je peux concevoir qu’on ne puisse arriver à porter assistance à quelqu’un d’autre.

Mais je ne peux concevoir qu’on ne réponde pas aux pleurs de son bébé.

Il est né avec pour seule défense la capacité de pleurer. C’est la seule chose qui a été programmé dans notre espèce pour assurer sa survie. Et cette capacité pour être efficace dépend de notre réponse à son signal.

Il est notre famille. Il est nous. Nous sommes son armure.

Ne pas répondre aux pleurs de son enfant, c’est le laisser seul. Face à lui-même, sa propre faim, sa propre soif, sa douleur, sa peur, sa propre angoisse,  son besoin de vie, d’échanges, sa propre existence de tout petit être. C’est mettre en jeu la construction de son cerveau car celui- est encore immature et n’est pas en mesure de passer outre ses émotions et ses besoins. C’est le laisser vulnérable et insidieusement lui enseigner que peut-être il le mérite. Le vide et la souffrance.

Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que le stress provoqué par des pleurs qui ne sont pas accueillis à un effet néfaste sur le comportement, la confiance en soi et l’estime. Il peut  également engendrer la destruction de neurones et a un impact sur les gènes.

Penser qu’il vous manipule ou qu’il apprendra quelque chose de cette souffrance c’est enterrer son propre enfant intérieur et lui interdire de parler. Accepter que tout le réconfort dont vous aviez besoin et que vous n’avez pas reçu, c’était pour votre bien. Accepter que la souffrance, c’est normal et nécessaire.

Dans ce cas, c’est vous qui avez besoin d’être écouté.
On répond aussi à un adulte en détresse.

 
Voici quelques liens :

– ce qui arrive quand on laisse pleurer
http://www.huffingtonpost.fr/2016/04/07/laisser-pleurer-bebe-corps_n_9632418.html
– « laisse-le pleurer… » Vraiment ?
http://www.working-mama.fr/working-mama-sinterroge/laisse-le-pleurer-vraiment
– la nuit aussi les enfants ont besoin de nous
http://llwynrt.legtux.org/laisserpleurer.pdf

 

de la lecture :
– ‘pour une enfance heureuse’ de Catherine Gueguen
– ‘vivre heureux avec son enfant’ de Catherine Gueguen

 

 

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