La violence éducative ordinaire expliquée

La VEO

La violence éducative ordinaire se décline en violences physiques et en violences morales, qui ont toutes les mêmes conséquences destructives chez l’individu. Voici 6 catégories principales.

chatiments

  1. Les coups, les gifles, les fessées, les tapes

Alors voilà, il est évident que donner des coups c’est violent, et qu’on protège les enfants des abus physiques. Mais souvent on entend dire qu’une gifle, une tape ou une fessée bien méritée, ça n’a jamais fait de mal. C’est à dire qu’on essaie de calibrer la violence, il y a la violence violente et la violence méritée, qui serait éducative. Mais la violence, c’est de la violence, et les neurosciences démontrent aujourd’hui, s’il y avait un doute, que toutes formes de violence sont néfastes pour le développement cérébral. Le stress fait augmenter le niveau de certaines hormones qui vont bloquer la multiplication de cellules grises, et le nombre de récepteurs en lien avec l’empathie. Elles ne garantissent ni l’obéissance mais plutôt le contraire, car si l’enfant est arrêté dans son action, c’est par sidération et peur, ce qui n’a rien à voir avec le respect, qui est une attitude raisonnée. Si vous voulez produire un  futur adulte angoissé avec un estime moindre pour lui-même et peu d’empathie, vous savez ce qu’il vous reste à faire. ‘Et celle-là, c’est pour ton bien.’

Respectons l’intégrité physique et morale des enfants. Ils ne sont pas là pour qu’on se défoule sur eux.

2.Les insultes

Je pense qu’il n’y a pas besoin d’expliquer en quoi les insultes sont violentes ? leur aspect réducteur, blessant, qui va toucher directement à l’estime, à ce que l’on est. Cette agression verbale qui fait mal à la tête.

  1. La moquerie et l’humiliation

Les petits surnoms donnés, les mots qui sortent de la bouche ‘stupide’, ‘imbécile’, ‘crétin’, ‘pouffiasse’. Rien que de les écrire me fait mal. Les dire m’écorche la bouche. Les adresser à un enfant ne lui apprendra rien. A part qu’il ne vaut rien. Ce n’est en aucun cas une démarche éducative.

4.Les cris

Dans la colère, la surprise, la fatigue, la douleur, le parent crie sur son enfant qui ne comprend plus rien.  Vous l’avez deviné, c’est une violence. Que ressentez-vous quand on vous crie dessus ?

5.Les punitions

Ca y est, les enfants on fait une grosse bêtise. Il faut qu’ils soient punis pour bien comprendre à quel point c’est pénible/insupportable/grave ce qu’ils ont fait.

Pour cela, donc, il y a les coups, gifles, fessées dont on a déjà vu les effets dévastateurs.

Imaginez vous avez un adulte tout puissant en face de vous qui décide de vous priver de quelque chose.

Avec les privations, vous apprendrez donc qu’il faut le craindre et que dans certaines situations vous ne méritez pas de manger, d’utiliser vos objets personnels. On vous enfonce dans la souffrance.

L’isolation – va dans ta chambre, va au coin ! donc l’enfant a fait quelque de répréhensible et on l’isole pour qu’il reste …..seul avec sa bêtise, son mal être, sa colère!

Le cerveau d’un enfant n’est pas assez mature pour pouvoir raisonner et se sortir d’émotions négatives seul. Si on l’isole, en particulier dans ces moments-là, l’enfant se trouve encore plus en détresse, et finit par penser qu’il/elle le mérite, et ressasse une énergie négative.

  1. Le chantage et les menaces

Pour obtenir l’obéissance de l’enfant, on lui promet quelque chose en échange, une récompense, un cadeau, une faveur, ou bien un coup s’il/elle ne s’éxécute pas.  C’est le conditionner, le dresser comme un animal de cirque. Il est privé de choix, de liberté et il/elle se retrouve comme un être humain en cage.

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Alternative

 Respirez. Sortez de votre colère, de votre propre vécu, de vos propres blessures. Réfléchissez. Parlez et chercher à comprendre votre enfant.

Vous n’avez aucune garantie que la situation qui vous énerve ne se reproduise pas. Même en faisant peur à votre enfant. Pas besoin de serrer la vis, essayer plutôt de comprendre, d’anticiper, d’améliorer sa compréhension, en lui montrant comment vous vous réfléchissez et en l’assurant de votre amour inconditionnel.

Ecoutez-le. Laissez-le exprimer ses émotions, faire des expériences. Soyez prêt à l’accueillir tel qu’il est. Cela fera de lui un adulte serein et plein d’empathie pour les autres, qui vous aimera et vous respectera au plus profond de son cœur.

Si vous n’allez pas bien et vous sentez oppressé par la vie, demandez de l’aide. Et prenez soin de vous. Votre enfant n’est pour rien à votre souffrance. C’est qu’elle est là depuis longtemps.

Pourquoi ne pas agir comme ça ?

Le cerveau de l’enfant n’est pas mature à sa naissance et pendant une vingtaine d’années les capacités cérébrales sont en développement. Un enfant n’a pas accès au raisonnement, à la relativisation lorsqu’il se retrouve face à ses émotions. Elles peuvent donc l’envahir entièrement, lui faire perdre ses moyens, le contrôle et le contact qu’il a avec la réalité, le coupant des personnes qu’il aime.

Pour grandir et se développer il a besoin de toucher, d’expérimenter, de tester le monde autour de lui. Il ne fait pas des bêtises dans le but de vous énerver, mais mène des expériences, tel un petit scientifique un chimiste qui émet une hypothèse et observe les conséquences, pour voir s’il peut en faire une loi.

Votre enfant n’est pas contre vous. Il a besoin de vous.  Il a besoin d’être rassuré, sécurisé et apprendre à gérer ses émotions. Cela s’appelle une relation bienveillante.

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