D’où vient la violence ? Ou comment faire des jeunes ‘bien éduqués’

C’est un article écrit à ‘chaud’, mon interrogation du jour, qui revient souvent et qui est très présente avec moi aujourd’hui. C’est mes ‘tripes’.

La violence est un phénomène complexe qui a diverses formes, plus ou moins profondes et difficiles à déchiffrer. Dans cet article, je m’intéresse uniquement à la forme la plus ‘basique’ et visible de la violence, qu’elle soit physique ou morale, et pas à ses formes les plus profondes, comme la perversion et la manipulation.

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Qu’est-ce qui peut faire de nous des êtres violents ? Pourquoi avons-nous recours à la violence ?

J’aborderais trois perspectives qui peuvent être complémentaires, et qui le sont souvent.

  1. Ressentir des émotions intenses qui ne sont ni reconnues, ni nommées, ni acceptées ni encore exprimées/exprimables. Ces émotions nous envahissent et nous déstabilisent dans la mesure où on n’arrive pas à les identifier, et considérées comme négatives, elles nous inondent et sont rapidement refoulées au lieu d’être accueillies et éclaircies.

On ne sait se (re)connaître et respecter ses émotions. On se sent mal et honteux, dans l’incompréhension face à soi-même.

 

  1. L’absence de maîtrise du langage. On dit souvent que la maîtrise du langage est synonyme de pouvoir. En effet, détenir la capacité de s’exprimer avec nuance, d’être compris, écouté, reconnu et de convaincre est fondamentale. Lorsque cette capacité nous fait défaut, cela génère une frustration très importante, et un sentiment d’infériorité et/ou d’incompétence par rapport aux autres. En d’autres mot, un handicap verbal, et nous ne sommes pas capables de nous relier au monde. On se sent rejeté, déconnecté des autres, sans valeur.

 

  1. La méfiance face à ses figures de références, les autres, le monde.

Une autre source de violence est l’absence de confiance dans l’autre et le sentiment « je ne me sens pas en sécurité, je ne suis pas protégé ». Des traumatismes, des conditions de vie où le stress est omniprésent provoque un état d’hyper vigilance, car on se sent vulnérable, et par conséquent on a des réactions démesurées qui ne sont que des tentatives de se protéger.

Le manque de confiance dans ses parents, qui n’accueillent pas les émotions, n’apportent pas de soutien, se servent de la violence morale ou physique comme moyen d’éducation.

Cela se traduit par un manque de confiance dans les relations avec les autres abîme l’individu.

Cette méfiance peut également s’appliquer aux institutions, à la société en général. L’individu perd confiance en la justice, dans le système sociétal car son statut de victime ou d’individu n’est pas reconnu à part entière, il n’est pas défendu, il n’est pas protégé en tant que tel.

Comme s’il était une sous-espèce de l’humanité, qui ne mérite ni dignité, ni considération. On se sent rejeté, déconnecté des autres, un pariah.

 

Si vous voulez des jeunes ‘bien éduqués », respectueux et non-violents, il faut faire tout le contraire de ce qui est généralement préconisé :

  • Leur apprendre à accepter, reconnaître et exprimer leurs émotions = pour pouvoir les éprouver pleinement, et s’en libérer.
  • Leur enseigner l’art du langage : communiquer avec précision et efficacité pour obtenir la satisfaction d’être entendus et reconnus, faire entendre leur voix / avoir de la valeur aux yeux des autres.
  • Leur offrir abri, protection, conseils de manière inconditionnelle. Dire à l’individu qu’il a sa place dans la société, qu’il mérite de l’avoir, qu’il est protégé et reconnu en tant qu’être digne, tout en étant responsabilisé(e). Autrement dit (re)construire un lien de confiance

Il est bien évidemment plus facile d’aider un enfant à construire ces compétences qu’accompagner un adulte abimé ou détruit à les reconstruire. De là l’intérêt d’en être conscient dès le plus jeune âge.

 

Pour résumé :

Je ne comprends pas et je n’accepte pas mes émotions qui mobilisent mon énergie,

Je n’arrive pas à exprimer ce que je veux communiquer aux autres et je suis incompris et non reconnu(e),

Je ne suis pas sécurisé(e) dans ma position au sein de la société/mon lien avec celle-ci.

                                   = Je suis fragile/fragilisé(e) = je suis violent(e)

 

Un tableau  récapitulatif

 

Sources de violence Sources d’apaisement
Je ne sais pas reconnaître mes émotions, les nommer. Je suis mal à l’aise, je ne les accepte pas et elles me déstabilisent. Je sais reconnaître et donner un nom à mes émotions. Je sais qu’aussi ‘négatives’ qu’elles puissent être, je n’ai pas à en avoir honte. Elles font partie de moi, elles ne sont pas là pour ‘rien’/
Je ne suis pas capable de m’exprimer avec précision, de me faire comprendre, d’être écouté(e) par les autres.

Je suis frustré(e), je me sens inférieur(e) aux autres

Je sais m’exprimer. Je peux exprimer ce que je ressens, mes opinions, je sais expliquer aux autres ce que je pense, démontrer un raisonnement. Les mots me permettent d’être compris(e), de poser ma rage, ma tristesse et de les dépasser.
Je suis insécurisé(e) par mon environnement : famille, proches, hiérarchie, institutions, société.

Je ne leur fais pas confiance. Ils ne me soutiennent pas et ne me protègent pas.

Je vis dans un climat angoissant et je ne peux m’appuyer sur personne.

Je sais que je peux faire confiance à mes parents. Ils sont là pour me soutenir en cas de difficultés, me rassurer quand j’ai peur, m’écouter quand je vais mal, m’aider à trouver un moyen de réparer mes erreurs quand j’en fais.

J’ai confiance dans les autres, je comprends qu’ils ne me veulent pas de mal.

Je sais que les institutions et la société me protègent, que j’y ai ma place.

Je suis déconnecté(e) / fragile/violent(e) Je suis en lien.

 

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