Les galères d’allaitement

Je vais parler de celles que je connais le mieux, c’est à dire les miennes. On parle souvent d’allaitement qui se passe à merveille, d’une relation épanouissante ou à l’inverse de mamans qui ont arrêté car elles avaient trop mal, plus de lait, que c’était horrible d’allaiter. Mais où se trouve la réalité? Où se trouve le concret?

On oublie souvent qu’allaiter est un voyage, avec des hauts et des bas, des coups de fatigue, des obstacles qui peuvent être plus ou moins insurmontables. Allaiter n’est pas simple. C’est comme le bonheur. Pour toucher à ces moments de plénitude absolue, il faut souvent s’armer de patience et d’ingéniosité pour continuer le voyage dans de bonnes conditions.

Je partage ici mon expérience pour témoigner de cela, dire aux mamans que non elles ne sont pas seules, que oui ce n’est pas toujours évident, et qu’on peut s’en sortir avec des fois de l’aide, du soutien ou simplement la bonne information et un peu de temps.

Lorsque j’étais enceinte de ma fille, je savais que je voulais allaiter. Que j’allais allaiter. C’était une évidence puisque le lait était le seul aliment réellement adapté à un bébé et qu’allaiter permettait de développer une relation très étroite avec son bébé. Cela correspondait à des valeurs de maternage et nutritionnelle que je souhaitais suivre.

Pour me renseigner, je lisais des posts sur les réseaux sociaux de mamans qui demandaient de l’aide parce qu’elles rencontraient des problèmes. Et sans m’en apercevoir et sans jamais poster, j’apprenais énormément. J’ai quand même arrêté de le faire vers la fin de la grossesse car cela devenait très anxiogène.

Lorsque ma fille est née, elle a été posée sur mon ventre et a ouvert ses grands yeux noirs. Elle est restée quelques minutes comme cela puis je me suis rappelé. ‘Mets la au sein’, ‘fais la téter’. Je l’ai approché et elle l’a pris en bouche. Mais fatiguée sans réel réflexe. Ensuite dans ma chambre elle pleurait et je la remettais. Ces fois ci elle avait plus de conviction et comme je l’installais mal elle me faisait des suçons violets et bien douloureux, mais personne pour m’aider à faire autrement, donc j’ai appris seule à la positionner en me plantant beaucoup.

A j-1 elle dormit plusieurs heures d’affilée sans tétée pour récupérer (au moins 6) une infirmière qui faisait les soins me dit que si elle s’énervait au sein c’était à cause de ses glaires et qu’il fallait lui donner un biberon. Et cela au lieu de m’aider à la mettre au sein correctement. Je n’ai pas eu le temps de réagir qu’elle lui faisait boire un biberon. Ebahie par le droit qu’elle s’octroyait, je n’ai pas réagi immédiatement, mais elle s’est arrêté d’elle même en voyant mon expression. J’ai eu mal. Car on est allergique dans la famille, et que je craignais les conséquences de ce liquide étranger, synthétique sur mon bébé, le symbole derrière ce qu’il venait de se passer. La confusion, car oui, il suffit d’un seul biberon pour que le bébé refuse de faire l’effort de téter. Je lui dis que je ne voulais pas de biberons pour mon bébé ni de lait artificiel. Donc on le refit plus en ma présence.

Je continuais de mettre ma fille fréquemment au sein, qui continuait de pleurer et s’énervait parfois. Elle ne semblait pas obtenir beaucoup mais je persistais. Et finalement elle ne lâchait plus le sein et je m’installais en cododo avec elle dans le lit. Une infirmière me dit ‘non mais elle prend votre sein pour une tétine! Ça va être dur de reprendre le boulot’. Je la foudroyais du regard et elle s’arrêta là.

A j-2, montée de lait et là catastrophe! Les seins aussi durs que du béton. Le téton avait disparu et s’était aplati. Mon bébé s’énervait et je ne savais pas comment l’aider à prendre le sein. Elle n’y arrivait plus. La seule infirmière du service qui souhaitait me voir réussir à allaiter m’apporta des bouts de sein. En me disant que ça pourrait peut être aider. Et avec le bout de sein, ma fille finit par téter à nouveau et a obtenir du lait. Je savais pourtant qu’il y avait des risques à utiliser les bouts de sein, pourtant je cédais.

A j-3, elle passait largement au dessus des taux normaux pour la jaunisse. Elle dût avoir une photothérapie intensive, pendant plus de 24h des cycles de 3h sous la lampe puis une pose d’1h avec moi. C’était terrible. Toujours la seule infirmière concernée par mon allaitement et la relation avec ma fille,  n’hésitait pas à me la sortir toutes les heures et demi de la machine si elle pleurait pour que je puisse la mettre au sein. Je soupçonne le service de nuit de lui avoir donner un biberon pour lui faire tenir un cycle de 3h, lorsqu’elle était dans la nursery.

Je sortais de la maternité sans problème de poids pour elle, mais avec un séjour prolongé. Et toujours dépendante des bouts de sein pour la faire téter. Cela me stressait. Ce n’était pas pratique, ni hygiénique. Et je savais que la stimulation était moindre. Alors assisse confortablement à la maison et sans regard extérieur sur mon allaitement, je pris le temps de laisser ma fille apprendre à téter sans. Et elle y arriva. 2 jours après ma sortie, je les rangeais soulagée. Un risque écarté.

Ma fille tétait toutes les 1h30 jour et nuit et aimait garder le sein en bouche endormie. Cela me convenait, elle était en permanence dans mes bras. Et la prise de poids était bonne.

Et je découvris les joies du ref (réflexe d’éjection fort) car ma fille s’étouffait au sein, hurlait de frustration et d’inconfort à cause de rots ‘coincés’ et de mon lait qui sortait en jet. Je pensais que les bébés allaités ne rotaient pas mais je compris vite que ma fille en avait besoin.

Mes seins coulaient jour et nuit, je mouillais les vêtements de mon bébé et me réveillais parfois dans une flaque. J’essayais de dormir avec des soutiens gorges et des coussinets.

Les tétées étaient sport. Je faisais des pauses, la faisais roter, reprenais et ainsi de suite. Et elle se tortillait lors de tétées et était très agitée allongée.

Le soir, tous les jours à partir de son dixième jour, elle se mit à hurler de 22h à 1h du matin, où elle s’endormait d’épuisement. Elle réclamait le sein puis hurlait le sein en bouche, se tendait, se jetait en arrière. Il était impossible de la calmer. Massage, portage, chansons ne parvenaient pas à l’apaiser. Ayant chercher des infos pendant ma grossesse et ayant continué après, je commençais une éviction stricte des produits laitiers. J’avais prise cette idée au sérieux car je savais que j’avais moi même un faible seuil de tolérance au lait sous toutes ses formes, mais puisque je n’étais pas systématiquement malade quand j’en consommais je continuais de le faire. Un mois après le début de l’éviction, ma fille arrêta de pleurer le soir. Arrêta de se tortiller durant les tétées. Fut apaisée. Et lorsque je refaisais un écart, il y avait à nouveau des épisodes de pleurs intenses.

Nous étions toutes deux des allergiques retardées aux protéines de lait de vache, avec des seuils de tolérance différents, et ma santé s’améliora aussi.

Vers ses deux mois je me suis réveillée une nuit gelée. Je frissonnais, claquais des dents et me sentais terriblement mal. J’avais un sein très gonflé, rouge, avec une plaque dessus. Mastite! La fameuse grippe du sein, lorsqu’un canal lactifère bouché s’infecte. Je me collais contre un radiateur le temps de me réchauffer. Puis je proposais sans relâche le sein à mon bébé. L’induration et la fièvre persistait et je demandais à mon mari de me ramener un chou vert. Les feuilles m’aidèrent à atténuer l’inflammation mais j’en abusais un peu. A la suite de ça mes seins devinrent mous. La fièvre disparut.  Pic? Baisse de lait? Mon bébé pleurait à nouveau au sein. Je la laissais collée à celui ci et l’allaitement repris son cours normal. Mes seins étaient alors moins gonflés, mais toujours aussi producteurs de lait, et je compris que j’étais passée à la lactation autocrine. C’était déstabilisant mais puisque j’en avais entendu parler je ne perdais pas confiance en ma capacité à allaiter. Mes seins coulaient moins (ouf) et je restais au sec.

Mon bébé gérait ses tétées  et grandissait tranquillement, avec des tétées autant la nuit que le jour.

Lorsque j’ai dû reprendre le travail, à ses 10 mois je rencontrais plusieurs assistantes maternelles qui me disaient qu’il fallait la sevrer pour la faire garder sinon elles allaient ‘galérer’. Une me proposait même de le faire 1 mois avant la reprise! Pour moi c’était impensable et je traversais des crises d’angoisse à me demander ce qu’il serait le mieux pour ma fille. L’habituer à ne plus avoir de tétées en ma présence sur mes heures de travail? Continuer à volonté? J’étais ébranlée, paniquée par cette séparation future. l’angoisse me paralysait. Heureusement des voix d’amies maternantes qui avaient déjà eu des enfants et de mamans lors d’une réunion leche league me rappelèrent que cela n’avait pas de sens de limiter les tétées, ni de l’entraîner à s’endormir sans le sein et que mon ressenti, je pouvais l’écouter. Ce lien bénéfique et de sécurité serait maintenu à travers cette période de grands changements. Je ne limitais pas les tétées, ni ne refusais le sein à ma fille. Finalement, je continuais d’être la mère de mon enfant et de m’en occuper en tant que telle. Ni plus ni moins.

Avec la première assistante maternelle embauchée, cela se passa très mal. Malgré son expérience, elle ne fut pas patiente, et ne sut ou put pas accueillir la douleur de la séparation de ma fille, la mienne. Elle me proposa de sevrer. Je refusais. Elle démissionna.

J’embauchais une nouvelle assistante maternelle à qui j’expliquais que ma fille tétait beaucoup, que je ne la sevrerai pas et qu’elle ne consommait pas d’autres laits. Que cela s’était très mal passé avec l’assistante maternelle précédente. Elle me dit de ne pas m’inquiéter. Ma fille mangeait avec appétit chez elle, et avec le temps je finis par retrouver le soir un bébé paisible, qui ne hurlait pas mais réclamait ses tétées de retrouvailles, qui avaient parfois lieu chez l’assistante maternelle.

Depuis la reprise du travail ma fille se remit à téter intensément la nuit. Et cela me soulageait. Je comprenais qu’elle avait déplacée ses tétées de la journée , maintenait ainsi la lactation et se rassurait. J’étais apaisée à l’idée d’être là pour elle et de pouvoir répondre à ses besoins au moins à ce moment là.

On me dit qu’en deux mois après la reprise je n’aurai plus de lait. Donc je décidais de louer un tire lait. Bien sûr, la pharmacie me refila un kitett. J’utilisais la machine une ou deux fois mais elle me faisait mal et malgré mon ref (que ma fille gérait depuis longtemps) je n’obtenais pas grand choses lors de mes rares tentatives (et oui il faut tirer régulièrement avec un bon tire lait et la bonne taille de téterelle pour obtenir quelque chose!). je laissais tomber.

Vers ses 16 mois les deux dents de devant ma fille avaient des caries, elles s’effritaient et avaient changé de couleur. Les fameuses caries de biberon.

Ce n’est pas une vraie galère d’allaitement car ce n’est pas lié à l’allaitement mais la majorité des gens vous diront que si. Donc autant en parler ici. J’ai frappé à toutes les portes pour trouver quelqu’un qui accepterait de la soigner. Un dentiste. On me disait que ça ne servait à rien, que c’était les dents de lait, qu’elle tomberait ou qu’il faudrait les arracher. Puis j’ai trouvé des dentistes qui l’ont fait. Bien. Ça a été très dur de soigner un bébé. Mais hors de question que cela s’aggrave, cause un abcès, abime les dents définitives, lui fasse mal et pose des problèmes pour la prononciation de certains sons. En cause? L’allaitement évidemment, en particulier la nuit. La dentiste insistait lourdement pour que je la sèvre la nuit. Espace de 4h les tétées. Mission impossible. Et je me sentais coupable. Je me suis renseignée. Pourquoi certains ont des caries d’autres non? Cela devrait être systématique avec la même alimentation pauvre en sucres? Les facteurs en cause dans un cas de mauvais émail dentaire ou défaut de minéralisation sont multiples. En premier lieu la carence en vitamine d pendant la grossesse et l’allaitement, chez la mère et l’enfant, vitamine que j’avais arrêté de donner à ma fille à cause des reflux causés, certains traitements antibiotiques pendant la grossesse et l’allaitement : je m’étais fait déminéralisée des dents et poser des couronnes… , les allergies et intolérances alimentaires non prises en compte, l’acidité de la salive, rgo / reflux, un bébé qui dort la bouche ouverte, un manque d’hygiène dentaire (il faut nettoyer dès qu’il y a des dents, même à l’eau).

Soignée et avec une complémentation quotidienne en vitamine d pour elle et moi, et une hygiène dentaire régulière la situation se stabilisa, et lors de visites de contrôle, la dentiste constata que les dents étaient en parfait état, un an après. Avec les mêmes tétées. J’avais trouvé notre solution.

Ma fille téta jusqu’à ses 2 ans et demi sans autres ‘galères’. C’était un petit gabarit mais elle suivait sa courbe parfaitement. Se soulageait de dents et maladies en tétant. Angoisses et peurs. Et elle grandissait bien. En bonne

Je n’hésitais pas à dire que ma fille était allaitée si on posait la question. J’ai eu des grimaces, de l’incompréhension, des remarques. Même si je bouillais intérieurement je répondais avec le sourire (je crois).

Vers ses deux ans, son changement de comportement au sein ainsi que mes réactions me firent penser aux symptômes d’une grossesse. Et en effet, je tombais enceinte sans retour de couches. Mes mamelons devinrent sensibles et elle était souvent frustrée par le manque de lait.

Mais elle continua à téter, à travers la baisse de lait et le passage au colostrum. Elle tenait à ses tétées d’endormissement mais se réveillait de moins en moins la nuit et se rendormait parfois sans téter. La veille de l’accouchement elle était au sein.

Quand mon fils arriva j’étais plus confiante. A peine posé sur moi, il chercha le sein, ouvrit la bouche et ne le lâcha plus. La sage femme fut très favorablement surprise par cette tétée immédiate. Et il tétait fréquemment et déglutissait, et semblait obtenir du colostrum de manière consistante.

Avant la montée de lait, il se mit à se rapprocher des 10 % de perte de poids, mais une auxiliaire me dit que c’était bien normal et qu’il fallait que je le mette bien au sein, me prévenant quand même que le lendemain, s’il ne prenait pas du poids, la sage femme imposerait un biberon. Après la montée de lait, il avait pris 60g en 6h. Naturellement, le lendemain on rentrait chez nous sans biberon. Ma fille put téter à nouveau au côté de son petit frère malgré la tempête émotionnelle qu’elle traversait.

7 jours après la naissance de mon fils, je fis une énorme mastite. Mon fils espaçait ses tétées de 3h voire plus la nuit. Une tétée de ma fille suffit à me guérir.

14 jours après sa naissance, une deuxième mastite, que mon fils soigna seul. Et là je réalisais qu’il avait un énorme muguet. On appelle cela aussi une candidose : une levure qui se se développe à outrance et peut causer douleur au bébé et à la maman, atteindre tout le système digestif, causer un érythème fessier et être une cause d’inconfort et douleurs tant que cela n’est pas traité. Bien évidemment c’est très contagieux et a tendance à récidiver.

La mort dans l’âme je consultais pour le traiter au plus vite et je sevrais ma fille pour limiter de nouvelles contaminations en lui expliquant. Elle n’eut plus de tétées depuis. Alors qu’elle le verbalisait bien, ce fut et c’est très dur pour toutes les deux, encore maintenant. Probablement la chose la plus difficile pour moi. Cela me semblait absolument injuste de ne pas lui ‘offrir’ un allaitement complet, jusqu’au sevrage naturel. Et nous adorions ce contact physique, étant toutes les deux très fusionnelles. C’était une terrible perte. Mais que je jugeais nécessaire pour permettre la guérison et un bon état de santé pour mon deuxième bébé.

Sevrer c’est un deuil. Et en parler ici m’aide à le faire.

A 1 mois il était guéri des tâches blanches dans la bouche. Et je faisais des maths, deux mastites, 1 candidose… mon bébé espaçait les tétées, ne gardait jamais le sein longtemps en bouche, avait du mal à s’installer et à tenir, pas d’effet ventouse ne semblait pas souffrir du ref (mais pas de coliques comme ma fille puisque l’éviction était toujours en cours 2 ans et demi après)… quelque chose clochait.

Pourtant il prenait bien du poids. Sa bouche peut être pas assez ouverte? A la maternité la première chose que j’avais regardé était les freins. Car je savais que c’était l’un des plus gros obstacles que l’on peut trouver à l’allaitement. Et il avait un frein de lèvre alors que ma fille n’en avait jamais eu. Mais la pédiatre m’avait dit que cela ne se coupait pas. Qu’il se déchirait tout seul lors de chutes plus tard! Rien d’évident sous la langue par contre donc je me disais que c’était bon.

Mais plus j’observais mon fils plus je remarquais des petits signes qui m’indiquait qu’il n’était pas confortable au sein. Les deux mastites indiquaient un mauvais drainage. J’avais lu, discuté des freins. Et je compris qu’il avait probablement un frein de lèvre postérieur.

Paniquée à l’idée de ne pas pouvoir partager un allaitement avec mon fils j’obtins un rdv chez un orl renommé rapidement. Il confirma la présence de deux freins, un frein de lèvre gênant et un frein de langue postérieur de type 4.

Il les coupa au lazer. Cela prit 5 secondes.

Mon bébé hurla plus de peur que d’autres choses. Il avait 1 mois et demi. Le ref avait compensé, mon bébé ne savait en fait pas téter. Du tout. Il pinçait mon sein.

A savoir qu’il y a d’autres types de freins et d’autres symptômes  : claquement, crevasses, aucun effet ventouse, prise de poids insuffisante…

Il eut mal les jours suivants et glissait sur le sein. Et découvrait enfin le ref qui le surprenait et le faisait hurler. Il me fit des mini grèves de la tétée. Mais lorsqu’il prenait le sein la différence était frappante. Je retrouvais les sensations que j’avais eu avec ma fille. Une langue puissante qui vient compresser le mamelon. D’énormes pauses de déglutition. Un bébé qui gardait le sein au bouche pour s’endormir aussi. Plus de tremblement du menton.

Il est toujours en cours de rééducation, mais je sais qu’on va s’en sortir, car il aime téter. Et que je sais ce que l’on affronte, que la patience et la connaissance sont la clé.

Voilà mon histoire d’allaitement, qui n’est pas terminée. J’espère ne rien avoir oublié.

J’ai eu peur, j’ai eu mal, je me suis sentie mal, j’ai culpabilisé, hésité, doutée de moi, angoissée…et ça m’arrivera sans doute encore. Et je ne parle pas de fatigue, parce  que je crois que c’est d’être maman qui est fatigant, pas d’allaiter.

Et je ne ferais pas les choses autrement.

Car mes bébés ont pu et reçoivent l’aliment qui s’adapte exactement à leurs besoins , pour les sourires, complicité et partages de câlins, pour le lien extraordinaire qui s’est construit et les milliards de moments de tendresse et bonheur que nous avons pu vivre et vivrons.

Il ne faut pas rester seule avec ses galères d’allaitement, il faut en parler. Avec les bonnes personnes. Quelquefois on a juste besoin de le partager, d’un peu de soutien pour retrouver du courage et traverser une  période difficile. De trouver des idées. On peut même découvrir qu’il existe des solutions avec les bonnes informations. S’adresser au bon spécialiste. Et savoir que oui ce que l’on vit n’arrive pas qu’à nous et qu’on va s’en sortir. L’aide ne vient pas à nous malheureusement, il faut aller la chercher. Trouver notre solution.

Parce qu’allaiter dans de bonnes conditions c’est tellement de bonheur. Et c’est tellement important pour nos bébés.

Je remercie les personnes, les merveilleuses femmes ou amies avec qui j’ai partagé et tellement appris, tous les spécialistes qui ont fait le travail nécessaire pour que l’allaitement se passe dans de bonnes conditions et n’ont pas jugé qu’allaiter était le problème, les réunions de maman de la leche league, toutes les personnes qui ont pris la peine de rédiger des articles et livres pour informer les mamans, le fantastique Dr Jack Newman pour son dévouement, le sociologue James Akre et son livre sur l’allaitement, mon mari, mes enfants.

Ils m’ont appris tellement de choses et ont été une source de soutien inestimable, et j’en avais besoin. Toujours aujourd’hui.

Les mamans ont une force incroyable, mais être accompagné c’est toujours précieux.

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