Couches et continence

Dès le début de la vie du bébé, il y a des urines et des selles que les parents peuvent choisir de gérer par

  • des couches jetables qu’il faut changer et jeter régulièrement (une catastrophe pour l’écologie au passage)
  • Des couches lavables qu’il faut changer et laver régulièrement (il reste à évaluer l’empreinte écologique en nombre de machines et décrassage, et produits utilisés)
  • l’hygiène naturelle infantile (hni), c’est à dire apprendre à reconnaître les signes que le bébé a envie d’uriner ou d’aller à la selle et l’emmener et le tenir en position physio (jambes relevées) au dessus d’un pot.  Le bébé n’a pas de couches et reste connecté à ses besoins, n’est jamais dans les urines ou ses selles.

La majorité des parents choisissent l’option 1 ou 2, des couches, pas que cela leur revienne moins cher mais parce que généralement autour d’eux on fonctionne de cette manière, ils ne savent même pas que l’option 3 existe, et puisque cela semble plus simple…

En mettant des couches, on déconnecte le bébé de son ressenti, car même en le changeant souvent, il va forcément passer du temps dans ses selles et urines. Il s’y habitue donc. Vers ses deux ou trois ans, naît dans la tête de l’adulte une nouvelle idée. Tiens, mais il serait peut être temps qu’il soit continent? Ça serait pratique non qu’il se passe de ses couches? Des économies, être bien vu par les autres adultes de la famille qui commencent à faire des réflexions, avoir l’impression d’accomplir quelque chose. De servir à quelque chose.

Il y a juste un problème. La continence ne s’apprend pas. Ce n’est pas une formule magique, ni un entraînement.
On a désappris au cerveau de se connecter. Il va falloir maintenant qu’en ses propres termes il retrouve le chemin.Ce n’est pas juste une question de savoir monter les marches ou de sphincter. C’est un processus complexe où le corps doit s’allier à l’esprit. Où sont en jeu des représentations, des aspects psychiques, d’éventuels blocages, gênes, de confiance, de sécurité, de laisser aller…L’enfant pas à l’aise va se retenir, refuser de se laisser aller, où se laisser aller  n’importe où.

Et on lui dit ‘ce n’est pas comme ça’. Il faut t’asseoir ici et faire comme ça. On le déshabille, on le laisse faire pipi sur le sol en pensant lui faire comprendre. On le gronde parfois.

On lui dit qu’il est grand et qu’il faut passer à autre chose…alors que c’est nous qui lui avons enseigné cela en lui faisant porter des couches, cela pour notre propre confort. C’est nous qui voulons passer à autre chose, selon notre rythme propre, sans penser à celui du bébé.

Mais s’il n’est pas prêt, il ne passera pas à autre chose. Peu importe la pression, la peur, les récompenses, les encouragements. Les connexions nerveuses se feront en leur temps.

En attendant on peut accompagner, verbaliser, dédramatiser.

Accompagner:

à la maison :

  • en créant un espace toilettes où l’enfant se sent en sécurité, à l’aise, où il peut aller à sa guise, lui proposer d’y aller.
  • Pas de propos méchants ou humiliants, ni de comparaison. Chaque enfant est unique et va à son rythme.
  • En expliquant à son enfant à quoi sert son sexe et son anus. Que c’est valable pour tout le monde. Ne pas faire de drame des accidents.
  • Lire ensemble des livres pour enfants sur le sujet. En général cela les passionne.
  • Usage de culottes d’apprentissage lavables pour veiller au confort de l’enfant, lui permettre des accidents mais à la fois de la souplesse d’un habit. @mumandthegangbysteph suggère les bambino mio.

à l’école :

  • en ne refusant jamais un passage aux toilettes.
  • Pas de propos méchants ou humiliants, ni de comparaison. Chaque enfant est unique et va à son rythme.
  • On peut aussi utiliser des culottes dites d’apprentissage qui absorberont une partie des urines et éviteront que tous les vêtements soient trempés. Par exemple celles de la marque bambino mio lavable en machine à 40 degrés.
  • En mettant autant de changes que nécessaires dans le sac.
  • En dédramatisant.
  • Par ailleurs il n’existe aucune loi stipulant que la couche soit interdite, c’est l’inverse, refuser un enfant parce qu’il n’est pas continent rentre dans le cadre de discrimination.

 

Pistes physiologiques : travailler le réflexe de spinal de galant. Non intégré il peut contribuer aux difficultés à se retenir, faire le point sur la santé digestive qui est en lien avec de nombreux muscles et donc la possibilité de contrôler ou non les sorties.

 
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