Et le père dans tout ça?

On entend souvent l’argument selon lequel l’allaitement, qui se passe entre une mère et son bébé, met le père de côté. Que c’est égoïste de priver le père de la capacité à nourrir son enfant, qu’il faut ‘partager’ son bébé et donc permettre au père de lui donner des biberons pour qu’il ne soit pas exclu.

De manière paradoxale, ce sont souvent les mêmes qui ne voient pas l’utilité d’allaiter qui sont des fervents défenseurs des pères dans ces moments là et qui considèrent qu’allaiter forgerait un lien ‘trop’ exclusif entre la mère et l’enfant. C’est bien que l’allaitement fait quelque chose, non?

Donc ils reconnaissent le rôle primordial de ce geste, qui n’est pas uniquement de fournir de la nourriture mais un échange d’affection, l’occasion de tisser les liens.

Penser que le père perd de son importance du fait de l’allaitement c’est oublier que:

– Les relations affectives ne sont pas exclusives, plus le bébé sera sécurisé dans sa relation d’attachement plus il établira des relations d’amour profondes intenses avec son père et les autres. Vous pensez vraiment que tous mes enfants allaités détestent leur père? N’est-ce pas plutôt l’inverse? Des enfants qui adorent leur père car ils connaissent la stabilité affective?

– un nourrisson a besoin d’une relation avec son père, de passer du temps avec lui, de le voir, l’entendre, le sentir et les pères le savent, chaque instant de la vie d’un bébé est une occasion pour partager de la tendresse: l’endormissement, le bain, le change, les promenades, les chansons chuchotées à l’oreille, les siestes sur l’épaule. Le bébé peut alors se ‘nourrir’ de son père, le découvrir et le connaître par coeur, à condition que celui-ci passe du temps avec lui. C’est prouvé scientifiquement, le contact physique libère de l’ocytocine e l’hormone de bien être et de l’amour qui est responsable en partie pour le tissage de lien. Le contact est donc la fondation de la relation.

– les relations avec un enfant sont l’histoire d’une vie: un nourrisson a besoin du lait de sa mère, de préférence au sein car c’est à cet endroit là qu’il est le plus adapté à ces besoins (et rappelons-le, aucun autre lait ne peut prétendre apporter ce qu’il apporte pour le développement de l’enfant). Mais dans six mois, l’enfant commencera la découverte des aliments, et qui aura le plaisir de proposer à manger trois fois par jour pendant une vingtaine d’années? Et de lui préparer à manger?

– le père est un pilier dans la triade mère-enfant-père. Il participe à l’équilibre de celle-ci, en apportant du soutien, du réconfort, de l’aide, du temps autant à l’enfant qu’à la mère. Il a un rôle clé, souvent il est vrai passé sous silence. Il fait partie du noyau, le noyau a besoin de lui, sa force, sa tendresse, son amour, son ouverture. Grâce à lui, la famille peut gagner en stabilité et résilience.

Ne pas allaiter ou ne pas donner de biberons de lait maternel ne signifie pas que les pères ne peuvent pas nourrir d’amour leurs enfants, soutenir leur familles.

Chers pères, donnez de l’amour et des moments privilégiés et vos enfants vous adoreront tout autant.

Soutenez vos conjointes et épaulez-les durant la période de l’allaitement. Nous en avons besoin. Nous avons besoin de vous.

N’ayez pas peur de l’amour il est à votre porte et à votre portée.

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crédit photo : Ivette Ivens

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