Aversion ou agitation pendant l’allaitement

Dans la série des émotions négatives ressentis pendant l’allaitement, il est nécessaire de faire la distinction entre le réflexe d’éjection dysphorique de l’aversion ou agitation pendant l’allaitement. Le réflexe d’éjection dysphorique (red) est déclenché par la montée de lait, les émotions négatives sont dirigées, vers la mère elle-même et passent rapidement. Dans le cas de l’aversion pendant l’allaitement, la mère se sent agressé par le contact physique avec son enfant, et souhaite le repousser, et faire cesser le contact physique. Dans ce cas, le déclencheur serait le contact et les émotions dirigées vers l’enfant qui tète.

 

I Qu’est-ce que l’aversion ? D’où vient l’aversion ? Comment se manifeste-t-elle?

II Les pensées et émotions liées à l’aversion

III qu’est ce qui peut aider

IV Facteurs aggravants l’aversion ou l’agitation

VI Témoignages

Sources et liens

 

I Qu’est-ce que l’aversion ? D’où vient l’aversion ? Comment se manifeste-t-elle?

 

  1. a) qu’est-ce que c’est ?

C’est un phénomène rencontré par certaines mères allaitantes, généralement qui allaitent pendant une deuxième grossesse ou font du co-allaitement / allaitement en tandem, avec deux enfants d’âge différent. Cela concerne aussi des mères allaitantes qui ne sont pas enceintes, et n’allaitent qu’un seul enfant, plus souvent avec un bambin, mais aussi avec un nourrisson.

Cela se manifeste par des émotions négatives telles que la colère ou de la rage, une réaction épidermique, l’envie de détacher l’enfant du sein, de le repousser. Mais aussi de l’agitation, difficulté à tenir en place, rester immobile et de l’irritabilité lorsque le bébé tète.  Le déclencheur semble être le contact au sein, des douleurs ou sensations physiques désagréables.

Les émotions et ressentis sont dirigées vers le bébé ou bambin et la mère désire plus que tout mettre fin au contact physique. Lorsqu’il y a deux enfants, cette émotion négative est généralement dirigée vers le plus grand des deux, comme s’il n’avait plus besoin de téter. Certaines mères continuent d’allaiter malgré cela, d’autres sèvrent.

On peut supposer que puisque le cortisol, hormone du stress passe dans le lait maternel (en faible quantité, et qu’un bébé est sensible au ressenti de sa mère), cette attitude ambiguë et le cortisol pousse l’enfant à téter encore davantage et à entretenir ce ressenti.

 

  1. b) Qu’est ce qui cause l’aversion?

 

« Cependant il est important de noter que cette agitation ne reflète pas la relation qu’a la mère avec son enfant, ou même ses représentations de l’allaitement. » Hilary Flower, Breastfeeding Agitation

 

 

  1. a) hypothèse d’un signal du corps en manque de nutriments

Dans Breastfeeding Aversion, Hilary Flower dit que l’aversion peut venir de nos origines. « L’agressivité maternelle n’est pas inhabituelle au moment du sevrage, et il est possible que la grossesse fasse penser à notre corps qu’il est temps de sevrer. »

L’allaitement est « la dépense d’énergie post partum la plus importantes pour les primates humaines et non humaines mammifères. »  (citation de Hinde)

 

La mère serait en carence en nutriment, elle ne dormirait pas assez, ne se nourrirait pas suffisamment pour maintenir une balance nutritionnelle positive, et son corps serait tiraillé par ces manques et lui ordonnerait de faire cesser l’allaitement pour préserver sa propre santé.

 

  1. b) douleurs au sein, frein de langue et de lèvre serrés, candidose et vasospasme

Une succion désagrable voire douleureuse, peut causer un conflit moral pour la mère. Elle souhaite allaiter mais l’idée de la douleur et la douleur en elle-même font augmenter la sécrétion de cortisol. L’allaitement n’est pas source de plaisir mais de souffrance, et elle n’arrive pas à trouver d’équilibre entre son désir moral (qui correspond à son projet d’allaitement) et son ressenti physique pendant l’allaitement.

On peut également supposer qu’une candidose et qu’un vasospasme qui sont à la base des sensations physiques, peuvent devenir des souffrance morale, car la mère associe les tétées à ces ressentis.

 

  1. c) déséquilibre hormonal

Une autre cause possible serai les changements hormonaux tels que lors de l’ovulation et des cycles menstruels. On pourrait comparer cela au syndrome pré menstruel, qui peut modifier les sensations physiques, et le comportement. Les tétées deviennent irritantes.

 

  1. d) Vécu social et personnel

Il est possible d’envisager que ce ressenti désagréable envers ses sensations est causé au moins en partie par un stigma social, se sentir trop à l’écart des normes sociétales, ou avoir vécu des abus physiques dans son passé, ou dans certains contextes se sentir forcée à allaiter par des injonctions extérieures.

 

 

II Les pensées et émotions liées à l’aversion

C’est un ressenti moral et physique complexe qui mêle des émotions très fortes comme de la colère ou de la rage, de l’agitation et de l’irritabilité, et des sensations physiques comme une réaction épidermique, la chair de poule, des démangeaisons, des nausées, avoir envie de retirer l’enfant du sein, de le ‘jeter’ loin de soi, se sentir agressée physiquement, envahie.

La mère a parfois l’impression que son propre corps ne lui appartient plus. Tout la pousse à vouloir cesser le contact physique avec l’enfant.

Mots de mères : anxiété, colère, rage, irritation, chair de poule, douleur au sein, difficultés à rester immobile, envie de partir en courants, pulsions, pensées violentes, se s

Mais ces ressentis causent un conflit intérieur, en particulier si la mère souhaite allaiter et que son projet est de continuer malgré tout. Elle se sent coupable et à honte, est perturbée car elle ne comprend pas ce qui arrive, et pourquoi il y a cet écart entre son ressenti et ses projets.

La mère se sent dans une détresse profonde.

Il y a des degrés d’intensité différents, et pas de règles concernant la fréquence. Les sensations sont systématiques chez certaines femmes, pour d’autres elles sont rares, et n’arrivent qu’une fois de temps en temps, ou une ou deux fois par jour.

 

III Qu’est ce qui peut aide

1. Anticiper : Savoir à quel moment c’est le plus fort, pour comprendre pourquoi. Se renseigner.

2. Quand ça se passe :

  • corriger la prise du sein, dans certaines positions ça peut aller mieux.
  • Trouver une distraction, penser à autre chose, mettre de la musique, compter jusqu’à 90 en respirant et se dire qu’après 90 l’émotion peut partir,
  • utiliser le point d’acuponcture G14,
  • lui demander doucement d’arrêter, proposer un câlin à la place, jeu, activité,
  • déterminer une durée avec l’enfant, le laisser choisir (minuteur

3. de manière générale :

  • Prendre soin de soi : Une activité physique par jour, un moment de détente, bien manger, bien boire, bien dormir. Se complémenter en b12, magnésium, vitamine d. Ne pas fumer et boire de café.
  • Pour un grand bébé proposer câlins et activités, passer le relai à quelqu’un d’autre.
  • En parler et avoir du soutien, de la compréhension des autres.

 

Avant de devenir violente avec son enfant, il est important de décrypter et anticiper les ressentis et pulsions, et de passer le relai à quelqu’un d’autre.

 

IV Ce qui aggrave l’aversion ou l’agitation pendant l’allaitement

Plusieurs facteurs peuvent être ‘aggravants’ avec l’aversion ou l’agitation pendant l’allaitement.

  1. a) facteurs propres à la mère

La fatigue, une mauvaise prise du sein, des tétées acrobatiques, le manque de lait, les carences en vitamine, le moment du soir, l’ovulation, les règles, une candidose peuvent exacerber ou causer ce ressenti.

  1. b) facteurs propres au bébé

Des freins de langue et de lèvre, la perte du réflexe de succion, un bambin qui s’agite et ne tient pas en place au sein, les caresses du bébé, s’il tripote le deuxième téton favorisent l’aversion pendant l’allaitement.

  1. c) les perceptions

La mère qui se sent isolée et ne comprend pas ce qui lui arrive le vit d’autant plus mal. Elle se sent coupable et ‘nulle’.

 

Et après ?  

Il manque de la recherche !

 

V Témoignages

Co- allaitement

Puis petit à petit, Gabriel se met a moins bien téter, il me fais un peu mal et surtout, au moment de la montée de lait (je la sens très bien), il m’insupporte tout d’un coup… le pauvre il ne fait rien de particulier mais il m’agace au plus haut point… je connais le syndrome dysphorique mais je ne comprends pas… pourquoi tout d’un coup comme ça… je prends sur moi, ne lui dit rien, j’essaie de regarder Augustin quand je sens ma montée de lait arriver pour me focaliser sur lui… après tout il n’a que 4 ans, il n’a pas l’air du tout d’être prêt à arrêter et il n’a rien demandé… et puis même moi, mes sentiments sont ambivalents car mis à part à la montée de lait, je n’ai pas particulièrement envie de le sevrer…

Sauf que rien n’y fait 1 mois après c’est toujours pareil, une envie extrême de l’éjecter de mon sein à chaque montée de lait… c’est horrible… je décide d’essayer de le sevrer… quand je lui en parle, il pleure… non il n’est pas prêt… ok on va essayer de tenir…. mais non ça se dégrade de plus en plus… maintenant au moment de la montée de lait je lui dit « stop arrête là je ne peux plus » mais évidemment il insiste…. et là me vient des idées de claques tellement je souffre intérieurement (alors que je suis anti fessée)… j’en pleure tellement c’est dur d’avoir ce sentiment envers son propre bébé qu’on aime plus que tout…. et lui qui me dit « mais pourquoi, j essayé de faire tout doucement et tu t’énerves quand même »… cette phrase aura été celle de trop… oui mon Loulou tu as raison tu ne fais rien et pourtant je ne peux plus… moi je sais que ce n’est pas de ta faute mais toi du haut de tes 4 ans, tu ne peux pas comprendre ce syndrome… alors je lui vas-y termine mon cœur… ce soir-là, toutes les larmes me coulent (et encore maintenant en écrivant) car je sais que c’est la dernière tétée… les tétées sont devenues trop pénibles au point de dégrader ma relation avec mon fils… demain, une fois que la tension sera retombée, j’aurai une discussion avec lui pour lui expliquer…

Et le lendemain matin, on en parle… je lui explique que quand il tète, cela me met en colère mais que ce n’est pas de sa faute, que ce n’est de la faute à personne, que sa signifie sûrement qu’il faut arrêter là et passer à autre chose… je lui promet qu’il aura à chaque sieste et dodo un gros câlin et qu’il n y a aucun soucis pour que son lit reste collé au mien… il pleure, je pleure mais il a compris et ne me redemandera plus de tétées… nous sommes en octobre 2017, Gabriel a un peu plus de 4 ans et demi et il est sevré…. »

Cloé

 

Grossesse et co-allaitement

Pendant la grossesse, il y a eu de nombreuses tétées, qui pourtant étaient source de plaisir juste que là, où je ressentais l’envie intense d’enlever ma fille du sein et de la jeter loin de moi. Heureusement ces sensations n’étaient pas systématiques et étaient complètement absentes par périodes. Mais c’était plus fort le soir et la nuit en général, et lorsque les tétées s’éternisaient et qu’elle tétait à vide. Les tétons devenaient douloureux, et la sensation devenait moralement dure. Plus tard, lors des tétées avec son frère, c’était plus une sensation physique mais vraiment une sensation morale. J’avais l’impression de trahir son frère, de manquer à mes devoirs et avais une grosse sensation de malaise. Les émotions étaient dirigées vers elle, même lors des co-tétées. Pourtant j’étais déchirée car je souhaitais tellement lui offrir ces tétées qui la tranquillisait. L’arrivée d’un immense muguet pour son frère à ses 15 jours de vie, et ses multiples difficultés pour téter, ainsi que ces ressentis me poussent à sevrer mon aînée. Ce n’était pas un choix maternant pour elle. Pour son frère, peut-être, mais ce n’est pas certain. » Maman Lune

 

 

Article sur le réflexe d’éjection dysphorique

Etudes :

Yate ZM. A qualitative study on negative emotions triggered by breastfeeding; Describing the phenomenon of breastfeeding/nursing aversion and agitation in breastfeeding mothers. Iranian J Nursing Midwifery Res [serial online] 2017 [cited 2018 Apr 6];22:449-54. Available from: http://www.ijnmrjournal.net/text.asp?2017/22/6/449/217604

 

Hinde K. Richer milk for sons but more milk for daughters: Sex-biased investment during lactation varies with maternal life history in rhesus macaques. Am J Hum Biol 2009;21:512-9.  Back to cited text no. 17

Livres :

Agitation by Hilary Flower,

Tandem Nursing by Hillary Flower,

My Tandem Nursing Nursing Journey by Ashley Kusi

 

Site en anglais : https://www.breastfeedingaversion.com/what-is-it

 

Groupes facebook :

 

Aversion pour l’allaitement soutien https://www.facebook.com/groups/724068181127531/?ref=br_rs

nursing aversion / breastfeeding agitation support (en anglais) https://www.facebook.com/groups/407193142696633/

Aversion sucks (en anglais)  https://www.facebook.com/groups/breastfeedingaversion/?ref=br_rs

 

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Le réflexe d’éjection dysphorique ou red

 

En anglais on l’appelle le D-MER : dysphoric milk ejection reflex

En général, lors des tétées et des montées de lait, la sécrétion d’ocytocine apporte à la mère des émotions positives, de bien-être et de tranquillité, comme être amoureux.

Mais lorsque l’on a un réflexe d’éjection dysphorique c’est une autre histoire. Lors de la montée de lait, la mère est assaillie des émotions et pensées négatives, qui cessent une fois la tétée finie.

Avant la tétée la mère se sentait bien, et soudainement elle est assaillie par une vague, plus ou moins intense, qui cesse ensuite. Elle peut également en même temps ressentir comme un trou dans le  ventre, un sentiment de vide, des nausées, et perdre l’appétit.

Cela cause souvent le souhait de sevrer, car la mère se sent folle et incomprise, personne ne la soutient ni ne la comprend.

 

I Qu’est-ce que le red ? D’où vient le red ? Comment se manifeste-t-il ?

II Les pensées et émotions liées au red

III qu’est ce qui peut aider

IV ce qui l’empire

V Et après ?

VI Témoignages

Sources et liens

 

I Qu’est -ce que le red ? D’où vient le red ? Comment se manifeste-t-il ?

 

  1. Qu’est-ce que le red ?

 

Le réflexe d’éjection dysphorique est un phénomène que l’on observe chez les mères allaitantes qui se caractérise par une dysphorie soudaine, des émotions négatives, qui arrivent juste avant la montée de lait et continuent quelques minutes ensuite, elles peuvent être accompagnées de la sensation d’un trou dans le ventre, nausée, perte d’appétit. Le red arrive au moment de la tétée, mais aussi en dehors, lors de montées de lait, seins trop plein, lorsqu’on tire son lait en fonction des femmes.

Il commence à la lactogenesis II, c’est à dire dès la montée de lait qui vient après le colostrum. Certaines mères auront un red qui s’atténuera après 3 ou 6 mois, pour d’autre cela ne changera jamais.

Le red regroupe différents types de sensations négatives et peut varier en intensité.

 

La mère se sentait très bien avant la montée de lait, et une fois le réflexe passé, elle se sent bien à nouveau. Ces émotions et pensées négatives ne sont pas dirigées vers les autres mais vers elle-même.

 

C’est une réaction physiologique qui déclenche une réponse psychologique.

 

  1. D’où vient le red ?

 

  1. a) hypothèse de lien avec la dopamine

Déclenchement la montée de lait induit une baisse de la dopamine, puis une hausse de la prolactine augmente et cela permet de maintenir la production.  En parallèle l’ocytocine augmente et le lait jaillit du sein. La supposition est que le réflexe d’éjection dysphorique soit causé par une baisse trop importante ou anormale de la dopamine.

Cela correspondrait à la perte d’appétit et sensation de dégoût qui est liée à la dopamine.

 

  1. b) l’histoire personnelle

Une autre hypothèse est que les montées de lait déclenchent de la sécrétion d’ocytocine et des taux élevés d’ocytocine peuvent ramener à la mémoire de souvenirs oubliés d’abus physiques. Les émotions que ressent la maman sont donc des émotions qu’elle a déjà eu.

 

  1. c) un mélange ?

C’est un déséquilibre hormonal, avec comme intervenants la dopamine, l’ocytocine, la vasopressine, la thyroïde, l’hypophyse, les amygdales, une histoire d’abus, la maladie mentale, les médicaments utilisés pendant l’accouchement, séparation mère et bébé

 

Ce que n’est pas un red

Ce n’est pas une aversion de l’allaitement, car dans le cas de l’aversion, celle-ci n’est pas immédiate, elle ne vient pas en même temps que la première montée de lait, mais plus tard, pendant une seconde grossesse, ou un co-allaitement. Avec un red les émotions négatives sont dirigées envers soi-même, avec l’aversion, davantage envers l’enfant le plus âgé.

Ce n’est pas de la dépression non plus car la dépression est un état constant, alors que le red est momentané. Avant la tétée la mère se sent bien, et après celle-ci à nouveau bien.

 

 

Pour savoir si c’est bien un réflexe d’éjection dysphorique, on peut poser ces questions à la mère :  Qu’est-ce qu’elle ressent ? Combien de temps ça dure ? à quel moment ça arrive ? ça dure dans la journée ? Est-ce aussi le cas lors des montées de lait ou lorsque qu’elle tire ? trou dans le ventre ƒ ? Nausées ?

Les mots utilisés par les mères

Vide – intense – fait comme – secondes – ventre – bouleversant – minutes – s’estompe – sentiments – avant la montée de lait – perte d’appétit – vague – soudain – trou dans le ventre – négatif – douloureux – gorge qui se serre – viscéral

 

II Les pensées et émotions liées au red

 

« Qu’est-ce qui ne va pas avec moi, je m’en sors pas, je suis une mère horrible, je crois pas que j’ai fait ça, je suis nulle. »

 

3 palettes d’émotions et des degrés d’intensité dans chacune d’elles (légère, moyenne, forte)

Première palette : abattue

Mal du pays, nostalgie, mélancolie, tristesse, désespoir. Ou plus fort, répulsion envers soi-même, pensées suicidaires, honte de soi, pensée qu’on est sans valeur, dépression

Mots utilisés par les mères : inquiétude, angoisse, appréhension, malaise, gêne, souci, déprimée, souhait d’être folle, désespoir, découragement, bouleversement émotionnel, épuisement, peur d’avoir échoué, des émotions négatives générales, dégoût, culpabilité, pensées néfastes, sentiment de vide dans l’estomac, mal du pays, désespoir, répugnant, mal à l’aise, incapacité à être à la hauteur, introspection, pensées indiscrètes, humeur sombre, manque d’estime de soi, hypersensibilité, tristesse, dégoût de soi-même, sensation de boule dans la gorge, trou dans l’estomac, honte, pensées suicidaires, sur le point de pleurer, malheureuse, pulsion de partir, sans valeur, indigne, préoccupant.

 

Deuxième palette : anxiété

Perturbée, anxieuse, incertaines, ennuyée, importunée. Quand intense, paniquée, prise de terreur, irritable et anxieuse

Mots utilisés par les mères : ennui, inquiétude, souci, angoissée, nerveuse, crainte, frustration, impatience, irritabilité, panique, rancune, amertume, agitation.

 

Troisième palette : agitation

Agitation, colère, détresse, hostilité, paranoïa, tension. Dans ce cas-là il y a plus de chance que la mère projette ses émotions, tienne des propos verbaux en relation avec ses émotions.

Mots utilisés par les mères : agressivité, agitation, colère, détresse, hostilité, paranoïa, tension

 

III Ce qui peut aider

 

De l’intérieur, comprendre ce qu’il se passe, être reconnue, en parler, ne plus se sentir seule aide.

De l’extérieur, valider les émotions comme existantes, reconnaître que les émotions sont d’origine physiologiques, soutenir la mère, l’encourager.

 

Astuces

  • S’occuper de soi : bien boire et manger, bien dormir, faire de l’exercice physique quotidiennement
  • Distractions pendant la tétée
  • Augmenter la dopamine : cure de vitamine d, soleil, vitamine B6, magnésium, probiotiques
  • Consommer certains aliments qui agissent sur la dopamine – avocat, Omega 3
  • Massages / Acupuncture / chiropracteur
  • Médicament : buproprion
  • Plantes : la rhodiole, le gattilier, le gingko, le mucuna pruriens
  • Boire de l’eau glacée – aide avec la dopamine

 

IV Ce qui accentue les effets du red

Ne pas savoir ce que c’est, se sentir seule, folle et isolée, ne pas être comprise et soutenue enferme la mère qui allaite et qui a un red. Elle cherchera à sevrer son bébé.

Voici des facteurs aggravants pour certaines femmes (mais pas systématique) :

  • Le double pompage
  • Le moment du soir avec la fatigue et sensation de vulnérabilité
  • Ne pas prendre soin de soi :
  • Le manque de sommeil
  • La déshydratation
  • La caféine, nicotine
  • Contraception hormonale et règles
  • Le stress
  • La metoclopramide : un médicament utilisé pour augmenter la production du lait. Il bloque les récepteurs de dopamine, et cela permet de secréter davantage de prolactine, car la sécrétion de prolactine est bloquée par la dopamine

 

V Et après ?

Cela peut s’atténuer vers 3 ou 6 mois avec un rééquilibrage hormonal naturel opéré par le corps lui-même. Il est probable que la dopamine retrouve des niveaux normaux. Tout laisse à penser en revanche qu’une fois que le red est là, il se reproduira sur tous les allaitements.

 

VI Témoignages

 

« Je souffre de RED depuis la naissance de ma fille qui a 4 mois maintenant. Au début je ne comprenais pas ce qui m’arrivait cette sensation de malaise qui me prenait à chaque tétée accompagnée de nausées, de tristesse, de blues. J’ai mis ça sur le compte du baby blues sauf qu’après ça ne s’est pas calmé au point où j’ai pensé que je devenais folle. Personne ne comprenait pourquoi quand je donnais le sein et que je mangeais je n’arrivais plus à finir mon assiette. La nausée et cette sensation d’angoisse me prenait l ‘estomac et me coupait toute envie de manger. Grâce au groupe j’ai pu savoir enfin ce qui m’arrivait. Ce n’est plus à chaque tétée que j’ai le mal être mais la nausée est toujours présente. J’essaie de donner mon lait le plus longtemps possible à mon bébé même si c’est difficile parfois. » Aida

 

« Mon red arrive généralement un peu avant ma montée de lait. Je sens une énorme angoisse monter. Elle me prend à l’estomac. C’est comme si j’avais un trou. L’angoisse que je ressens est par rapport au fait de savoir que je vais avoir mal et s’il allait bien vider mon sein pour éviter la mastite. L’angoisse de devoir gérer mes filles pendant les tétées. J’ai aussi eu quelque fois des idées noires. Des envies d’arrêter tout, de partir loin. Surtout pendant les pics de croissance. J’en ai pleuré à cause des sentiments contraires (la joie de pouvoir nourrir son enfant mais aussi toutes les angoisses). Ce qui m’a aidé c’est de savoir que ça a un nom et que surtout je n’étais pas la seule à souffrir de ce RED.

Maintenant ça va mieux car je verbalise et aussi je ne retiens pas trop mes émotions, je décharge au maximum. Je lis beaucoup et j’échange. Mais il y a des fois où ça revient et généralement c’est quand je suis très fatiguée. » Aurélie

Article sur l’aversion ou l’agitation pendant l’allaitement

Sources :

  • Before the Letdown : Dysphoric Milk Ejection Reflex and the Breastfeeding Mother by Alia Macrina Heise
  • Le Petit Nourri Source 6e édition.

Groupe facebook en français : red –  réflexe d’éjection dysphorique https://www.facebook.com/groups/324348311389266/?ref=br_rs

Groupe facebook en anglais : Dysphoric Milk Ejection (D-MER) Support Group https://www.facebook.com/groups/18640836364/

Site de Alia Macrin Heise en anglais:  www.d-mer.org

 

 

 

 

 

 

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Le manque de lait

 

Pour allaiter, il faut du lait. Et parfois, ça ne fonctionne pas.

Personne ne saurait trop vous dire ce qu’il se passe

Et pourtant qui n’a pas entendu : ‘j’ai plus de lait !’.

Oui mais pourquoi ?

Pourquoi ne serions-nous donc pas programmé à assurer une nourriture suffisamment abondante à nos petits en tant que mammifères ?

Il est important d’abord de s’assurer qu’il est bien d’abord question d’un manque de lait, un problème de transfert et/ou de production et non pas d’une mauvaise lecture de la situation. Un bébé qui pleure peut pleure pour beaucoup de raison. Est-ce un besoin de contact, une douleur physique, des tensions, un mal être? Des seins ‘mous’ ne sont pas non plus mauvais signe s’ils sont vidangés régulièrement. On parle de manque de lait lorsque la prise de poids n’est pas suffisante, les couches peu mouillées, le bébé déglutit peu.

Voici ici quelques causes possibles du manque de lait et de mauvaise prise de poids de bébé.  Pour toujours plus de lait c’est ici, et augmenter la prise de lait en cours de tétée ici.

Il est inutile d’adresser les causes mécaniques et physiologiques tant que la conduite de l’allaitement n’a pas été adressée. Ce sont les facteurs sur lesquels l’action est la plus évidente et efficace. Et tant que bébé n’est pas allaité à la demande et qu’il y a des interférences avec le transfert de lait, régler les causes mécaniques ne permettra pas de régler le problème.  De plus les causes physiologiques de manque de lait ne concerneraient en fait… que 5% des femmes qui allaitent ! Dans la majorité des cas de ‘manque de lait’, c’est le déroulement de l’allaitement qui est en cause.

Il est important de souligner qu’un ‘manque de lait’ peut provenir de plusieurs facteurs, qu’il est bon d’être pro active et bien renseignée, mais qu’avant d’allaiter, on ne peut quasiment jamais dire que cela ne sera pas possible pour nous, car le corps nous réserve bien des surprises et est plein de ressources.

 

 

 

 

I Interaction entre le bébé et la mère : une mauvaise conduite de l’allaitement

 

Dans ce cas-là, les obstacles au transfert et à la production de lait ne sont pas propres à la mère ou au bébé, mais au déroulement de l’allaitement.  Ce sont les facteurs du ‘manque’ de lait sur lesquels il est le plus facile d’agir.

 

  1. les rythmes et l’allaitement à la demande

Les tétées à la demande ne sont pas respectées, et le bébé est nourri toutes les 3h comme s’il était au biberon. Trop peu de stimulation signifie également la mise en place de moins de récepteurs à hormones et d’un corps qui produit moins car il reçoit moins de demandes. La mère ne reconnaît pas les signes d’éveil ou les ignore, n’offre pas les deux seins à chaque tétée. Les tétées nocturnes sont supprimées, à l’aide de différentes techniques par les parent alors qu’il y a un pic de prolactine (hormone en charge de la production) la nuit, et qu’il est crucial se réveille au moins une fois pour téter pendant la nuit, afin de maintenir une bonne lactation.  On pense que le bambin est assez grand, et n’a plus besoin de téter autant et espacer les tétées. Plus d’infos sur les rythmes ici

  1. les conseils et la culture

Les mauvais conseils qui font retarder les tétées, douter de soi (‘il pleure c’est qu’il a faim’), de ses capacités à produire (‘tu n’auras jamais assez de lait’), et modifier son comportement vis à vis du bébé : limiter la durée des tétées, les espacer, les remplacer par des biberons etc.

  1. les pratiques tue allaitement

a)biberon et compléments : une méconnaissance des rythmes de l’allaitement et des compléments donnés lorsque ce n’est absolument pas nécessaire font baisser la lactation.De plus remplacer des tétées par des tirages n’est pas un équivalent. On ne sait combien de temps bébé aurait tété, et la succion au biberon désapprend à bébé à téter efficacement.

b) l’eau et les tisanes : Donner de l’eau à un bébé allaité est inutile, risqué et nuit à la lactation, car bébé tète moins. Son estomac est rempli par un liquide non calorique et il ne va pas réclamer à téter alors qu’il a besoin d’un apport nutritionnel très important. (plus d’info ici )

c) la tétine: L’usage d’une tétine supprime des tétées et des moments de stimulation. Elle fait donc baisser la production. Même lorsque bébé ne déglutit pas, le simple fait qu’il soit au sein et envoie un message nerveux au cerveau qui déclenche une sécrétion de prolactine et d’ocytocine.

d) Les bouts de sein: ils causent aussi une baisse du transfert de lait et de la production, la stimulation du sein étant moins importante lorsqu’on allaite sans.

plus d’info sur la tétine, le biberon et les bouts de sein ici.

  1. médicaments, aliments et contraception

Certains médicaments, aliments ainsi que les méthodes de contraception hormonale peuvent causer une baisse conséquente de la production hormonale puisqu’ils agissent sur les taux hormonaux. Il est préférable d’éviter l’implant, le stérilet hormonal ou les pilules même si elles sont micro dosées lorsque l’on souhaite allaiter.

article : la contraception pendant l’allaitement.

Tant que ces motifs de manque de lait n’ont pas été explorés un à un, il est inutile de passer à la suite. Les causes physiologiques du manque de lait sont rares, et les difficultés d’allaitement sont généralement causées par le manque de connaissance et le non-respect de ce qui fait qu’un allaitement fonctionne : un allaitement à la demande, sans interaction de l’extérieur, avec une mère qui materne et écoute son bébé.

 

II Problèmes mécaniques et physiologiques chez le bébé

Les problèmes abordés ci-dessous ne sont pas irrémédiables, et aussi effrayants qu’ils puissent sembler, avec un peu d’assistance qualifiée, il est possible de remédier à plusieurs d’entre eux.

  1. Problèmes mécaniques chez le bébé

 

  1. a) Frein de langue et frein de lèvre serrés

Ils empêchent bébé de téter efficacement et de stimuler. Le bébé peut s’épuiser et téter de moins en moins, ou bien téter très souvent mais ne pas réussir à prendre du poids correctement. Le docteur Jack Newman dit qu’il faudrait que dès la naissance, que la mobilité de la langue et la souplesse des freins soient systématiquement évalués par quelqu’un de compétent car ils peuvent nuire considérablement à l’allaitement.

Article sur les freins / Dossier sur les freins

 

  1. b) Palais creux, fente labiale et fente palatine

Ces trois aspects morphologiques agissent sur la capacité du bébé ou non à créer une pression négative dans la cavité orale. Ils sont donc à prendre en compte dans le cadre de problème d’allaitement. A savoir qu’il existe des fentes palatines sous muqueuse, donc difficile à voir au premier coup d’œil.

 

  1. c) Tensions physiques, réflexes innés absents et blocages

Du fait de la position dans l’utérus restreinte ou inadaptée, d’une naissance difficile, très rapide ou bien très longue durant laquelle le bébé est resté longtemps immobilisé, résultent des tensions physiques. Ses tensions peuvent être des blocages articulaires, des dislocations, des nerfs qui ne fonctionnent pas correctement, un torticolis etc. Celles-ci affectent la succion, son efficacité mais aussi le comportement et l’état général de bébé. Il est important de s’en soucier et d’emmener bébé chez un chiropracteur formé en pédiatrie.

  1. d) retard de croissance, pathologies sévères

Un retard de croissance ou certaines pathologies peuvent occasionner une succion hypotonique et empêcher le bébé d’être capable de se nourrir seul.

 

2) Santé de bébé

  1. a) Jaunisse 

Il arrive que suite à la naissance certains bébé développent une jaunisse. Il y a différents grades et celle-ci nécessite parfois une exposition à de la lumière bleue, et dans les cas les plus sévères une transfusion. Le corps ne parvient pas à évacuer la bilirubine, et son augmentation dans le sang peut atteindre un niveau toxique pour le cerveau dans les cas les plus sévères (mais qui sont très rares). La jaunisse peut fatiguer bébé, qui réclame moins, stimule moins et s’alimente moins bien.

  1. b) les allergies alimentaires et intolérances

Une partie des protéines animales et végétales ingérées par la mère sont présentes dans le lait maternel et un bébé peut réagir à celles-ci. La réaction inflammatoire peut alors épuiser les forces du bébé. Il ne s’agit pas d’un manque de lait en tant que tel mais de la réaction qui est source de l’épuisement et de la mauvaise assimilation de l’aliment

  1. c) Infection, virus, bactéries, vers intestinaux

Un bébé peut avoir une infection urinaire, un virus, ou bien développer une bactérie qui fait qu’il s’épuise. Ses forces sont consumées à lutter contre ceux-ci. Même s’il se nourrit il peut perdre du poids, et épuisé, il tètera moins, stimulera moins et la production baissera.

  1. d) Mise en veille

Un bébé qui a peu de forces peut se mettre à téter de moins en moins. Il n’aura pas la force de réclamer, ni de téter et le sein lui sera de moins en moins proposé, la mère attendant qu’il le réclame. C’est alors un cercle vicieux. Il a peu de forces, tète moins, a encore moins de forces, et tète encore moins. Il va se mettre à dormir de plus en plus et à être de plus en plus silencieux. La prise de poids et la production vont baisser.  Il est nécessaire d’être extrêmement vigilant et de veiller à ce que son bébé tète très fréquemment et efficacement. Un bébé peut se laisser mourir de faim.

 

III Problèmes mécaniques et physiologiques chez la mère

 

Les problèmes listés ici sont des possibilités, mais en aucun cas se trouver dans une situation ci-dessous signifie qu’on aura de manière systématique des problèmes pour produire du lait. De plus, il suffit généralement que le problème de santé soit traité.

 

  1. Problèmes mécaniques chez la mère

 

  1. a) Tétons plats, ombiliqués

Alors que dans beaucoup de cas cela posera pas de souci pour l’allaitement car avec un peu de temps et des tétées le téton va se former, dans d’’autres cas des tétons plats signifient des  tissus trop  fibreux, des nerfs et glandes mammaires trop courtes, et un mauvais drainage ou un drainage impossible du sein. Des tissus cicatriciels trop importants suite à un piercing peuvent également poser ce type de souci.

Durant le troisième trimestre de grossesse, stimuler les tétons avec de la succion une seringue, la niplette de avent peut aider.

  1. b) Hypoplasie et glandes mammaires sous développées

Lors de l’adolescence, les glandes mammaires se seraient trop peu développées (mais cela n’ayant pas de lien avec la taille des seins) probablement du fait d’une exposition à des perturbateurs endocriniens. Aucun examen médical ne permet aujourd’hui de diagnostiquer l’hypoplasie et elle est évoquée en dernier recours, ou parce qu’on est pas en mesure d’identifier la cause du problème. On en formule l’hypothèse lorsque les seins n’ont pas ou peu changé lors de la grossesse et de la montée de lait.  A savoir qu’une hypoplasie n’est pas définitive, car une nouvelle grossesse et les hormones placentaires peuvent permettre de nouveaux développements de glandes mammaires.

  1. c) Chirurgie mammaire 

Une réduction ou augmentation mammaire signifie souvent moins de nerfs et de glandes mammaires ou des glandes et nerfs endommagées. Sans allaiter il est impossible de savoir l’étendue des dommages, et il est parfois possible d’allaiter au moins partiellement, voir exclusivement. Plus de temps est passé entre la chirurgie et l’allaitement, plus il y a des chances que cela fonctionne, car les nerfs se réparent doucement, et la grossesse et le placenta peuvent permettre une régénérescence.

  1. d) Accidents et blessures

Les nerfs responsables de la production de lait passent entre les vertèbres T3 et T4 pour se connecter à la moelle épinière, s’ils sont endommagés cela peut avoir des conséquences sur la production de lait.

Des accidents ou blessures au niveau des seins peuvent également avoir des répercussions.

 

 2.Santé générale de la mère, déroulement de la grossesse et de l’accouchement

Tout trouble de la santé qui agit sur les niveaux hormonaux dans le corps de la mère peut avoir des répercussions sur la production de lait. Ce n’est en aucun cas systématique, mais en cas de problème de production, ce sont des pistes qui méritent d’être explorées, et il existe parfois un traitement.

  1. a) Le placenta : insuffisance placentaire et rétention placentaire

Insuffisance placentaire : Un niveau de progestérone trop bas et la production de lait qui s’enclencherait avant l’accouchement (perte de lait importante, engorgement), un peut annoncer des difficultés de production par la suite. Le corps saute en effet des étapes, la progestérone qui devrait empêcher la production n’est pas présente, la production de lait démarre, et elle n’est pas suivie d’une stimulation par bébé. Donc à la naissance, le corps n’a pas enregistré de demande / stimulation et la production se tarit d’elle-même.

Donner de la progestérone pour permettre le développement des glandes mammaires et arrêter le processus peut être une piste, et tirer une fois que bébé est là.

Rétention placentaire : tout le placenta n’a pas été expulsé lors de l’accouchement et par conséquent le taux de progestérone est élevé et continue d’inhiber la prolactine et la production de lait.  Cela peut également causer une infection grave chez la mère. Donc retirer les bouts restants, tirer, et la production augmentera rapidement.

  1. b) Anémie et hémorragie

Anémie : une trop grosse perte de sang qui fait que le corps mobilise ses forces autrement, faiblesse générale, pâleur, extrêmités froides.

Syndrome de Sheehan : suite à une trop grosse hémorragie lors de l’accouchement, la glande hypophyse n’assure plus ses fonctions

 

  1. c) Pathologies qui affectent le fonctionnement hormonal

Rappel : toutes les causes citées ci-dessous n’ont pas empêché de très nombreuses mères d’allaiter longtemps et d’avoir du lait en abondance, elles sont donc à explorer uniquement en cas de problèmes avérés, et avec un traitement adapté, la situation s’améliore.

L’obésité qui freine le développement des glandes mammaires pendant l’adolescence et qui peut aussi indiquer des troubles hormonaux sous-jacents non diagnostiqués.

Les diabètes 1 et 2 qui peut interagir avec le travail hormonal du placenta qui pendant la grossesse permet aux glandes mammaires de se préparer à l’allaitement, et ensuite avec la mise en place de récepteurs hormonaux.

Problèmes de thyroïde (hypothyroïdie et hyperthyroïdie, thyroidite): le fonctionnement de la thyroïde est liée à la production d’hormones et les hormones à la production de lait donc si les taux ne sont pas normaux cela peut causer des problèmes, donc traiter, et insister auprès des docteurs.

L’infertilité a des répercussions sur les taux hormonaux

La ménopause et périménopause supposent un manque de lait.

Ovaires poly kystiques : qui peuvent induire un mauvais développement des glandes mammaires

Des kystes ovariens peuvent causer des troubles hormonaux

Règles : lors des cycles de nombreuses femmes notent une baisse temporaire.

  1. d) une nouvelle grossesse

Dans la majorité des cas, une nouvelle grossesse occasionne une baisse de la secrétion lactée, et si le bébé a moins d’un an, une complémentation est nécessaire.

 

IV Causes morales

L’état psychique de la mère, une dépression, un stress intense peuvent jouer sur la lactation.

La production de lait est un processus hormonal, et les émotions interagissent avec les hormones. Par exemple, si son taux est élevé, le cortisol (hormone du stress) peut bloquer le réflexe d’éjection en agissant de manière négative dans l’équilibre cortisol-ocytocine.

 

1) Vécu de la grossesse et de l’accouchement

si la grossesse et l’accouchement se sont déroulés dans de mauvaises conditions, ce vécu peut réveiller d’anciens traumatismes et jouer sur l’état général de la mère et sa production de lait. (cf stress post traumatique)

 

2) vécu de l’allaitement et douleurs 

Un allaitement qui se passe dans de mauvaises conditions telles que des douleurs, sensations désagréables lors de la tétée est un facteur de stress pour la maman. Elle se met à redouter les tétées, à tenter les espacer, le réflexe d’éjection peut être inhibé, la production baisser.

 

3) Pression sociale et reprise du travail

Le regard des autres, le manque de soutien, le manque de repos, les tâches ménagères qui s’empilent, les aînés, la reprise du travail etc. La mère a parfois l’impression qu’elle n’a pas le temps et est ‘coincée’ par tous ses devoirs. Cela fait augmenter la sécrétion de cortisol.

 

4) deuil et chocs émotionnels

La perte d’un proche, l’annonce d’une nouvelle stressante, d’importants changements, peuvent aussi jouer sur les taux hormonaux, la santé de la mère et donc la production de lait.

 

 

Il est important d’aider la mère à avoir une image positive d’elle-même, de son histoire, du lien qu’elle a avec son enfant. Qu’elle s’aime et se sente aimée. Elle a besoin de soutien, d’un environnement favorable à l’allaitement, d’aide concrète (de l’ami qui apporte des repas au professionnel qui aidera pour les douleurs), d’une écoute attentive (connaissance et/ou professionnel).

Identifier les problèmes permet de trouver des solutions dans le meilleur des cas, et dans le pire de comprendre ce qu’il se passe.

 

Pour avoir plus de lait

Pour augmenter la prise de lait en cours de tétée

 

 

Sources : Making more milk, Diana West / http://www.makingmoremilk.com/

 

Liens sur le manque de lait comme mythe culturel

http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2017/02/21/peut-on-manquer-de-lait/

https://lesvendredisintellos.com/2013/02/16/manque-de-lait-quand-la-realite-depasse-le-mythe/

 

Allaiter après une réduction mammaire

https://www.allaitementpourtous.com/allaiter-suite-agrave-une-chirurgie-mammaire.html

 

Syndrome de Sheehan https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S075076580400098X

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Régime d’éviction des protéines de lait de vache pendant l’allaitement

Pourquoi propose-t-on souvent une éviction des protéines de lait de vache à une mère qui allaite et qui rencontre des difficultés avec un bébé agité au sein, qui a des phases de pleurs intenses, un rgo, semble irritable ?

Une partie des protéines alimentaires ingérées par la mère se retrouve intacte dans la circulation sanguine et peut donc être présente dans le lait maternel. La muqueuse intestinale de bébé étant très fragile, les protéines de lait de vache (caséine) peuvent être irritantes et causer une inflammation de la muqueuse même sans déclencher de réaction allergique. Ainsi les protéines de lait de vache présentes dans le lait maternel peuvent être la cause ou l’une des causes des pleurs intenses, d’un rgo, de réactions cutanées, d’un ralentissement ou mauvaise prise de poids. A savoir que 40 à 50% des rgo douloureux sont liés à une allergie aux protéines de lait de vache selon plusieurs études.

Le lait maternel est et reste le seul aliment adapté à un système digestif et immunitaire en voie de développement, car sa composition permet la maturation de celui-ci et réduit les réactions inflammatoires. Pour veiller au bien-être de bébé, lorsque de tels symptômes sont rencontrés on peut envisager une éviction de protéines de lait de vache, en parallèle avec d’autres pistes.

Il existe d’autres allergies, et en cas de suspicion d’allergie alimentaire chez bébé, il est judicieux de tenir un journal alimentaire et de noter tous les aliments consommés et les réactions à postériori. Les autres allergies les plus communes sont : œuf (protéine animale), gluten (protéine du blé), fruits à coques / arachide (protéines végétales), poissons fruits de mer (protéines animales).

 

I Allergies immédiates, allergies retardées, intolérances

II Les protéines et la caséine

III Eviction des protéines de lait de vache : comment procéder ?

IV Comment survivre : vivre sans protéines de lait de vache

 

Une allergie alimentaire est un ensemble de réactions alimentaires anormales consécutives à une ingestion de protéine animale ou végétale. Il peut y avoir des allergies immédiates, retardées, ou mixtes.

Allergie immédiate – IgE médiée : le corps déclenche une réponse immunitaire immédiate avec une réaction forte des antigènes IgE qui intervient dans les instants qui suivent l’ingestion, le pronostic vital peut être engagé. Ces allergies sont généralement détectables par prise de sang et prick test. Symptômes : œdème de Quincke, boursouflements, difficultés respiratoires/asthme, choc anaphylactique, eczéma, irruptions cutanées, urticaire, reflux. Le passage au travers le lait maternel atténuerait les réactions du bébé, qui seraient bien plus violentes si l’aliment était donné directement.

Allergie retardée – non IgE médiée : ce seraient d’autres antigènes IgA, IgG4 qui déclencheraient une réaction immunitaire, moins violente et moins dangereuse pour la santé. Cette réaction arrive ‘à retardement’ suite l’ingestion de l’allergène donc il est parfois difficile de trouver l’aliment en cause. Ces allergies ne sont pas détectées par les tests allergiques car uniquement les antigènes IgE sont recherchés, et non les autres, qui seraient pourtant en cause ici. Uniquement l’éviction permet de déterminer si l’hypothèse d’une allergie est valable. Symptômes (généralement de 4h à 28h après ingestion mais parfois jusqu’à 72h) ; reflux, eczéma/ dermatite atopique/ problèmes cutanées, problèmes digestifs (diarrhées, constipation), vomissements, douleurs intestinales, réveils nocturnes très fréquents, pleurs intenses, infections de la sphère ORL récurrentes (rhinites, otites etc), fragilité immunitaire générale, irritabilité, fatigue, tension musculaire, faible prise de poids, migraines.

Intolérance, un autre nom pour une allergie retardée – non IgE médiée ? un manque d’enzymes nécessaires à la digestion d’un aliment spécifique. Le corps se retrouve à ne plus savoir comment se débarrasser de l’aliment et épuise ses forces en essayant de le casser en molécule

Galastosémie – La galactosémie classique est une maladie métabolique sévère à risque vital et à début néonatal. Elle se manifeste en général chez le nourrisson par des difficultés alimentaires, une léthargie et une atteinte hépatique sévère. C’est une maladie orpheline très rare. Le nourrisson est incapable de digérer le lactose de n’importe quel lait et l’allaitement maternel est arrêté progressivement dans les premières semaines de vie.

 

II Protéines et caséine

Marie Thirion dans ‘L’Allaitement’ explique que la caséine, la protéine du lait, est composée de molécules très complexes, assemblées d’une manière très précise, comme 20 lettres d’alphabet mises dans un ordre particulier. Chaque espèce de mammifère a une caséine qui contient les 20 lettres, 20 acides aminés, mais dans des proportions variables et avec des assemblages différents. Les laits d’espèces différentes ne sont donc pas échangeables.

Il faut au moins 100 jours pour que l’intestin soit une barrière anti allergique efficace pour un bébé né à terme car plus le bébé est petit, plus il est sensible aux protéines étrangères.

Pour le bébé humain, la caséine d’une autre espèce est une langue étrangère à déchiffrer, il lui manque des enzymes pour la digérer, casser les molécules, et est allergisante. Le corps du bébé l’identifie comme étrangère.

La beta lactoglobuline est une petite protéine qui passe facilement la barrière intestinale – et elle serait responsable de l’augmentation des allergies à cause du rapport caséine / protéines dans les laits premiers âge.

 

 

 

III Eviction des protéines de lait de vache : comment procéder ? 

Une éviction est la suppression de l’aliment suspecté comme allergisant pour le bébé. La mère le retire entièrement de son alimentation et des produits utilisés quotidiennement. Elle commence par une éviction stricte avec les allergènes croisés, et une fois les effets de l’éviction évidents ou non, uniquement sous surveillance médicale, elle peut tenter de réintroduire certains aliments moins risqués (les croisés).

La dose consommée n’a pas d’importance et il est nécessaire de supprimer complètement l’allergène en cas d’allergie.

L’allergie immédiate ou retardée aux protéines de lait de vache n’est pas une intolérance au lactose (sucre du lait), mais le lactose contient des traces de protéines et doit donc être supprimé dans un régime d’éviction strict.

Pour les protéines de lait de vache il faut minimum de 3 à 4 semaines pour qu’il n’y ait plus de traces de protéines dans le sang donc dans le lait de la mère allaitante.

Les tests d’allergies n’étant pas toujours fiables, l’éviction reste le meilleur moyen de s’assurer que ce n’est pas cela.

Cela demande de cuisiner soi-même et de décrypter les étiquettes des produits achetés pour trouver les plv cachés.

 

 

 

IV Comment survivre à une éviction?

Carence en calcium de source animale ?

Les lobbies du lait commandent régulièrement des études pour vanter les bienfaits du calcium sur la santé mais comme le révèlent un écart du canard enchaîné du mercredi 2 aout 2017, on peut se poser des questions !

  voici quelques sources végétales :

 

 

 

Recette du Crumesan :

250 ml de noix du brésil, amandes, graines de tournesol ou graines de chanvre.

½ gousse d’ail hâché

2ml (1/2 càc) de sel

15ml (1càs) de levure alimentaire

Moudre les noix au robot culinaire ou dans un moulin à café et ajouter le reste des ingrédients. Saupoudrer à la place du parmesan.

 

Bonne éviction !

 

Autres causes possibles de reflux à explorer en parallèle : frein de lèvre et langue serré, tensions physiques et blocages.

 

Sources et références

 

L’allaitement de Marie Thirion

 

Allergies alimentaires –  Nouveaux concepts, affections actuelles, perceptives thérapeutiques, El Sevier, Elsevier Masson

 

Intolérances alimentaires, sensibilités, allergies : Comprendre (et vivre avec) de Florence Arnaud

 

Sans lait ni soya – Régime d’éviction pour l’allaitement de Maman Mange Bien (nutritionniste) https://mamanmangebien.com/produit/sans-lait-ni-soya-regime-deviction-pour-lallaitement-ebook/

 

Etudes

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1398-9995.2005.00705.x

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1399-3038.2007.00561.x

http://www.worldallergy.org/professional/allergic_diseases_center/foodallergy/

 

RGO et allergie aux protéines de lait de vache

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3166669/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12415039

 

un blog

http://allergieetrgo.canalblog.com/archives/2014/02/08/29151481.html

 

sites de recettes

http://www.marmiton.org/pratique/sante-plaisir_l-allergie-aux-proteines-du-lait-de-vache_4.aspx

http://www.recette-sans-plv.com/

https://fauxmage.fr/

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Connaître, comprendre et remédier à la confusion

 

Lorsqu’on souhaite allaiter, mener à bien son projet d’allaitement et allaiter dans de bonnes conditions, il est nécessaire de connaître et comprendre le risque de confusion, et d’avoir des pistes pour y remédier.

Elle peut avoir lieu n’importe quand lors de l’allaitement, avec des biberons, tétine, pouce, bouts de sein, et parfois avec d’autres contenants avec certains bébés.

 

I Confusion et manque d’information

II La confusion et ses déclinaisons

III Des pistes pour remédier à la confusion

 

 

 I Confusion et manque d’information    

On vous dira qu’il y a deux types de risques de confusion en fonction de comment cela se déroule

1) le bébé qui prend le sein mais ne sait plus téter :

On vous dira que c’est un risque uniquement lors des premières semaines alors que bébé n’a pas encore mis en place ses réflexes. Sauf que malheureusement personne ne réalise de diagnostics anticipés de problèmes de succion chez les bébés et de leurs stratégies de compensation dues à des freins serrés, tensions, blocages articulaires ou autre. Donc cette difficulté à téter et à réaliser une séquence de succion peut durer tout l’allaitement sans avoir été identifiée.

2) le bébé qui refuse et hurle au sein mais accepte le biberon

On vous dira que c’est une préférence pas une confusion et que le bébé ‘choisit’ le débit le plus élevé. Cela sous-entend qu’il a décidé que le débit au sein devait être réduit et que la production de lait devait baisser ? Qu’il a décidé lui-même d’espacer des tétées ou d’être séparé de sa mère ?  Il va vers le moins difficile à cause d’un réflexe instinctif. De nombreux facteurs externes le poussent à opter pour sa survie, et il y est contraint.

On oublie que ces deux ‘types’ peuvent se mêler et complexifier la tâche, que la confusion peut être le résultat de plusieurs facteurs, qu’il faut explorer un à un : problème de succion, tensions musculaires, baisse de la production, séparation et grève etc. La confusion peut être causée en partie par une baisse de la lactation ou entièrement, mais elle-même cause souvent une baisse de lactation. C’est donc un cercle vicieux qui peut conduire au sevrage. De plus, elle peut être irrémédiable ou extrêmement dure à ‘récupérer’ si on n’en comprend pas les causes et que notre entourage ne soutient pas notre projet d’allaitement.

Connaître et comprendre la confusion est terriblement important quand on souhaite allaiter.

panneau récapitulatif

 

II La confusion et ses déclinaisons    

Confusion de succion : (biberon, tétine, bouts de sein) le bébé veut prendre le sein mais ne sait plus comment faire pour téter, n’arrive pas à se servir de sa langue. C’est valable avec les petits bébés qui n’ont pas encore pu établir la séquence de succion, les bébés qui compensent pour des tensions ou blocages, les bébés avec des freins serrés, les bébés prématurés et d’autres encore. Bébé peut faire mal, causer des crevasses, pincer, s’énerver au sein, ou bien rester passif et ne pas faire venir la deuxième montée de lait. La prise de poids peut être freinée et les divers problèmes ne seront pas pris en charge. La mère peut se mettre à craindre les tétées et les espacer, développer une candidose.

Confusion de vitesse de débit : (biberon) quand le bébé se jette en arrière, hurle au sein et accepte le biberon, l’un des facteurs évident est la baisse de lait.  Mais il peut aussi rester passif au sein, ne pas faire les efforts pour la montée de lait, se détourner du sein, recracher le lait. Refus total et brutal du sein possible.

Confusion de téton-tétine : (biberon, tétine, bout de sein) la tétine du biberon ou de la tétine et plus facile à prendre que le sein à cause de la taille ou de la forme du sein.

Confusion hormonale et de non nutrition : (tétine, pouce, doigts doudou) lorsque le bébé tète la tétine, il place sa langue différemment et n’utilise pas les mêmes réflexes qu’au sein. Cela peut lui désapprendre à téter. Mais le met aussi au régime. Téter fait secréter des endorphines à son cerveau, que cela soit au sein ou une tétine. Ces endorphines l’apaisent et l’endorment. Au sein il sera en train de stimuler et/ou se nourrir en même temps. A la tétine, ni l’un ni l’autre. Il sera calme, mais ni nourri ni aura pu passer la commande pour les repas suivants. C’est encore plus trompeur avec un bébé en économie d’énergie, qui n’a plus la force de réclamer des tétées et va perdre ainsi de plus en plus de forces et se réfugier dans le sommeil. Les tétées de ‘réconfort’ stimulent la production, même quand le bébé ne déglutit pas activement. Le simple contact avec le mamelon envoie des signaux aux glandes mammaires et au cerveau, qui sécrète par la suite des hormones relançant la production de lait.

panneau récapitulatif

 

III  Pistes pour remédier à la confusion

Pour le biberon, le supprimer et essayer d’éviter les séparations dans la mesure du possible, et sinon utiliser des contenants qui demandent plus d’efforts (dal, tasse simple, biberon cuillère, seringue, pipette etc.). Faire évaluer la succion et les blocages éventuels par une consultante IBCLC et un chiropracteur formé en pédiatrie. Relancer la production avec du maternage intensif (bébé collé au sein) et/ou en tirant.

Pour la tétine, la supprimer et chercher la raison pour laquelle elle a été donnée : norme culturelle, reflux, tensions, douleurs au sein. Anticiper les moments de faim et proposer le sein (valable avec le pouce). Evaluer si baisse dans la production.  Un bébé qui tète beaucoup peut compenser pour une succion inefficace, apaiser ses brûlures dues au reflux (causes possibles : allergie et/ou frein et/ou blocage et/ou ref), chercher la sécurité et la proximité de sa mère suite à une naissance traumatisante. Une mère qui donne la tétine pour éviter des tétées douloureuses ou désagréables peut envisager la piste de freins, tensions, candidose, infection bactérienne, et traiter la cause pour retrouver un allaitement serein et allaiter sans tétine.

Pour les bouts de sein, faire évaluer la succion et les blocages éventuels par une consultante IBCLC et un chiropracteur formé en pédiatrie, essayer sans la nuit et en cours de tétée, réactiver les réflexes archaïques avec la posture biological nurturing. Utiliser des techniques manuelles pour essayer de faire ressortir les mamelons s’ils sont plats ou invertis (nipple nudge, assouplissement de contre pression, technique du tacos / sandwich). Un bébé ne tète pas le téton mais une partie du mamelon et il peut avec sa succion former le sein (sauf dans certains cas particuliers). Évaluer si baisse de la production.

Dans tous les cas augmenter le temps de moments privilégiés avec son bébé, se consacrer à lui, faire peau à peau, du portage, des promenades, siestes, bains, chant, jeux, et activer les réflexes archaïques. Prendre le temps de se reconnecter avec lui et la patience sont des clés.

panneau récapitulatif

 

 

 

 

 article sur les alternatives au biberon

Le seul endroit où le risque de confusion est nul est au sein.

Les dispositifs suivants minimisent le risque.

la manière de donner le lait est importante, bébé doit être actif, il faut faire des pauses, tous les contenants de toutes les marques ne se valent pas (débit qualité du plastique)

 

sur le site des ptitesmainsdabord : Témoignages de confusion

Chiropraxie et chiropracteurs

Consultantes IBCLC : l’annuaire

 

 

 

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Qui tète? Qui allaite? Allaiter, un processus inclusif?

Allaiter ce n’est pas juste nourrir. C’est apporter au bébé l’aliment qui lui est adapté, calqué sur ses besoins, mais aussi répondre à un besoin de contact et d’attachement, donc une forme de nourriture affective qui est fondamentale pour son développement psychique et physique.

Allaiter est un processus car en dehors de ce partage de lait entre corps, il y a tout un système mis en place, une préparation, un entourage, des perceptions, des conséquences.

Alors comment allaiter peut-il être un processus inclusif ?

 

 

I Allaiter ne fait pas de discrimination entre les bébés, téter est un principe inclusif, un réflexe archaïque

II le non-allaitement est discriminant

III L’allaitement est un processus inclusif et n’exclut pas le père ou le deuxième parent

IV Quelles raisons pour l’allaitement partagé

V quelles organisations d’allaitements atypiques?

VI Qui peut allaiter ?

VII Personnalités

Sources

Ressources

 

 

I Allaiter ne fait pas de discrimination, téter est un principe inclusif

Tout bébé doit être allaité, selon une nécessité physiologique, peu importe le genre, si c’est un garçon ou une fille, l’ethnie, l’appartenance religieuse. Allaiter n’est pas une norme sociétale (ou en tout cas ne devrait pas l’être), mais un processus lié au fait que le bébé, petit humain, est un mammifère, et que ses gènes attendent le lait maternel pour croitre et se développer au mieux. De même cela répond à un besoin affectif.

« la WABA  interprète ces dispositions générales de la Convention des droits de l’enfant, associées au fait que l’allaitement  est dans l’intérêt supérieur des enfants comme des mères comme impliquant que les enfants ont droit au lait maternel en ce sens qu’il est la seule nourriture pleinement adaptée, et que les mères et les enfants ont le droit de jouir de conditions qui facilitent l’allaitement. Les Etats parties ont l’obligation de respecter, préserver et favoriser ou instituer ce droit en supprimant les obstacles à l’allaitement et à l’alimentation complémentaire appropriée par la création pour les enfants et les parents d’environnements sociaux » (la World Alliance for Breastfeeding Action est un réseaux d’organisation et d’individus fondé en 1991 qui vise à promouvoir l’allaitement comme un droit des bébés et des mères )

Par ailleurs, la capacité à téter est un réflexe archaaïque, inscrit dans les gènes du bébé. Un bébé incapable de téter à la naissance requiert une attention médicale urgente.

 

 

II Le non allaitement est discriminant pour le bébé  

Le non allaitement est discriminant

  • du point de la santé : le lait artificiel n’est pas la meilleure option pour la santé d’un bébé, mais est en bas de la hiérarchie nutritionnelle. C’est encore plus vrai avec un enfant allergique.
  • du point de vue monétaire : en fonction des ressources de la famille, la qualité du lait artificiel ne serait pas la même
  • du point de vue de l’hygiène : en fonction du lieu de vie et de l’éducation, la manière dont sera donnée le lait peut poser des problèmes sanitaires.
  • Du point de vue affectif : le contact et les temps de corps à corps qui sont accordés aux bébés.

 

 

III On dit que l’allaitement exclut le père et les autres, d’une relation exclusive

  1. appropriation du bébé

On entend souvent qu’avec l’allaitement la mère s’approprie voire s’accapare le bébé. Or c’est une représentation inexacte.

Il faut un réseau pour allaiter. La mère n’allaite jamais seule. Le père ou le deuxième parent contribue à l’allaitement, de manière positive ou négative. Il y contribue par son soutien ou son absence de soutien, sa foi en l’importance de l’allaitement ou en son ignorance.

Est-ce qu’une mère peut allaiter sans le père ou le deuxième parent ? Sous son soutien ? Sans le soutien de qui que ce soit ? Oui elle le peut car elle a des ressources. Mais cela augmente significativement le taux d’échec.

L’allaitement a un coût énergétique pour la mère, le manque de soutien un coût moral.

Elle peut réussir mais à quel prix ? Après quelles batailles ?

Après quelle perte d’énergie supplémentaire ?

 

 2.investissement du deuxième parent

C’est le rôle du père / deuxième parent de s’investir. A lui d’investir l’allaitement en accompagnant son bébé, en donnant à la personne qui allaite les moyens, les ressources, la confiance de le faire. En étant un support technique et moral, en se renseignant. En étant présent dans les moments heureux et difficiles, les angoisses et les hésitations.

Et le père dans tout ça ? / le deuxième parent ? http://mamanlune.com/index.php/2016/09/19/et-le-pere-dans-tout-ca-2/

 

3. Qu’est-ce qu’un père allaitant / un parent allaitant ?

Un père qui soutient l’allaitement de sa compagne, en l’aidant à avoir confiance en elle.

Un transgenre qui nourrit de son lait ou du lait humain via un dal

Un père qui donne du lait humain via un dal

Un père qui nourrit de son propre lait – il a les hormones et les canaux lactifères nécessaires

Un / une compagne qui est là pour la personne qui allaitent

 

IV Quelles raisons pour l’allaitement partagé ou ‘allomaternel’ ?

Une autre personne que la mère biologique peut allaiter. En voici quelques motifs

  • La mère biologique est morte ou bien elle ne peut pas allaiter elle-même : malade, manque de lait physiologique, absente la journée pour le travail, ou doit s’absenter et se séparer de son enfant (aller au chevet d’un proche, se faire opérer etc)
  • Apprentissage au bébé à téter avec une autre femme qui allaite déjà (pratique culturelle)
  • La mère biologique ne s’occupe pas de l’enfant (enfant adopté)
  • Le partage des responsabilités et la vie en communauté

 

V Systèmes d’allaitements ‘atypiques’

Cooperative lactation : coopération lactée / organisation de partage de lait humain

Sharing milk : don de lait informel sans rétribution monétaire http://mamanlune.com/index.php/2018/03/11/le-don-de-lait-informel-partage-de-lait-humain/

Allomaternal breastfeeding /allonursing : système d’allaitement partagé (‘allo’ signifiant autre, ici autre que la mère).  L’allaitement au sein par d’autres mères que la mère biologique.

Cross-nursing / co-feeding : co allaitement / allaiter occasionnellement le bébé d’une autre maman, lors de l’allaitement de son propre enfant

Wet nursing / mise en nourrice – les nourrices ou femmes qui allaitent un bébé qui n’est pas leur propre bébé biologique contre rétribution monétaire le plus souvent.

Dry nursing – mise au sein sans allaitement pour réconforter bébé

Chestfeeding – un terme utilisé par les personnes transgenres qui sensibles à la dysphorie du genre préfèrent utiliser pour ne pas employer le terme ‘sein’, ‘chest’ signifiant ‘poitrine’

 

 

VI Qui peut allaiter ?

Il n’y a pas que la mère biologique qui est en mesure d’allaiter, ni même uniquement une mère ou une femme.

Se poser la question d l’allaitement inclusif c’est interroger ce que l’on identifie comme étant une mère, une femme, le processus d’allaiter.

Sortir de la vision normative et hétéronormative de l’allaitement qui limite nos représentations du corps, alors que téter est de l’ordre de la survie pour un bébé.

Allaiter c’est donner du lait humain et partager un contact physique au sein.

 

Voici un récapitulatif de qui peut allaiter :

– la mère biologique

– autre femme de la famille, autre femme de la tribu, une amie directement au sein

– une mère qui tire et donne son lait tiré aussi à un autre bébé

-une femme qui a eu une réduction mammaire

– Les deux mères dans les couples homosexuels

– les personnes transgenres, même après réduction mammaire

– une nourrice qui est rémunérée

– Une mère adoptive peut lancer un processus de lactation et allaiter son bébé adopté.

– les hommes

 

Les hommes peuvent allaiter

L’anthropologue Helen Marieskind parle dun chef Zulu qui a participé à l’allaitement de ses enfants avec ses plusieurs femmes. Elle a noté trois conditions nécessaires pour qu’un homme puisse allaiter : le désir d’allaiter, l’opportunité concrète d’allaiter (avoir un bébé à mettre au sein pour stimuler) et le statut culturel de l’allaitement considéré comme très important.

Dans Fresh milk : The Secret Life of Breasts (2003), Fiona Giles le dit également. Les hommes peuvent allaiter, s’ils fournissent les efforts nécessaires et le veulent vraiment. Ils ont des seins, des tétons et des canaux lactifère, et la prolactine est produite par la glande pituitaire, qui se trouve à la base du cerveau. La naissance de l’enfant, l’accompagnement hormonal envoyé par  l’utérus facilitent la production de lait chez les femmes, mais il y a des exemples de femmes (de même de d’hommes transexuelles) qui n’ont jamais accouché, mais ont réussi à allaiter leur enfants adoptés, ou ceux de quelqu’un d’autre.

« Un homme qui allaite réinvente les codes masculins comme étant fluides, nourrissants de manière affectives et nutritives, maternels. »  Sarah Walker

« On peut croire qu’on séparera bientôt les capacité biologiques de reproduction des statuts sociaux et du genre psychologiques.» Susan Stryker

 

VII Quelques personnalités

  • Un roi zulu qui aurait participé à l’allaitement de ses enfants avec ses femmes
  • Trevor McDonald – est un père allaitant canadien. Il est né femme, et a eu une réduction mammaire importante afin que son corps ressemble à l’image qu’il avait de lui-même. Il s’est ensuite marié à un homme, a cessé les traitements hormonaux pour tomber enceinte et a accouché d’un bébé. En faisant des recherches, le couple a pris conscience de l’importance de l’allaitement et a souhaité que leur bébé soit allaité. A la naissance de celui-ci, Trevor et son mari ont réuni toutes les ressources, connaissances et personnes possibles afin de mener leur projet à bien. Trevor ayant peu de canaux lactifères encore intacts, il a utilisé un dispositif d’aide à la lactation et du lait humain en provenance de l’initiative ‘human milk for human babies’ pour allaiter son fils puis sa fille, qui ont été allaités jusqu’au sevrage naturel. Cela a été un combat de tous les instants, mais les deux enfants n’ont jamais reçu de lait artificiel. Il est le premier homme transgenre à avoir été accepté comme animatrice au sein de la leche league. Il a écrit un livre au sujet de son expérience ‘Where’s the mother ?’
  • Jiang Xuaijuan – une officier de police qui suite à un tremblement de terre à jiangyou en Chine en mai 2009 a allaité 9 bébés pendant les opérations de secours. Elle avait elle-même un bébé de 6 mois. https://uk.reuters.com/article/btscenes-china-quake-promotion-dc/china-cop-promoted-for-breastfeeding-quake-babies-idUKPEK20991920080622

 

 

Téter est un acte inclusif, qui permet au bébé de s’inscrire dans son clan, l’humanité.

La personne qui allaite en fait tout autant.  Au travers de la personne qui allaite c’est toute son histoire qui allaite, un ensemble de personne, l’humanité.

 C’est à la fois un acte intime mais aussi un processus social et anthropologique, qui mélange nature et culture, et nous rapproche de ce que nous sommes.

 

 

Sources

La WABA http://waba.org.my/

Tomori and all, ‘Breastfeeding – New Anthropological Approaches’ (2018) :

  • Consuming identities – Milk sharing and the social life of passive immunities, Palmquist
  • Mothers, milk and morals : peer milk sharing as moral motherhood in Central Florida, Beatriz M. Reyes and Shannon K. Carter
  • ‘Chestfeeding as gender fluid practices’ Michelle Walks

Le guide de l’allaitement naturel, Ina May Gaskin

Where’s the mother ? Trevor McDonald

Defining our own success : breastfeeding after reduction surgery, Diana West

Le système d’allaitement partagé chez les Aka et Efé http://anthro.vancouver.wsu.edu/media/Course_files/anth-302-barry-hewlett/allomat-final-proofs-3-6-2014.pdf

Chestfeeding  https://www.rachelobrienibclc.com/blog/what-the-heck-is-chestfeeding/

 

 

Ressources

Allaiter un enfant adopté

Allaiter après une réduction mammaire :

En cas de réduction mammaire par liposuccion, il est rare que les canaux et nerfs aient été touchés, et le fait d’avoir les tétons sensibles est bon signe (connexions nerveuses intactes). Même un chirurgien ne peut pas dire combien de canaux il a coupé et combien de glandes il a enlevé. Cependant les hormones de grossesse poussent le corps à développer plus de tissus mammaires et a parfois réparer des canaux sectionnés, un processus qu’on appelle recanalisation.

 

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Le don de lait informel : partage de lait humain

I Rappel sur le don de lait formel

II Qu’est-ce qu’est le don de lait informel ?

II Lois, risques et politiques gouvernementales

IV Recommandations de OMS et hiérarchie nutritionnelle de James Akré

V Pourquoi ce besoin de partage de lait humain?

VI Les réseaux

VII Les précautions

 

I Rappel sur le don de lait formel

Sur le site desptitesmainsdabord vous trouverez un article qui détaille les modalités du don de lait formel dont voici le principe:

“la maman contacte le lactarium qui lui demande de remplir un document et fournir un certificat médical ainsi qu’une prise de sang pour s’assurer que sa santé est compatible avec le don. Une fois la possibilité de don validée, le lactarium prête le matériel nécessaire à la maman et lui explique les procédures à suivre, pour le recueil de lait et sa conservation.” (citation de lesptitesmainsdabord)

 

II Qu’est-ce que le don de lait informel – partage de lait maternel ?

Le don de lait informel existe depuis toujours et signifie le partage de lait maternel ou de lait humain entre membres d’une même famille, amis, réseaux d’amis. Il y a des écrits qui témoignent de cette pratique dans la littérature et dans l’Histoire de grands-mères, tantes, membres de la famille, qui ont allaité des bébés qui n’était pas biologiquement les leurs.

La ‘nouveauté’ est l’utilisation des réseaux virtuels pour se faire.

 

II Lois et risques

Le don de lait formel est soumis à une réglementation précise, et la majorité des gouvernements découragent le don de lait informel, et cela en raison des risques sanitaires encourus. Ils recommandent de ne se servir que de lait humain traité par un lactarium.

En France, la loi interdit formellement la vente de lait maternel (considéré comme un fluide corporel) mais n’interdit pas le partage / don informel de manière explicite.

article L1211-4 du Code de la Santé Publique : “Aucun paiement, quelle qu’en soit la forme, ne peut être alloué à celui qui se prête au prélèvement d’éléments de son corps ou à la collecte de ses produits.”

article 16-6 du Code Civil : “Aucune rémunération ne peut être allouée à celui qui se prête à une expérimentation sur sa personne, au prélèvement d’éléments de son corps ou à la collecte de produits de celui-ci”.

Le don de lait informel d’après les gouvernements de différents pays exposerait à des risques sanitaires. Il n’y a en effet pas de contrôle microbiologique sérologique ou toxicologique du lait humain partagé ou donné entre individus, donc il n’est pas possible de savoir si le lait maternel contient des virus, bactéries ou résidus de médicaments, ni de savoir si le lait a été conservé selon des règles de conservation et il n’est également pas pasteurisé comme c’est le cas avec un lait dont dispose un lactarium.  De même on peut supposer que du lait adapté à un bébé de 18 mois ne le sera pas pour un nourrisson. Donc la différence d’âge est à prendre en compte.

La Leche League internationale, elle aussi, de son côté précise ne pas encourager ou recommander cette pratique car selon elle le lait maternel est destinée au bébé de cette mère précise, le lait maternel étant plus que de l’amour mais aussi de l’affection. https://www.lllfrance.org/vous-informer/actualites/1612-que-penser-du-don-de-lait-informel-entre-meres-

 

III Recommandations de l’OMS et hiérarchie nutritionnelle de James Akré

« Cela est la preuve d’une mentalité paradoxale qui fait la promotion de l’allaitement mais diabolise le don de lait informel, et témoigne du manque de confiance dans le corps des mères et de leur lait dans les sociétés occidentales » (Haussman 2011 cité par Palmquist, New Anthropological Approaches, 2018, traduction de Maman Lune)

Recommendations de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la Santé, en accord avec ses recommandations pour l’alimentation des bébés, préconise pour ceux qui ne peuvent pas recevoir le lait de leur mère (au sein ou tiré) des options pour leur permettre de recevoir du lait maternel : le lait tiré d’une autre mère allaitant un nourrisson, le lait maternel d’une nourrice (au sein ou tiré), ou enfin le lait maternel pasteurisé provenant d’un lactarium. (référence : l’OMS Global Strategy For Infants and Young Children Feeding, 2003 , p17)

D’après Pamlquist (2018) Le partage de lait ou le don de lait informel serait en effet la preuve de l’adaptation humaine à son environnement et témoigne du fait que le lait maternel est irremplaçable au vue de ses spécificités et de sa nécessité pour le système immunitaire puisqu’il participe à la construction de la mémoire immunitaire, la colonisation et l’alimentation du microbiome intestinal.

 

Dans son livre ‘le problème avec l’allaitement : réflexion personnelle’, le sociologue James Akré présente les 4 choix possibles pour nourrir un bébé :

« faute de pouvoir donner du lait maternel directement au sein, la meilleure option est bien sûr le lait maternel donné autrement qu’au sein (lait tiré) et, à défaut, le lait humain fourni par une nourrice en bonne santé ou un lactarium. Quoi qu’en disent les fabricants, le lait industriel n’est donc pas le second choix, mais bien le quatrième, dans cette hiérarchie nutritionnelle. »

Le lait maternel tiré arrive en deuxième position car il a été démontré que le lait maternel change de composition au fur et à mesure de la journée, s’adapte aux besoins de l’enfant grâce à la salive du bébé, notamment pour apporter des anticorps spécifiques en cas de maladies chez celui-ci.

Le lait frais est supérieur au lait pasteurisé car il est source d’innombrables bactéries et de sucres spécialisées qui nourrissent les organismes présents et nécessaire au microbiote intestinal alors que le lait pasteurisé est du lait inactif et ‘mort’.

 

 

V Pourquoi ce besoin de don de lait informel et de cette coopération lactée?

Dans l’article de Palmquist (2018), l’hypothèse est que faute de soutien et de structures suffisantes pour mener à bien leur projet d’allaitement, les mères allaitantes aux Etats Unis décident pour complémenter leur bébé de recourir à l’utilisation de lait maternel à d’autres mères plutôt que d’utiliser du lait artificiel / préparation commerciale pour nourrissons.

Conscientes des recommandations de l’OMS et ne pouvant subvenir entièrement aux besoins de leur propre enfant, elles font le choix de donner du lait humain malgré tout, et ainsi d’accomplir une forme de devoir de mère ‘moral motherhood’. Dans l’article de Reyes et Carter (2018) des mères témoignent avoir trouver du réconfort en complémentant avec du lait humain provenant d’autres mères, disant qu’au moins, c’était du lait maternel, même si ce n’était pas le leur.

Une mère se demande même s’il n’est pas meilleur pour le système immunitaire de son bébé de recevoir plusieurs laits de mères différentes plutôt qu’uniquement le sien afin de recevoir davantage de bonnes bactéries intervenant dans la protection immunitaire.

De même on peut penser à des mères qui ont une hypoplasie mammaire, adoptent un enfant et dans le processus d’induction de la lactation ont besoin de complémenter, de mères incapables de tirer, d’hospitalisation ou séparation soudaines, où il n’a pas été possible de prévoir de stocks, de difficultés de mise en place ou maintien de la lactation avec des bébés qui ont des difficultés de succion, des freins.

Cela pourrait peut-être aussi motiver les structures gouvernementales et de santé à aider davantage les mères qui souhaitent allaiter et à rendre plus efficaces les systèmes de collectage de lait pour les lactariums, bien souvent en manque de lait maternel malgré des mères volontaires pour en donner.

 

V Les réseaux

  1. Human Milk 4 Human Babies : un site et des pages facebook par pays

En Octobre 2010, une activiste basée à Montréal Emma Kwasnica lance l’idée d’un réseau de partage de lait maternel. En 2011, le nom du réseau change et devient ‘Human Milk 4 Human Babies’. HM4HB est présent dans 52 pays. Il y a 130 pages facebook et plus de 20,000 membres. Il y a plus de 300 administrateurs qui travaillent bénévolement.

« La mission du réseau Human Milk 4 Human Babies France est de promouvoir la nutrition des bébés et des enfants avec du lait maternel.  Nous nous consacrons à entretenir une communauté entre les familles qui ont choisies de partager du lait maternel. »

site internet http://hm4hb.net/

Page facebook pour la France https://www.facebook.com/Hm4HbFrance/

  1. Eat on Feets – un site et une page facebook aux Etats Unis

Page fondée par Shelle Walker Luttrell, une sage-femme étatsunienne en 2010 afin de créer un réseau et des ressources pour le partage de lait.

http://www.eatsonfeets.org/https://www.facebook.com/EatsOnFeetsHome/

 

  1. Nourrice Câlins (pour le bien-être de nos bébés):

un groupe francophone https://www.facebook.com/groups/1052686958107505/ dont voici le descriptif ‘un groupe d’entraide par des nourrices pour les mères et leurs bébés , qui ne peuvent pratiquer l’allaitement pour X raison ou en urgence . Ici, le respect , ‘écoute et la communication sont de mise.’

 

IV Les précautions

Eat on Feets a rédigé 4 principes dont voici un bref résumé (version détaillée complète en anglais ici http://www.eatsonfeets.org/#fourPillars)

  1. Choix informé : comprendre la balance bénéfices/risques pour le nourrisson et le bébé, de la méthode d’alimentation et de la source du lait humain
  2. Transparence de la donneuse : bon état de santé, aucune maladie, pas de consommation d’alcool, médicaments, drogue, tabac, discussion au sujet du style de vie et des habitudes, tests pour maladies transmissibles via fluides corporels (SIDA, Syphilis, rubéole, etc), pas de pression sociale, pas de stress, maman capable de nourrir son propre bébé en premier lieu.
  3. Conditions de stockage et transport : lavage des mains qui doivent être toujours propres et de nettoyage de l’équipement, lait stocké de manière appropriée, ainsi que le transport ou l’envoi réalisé dans des conditions adéquates à la conservation du lait.
  4. Pasteurisation à la maison

– chauffer à la maison pour réduire les pathogènes infectieux possibles / chauffage long ou  flash heating.

– ou choix éclairé d’utiliser le lait non chauffé quand tous les critères sont remplis

 

Témoignage émouvant d’un don de lait informel par une mère de lait, qui a fourni 5 mois de lait maternel à un autre bébé : ici http://mamanlune.com/index.php/2017/09/26/temoignage-don-lait-informel/

 

Voici un beau sujet de réflexion, ou comme on dit en anglais, ‘food for thought !’

Des expériences à partager ?

 

 

Références

Akré, James. Le problème avec l’allaitement : Réflexion personnelle (2009)

OMS, Global Strategy For Infants and Young Children Feeding (2003) cité par Palmquist

 

Tomori and all, ‘Breastfeeding – New Anthropological Approaches’ (2018) :

  • Consuming identities – Milk sharing and the social life of passive immunities, Palmquist
  • Mothers, milk and morals : peer milk sharing as moral motherhood in Central Florida, Beatriz M. Reyes and Shannon K. Carter

 

 

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Nourris-moi / tétées tout terrain

Inspirée de la campagne #feedme  de l’Association of Breastfeeding Mothers qui a exposé des photos de mères volontaires allaitant petits bébés ou bambins dans différents lieux de la capitale londonienne,

Voici une collection de portraits de mères allaitants leur enfants peu importe le lieu, célébrant la beauté et la normalité de l’allaitement.

merci aux papas, compagnes, amis qui ont porté ce regard plein de tendresse.

lien vers l’album photo qui les reprend toutes

lien vers la campagne #feedme (et le making of)

 

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Les rythmes du bébé allaité

Parler des rythmes du bébé allaité permet souvent aux parents de comprendre que le comportement de leur bébé est parfaitement dans la ‘norme’. La maman reprend alors confiance dans sa capacité à allaiter et l’allaitement perdure.

Dans cet article sera question de :

– l’allaitement à la demande

– un sein ou deux seins?

– imposer un rythme à bébé

– bébé en mode veille/ économie d’énergie

-les tétées groupées / tétées en grappe

– les périodes crampon / périodes de pointe / pics de croissance

– les tétées nocturnes

– les réveils nocturnes

– le breastleeping

– le maternage et le pouvoir de la tétée

 

 

 

 

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Biological Nurturing – Posture de la continuité

Plus tu portes ton bébé, plus il tétera.

Tout commence ou plutôt continue à la naissance qui est la première séparation des corps. Après une période de fusion et d’ ‘intra-existence’, la maman et le bébé se retrouvent deux.

Un article en anglais qui parlait du concept ‘from womb to world’ (de l’utérus au monde) a retenu mon attention. Il expliquait que la position biological nurturing était la plus adaptée à l’allaitement d’un bébé. Cette postion ne nécessitait pas d’accessoires, alors qu’on ne cesse de nous vendre des coussins d’allaitement pour être correctement positionnée, éviter le mal de doset être à l’aise pour allaiter. En effet, un simple arrangement de coussins classiques, une couverture, un lit incliné, un vieux fauteuil font l’affaire. Et la mère et son bébé.

Je me suis alors procurée le livre de Suzanne Colson, ‘An introduction to Biological Nurturing’.

J’aimerais avoir mille livres comme ça. Il a changé mon regard sur l’allaitement, bousculé des conceptions que j’avais, m’a plongé au cœur de l’humain. Pour moi s’il faut avoir un livre sur l’allaitement, c’est celui-ci. Interroger l’essence même de celui-ci ! A la fois anthropologique, sociologique et philosophique.

Qu’est-ce qu’est le ‘biological nurturing’ ?

Biological Nurturing ce n’est pas une position mais une posture, c’est à dire un état, une manière d’interargir avec son bébé, de le regarder, de prendre soin de lui, de l’aimer. Cette posture permet de reconnecter la dyade, comme lors de la période pré-accouchement.

La mère est allongée, le haut du dos surélevé, et son bébé installé à plat ventre sur elle. Son torse est ouvert. Ses bras et ses mains sont libres. Elle peut encercler facilement son bébé dans une sorte de nid. Il n’y a pas de modèle, chaque dyade mère-bébé doit trouver sa posture de confort, celle qui fonctionne pour eux.

Les positions classiques

De nombreuses mères se trouvent inquiètes et désarçonnées, lors du démarrage de l’allaitement et lorsque leur bébé semble refuser le sein. Hors ce refus du sein peut tout simplement venir d’une position inconfortable pour bébé, qui se trouve trop comprimé, le bras le soutenant par dessous son dos, des pieds qui ne trouvent pas d’appui.

Dans la majorité des positions pour allaiter qu’on nous montre, la maman est assise, le dos droit, ‘raide’, le bras ou le coude portant le poids du bébé, celui-ci n’a pas la possibilité de se mouvoir, il est ‘coincé’. Il n’a pas de repères. Il est censé attraper le sein alors que le reste de son corps ne peut trouver d’équilibre et d’appui.

Ce type de position fatigue la mère également, elle est en déséquilibre et travaille contre la gravité et le poids de son bébé. Elle doit se servir de sa force, de son bras tendu pour le maintenir. Ce n’est pas plaisant pour elle et lui occasionne souvent du mal au dos. De plus la gravité tirant le bébé vers le bas, on peut supposer que cela cause des crevasses.

Pourquoi donc ce sont les positions que nous connaissons ? on peut supposer que l’organisation patriarcale de la société ne cesse d’essayer de contrôler et réguler les relations, fracturant dès que c’est possible le lien mère-enfant. La position ‘dactylo’ , la mère assise droite sur une chaise pour allaiter, n’est confortable ni pour le bébé ni pour elle, donc à quoi bon ?

 

Le confort de la mère est important !

L’allaitement et le maternage sont deux univers entremêlés de manière intrinsèque, le maternage augmentant les chances de ‘réussite’ de l’allaitement, et l’allaitement dans de bonnes conditions aidant au maternage.

Materner c’est écouter son bébé, et donc suivre ses besoins nutritifs et affectifs sans les restreindre. L’allaitement peut donc s’épanouir dans ces conditions. Mais allaiter dans de bonnes conditions accorde à la mère de la satisfaction, du bien-être, de l’amour. La libération d’ocytocine est possible si la mère est confortable. Donc plus la mère est à l’aise, plus elle va souhaiter maintenir cet état de bien-être. Il est par conséquent logique que si sa posture pour allaiter est agréable, qu’elle lui procure la sensation d’être capable d’allaiter, il y a des chances qu’elle allaite plus longtemps.

 Les réflexes innés ou archaïques

Les études de Suzanne Colson ont démontré que cette posture permet grâce au contact de la mère et du bébé, d’activer certains réflexes innés, indispensables à la tétée et favorisent la mise en place de l’allaitement et la durée de celui-ci.

Il n’est pas nécessaire d’être en peau à peau, le contact à travers les vêtements est suffisant pour la biological nurturing.

Les réflexes innés sont classifiés en quatre catégories :

1) endogènes (indices : porter les mains à la bouche, mouvements des jambes, bras.. ) ,

2) rythmiques (se nourrir : téter, déglutir..)

3) moteurs (trouver : ramper, attraper …)

4) anti gravité (trouver : soulever sa tête s’enraciner)

Ils aident au transfert de lait qui dépend du mécanisme de tétée ‘succion-déglutition-respiration’.

Le cycle et la continuité

La position que va prendre le bébé, positionné ainsi sur le ventre de sa mère est un retour à ses origines, une sécurité, un lieu de confort. Si la mère le laisse se mouvoir il va en effet reprendre une position probablement semblable à celle qu’il avait dans l’utérus.

Le bébé est donc à nouveau abrité, sécurisé, dans sa maison. Et cette posture adoucit donc la première rupture qu’il a vécu avec sa mère et son arrivée dans le monde. Une forme de continuité lui est ainsi offerte.

La place du bébé est d’être porté, comme il l’a été  pendant  neuf mois.

Plus il l’est, plus il tétera.

 

A savoir que cette positon est également possible après une césarienne, à condition d’orienter le bébé différemment, il peut être en appui ailleurs que sur le ventre de sa mère.

Si vous n’arrivez pas à vous installer en biological nurturing, pas de panique. Cela peut être la conséquence de blocages, freins. Vous pouvez essayer de consulter un chiropracteur formé en pédiatrie pour les blocages, une consultante en lactation pour les freins, et surtout, profiter de la position allongée pour allaiter lovée contre bébé.  Encore une fois c’est une position souvent décriée et pourtant tellement naturelle et utile…

  

 

Sources

Suzanne Colson est sage-femme, IBCLC et LLL.

Le livre  ‘An Introduction to Biological Nurturing’, 2010 (une nouvelle édition disponible en juin 2018, j’aurais l’ancienne et la nouvelle !)

Le site du Suzanne Colson https://www.biologicalnurturing.com/

Un article sur les positions d’allaitement https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1815-da-79-positions-optimales-stimulant-l-expression-des-reflexes-facilitant-l-allaitement

Une vidéo qui parle de biological nurturing et la position dactylo entre autre https://www.youtube.com/watch?v=tvYwOxIoQYA

 

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