Diagnostiquer des freins chez les bébés n’est pas une nouvelle mode de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits:http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/17/diagnosing-tongue-tie-in-a-baby-is-not-a-fad

 

Lorsqu’une nouvelle mère et un bébé viennent me voir, je leur demande toujours si c’est quelqu’un qui les a envoyé ou si elle a fait ses propres recherches et est venue me voir d’elle-même. Je lui demande de manière spécifique l’attitude du pédiatre, sage-femme, ou médecin généraliste par rapport à l’allaitement. Je lui demande en particulier quelle était l’attitude du pédiatre, sage-femme ou médecin généraliste concernant les frénotomies. Je leur demande aussi ce qu’ils pensaient de venir me consulter pour essayer de comprendre mieux les obstacles idéologiques qui existent dans le milieu médical.

 

L’une des choses que j’entends le plus souvent est que les professionnels de santé disent quelque chose du style ‘Oh, diagnostiquer un frein de lèvre est une nouvelle mode’ ou bien ‘cette histoire de frein de langue est juste quelque chose de nouveau que les gens font’.

 

Il est frustrant d’entendre cela, je pense qu’il est important de comprendre quelles sont les raisons pour lesquelles on entend parler de plus en plus de freins de lèvre et des freins de langue du fait des problèmes d’allaitement. Comme c’est le cas avec tout nouveau changement de paradigme en médecine, la première réponse est toujours celle du conservatisme et du doute.

 

Pourquoi cette augmentation de bébés diagnostiqués avec des freins de langue ou de lèvre causant potentiellement des problèmes d’allaitement ?

 

  •       La génétique : il y a plusieurs études qui examinent l’aspect héréditaire possible de l’ankyloglossie (frein de langue)
  •     Acevedo et al en 2010 identifie une famille brésilienne qui a à la fois des freins de langue et des anormalités dentaires. Alors que l’étude concernait seulement 14 patients, l’étude démontre un motif à dominance autosomal de transmission héréditaire (pour être clair, un gène autosomal se trouve sur l’un des 22 chromosomes qui n’est pas un chromosome X ou Y. Un gène dominant a besoin de seulement de l’une des deux copies pour être transmis et causer un effet particulier –  une chance sur deux d’avoir le gène).
  1.     En essayant de répondre à la question pourquoi les hommes sont plus affectés par l’ankyloglossie que les femmes, une étude coréenne de by Han et al en 2012 identifia des motifs de transmission potentiellement lié à X.
  2.     Klockars en 2009 identifia que la prévalence de l’ankyloglossie dans la population est approximativement de 4-5% et que la transmission héréditaire passe aussi d’une manière à dominante autosomal (comme Acevedo).

Ce que ces études démontrent est qu’il y a probablement une prédisposition génétique à l’ankyloglossie. Mes propres observations sont avec mes patients que plus de 50% des bébés qui ont un frein ont aussi une personne de leur famille qui en a un. Comme c’est le cas avec beaucoup de perturbations génétiques, un gène est transmis de génération en génération, et ce gène est potentiellement transmis d’une manière dominante, de plus en plus de bébés seront affectés par ce gène à chaque génération et avec une population qui augmente (en supposant que ceux qui en ont seront capables d’avoir des enfants).

  •       Plus de mamans allaitent qu’auparavant. Puisque les taux d’allaitement augmentent, le nombre de mamans qui ont des difficultés pour allaiter va augmenter. Avant l’introduction du lait artificiel, les docteurs vérifiaient systématiquement les freins du bébé dans la pouponnière et coupaient s’il semblait court. Il y a des documents historiques qui parlent de sages-femmes qui utilisaient un ongle rose affûté pour couper le frein de nouveaux nés qui avaient un frein. Etait-ce une mode à l’époque ?
  •       L’un des arguments majeurs que je mets en avant est que j’attribue les problèmes d’un bébé allaité à un ensemble de problèmes anatomiques spécifiques. Un docteur qui ne sait pas quels sont les liens entre ces choses va seulement suivre les lignes directives qu’il a appris pendant sa formation. Si leurs mentors leur avaient enseigné les mythes au sujet des difficultés d’allaitement, des bébés fainéants, avec une petite bouche ou une petite langue comme des excuses pour les problèmes. Si ces excuses ne tenaient pas, on tenterait probablement de tenir la mère responsable car elle n’aurait pas assez de lait ou des tétons qui ne convenaient pas pour l’allaitement. Je ne pense pas que ces excuses soient des explications recevables pour les difficultés d’allaitement du point de la théorie de l’évolution. Vous ne verriez jamais un docteur expliquer à un patient qu’il a peu d’oxygène dans les poumons car ‘il aurait des poumons fainéants’. Je considère que nous devons trouver les raisons anatomiques pour lesquelles certains bébés ne peuvent pas téter.  Et ma théorie est que beaucoup de ces bébés ont des problèmes à cause des restrictions au niveau de la langue ou de la lèvre supérieure.

 

Les posts futurs regarderont les preuves en faveur de la frénotomie quand ces freins sont la cause de problèmes d’allaitement. Ironiquement, il n’y a pas d’études qui vont contre le traitement des freins chez les bébés qui ont des difficultés à téter. Quand les gens qualifient cet intérêt pour l’ankyloglossie et comment cela affecte l’allaitement comme une mode, c’est insultant car cela nie les galères de la mère ou du bébé. Cela minimise les frustrations ressenties par la dyade et cela ne fait rien pour aider le problème actuel.

Je demande aux docteurs et aux consultantes en lactation d’aborder ce problème de manière analytique plutôt que de transmettre des vieilles idées reçues à leurs patients.

 

 

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