Le cododo – et pourquoi pas ?

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Nous vivons dans une culture qui trouve le cododo peu recommandable car il serait dangereux de dormir avec son enfant, cela l’empêcherait de grandir correctement et enfin (et peut être surtout) ce ne serait pas pratique pour les parents.

Pour commencer le cododo n’est pas plus dangereux que de laisser dormir son enfant seul dans une chambre séparée. En effet, si pratiqué avec bon sens et quelques règles de sécurité, le cododo est en fait plus sécuritaire. Prévoir un grand lit, pas d’oreiller autour de l’enfant, qu’il/elle me se retrouve pas coincé entre deux adultes ou sous une couverture, pas de consommation de produits tel qu’alcool, drogues, cigarettes. Il se trouve qu’une maman qui allaite et cododote produit des hormones qui lui permettent de veiller sur son bébé en étant en état de vigilance y compris en dormant. Elle s’éveillera au moindre signe d’éveil de son bébé et vérifiera dans son sommeil la température du bébé, s’il a trop chaud ou trop froid.
De plus, le cerveau du bébé n’est pas mature, il me sait pas enchaîner les cycles du sommeil et il peut aussi faire de l’apnée du sommeil en ‘oubliant’ de respirer. Mais lorsque bébé dort dans la même chambre que ses parents, sa respiration va automatiquement se caler sur celle de sa mère, et apprendre ainsi au bébé à maintenir une respiration régulière pendant son sommeil, et à ‘apprendre’ à enchaîner les cycles.

Lorsqu’on laisse un bébé dormir dans une autre chambre, il y a la sensation de solitude dès l’éveil de celui-ci et aussi rapide que l’on soit à venir, un bébé aura le temps de sentir l’angoisse monter en particulier s’il a besoin de pleurer, le sommeil de ses parents sera inévitablement plus profond, ce qui signifie qu’ils ne seront pas aussi alertes concernant son état de santé (fièvre, vomissements qui peuvent présenter un danger mortel alors qu’en présence des parents, ce sont des situations gérables).

Dans ce sens, le cododo répond à un besoin physiologique et biologique. Celui d’avoir une présence rassurante,
car la nuit aussi les bébés ont besoin de nous et c’est un moment qui peut être inquiétant, car ils ne sont neurologiquement pas ‘terminés’ (cf le constat d’anthropologues dans ‘Our babies, Ourselves de Meredith F Small)
et que c’est une forme de protection qui permet d’optimiser leur survie, et enfin que les parents qui dorment avec leurs enfants sont inévitablement plus attentifs à leur bien être et à leur état de santé.

Concernant la croissance de l’enfant, sa maturité psychologique et son autonomie, on notera que les neurosciences soulignent le fait qu’un nourrisson naît ‘non fini’ et l’anthropologie nous rappelle que l’homme est le mammifère qui réalise la plus grosse partie de sa croissance hors utéro. C’est à dire qu’il naît entièrement dépemdant des autres. Il me peut marcher, se nourrir, se protéger seul.Il est vulnérable. Et cet état doit être respecté et accompagné pour que l’enfant puisse se développer harmonieusement, avoir confiance en lui et en les autres. Meredith F Small aborde ce sujet dans le livre ‘Our babies, ourselves’. Elle est ethnopédiatre et à l’aide de ses travaux et de ceux de ses collègues, elle confronte les idéologies éducatives propres à différentes sociétés (ce qui est ‘bien de faire’ pour éduquer un enfant ‘comme il faut’) et la réalité des besoins physiologiques des enfants. Il apparaît que les sociétés occidentales ont une notion très particulière de l’autonomie et sont obédées par cette idée. L’enfant doit devenir indépendant le plus vite possible, il doit être capable de se passer de ses parents dès ses premiers jours de vie. L’autonomie doit être acquise par la coupure, la séparation, l’absence d’aide et de soutien, la solitude. Alors que dans de nombreuses autres cultures, cette ‘autonomie’ est une construction. On construit une confiance, des points de repères, des relations qui permettent à l’enfant de se débarasser de ses craintes et de ses angoisses à son rythme pour devenir un adulte solide, empathique, sensible aux autres et ouvert au monde. Dans ces cultures là, on considère qu’il faut un port pour pouvoir voyager. Chez nous, les amarres sont interdites.

Et les parents? Que vont-ils devenir?
Écrasés par leur bébé qui vient s’immiscer dans leur intimité? Flash info, un bébé s’immiscera dans votre vie entière. Partager ses nuits ne signifie pas que le couple partagera moins d’amour mais plus. Le cododo favorise le lien du père avec son enfant, et de nombreux pères réticents seront surpris de découvrir à quel point cela renforce leurs liens. L’intimité du couple s’enrichit également de ce partage de soins et d’amour et bénéficie des heures de sommeil gagné! Car rappelons-le, le cododo fait aussi gagner des heures de sommeil avec des déplacements en moins et un bébé très rapidement apaisé.
Enfin, si l’intimité et la complicité du couple ne se trouve que dans le lit,
c’est qu’il y a des choses à travailler,
comme la créativité et la communication!

cododocitation

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