Difficultés d’allaitement et soutien de la famille de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/10/breastfeeding-difficulty-and-family-support

 Merci à lui !

 

Imaginez une maladie qui débarque soudainement et laissent les médecins sans voix. Imaginez que cela vous cause de la douleur et vous rende complètement vulnérable. Ensuite, imaginez que votre époux ne vous croit pas quand vous dites que quelque chose ne va pas.

Malheureusement, cette maladie est une difficulté que la mère rencontre dans son allaitement, et ce scénario est bien trop commun. J’entends des histoires souvent à ce sujet et il faut trouver ce que l’on peut faire pour anticiper et éviter ce genre de choses d’arriver.

Annonce : dans la perspective de ce post, je vais supposer que c’est le père qui remet en cause l’utilité de l’intervention. Mais d’autres personnes peuvent avoir ce rôle : un partenaire du même sexe qui n’allaite pas, des membres de la famille, des amis proches, et parfois même, la mère. J’ai déjà rencontré des familles où la mère était dans le déni face au problème mais où le père voyait qu’il y avait un problème et souhaitait faire évaluer le bébé et le traiter.

Qu’est-ce qui est dit ?

  • “Je ne vois rien qui ne va pas” C’est un déni tacite qui peut être difficile à confronter. Souvent c’est parce que le père ne comprend pas l’importance de l’allaitement. C’est souvent suivi de « le lait artificiel est aussi bon » ou « tu peux tirer ton lait ». pour combattre cette affirmation il faut plus que ce post et je ne veux pas alimenter le débat sein contre biberon. Mon rôle en tant que spécialiste de l’allaitement est d’écouter la famille, et la majorité de celles que je vois souhaite que le bébé soit allaité. Donc le père doit comprendre que les bébés allaités ont des avantages immunitaires et sur le développement facial par rapport aux bébés au biberon. La mère et le bébé bénéficient aussi énormément d’un point de vue psychologique d’un allaitement non écourté.
  • “Je ne veux pas dépenser l’argent.” Alors que cela semble dur à entendre, la réalité est qu’un bébé qui vient de naître occasionne des soins de santé coûteux. Ajouter à cela des visites chez un spécialiste et une frénotomie n’aide pas. Alors que c’est un coût à court terme, le coût de lait artificiel et de capacités immunitaires diminuées est bien plus important à long terme. Le déni du père devient souvent encore plus apparent lorsque le bébé a besoin d’une révision à cause d’un frein reformé ou de symptômes qui ne s’améliorent pas. Le père pense alors que la frénotomie était un échec et ne pense pas qu’une deuxième intervention (et son coût) est bénéfique. C’est pour cela que je ne fais pas payer pour le suivi ou les révisions sur 6 mois, ce qui nous laisse largement le temps de voir les résultats.
  • “Je ne veux pas qu’on touche à mon enfant.” Celle-ci se base sur la peur et le manque d’informations.

Je dis souvent aux mères dans cette situation qu’il est compréhensible pour un père d’avoir cette opinion à condition qu’il ait effectué la même quantité de recherches et de lectures que la mère. En revanche, s’il a cette opinion sans n’avoir rien fait, alors cela est causé par de la peur. Je ne dis pas qu’avoir peur n’est pas naturel – au contraire. C’est juste important de s’occuper de la raison pour laquelle il a peur pour pouvoir avancer.

  • “Notre médecin nous a dit que tout allait bien.” Cela s’applique aussi aux médecins de famille et consultantes en lactation. De manière surprenante, il est facile de remettre en question cet argument une fois que vous comprenez que la majorité des pédiatres ont très peu de formation en allaitement. Mon opinion est que leur opinion ne fait pas le poids dans ces cas là. Si votre enfant a une fracture de la jambe, vous allez aller voir un chirurgien orthopédique. Si vous alliez voir le pédiatre ensuite et qu’il disait “ne vous inquiétez pas cela ne va pas être un problème donc arrêtez le traitement” vous iriez voir quelqu’un d’autre. C’est le cœur de mon argument.  Les généralistes et les pédiatres sont vraiment adeptes des échanges avec les mamans qui n’ont pas de problèmes d’allaitement. C’est le coeur de mon argument. Ils devraient l’encourager autant que possible. Mais lorsqu’il y a un problème d’allaitement, ils ne savent pas quoi faire car ils n’ont pas été formés pour s’en occuper. Donc leurs avis n’a pas de valeur d’après moi.
  • “On a déjà vu un ORL (ou autre spécialiste) qui a dit qu’un frein de langue n’a pas de conséquence sur l’allaitement.”  Cet argument est semblable à l’argument précédent. Juste parce qu’un docteur est un spécialiste, cela ne signifie pas que ce spécialiste est capable de traiter ce problème spécifique. Comme je l’ai dit dans un post précédent, comme beaucoup d’ORL je n’ai reçu aucune formation en allaitement. J’ai lu et étudié énormément, discuté avec des spécialistes en allaitements pendant quasiment deux ans pour me former au lien entre les freins et les problèmes d’allaitement. Mon désir d’améliorer mes connaissances dans ce domaine est plutôt chose rare. La majorité des orl/mères/pères ou autre vont tous supposer que le spécialiste sait de quoi il parle, donc tout refus de faire le lien entre un frein de langue et des problèmes d’allaitement a de la valeur à tort (et encourage le pédiatre à dire la même chose)

 

Des difficultés à allaiter peuvent contribuer à une dépression postpartum et peut ternir la relation entre le bébé et sa mère. Ajoutant à cela la désapprobation de l’époux ou de la famille pour faire l’intervention qui permettrait d’atténuer ces problèmes les vouent souvent à l’échec. Si vous avez un membre de votre famille qui doute de vous, faites leur lire ce post ou m’envoyer un email. Faites les joindre l’un des groupes de soutien qui leur permettrait de comprendre qu’ils ne sont pas les seuls à avoir ce problème et qu’une solution peut exister.

 

 

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