Allaitement et Freins : Dr. Ghaheri et témoignages

Voici un dossier concernant les freins

Un article résumant sommairement la question de freins serrés/ gênants et leur implication dans l’allaitement : article de Maman Lune

Plusieurs articles de l’orl étatsunien Bobby Ghaheri (traduits et publiés en français avec son aimable autorisation) qui détaillent les soucis de freins

 

Ensuite trois témoignages sur des allaitements avec des freins

 

 

 

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Témoignage de Louise : allaitement et freins, douleurs et santé mentale

Let’s talk about pain:

-douleurs d’allaitement-

On dit toujours que l’allaitement devrait pas être douloureux, agréable même. Cette phrase là a toujours résonné dans ma tête.

Je fais partie des mamans pour qui l’allaitement a toujours été douloureux. Toujours.

D’abord ma fille. Douleur dès la maternité, aucun enseignement de comment placer bébé (parce que bébé devrait se placer seul), crevasse, candidose, vasospasme. Douleurs sur douleur pendant des semaines. On me la dit souvent de juste prendre des advils. J’avais tellement de vasospasmes que je pleurais en boule dans mon lit sans pouvoir m’occuper de mon bébé. C’est disparu tout d’un coup. Le reste de mon allaitement a toujours été ocd. (Trouble du comportement qui te pousse à soigner la prise de façon excessive et contrôlante.) succion molle. Mamelon qui glisse. Langue qui claque. J’ai enduré. Puis les dents ont atteint leur pleine longueur et toutes les douleurs sont revenues le jour. J’ai sevré le jour et la nuit je l’allaitais. J’ai tenu le coup comme on dit.

J’ai découvert les freins. Celui de la lèvre. Celui de la langue.

Puis bébé 2 est né, même mamelon, même douleur. J’ai fait couper le frein de lèvre, elle l’a pas coupé au complet. Et celui de la langue elle l’a également pas coupé au complet. Ça a bien été jusqu’à ce que bébé ait 3 mois. Puis je me suis rendu compte que mon ocd (obsessive compulsive disorder) était revenu. Et que j’avais mal au pouce tellement je devais enfoncer le mamelon dans la bouche de bébé et le tenir en place pour ne pas avoir de la douleur. Que je chantais pour que bébé patiente jusqu’au réflexe d’éjection.

J’ai probablement fait une dépression post partum à bébé 1 à cause de la douleur. Je vais mieux à bébé 2 parce que maintenant je sais. Mais je n’ai pas la force d’aller me battre avec des gens qui vont me dire que ça s’endure que bébé prend du poids donc que c’est ok. Je vais donc me tourner vers le privé. Qui va me respecter dans mon rôle de mère allaitante et qui ne me traitera pas comme une hystérique. J’ai espoir qu’en coupant le frein cela contribue à ce que bébé n’ait pas besoin de broche dans le futur, d’un appareil pour écarter le palais.

Je ne suis pas une hystérique, ma douleur est pas normale, je suis pas obligée de l’endurer, je suis entourée de professionnels incompétents, sans empathie et sans solution pour ma douleur. Qui me laissent avec une douleur qui s’endure sans savoir quel poids celle ci ajoute à mes épaules de maman et quel impact le fait d’avoir cette douleur là a sur mon équilibre émotionnel et ma capacité à m’occuper adéquatement de mon bébé.

Bref j’hais les Freins.

– avant j’étais fru quand une maman cessait l’allaitement. Maintenant je pose une question. Avais-tu mal ? La réponse est toujours oui. Maman qui lis ceci et qui as sevré à cause de la douleur. C’est pas à toi de porter l’échec de ton allaitement, il t’appartient pas. L’échec c’est le réseau d’aide à l’allaitement et le réseau médical qui doit le porter. Pas toi.

 

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Témoignage de Geneviève : allaitement et freins, des obstacles pour de l’amour liquide

Enceinte je savais que je voulais essayer d’allaiter, ma mère m’ayant allaiter 4 ans et connaissant les bienfaits de l’allaitement (ceux qui m’interpellaient davantage étais ceux qui augmentais les chances que mon bébé ou moi survivent comme la diminution du risque de MSN (mort subite du nourrisson) et de leucémie pour bébé et la diminution de 96% du risque du cancer du sein pour moi avec 3 ans d’allaitement pouvant être cumulé sur plusieurs allaitements). Par contre, je me suis peu préparer parce que j’avais l’impression qu’il était hautement possible que je ne réussisse pas, connaissant l’hypoplasie et malgré que ce ne soit que 5% de la population atteinte je me disais que cela pouvait être moi et qu’il ne fallait pas que je m’investisse trop émotionnellement pour réussir à survivre au deuil du non-allaitement si cela ne fonctionnait pas. Aujourd’hui, quand j’y repense je me dis que les lobbys de pcn (préparation commerciale pour nourrisson) sont forts et qu’il est bien triste que la société ne soit pas plus soutenante de l’allaitement et que l’option de donner du lait de don de lait informel au dal au sein ne soit pas plus connu.

 

J’ai accoucher a 40.6sa, sans épidurale mais avec deux mains de médecin qui sont venus sortir mon bébé en plus de la ventouse. Bébé a eu des difficultés respiratoires au début qui se sont résorbés dans l’heure mais il a été transféré, j’ai fait une hémorragie et nous avons étés séparés. Ils lui ont donner mon colostrum extrait a la main au verre ouvert, pas de suce ni de biberon.

 

Nous avons étés réunis et il tétait fréquemment, j’ai eu ma montée laiteuse et bébé prenait bien son poids. Nous avons été au chiro à semaine 1 et semaine 2 sans tensions pour le bébé. Nos difficultés ont commencer à semaine 3 où j’ai eu un canal boucher et comme j’avais été au chiro je me suis dirigée vers une ibclc qui sans rien toucher m’a donné une référence pour évaluer et couper le frein. Le frein de langue a été coupé à sa quatrième semaine au ciseau (je comprendrais plus tard que c’était seulement la partie antérieure qui avait été coupée cette fois-ci) et je faisais les exercices. Ensuite j’ai eu des canaux bouchés puis ma première mastite. Je me suis dirigée vers un professionnel pour refaire couper le frein de langue et celui de lèvre au laser. Suite à l’intervention les problèmes perduraient et faire les exercices étaient très difficile émotionnellement alors j’ai arrêtée.  J’ai été vu par une ibclc en clinique d’allaitement qui m’a dit qu’il restait un petit frein pas problématique qui n’avait pas été coupé  et elle m’a dit d’aller en chiro pour le bébé.

 

Je suis allée chez une chiro pédiatrique spécialisé en allaitement et ibclc qui m’a dit que les tensions de bébé peuvent apparaitre jusqu’à un mois post naissance chez certains bébé quand ils deviennent davantage tonique, comme quand on tend un élastique et qu’on y voit les failles; et qui m’a dit aussi que le petit frein n’était pas problématique et qui a vu mon bébé pendant 6 séances. J’ai aussi eu une échographie des seins et des ultrasons chez une chiro pour traiter mes engorgements qui perduraient.

 

Je n’ai plus eu de problème pendant quelques semaines puis bébé se remettait à pincer et je faisais d’autres engorgements et j’ai refait d’autres mastites. Donc je suis retournée au chiro quelques fois et demander qu’on évalue kiss et ça a été fait mais il n’avait pas cette problématique. Vu que le problème revenait j’ai changé de chiro pour une autre aussi chiro ibclc qui m’a dit que le frein n’était pas problématique et de simplement replacer bébé au sein quand il se déplaçait pout prendre mon sein moins profondément. Il avait aussi facilement un réflexe nauséeux fort et j’ai parlé de désensibilisation orale mais on m’a dit bébé va se désensibiliser seul avec le temps. Dans un festival de portage j’ai vu une ostéopathe qui évaluait les bébés gratuitement et était marraine d’allaitement. Elle l’a évalué puis m’a parler de travailler son palais creux pour désensibiliser son reflexe hyper nauséeux. Comme je n’arrivais pas à faire les exercices jeux par moi-même j’ai trouvé une bonne ostéopathe qui y est parvenue. Après quelques séances elle m’a dit qu’il était guéri. Il avait maintenant 10 mois. Toutefois, les engorgements sont vite revenus et le vasospasme et ses dents frottaient souvent lors de la prise. Nous sommes retournés voir la première chiro et elle aussi le considérait “guéri” et sans tensions.

 

Puis, je suis devenue marraine d’allaitement j’aidais les mamans et je me demandais ce que mon problème pouvait être, pensant à des trucs rares, ce ne pouvait pas être les freins dans ma tête car ils avaient été diagnostiqués comme non problématiques par trois ibclc. Puis j’ai aidé une maman à laquelle à la clinique d’allaitement ils lui ont dit la même chose “petit frein pas problématique” pendant 9 longues semaines et puis quand elle a fait coupé ses difficultés sont parties. Et là je me suis dit mais moi aussi ils m’ont dit ça! Je ne voulais pas recouper, et lui imposer de la souffrance “que pour l’allaitement” et ne pas être sûre que ça règle notre problème donc j’hésitais. Je me suis donc informée sur les freins et j’ai vu que cela avait de nombreux autres impacts sur la santé globale notamment le placement fonctionnel et esthétique des dents, les problèmes digestifs, les maux de tête, les problèmes respiratoires, le ronflement, l’apnée du sommeil, l’augmentation du risque d’AVC, et l’augmentation du stress parce que quand la langue repose sur le palais (chose qu’elle ne peut faire sans frein) cela envoie un message au système nerveux parasympatique (celui qui nous fait relaxer) de s’activer. Et j’avais aussi un doute que ce ne soit pas cela le problème mais une amie qui aide l’allaitement m’a dit fait une photo de ses freins puis m’a envoyé une photo de la classification des freins normaux et anormaux selon Kotlow et j’ai vu de mes yeux qu’il était anormal alors je me suis dirigée vers un spécialiste pour le faire couper. Et ensuite j’ai senti qu’il stimulait davantage, mes engorgements se sont arrêtés et j’ai fait les exercices pour éviter que ça recolle et cela a fonctionner. Ensuite, j’ai revu la première chiro ibclc et je lui ai dit et ai exprimer mon mécontentement qu’on m’ait dit que le frein qui restait était un petit frein pas problématique alors que c’était faux et m’a expliqué que j’avais raison qu’on ne sait pas si un frein est problématique ou pas, mais que c’est mieux d’essayer de régler le reste avant selon elle, parce que elle voit souvent des mamans qui coupent sans résultats. Mais comme un article de Dr Ghaheri dit pour avoir de bons résultats il faut que le frein soit complètement coupé. J’ai ensuite revu la dentiste qui avait couper gratuitement la 2e fois et je lui ai parler que tout couper est important et qu’elle a dit qu’elle en laissait par peur de trop couper et quelle planifiait de recouper à 4 ans et qui a dit que l’allaitement était lié à la formation de carie alors que c’est faux et que selon l’association dentaire canadienne, le gouvernement du Québec, le gouvernement du Canada et l’ordre des dentistes du Québec entre autres, il suffit de brosser avant la nuit et l’allaitement n’est pas en lien avec les caries. Donc, nous avons changé de dentiste.

 

De plus, dans mon parcours d’allaitement j’ai trouvé la majorité des informations par moi-même ou par hasard, comme lorsque je voulais introduire la suce a 6 semaines et que j’ai vu dans le non verbal de ma sage femme que ce n’était pas la meilleure idée alors j’ai cherché et j’ai trouvé la confusion sein tétine dont elle n’avait pas parler pour ne pas me culpabiliser donc je n’ai pas donner de suce à mon bébé. Ou comme lorsque mon médecin m’a dit de diversifier à 4 mois contre les recommandations de l’OMS d’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois minimum puis diversifier et continuer d’allaiter jusqu’à 2 ans minimum.

 

J’aimerais vivre dans un monde qui considère que je suis une femme forte et intelligente qui peut gérer l’information et à qui on n’a pas besoin de cacher la vérité ou mentir. Ne pas donner la vraie information par peur de culpabiliser ou parce qu’on pense que la femme n’est pas assez forte pour  gérer émotionnellement la ‘culpabilité’ si elle en a et l’empêcher ainsi de faire les choix qu’elle veut mais de façon libre et éclairé c’est de l’antiféminisme. Comme dire qu’un frein n’est pas problématique quand la vérité scientifique est plutôt on ne sait pas s’il est problématique ou pas.

 

J’ai compris à 7 mois que je réussissais à allaiter. Ceci n’est que le début de mon histoire qui je l’espère va continuer vers le sevrage naturel ou vers un co-allaitement avec un futur pas encore en route hypothétique bébé 2 qu’on tentera seulement à partir de 2 ans de bébé 1 pour bien respecter les recommandations minimales de l’OMS car avec une grossesse vient inévitablement une baisse de lait.

 

L’allaitement est une relation d’une force inexplicable; je me souviens jusqu’à ce que je refasse couper pour la dernière fois le sentiment dans moi, dans toutes les fibres de mon corps que c’était anormal, que notre relation d’allaitement était précaire et fragile, que mon corps me disait de faire quelque chose, de ma détresse lorsque je n’arrivais pas à trouver ce qui se passait avant d’avoir de l’aide et de la beauté et de la grandeur de mon émotion qui voit mon bébé se développer grâce a mon lait, se reconforter et se nourrir contre mon coeur.

 

Cette histoire ne veut pas faire peur, il se peut que vous allaiter sans aucune difficulté comme ma mère la fait, mais il se peut que des embûches se trouvent sur votre route et il est possible de les surmonter. Surtout avec du support, comme celui de mon partenaire qui a écouter aux cours de préparation à l’allaitement et qui m’a dit que avec la prolactine on se reposait davantage que sevrer; et qui se vante auprès des autres que notre bébé est nourri de la plus belle des manières, avec de l’amour liquide.

 

Allaiter est important

Savoir c’est pouvoir

 

Geneviève.

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Difficultés d’allaitement et soutien de la famille de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/10/breastfeeding-difficulty-and-family-support

 Merci à lui !

 

Imaginez une maladie qui débarque soudainement et laissent les médecins sans voix. Imaginez que cela vous cause de la douleur et vous rende complètement vulnérable. Ensuite, imaginez que votre époux ne vous croit pas quand vous dites que quelque chose ne va pas.

Malheureusement, cette maladie est une difficulté que la mère rencontre dans son allaitement, et ce scénario est bien trop commun. J’entends des histoires souvent à ce sujet et il faut trouver ce que l’on peut faire pour anticiper et éviter ce genre de choses d’arriver.

Annonce : dans la perspective de ce post, je vais supposer que c’est le père qui remet en cause l’utilité de l’intervention. Mais d’autres personnes peuvent avoir ce rôle : un partenaire du même sexe qui n’allaite pas, des membres de la famille, des amis proches, et parfois même, la mère. J’ai déjà rencontré des familles où la mère était dans le déni face au problème mais où le père voyait qu’il y avait un problème et souhaitait faire évaluer le bébé et le traiter.

Qu’est-ce qui est dit ?

  • “Je ne vois rien qui ne va pas” C’est un déni tacite qui peut être difficile à confronter. Souvent c’est parce que le père ne comprend pas l’importance de l’allaitement. C’est souvent suivi de « le lait artificiel est aussi bon » ou « tu peux tirer ton lait ». pour combattre cette affirmation il faut plus que ce post et je ne veux pas alimenter le débat sein contre biberon. Mon rôle en tant que spécialiste de l’allaitement est d’écouter la famille, et la majorité de celles que je vois souhaite que le bébé soit allaité. Donc le père doit comprendre que les bébés allaités ont des avantages immunitaires et sur le développement facial par rapport aux bébés au biberon. La mère et le bébé bénéficient aussi énormément d’un point de vue psychologique d’un allaitement non écourté.
  • “Je ne veux pas dépenser l’argent.” Alors que cela semble dur à entendre, la réalité est qu’un bébé qui vient de naître occasionne des soins de santé coûteux. Ajouter à cela des visites chez un spécialiste et une frénotomie n’aide pas. Alors que c’est un coût à court terme, le coût de lait artificiel et de capacités immunitaires diminuées est bien plus important à long terme. Le déni du père devient souvent encore plus apparent lorsque le bébé a besoin d’une révision à cause d’un frein reformé ou de symptômes qui ne s’améliorent pas. Le père pense alors que la frénotomie était un échec et ne pense pas qu’une deuxième intervention (et son coût) est bénéfique. C’est pour cela que je ne fais pas payer pour le suivi ou les révisions sur 6 mois, ce qui nous laisse largement le temps de voir les résultats.
  • “Je ne veux pas qu’on touche à mon enfant.” Celle-ci se base sur la peur et le manque d’informations.

Je dis souvent aux mères dans cette situation qu’il est compréhensible pour un père d’avoir cette opinion à condition qu’il ait effectué la même quantité de recherches et de lectures que la mère. En revanche, s’il a cette opinion sans n’avoir rien fait, alors cela est causé par de la peur. Je ne dis pas qu’avoir peur n’est pas naturel – au contraire. C’est juste important de s’occuper de la raison pour laquelle il a peur pour pouvoir avancer.

  • “Notre médecin nous a dit que tout allait bien.” Cela s’applique aussi aux médecins de famille et consultantes en lactation. De manière surprenante, il est facile de remettre en question cet argument une fois que vous comprenez que la majorité des pédiatres ont très peu de formation en allaitement. Mon opinion est que leur opinion ne fait pas le poids dans ces cas là. Si votre enfant a une fracture de la jambe, vous allez aller voir un chirurgien orthopédique. Si vous alliez voir le pédiatre ensuite et qu’il disait “ne vous inquiétez pas cela ne va pas être un problème donc arrêtez le traitement” vous iriez voir quelqu’un d’autre. C’est le cœur de mon argument.  Les généralistes et les pédiatres sont vraiment adeptes des échanges avec les mamans qui n’ont pas de problèmes d’allaitement. C’est le coeur de mon argument. Ils devraient l’encourager autant que possible. Mais lorsqu’il y a un problème d’allaitement, ils ne savent pas quoi faire car ils n’ont pas été formés pour s’en occuper. Donc leurs avis n’a pas de valeur d’après moi.
  • “On a déjà vu un ORL (ou autre spécialiste) qui a dit qu’un frein de langue n’a pas de conséquence sur l’allaitement.”  Cet argument est semblable à l’argument précédent. Juste parce qu’un docteur est un spécialiste, cela ne signifie pas que ce spécialiste est capable de traiter ce problème spécifique. Comme je l’ai dit dans un post précédent, comme beaucoup d’ORL je n’ai reçu aucune formation en allaitement. J’ai lu et étudié énormément, discuté avec des spécialistes en allaitements pendant quasiment deux ans pour me former au lien entre les freins et les problèmes d’allaitement. Mon désir d’améliorer mes connaissances dans ce domaine est plutôt chose rare. La majorité des orl/mères/pères ou autre vont tous supposer que le spécialiste sait de quoi il parle, donc tout refus de faire le lien entre un frein de langue et des problèmes d’allaitement a de la valeur à tort (et encourage le pédiatre à dire la même chose)

 

Des difficultés à allaiter peuvent contribuer à une dépression postpartum et peut ternir la relation entre le bébé et sa mère. Ajoutant à cela la désapprobation de l’époux ou de la famille pour faire l’intervention qui permettrait d’atténuer ces problèmes les vouent souvent à l’échec. Si vous avez un membre de votre famille qui doute de vous, faites leur lire ce post ou m’envoyer un email. Faites les joindre l’un des groupes de soutien qui leur permettrait de comprendre qu’ils ne sont pas les seuls à avoir ce problème et qu’une solution peut exister.

 

 

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Questions fréquentes sur les freins de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/10/2/tongue-tie-and-lip-tie-faq

Merci à lui!

1) Est-ce qu’un bébé qui a un frein de langue peut tirer la langue et la sortir de sa bouche ?

Absolument. Ce n’est pas parce que la langue est capable d’effectuer un mouvement dans un sens que la langue est capable d’effectuer les mouvements qu’elle est censée pouvoir faire dans tous les sens. Le mouvement le plus important pour la langue pendant les tétées est vers le haut pas vers l’avant, donc le mouvement vers l’avant de la langue a aussi peu d’importance qu’un mouvement d’épaule

 

2) Est-ce qu’une frénotomie au laser peut causer des tissus cicatriciels ?

Oui. N’importe quelle plaie peut causer des tissus cicatriciels. La précision du laser et le manque de dommages collatéraux grâce à la concentration font qu’on considère que la cicatrice reste aussi minime que possible.

Peu importe la technique utilisée, cependant, si la totalité de la langue est libérée (y compris la partie postérieure), alors il y a plus de risque qu’il y ait des tissus cicatriciels car la plaie est plus profonde et les bords opposés de la langue sont plus proches l’un de l’autre, augmentant les chances de cicatrices.

3) Les étirements sont-ils importants pour éviter la reformation du frein ?

Les étirements sont nécessaires pour empêcher la lèvre et le frein postérieur de s’attacher à nouveau/se reformer. Si quelqu’un libère juste la partie antérieure, je ne pense pas que les étirements aient de l’importance. Les bords opposés d’une blessure avec un frein de lèvre et un frein de langue sont trop proches et se reformeront à nouveau d’une certaine manière si aucun étirement est fait.

4) Ai-je besoin de faire faire l’intervention dans un service hospitalier si le frein est épais au cas où cela saigne ?

Non. Tout est question de préparation. Quand je coupais aux ciseaux, j’injectais simplement une petite quantité de médicament anesthésiant qui contenait de l’adrénaline. 10mn plus tard, il y avait peu de saignement, et la frénotomie pouvait se faire au cabinet.

5) Est-ce que des points empêchent la reformation du frein?

Si la frénotomie est faite parfaitement et les points faits avec précision, alors en théorie, la réformation est difficile. Ceci étant dit, mon expérience personnelle est que l’on peut seulement faire des points avec une anesthésie générale, et ceux qui font des points ne connaissent habituellement rien des freins postérieurs, donc même s’ils ne se reforment pas ils ne sont pas entièrement coupés.

6) A quelle fréquence il y a un frein de langue avec un frein de lèvre ?

Dans mon expérience, dans plus de 90% des cas.

7) Est-ce qu’il y a toujours un frein postérieur derrière un frein antérieur ?

Oui. Ce qui cause réellement la restriction avec un frein de langue est la partie postérieure (pour le mouvement nécessaire pendant l’allaitement).

8) Le frein de langue de mon bébé a été coupé. Pourquoi sa langue est-elle toujours en forme de cœur ? L’attache qui attachait la langue au palais bas vient de l’intérieur de la langue jusqu’au palais. Couper cette attache ne permet pas d’enlever la portion de celle-ci qui se trouve à l’intérieur de la langue. La langue peut avoir une apparence différente mais cela n’en affecte pas sa fonction.

9) Est-ce qu’un frein de langue peut poser des problèmes de langage ?

Absolument. Les lettres les plus souvent affectées sont R, S, L, Z, D, CH, TH, et SH mais il y a d’autres sons difficiles. Alors que certains enfants peuvent produire ces sons en isolation, les prononcer en association avec d’autres lors de prises de parole peut être très difficile.

Des études récentes ont montré quelques améliorations dans la fonction langagière suite à une frénotomie, bien que la majorité des études ne montrent pas des bénéfices évidents. Je pense que le langage peut être améliorer dans des cas spécifiques où la restriction est importante et l’enfant a vu un orthophoniste et aucune amélioration n’a été notée. Comme plus d’études sont faites, je pense que nous verrons des améliorations avec des mesures objectives du langage et une frénotomie, mais pas dans le cas de tous les patients.

10) Est-ce qu’un frein de lèvre peut causer des problèmes pour le langage ?

En général je dis non. Dans certains cas de freins très courts ou serrés, si le frein cause un inconfort lorsque l’enfant ouvre la bouche (à cause de la tension) cela peut altérer leur manière d’ouvrir la bouche pour avoir moins mal, ce qui peut affecter le langage.

11) Est-ce que les freins de langue causent une usure des dents?

Oui. Les dents les plus touchées sont les 2 dents de chaque côté de la lèvre supérieure (les incisives). Des caries sur les dents de l’arrière (molaires) arrivent du fait du frein de langue qui ne peut pas nettoyer dans cette partie de la bouche. Le Dr Kotlow a un article qui décrit l’impact du frein de lèvre sur les caries, si vous voulez l’imprimer et le donner à votre dentiste ou docteur, c’est par ici.

http://www.kiddsteeth.com/articles/The_Influence_of_the_Maxillary_Frenum_on_the_Development_and_Pattern_of_Dental_Caries_on_Anterior_Teeth_in_Breastfeeding_Infants_Prevention,_Diagnosis_and_Treatment010%5B1%5D.pdf

12) Je n’ai pas de difficulté d’allaitement mais on dirait que mon bébé a un frein de lèvre. Que dois-je faire ?

Profitez de votre relation d’allaitement normale.

 

 

 

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Protocole de soins post frénotomie de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/aftercare

Merci à lui !

Il y a deux concepts importants à comprendre au sujet des plaies dans la bouche.

  1. N’importe quelle plaie dans la bouche va se contracter vers le centre de la plaie lors de la cicatrisation (d’où l’intérêt de la garder dilatée)
  2. Si vous avez deux surfaces à vif proches l’une de l’autre dans la bouche, elles vont se ressouder.

Je pense que les étirements sont la clé pour obtenir un résultat optimal. Ces étirements ne sont pas censés utiliser de la force ou durer. Il vaut mieux être rapide et précis avec les mouvements. Je pense que se procurer une lampe frontale avec des led (comme pour le camping) permet d’obtenir de meilleurs résultats.

Vous pouvez utiliser du Tylenol, Ibuprofen (si 6 mois ou plus vieux), arnica, Rescue Remedy ou autres mesures pour aider avec la douleur. Avant nous recommandions l’utilisation de Hyland’s teething gel ou Orajel naturals. Depuis octobre 2016, la FDA a demandé que ces gels ne soient plus utilisés. En remplacement une huile de coco bio peut être utilisée dans la bouche pour les étirements.

(note : l’huile de coco, un antibactérien, accélère la cicatrisation, cela peut ne pas être l’effet voulu )

Le risque principal d’une frénotomie est que la bouche guérisse trop vite et que le frein de langue ou de lèvre se reforme, causant à nouveau des limitations de la mobilité et la persistance ou le retour des symptômes. Les exercices plus bas sont plus faciles à réaliser avec le bébé installé dans votre bassin (ou allongé sur un lit) avec ses pieds qui partent à l’opposé de vous.

Etirements

Une petite perte de sang est commune après l’intervention, surtout les premiers jours. Parce que le laser est utilisé, les saignements sont minimes. Lavez vos mains avant de faire les étirements (pas de gants nécessaires). Mettez un peu d’huile de coco sur le bout de votre doigt avant de faire les étirements.

Organisation: FAIRE UN ETIREMENT LE SOIR DE LA FRENOTOMIE. ENSUITE PASSER DIRECTEMENT AU LENDEMAIN MATIN (N’OUBLIEZ PAS QUE C’EST LA SEULE FOIS OU VOUS POUVEZ SAUTER UN ETIREMENT). Mes recommandations sont des faire les étirements 6 fois par jour pendant les 3 semaines post frénotomie, et ensuite passer la quatrième semaine à rapidement passer de 6 à 5 à 4 à 3 à 2 à 1 par jour et arrêter complètement à la fin de cette semaine-là. Je trouve plus facile pour les parents de faire 5 des étirements pendant les périodes d’éveil du bébé et d’en faire un au milieu de la nuit, en faisant attention de ne pas laisser passer plus de 6h entre les étirements. Les moments de changes sont des bonnes périodes pour faire les exercices

 

Courtoisie du Dr. Shervin Yazdi. La plaie est en forme de diamant. Ce diamant a trois dimensions, hauteur, largeur, épaisseur. C’est particulièrement important pour la plaie du frein de langue, qui est plus profonde que la plaie du frein de lèvre. Garder à l’esprit ces trois dimensions est la clé pour une cicatrisation réussie.

La lèvre supérieure est l’endroit le plus simple des deux à étirer. Si vous devez faire les deux, je recommande que vous commenciez par la lèvre. En général les bébés n’aiment ni l’un ni l’autre et peuvent pleurer, donc commencer par la lèvre permet d’accéder au-dessous de la langue plus facilement une fois que le bébé a commencé à pleurer. Pour la lèvre supérieure, placez simplement votre doigt sous la lèvre et remonter aussi haut que possible jusqu’à rencontrer de la résistance des surfaces opposées de la lèvre et de la gencive qu’ils ne puissent se recoller.

La langue devrait être l’endroit suivant à étirer. Insérez vos deux doigts dans la bouche (un dans la bouche qui va en direction de la joue pour élargir la bouche et laissez de la place à l’autre index). Ensuite utilisez les deux index pour plonger sous la langue et la soulever vers le palais. La langue a besoin de trois mouvements d’étirement différents.

  1. Une fois que vous êtes sous la langue, essayer de soulever la langue aussi haut qu’elle peut aller en direction du palais de bébé). Tenez la à ce niveau 1 ou 2 secondes et relâchez. L’objectif est de déplier complètement le diamant de telle sorte qu’il soit quasiment à plat (rappelez-vous que le pli au milieu du diamant est le premier endroit où il va se reformer). La clé pour réussir à réaliser cet étirement est de placer les index suffisamment profondément avant de soulever la langue. Comme un chariot à palettes soulève une palette. Si le chariot ne soulève que l’avant de la palette, l’arrière de celle-ci va pencher en arrière, alors que si le chariot prend la totalité de la palette, il pourra la soulever en intégralité.
  2. Avec un doigt soulevant la langue posez votre autre index sur le milieu de diamant et tournez votre index sur les côtés et utiliser un mouvement de l’avant vers l’arrière pour essayer de garder le diamant le plus profond possible. Utilisez un mouvement pour balayer le diamant en l’étirant. Assurez-vous de commencer l’étirement depuis l’intérieur du diamant.
  3. Massez les deux côtés du diamant (à l’extérieur de celui-ci) pour assouplir la musculature du palais buccal. Vous pouvez utiliser davantage de pression lorsque vous faites ces massages car vous n’êtes plus sur la plaie.

Vidéo des exercices https://vimeo.com/98709935

Technique inadaptée pour étirer la langue

C’est un exemple d’étirement inadapté. Vous voyez comment les doigts sont loin du diamant ? avec la manière dont ces doigts soulèvent la langue, trop de force est dirigée vers les côtés de la langue, et la portion du milieu est toujours épinglée en bas. Cela conduira à une reformation du frein.

Concentrez-vous afin de maintenir vos index ensemble comme s’ils étaient collés – cela vous force à rester au milieu, juste au-dessus du diamant. Alors que vous poussez à l’intérieur du diamant et levez la langue, la partie haute du diamant devrait idéalement s’éloigner de la partie basse du diamant. C’est l’attention utilisée à séparer les plis à l’intérieur du diamant qui permettent aux exercices de fonctionner post frénotomie.

 

Exercices de succion

Il est important de se rappeler que vous avez besoin de montrer à votre enfant que tout ce qu’on l’on fait à la bouche n’est pas associé à de la douleur. De plus les nourrissons peuvent avoir des succions peu efficaces qu’on peut retravailler avec des exercices. Les exercices suivants sont simples et peuvent être faits pour améliorer la succion. Je les commencerai le troisième jour suivant l’intervention, et passerai 30-45 secondes sur chaque exercice avant les étirements (pas besoin de faire ces exercices lors des étirements la nuit)

  1. Massez gentiment la mâchoire d’un côté à l’autre pour que la langue de votre bébé vous suive. Cela aidera à renforcer les mouvements latéraux de la langue.
  2. Laissez votre bébé téter votre doigt et faites un bras de fer, en essayant doucement de retirer votre doigt de la bouche pendant qu’il essaie de l’y maintenir. Cela renforce la langue elle-même.
  3. Laissez votre enfant téter votre doigt et appuyez sur le palais, puis revenez à la langue, tapotez la et appuyez sur le milieu de celle-ci. Ou bien, une fois que le bébé commence à sucer votre doigt, appuyez juste  avec l’arrière de votre ongle. Cela met fin au mouvement de succion pendant que le bébé vous repousse.
  4. Avec un index à l’intérieur de la joue du bébé, utilisez votre pouce pour masser les joues des deux côtés pour atténuer les tensions.

Quelques jours après l’intervention, les plaies auront une teinte jaune ou blanche qui ressemblera à du pus.

5 jours après l’intervention (la couleur jaune fluo peut arriver avec les bébés qui ont une jaunisse et est normale)

 

1 semaine après l’intervention

 

 

10 jours après l’intervention

 

2 semaines après l’intervention. Notez comment le diamant est en train de rétrécir sur les côtés. C’est la progression voulue.

 

 

5 jours après l’intervention

 

1 semaine après l’intervention

 

11 jours après l’intervention

Il est essentiel de faire un suivi avec une consultante en lactation après la procédure pour garantir des résultats optimaux.

Appelez nous dans les cas suivants :

  • Saignements abondants
  • Refus de téter ou prendre un biberon
  • Fièvre de plus de 38.5 degrés celsius

 

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L’importance des soins de la plaie suite à la frénotomie et cicatrisation de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2015/6/21/the-importance-of-active-wound-management-following-frenotomy

Merci à lui !

 

 

L’un des plus communs sujets de discussion concernant les frénotomies est la réformation du frein, lorsque certaines dyades voient une période d’amélioration des symptômes gênants et qu’il y a soudain un retour en arrière par rapport aux progrès et qu’ils se retrouvent au point de départ avec leurs problèmes d’allaitement. Ce post expliquera les principes d’une frénotomie ‘complète’, la biologie de la cicatrisation de la plaie, et la nécessité de soins réguliers de la plaie pour éviter la cicatrisation.

 

Plaies de frénotomie

Une frénotomie complète aura comme résultat une libération complète des tensions causées par l’attache inadéquate serrée et fibreuse. La meilleure manière de savoir si la frénotomie a été complète est de regarder la forme de la plaie. Pour les frénotomies linguales, il doit y avoir la forme d’un diamant pour que la frénotomie soit complète. S’il n’y a pas de forme de diamant, alors la frénotomie n’a pas été complète. Pour la lèvre supérieure, une souplesse maximale de la lèvre centrale devrait être observée et le frein doit être complètement soulevé de la mâchoire.

Si seulement une petite incision est faite dans le frein de langue ou de lèvre, il y a peu de chances qu’il y ait des améliorations car la plaie est petite. Dans les mêmes lignes, si la procédure initiale était incomplète et que cela cicatrise vite, il n’y a pas de reformation – ce n’était simplement pas assez ouvert. Au contraire, une plaie complètement ouverte va se reformer de manière systématique si les soins ne sont pas réalisés de manière régulière. Cette reformation est différente de la cicatrisation que l’on voit normalement. Ce que l’on vise est un bandeau qui soit plus flexible que ce qu’il était avant la procédure.

Ce sketch représente une frénotomie du frein de langue et de soins appropriés, lorsqu’on se sert de son doigt pour délicatement séparé la lèvre de la mâchoire et des soins inexistants ou rares, ou on a laissé trop la lèvre adhérer à nouveau à la mâchoire. Rappelez-vous que si la frénotomie n’était pas complète, de toute manière vous n’auriez jamais pu obtenir suffisamment de mobilité dès le début donc cela peut ressembler à une reformation du frein de lèvre.

La plaie du frein de langue est plus complexe. D’abord, juste entailler un frein antérieur ne permet pas d’améliorer de manière conséquente la fonctionnalité de la langue dans le cadre de l’allaitement. Il y a toujours une partie postérieure, sous muqueuse au frein qui doit être coupée. Si la frénotomie n’est pas faite en entier et que seulement la partie avant du frein est coupée, il n’y a pas de plaie apparente. Pour avoir une frénotomie complète il faut une plaie en forme de diamant. Après une intervention non complète, les étirements sont inutiles parce que la taille de la plaie est minimale donc elle va cicatriser avec peu de tissu cicatriciel. Le problème selon ce scénario est que la tension à l’arrière de langue est toujours présente et que la fonctionnalité de la langue ne s’améliore pas. Ce que nous voulons est une intervention qui libère complètement la tension et un frein qui ne se reforme pas. Cela peut être réalisé uniquement avec des étirements réguliers de la plaie. Voici mon protocole.

Principes de la cicatrisation

Alors que certains des principes de cicatrisation à l’intérieur de la bouche s’applique aussi aux plaies sur la peau, il y a certaines caractéristiques qui sont spécifiques aux plaies dans la bouche. La meilleure description de ces caractéristiques se trouvent dans le livre  “Oral Wound Healing” de Hannu Larjava (2012). Quand une plaie est créée, elle va subir des changements spécifiques et prévisibles dans le but de se refermer. Dans les 24h, les bords de la plaie commencent à migrer vers le centre de la plaie de telle manière que les bords vont éventuellement se ressouder avec de la membrane muqueuse. Cette migration est facilitée par un échafaudage qui se forme au-dessus de la plaie (qui est la couleur blanche/jaune que l’on voit lorsqu’une plaie dans la bouche est en train de cicatriser). En même temps, du tissu de granulation commence à remplir la plaie. Le tissu de granulation sert à reformer le tissu connectant qui permet à la nouvelle plaie d’avoir de la force. Il le fait en faisant migrer des nouveaux vaisseaux sanguins dans la zone et en créant une matrice de fibres qui sont les précurseurs de la formation d’une cicatrice. Cela prend des mois avant qu’une plaie mature se forme. Pendant ce temps, la contraction de la plaie se met en place et le tissu cicatriciel s’organise.

Comment cela s’applique-t-il aux freins de lèvre et de langue ? Quand un professionnel crée une plaie dans la bouche pour libérer le frein, la bouche va essayer de refermer cette plaie. Dans le contexte de frein de langue et de lèvre, on souhaite que les plaies cicatrisent sans structure ouverte plutôt que se reforme. Les freins de lèvre cicatrisent très vite et sont rarement sujets à ce qu’il se passe sous la langue. Il est important cependant de comprendre qu’il y aura une nouvelle attache connectant la lèvre à la mâchoire – cela fait partie de la cicatrisation normale. Pour la langue, durant les premiers 5-7 jours suivant la frénotomie  il y a une plaie souple avec une bonne mobilité, et plus le temps passe, plus le diamant sous la langue va se contracter et devenir ferme. Cela se voit essentiellement 10-20 jours après la procédure. Le tissu cicatriciel se développant à l’intérieur du diamant va s’assouplir à nouveau après 21 jours et cela va prendre plusieurs mois à s’assouplir complètement et à atteindre sa pleine maturité.

Cicatrisation horizontale VS cicatrisation verticale

Rappelez-vous qu’une fois qu’une plaie est créée dans la bouche, le corps va essayer de refermer la plaie et de se contracter vers son centre. Le résultat final est que la lèvre va essayer de se recoller au bas de la mâchoire et que la langue va essayer de se recoller au plancher buccal. L’astuce pour obtenir des résultats probants est d’essayer de guider le tissu, avec des étirements appropriés, à cicatriser de manière à ce que cela maximise les mouvements verticaux. Ces mouvements verticaux sont importants pour le retroussement vers le haut de la langue, et de manière encore plus importante pour le mouvement vers le haut de la langue vers le palais pour former le sceau nécessaire à la génération de vide.

Outils et techniques

A ma connaissance il n’y a pas d’étude publiée qui démontre des résultats de cicatrisation meilleurs avec une technique chirurgicale ou un instrument particulier. Certaines études du laser montrent des bénéfices potentiels quand faites en labo ou sur des animaux mais  jusqu’à présent, il n’y a pas d’étude sur les humains qui montre de différence. Ce qui est important de reconnaître est que l’outil utilisé pour l’intervention importe peu. Ce qui importe est la profondeur de la frénotomie – une frénotomie adéquate résultant en une plaie en forme de diamant, qui a besoin d’étirements quel que soit l’outil utilisé pour faire la plaie.

Pourquoi certaines plaies ne se comportent pas comme on l’attend et font des cicatrices non flexibles ? Voici des raisons potentielles.

  1. La frénotomie était inadéquate dès le début donc des tissus cicatriciels se sont formés au-dessus d’un tissu déjà immobile
  2. Pas de régularité dans la pratique des étirements.
  3. Mauvaise technique chirurgicale – couper trop profond (dommages musculaires) causant une réaction inflammatoire plus forte
  4. L’utilisation de trop de force sur la plaie, soit par le professionnel mal formé qui transforme une procédure de 45 secondes en une exposition plus longue au laser, ou les paramètres du laser ne sont pas adéquats.
  5. des tendances à cicatriser vite du patient.

 

Alors que le succès de la procédure ne vient pas de l’outil utilisé, mon expérience me dit que l’usage de l’électrocautérisation cause plus de dommages (comparé aux ciseaux ou lasers) causant davantage de cicatrisation. Il y a toujours des exceptions à cette règle, donc il est important de choisir son professionnel avec soin.

L’approche la plus optimale de rééducation post frénotomie comprend

  1. e IBCLC, qui va aider à obtenir une meilleure technique de prise du sein et de positionnement ainsi qu’une meilleure succion.
  2. e thérapeute qui va aider à soulager les tensions musculaires qui peuvent gêner à la fois la prise et la cicatrisation.
  3. Le (ou la) professionnel.le qui devrait créer une plaie adaptée et gérer la cicatrisation de telle manière à augmenter au maximum la mobilité de la lèvre et/ou de la langue.

 

Cette approche multidisciplinaire est la clé pour la rééducation suite à une relation d’allaitement problématique.

 

 

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Une équipe est nécessaire pour améliorer les conditions de l’allaitement après une frénotomie de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/3/13/it-takes-a-team-to-improve-breastfeeding-after-a-tongue-tie-procedure

Merci à lui !
Bien trop souvent, les patients viennent me voir après que le frein de langue ou de lèvre a été diagnostiqué en pensant qu’une intervention va immédiatement changer la manière dont leur bébé tète. Rarement, surtout avec le nourrisson (moins de deux semaines), c’est possible. La majorité du temps cependant, ce n’est pas le cas.

 

Parce que les bébés s’entraînent à téter in utero, un bébé avec des restrictions à l’intérieur de la bouche peut avoir une prise anormale dès la première prise du sein. Si on s’occupe correctement de ses restrictions, la seule chose que cela fait est de permettre au bébé d’avoir le potentiel anatomique pour une prise normale du sein.

Si ce bébé a des habitudes qui interfèrent avec l’allaitement normal, il se peut qu’il y ait peu d’amélioration.

Un exemple que je cite souvent est inspiré du Dr Brian Palmer: si je vous demande de vous entraîner pour un marathon mais que pendant ces 3 mois, vos chaussures sont attachées ensemble, vous allez développer une manière spécifique de courir. Vous serez peut-être éventuellement capable de finir le marathon en courant de cette manière. Mais si vous détachez les chaussures le matin du départ et qu’on vous demande de courir d’une manière normale, votre entraînement de 3 mois ne vous aura pas servi à grand chose. Vous aurez développé un ensemble de forces musculaires et techniques différentes.

 

Les bébés qui ont des freins tètent en forçant jusqu’au moment où leurs freins sont coupés. Et souvent il y a un manque de coordination musculaire conséquente et des habitudes qui ne leur permettent pas de téter efficacement. Je ne pense pas qu’il soit raisonnable de s’attendre à ce que le bébé tète normalement juste après la procédure. Malheureusement malgré mon conseil de voir une consultante en lactation avec le diplôme ibclc, certaines mères pensent que c’est superflu.

Mon expérience m’a montré qu’il y a un pourcentage plus élevé de bébés qui échouent à améliorer leur succion après une frénotomie quand une ibclc n’est pas impliquée dans la rééducation. Pourquoi est-ce important de voir une IBCLC après la frénotomie?

  • En tant que mère allaitante il est possible que vous n’ayez aucune idée de comment allaiter. Cela ne se veut pas condescendant. Si c’est votre premier enfant, et que votre bébé a des freins causant plusieurs problèmes, il se peut que vous ayez adopté des mécanismes compensatoires pour gérer ces symptômes. De même si vous avez eu plusieurs enfants mais que tous ont le même problème, il y a une chance que vous n’ayiez aucune idée de ce que c’est qu’allaiter normalement et une ibclc peut utiliser son expérience pour vous aider à améliorer la position de bébé au sein et améliorer les résultats.
  • On peut vous avoir donné des bouts de seins au début de l’allaitement pour vous aider à allaiter. Cela peut causer une confusion sein-tétine et réussir à sevrer bébé des bouts de seins (dont la majorité des mamans ne veulent pas se servir) peut être difficile. Souvent, vous aurez besoin d’une ibclc pour vous aider à le faire.
  • S’il y a un important dysfonctionnement au niveau de la succion, le bébé peut avoir besoin d’une rééducation pour téter afin de muscler les muscles qui sont censés fonctionner lors des tétées.
  • Beaucoup de mères utilisent des tires-laits qui peuvent empirer les problèmes avec leurs seins. Une ibclc peut aider à trouver les bonnes téterelles, tire lait et technique pour tirer adaptée à la mère.
  • La plupart des professionnels de santé ne sont pas des ibclc. En tant qu’orl, je connais quelques bases de l’allaitement mais mon expertise n’égale en rien celle de l’expertise d’un professionnel de l’allaitement et il ne serait pas judicieux de se fier uniquement à mon jugement.
  • Cette liste n’est bien évidemment pas complète. Elle a pour objectif de montrer que seule, la procédure peut ne pas suffire à améliorer les problèmes d’allaitement. Je perçois les ibclc comme l’élément majeur du traitement.

 

Qui d’autre peut avoir un rôle à jouer dans la résolution de problèmes spécifiques à l’allaitement?

  • Des chiropracteurs/ thérapeutes du crâne – des tensions importantes peuvent être soulagées grâce à une approche physique. Mon expérience m’a appris qu’il y a une proportion plus importante de bébés avec des freins qui ont aussi des torticolis qui gênent l’allaitement.
  • ORL- si votre professionnel n’est pas un orl, voir un orl pour évaluer d’autres problèmes de la bouche ou de la gorge peut aider. Comme une fente palatine et laryngomalacie qui peuvent aller de paire avec un frein de langue.
  • Des thérapeutes du langage et de la parole – bien qu’ils soient moins souvent consultés que d’autres praticiens, dans une situation où on suspecte un reflux important, de l’aspiration, des difficultés avec les solides, leur expertise permet de définir s’il y a des soucis de déglutition.

 

Comment choisir sa consultante? Les collègues Renee Beebe et Lyla Wolfenstein ont écrit cet article pour vous aider. Alors que certains pensent que s’occuper d’un frein est juste une question de technique adaptée et de cicatrisation, je pense qu’il est vital que vous ayez trouvé votre équipe avant de réaliser la frénotomie, plutôt que de devoir chercher après quelqu’un pour vous aider.

 

 

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Les frénotomies ne nécessitent pas d’anesthésie générale de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/3/8/tongue-tie-procedures-dont-need-general-anesthesia

Merci à lui !

 

L’un des obstacles les plus importants en traitant les freins de langue et les freins de lèvre est le niveau de confort du professionnel, en particulier s’ils ne font pas beaucoup de frénotomies. Un obstacle supplémentaire est que les professionnels qui sont chargés de s’occuper des bébés (orl, pédiatre, stomatologues, médecins généralistes, sage femmes et infirmières) ont tous des formations différentes. Cela complique la possibilité d’avoir une approche commune à tous pour traiter les freins. Par conséquent, beaucoup de  mères du monde entier m’ont raconté des scénarios frustrants tels que les suivants:

  • Le bébé et/ou la mère ont des symptômes au cours des tétées liées à des restrictions de freins de langue ou frein de lèvre.
  • Leur docteur ou consultante en lactation identifient correctement un frein de langue et/ou de lèvre et les réfèrent à un orl ou stomatologues.
  • Le chirurgien n’est pas à l’aise pour faire la frénotomie dans son cabinet et demande à ce que cela soit fait sous anesthésie générale.
  • L’anesthésiste n’est pas à l’aise de faire une intervention “élective” sur un bébé avant qu’il ait 3 (voire même 6) mois.
  • Pendant que le bébé attend, la mère et le bébé ne peuvent pas maintenir l’allaitement et la relation est perdue.

 

Avant d’expliquer comment réaliser une frénotomie dans un cabinet, je souhaite rappeler les différentes raisons pour lesquelles il est préférable d’éviter une anesthésie générale. La première raison pour laquelle il faut éviter une anesthésie générale sont les conséquences possibles sur l’enfant. Il y a de nombreuses études faites sur les animaux qui nous montrent que l’inhalation d’anesthésiants ajoutée à l’injection d’anesthésiants tels que de la kétamine et du propofol sont neurotoxiques. Ils causent la mort de cellules nerveuses chez des animaux en développement. Il y a plusieurs analyses sur les humains à postériori qui ont démontré des problèmes potentiels. L’une des études les plus célèbres est celle de la Mayo Clinic en 2012 montrant : “les enfants régulièrement exposés à des procédures nécessitant des anesthésies générales avant deux ans avaient plus de chance de développer des TDAH plus tard.” Malgré que des études prospectives soient toujours en cours, je pense qu’il y a assez de preuves pour nous montrer que l’anesthésie générale peut avoir des effets sur les enfants, et s’il y a une alternative, c’est le choix à faire. Il y a aussi des risques immédiats à l’anesthésie générale – des réactions aux anesthésiants qui peuvent conduire à d’autres problèmes de santé. Il n’y a rien de plus sûr que de l’éviter complètement si possible.

Ensuite, le bébé est séparé de la mère et téter après une anesthésie n’est pas une chose facile. Le bébé doit se réveiller en salle de réveil, souvent branché à des moniteurs, et que la mère entre dans cette pièce pour l’allaiter n’est pas toujours évident. Les effets de l’anesthésie, même pour des courtes durées peuvent durer durant la journée et interrompre la routine d’allaitement.

Ensuite, c’est un coût. Parce que ces bébés sont jeunes, la procédure est presque toujours faite dans un hôpital plutôt que dans une clinique. Il y a deux coûts à une anesthésie générale : le coût de l’anesthésiste et le coût de l’hôpital. Le prix du séjour est de loin le plus élevé. Et pour les familles qui doivent déjà payer pour la naissance de leur enfant, cela peut être compliqué financièrement.

De loin la raison la plus répétée utilisée par ceux qui ne veulent pas réaliser de frénotomies dans leur cabinet est la peur de saignements abondants. Cette complication potentielle peut être atténuée par une formation adéquate. Entre avril 2012 et avril 2013 (avant mon utilisation du laser) j’ai réalisé 203 frénotomies aux ciseaux dans mon cabinet à des enfants de moins de 12 mois. Personne n’a eu besoin de cautérisation ou points de sutures. Quel est mon protocole de base pour réaliser une frénotomie aux ciseaux ?

J’ai tout l’équipement près en avance : ciseaux de frenotomie, une sonde cannelée, des gazes, une crème topique anesthésiante avec des Q-tips (j’utilise EMLA maintenant que la benzocaïne est contre indiquée chez les enfants en dessous de 2 ans), un anesthésiant injectable (1% de lidocaïne avec  1:100000 epinephrine utilisant une aiguille de 30g et de la gaze flottant dans de l’eau glacée.

 

Il y a plusieurs tailles pour ces instruments – je préfère le 6 mm plutôt que le 4mm. A gauche, une sonde cannelée pour isoler le frein de langue. A droite des ciseaux de fretonomie

 

 

  • Le bébé est emmailloté sur une table plate avec un assistant tenant la tête (ou un parent ou un autre assistant peut tenir les bras.) Le frein de lèvre s’il est traité sera tamponné avec du EMLA. 30 secondes plus tard, j’injecte un anesthésiant dans le frein de lèvre (en particulier le long de la mâchoire). Ensuite j’attends 10 minutes pour que l’épinéphrine provoque une vasoconstriction. Cette même technique peut être utilisée pour le composant postérieur du frein de langue, bien que je ne pense pas que cela soit nécessaire. J’utilise en général EMLA directement sur la langue juste avant la procédure.
  • 10 minutes plus tard, soit je fais une incision dans la mâchoire ou bien j’enlève complètement le frein de lèvre avec plusieurs petites coupures. Je pense que l’excision du frein de lèvre (une frénectomie) a comme conséquence moins de freins qui se reforment. La clé est de tirer sur la gaze pour éviter qu’elle glisse. Une tension appropriée sur la blessure rend les saignements minimes.
  • Une fois que le frein de langue est tamponné avec du EMLA, une sonde cannelée est utilisée pour isoler le frein de langue et il est coupé en allant jusqu’à la partie postérieure. Le passage du doigt devrait permettre de vérifier qu’il ne reste plus d’attache. Le résultat est une plaie en forme de diamant. S’il n’y a pas de diamant, il y a encore du frein à couper.
  • On continue à appuyer sur la plaie avec une gaze froide jusqu’à ce que la mère soit prête à allaiter, et ensuite le bébé est mis directement au sein (ou au biberon). Quelques secondes plus tard, ou minutes, le saignement s’arrête.

Cette technique a pour résultat la libération effective de bandes attachées et peut améliorer de manière significative les conditions de l’allaitement sans anesthésie générale.

 

Malgré ces explications, si la seule option qui est présentée à la mère est un professionnel qui a recours à l’anesthésie générale, je le recommande aussi. Mon avis est que les bénéfices de l’allaitement prolongé pèsent bien plus lourd dans la balance que les risques de l’anesthésie générale.

 

Cependant si vous avez un professionnel prêt à faire une frénotomie sans anesthésie générale pour la première fois, n’hésitez pas à leur dire de m’envoyer un courriel pour que je puisse les aider à réaliser cette opération simplissime.

 

 

 

 

 

 

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‘Comment choisir son professionnel : est-ce que la technique laser vs ciseaux fait une différence’ de Bobby Ghaheri

 

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/4/3/laser-vs-scissors-how-to-choose-your-provider

Merci à lui !

 

 

Les familles me demandent souvent si elles devraient aller chez un professionnel en particulier parce qu’ils utilisent le laser. Je réponds souvent que l’outil dont se sert le professionnel est bien moins important que sa compétence et compréhension de comment un frein de langue affecte l’allaitement. N’importe qui peut acheter un laser, mais cela ne doit pas être le critère déterminant de quel docteur ou dentiste doit être choisi.

 

Ce post servira à répondre à deux questions majeures. Je vous donnerai les questions que vous devriez poser avant une intervention potentielle et les avantages et désavantages à utiliser des ciseaux ou un laser.

 

Comment une famille peut-elle savoir si le professionnel libérera complètement le frein de langue ? Ce n’est pas une question à laquelle il est possible de répondre facilement, mais il y a certaines questions que vous devriez poser si vous n’êtes pas sûr de leur expertise.

  • Combien de frénotomies réalisez-vous par mois ? il n’y a pas de nombre magique. C’est plus une manière de s’assurer si le praticien comprend qu’un frein de langue affecte l’allaitement ou non. Si la réponse est 2 ou 3, ou 10 ou 20 cela peut donner une indication.
  • Est-ce que vous couper les freins postérieurs aussi ? Si le professionnel vous adresse un regard vide, alors je pense quasiment garantir que son intervention sera incomplète. En reprenant le concept selon lesquels tous les freins de langue ont une partie sous muqueuses postérieure, si le professionnel n’est pas informé de l’anatomie de la langue, le résultat sera moins qu’optimal. Vous saurez aussi qu’il y a un problème si  votre bébé a un frein de langue postérieur (confirmé par votre IBCL ou vos recherches) et que le professionnel vous dit qu’il n’y a pas de frein.
  • Avez-vous besoin d’anesthésie générale? Cela ne vous empêche pas forcément de faire traiter par le professionnel car cela peut être la seule solution. Si vous avez à choisir entre éviter l’anesthésie générale ou améliorer votre relation d’allaitement, il vaut mieux choisir la deuxième option, parce que la seule autre alternative est de voyager pour voir un autre professionnel. Malheureusement beaucoup de professionnels ne savent pas que l’intervention peut être réalisée en toute sécurité dans un cabinet.
  • Quelle sera la routine d’étirements post intervention? Encore une fois si on vous adresse un regard vide, c’est un indice que la personne n’est pas familière avec le concept de reformation du frein. Ou bien si le praticien dit quelque chose du style « la langue du bébé bouge tellement que cela ne peut pas se reformer », je vous recommanderai d’aller voir ailleurs car ce genre de conseil est souvent accompagné d’une frénotomie incomplète.

De plus, si vous voyez un professionnel et entendez des mythes sur les freins de langue et l’allaitement, je vous recommanderai d’aller voir ailleurs. Cela peut sembler excessif, mais si quelqu’un ne vous met pas en confiance avec la manière de procéder, autant se déplacer pour voir quelqu’un qui s’y connaît mieux.

Est-ce que cela compte que le professionnel se serve d’un laser ou de ciseaux pour l’intervention ? C’est l’une des questions les plus fréquentes que je reçois. Mon opinion est que pour l’allaitement, je ne pense pas qu’il y ait de différences entre les deux. Il n’y a jamais eu d’étude comparant les deux techniques. Alors que j’utilise le laser pour mes interventions maintenant, j’ai fait plus de 200 interventions avec des ciseaux quand j’ai commencé à m’occuper de bébés, et les taux de révisions et d’améliorations ne sont pas différents aujourd’hui d’auparavant. Il y a quelques différences inhérentes aux deux techniques.

  • L’intervention aux ciseaux est plus rapide qu’au laser
  • Je laisse les parents rester dans la pièce avec les ciseaux, mais avec le laser, je ne les laisse pas entrer (il y a des règles de sécurité)
  • L’intervention aux ciseaux a souvent besoin de l’injection d’un anesthésiant pour limiter la douleur et les saignements alors qu’au laser, la douleur arrive après mais il n’y a pas de souci pendant la procédure.

Cela étant dit, les praticiens qui utilisent le laser le font parce qu’ils ont un intérêt tout particulier pour soigner pour l’allaitement. Cela signifie qu’ils font plus d’interventions que les autres. Parce que les lasers sont en effet coûteux, le praticien qui réalise une ou deux interventions par mois ne va pas faire un tel investissement. Mais le bon côté est qu’ils auront déjà un laser à disposition pour d’autres interventions. On voit notamment dans la dentisterie que les lasers sont utilisés pour beaucoup d’autres problèmes. Dans ce cas, aller chez un dentiste qui n’a jamais fait de frénotomie sur un nouveau-né parce qu’il a un laser n’est pas forcément la meilleure option. Vous devez être l’avocat de votre enfant et chercher une autre solution si vous n’êtes pas à l’aise.

Les lasers offrent une précision qui ne peut pas être égalée avec une révision aux ciseaux. Ils sont plus efficaces pour enlever le frein de lèvre supérieur entièrement pour permettre un changement avec un espacement anormal des dents et des dents abîmées. Dans ces cas, simplement soulager des tensions (ce qui peut être fait aux ciseaux) n’est pas suffisant pour régler les problèmes dentaires, donc je pense que le laser est une meilleure option. L’absence de saignements durant la majorité des interventions au laser améliore aussi la visualisation et permet d’enlever complètement le tissu qui gêne.

Il n’y a pas d’études avec comité scientifique sur la frénotomie faite au laser. Les meilleures études (en particulier celle du Dr O’Callahan) ont été faites avec des interventions aux ciseaux et dans ces études, l’allaitement s’est amélioré de manière considérable. Alors qu’il peut être difficile de faire une étude comparative, je crois que les années à venir nous apporteront des données sur l’utilisation du laser, et qu’il sera intéressant de voir si les résultats sont aussi satisfaisants. Je pense qu’ils le seront.

 

 

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