Allaiter après une césarienne

Comment mener à bien son projet d’allaitement à bien après une césarienne?

Merci à A. et D. pour leur participation essentielle à l’article.

I Quelques informations de base sur la césarienne

II Comment se préparer à la césarienne

III Comment mener à bien son projet d’allaitement après une césarienne

 

I Quelques informations de base sur la césarienne

 

  1. Voici des motifs de césariennes :

Liés à l’utérus : Lorsqu’il y a déjà eu deux césariennes auparavant, ou une seule en fonction de l’hôpital, l’équipe médicale refuse d’envisager une voie basse. Un fibrome utéri, des antécédents de ruptures utérines

Liés à la position du bébé : peut aussi être envisagé une césarienne en fonction d’une position du bébé à naître qui semble compléxifier les conditions de l’accouchement : un siège incomplet, un siège après une radio du bassin/pelvis qui n’est pas bonne, un bébé qui se présente par le front, une présentation de face si le menton est sur le sacrum, un bébé en transverse.

Liés au physique de la maman : une taille en dessous d 1m50, une pointure inférieure ou égale à 34

Liés à une grossesse multiple : une grossesse de triplés ou plus, une grossesse gémellaire dont le J1 est mal présenté

Liés à des pathologies: herpès génital, HIV avec charge virale haute, une pathologie cardiaque ou neurologique qui interdit à la maman de pousser, un placenta praevia recouvrant, un retard de croissance in utéro sévère, une cholestase gravidique avec des sels biliaires qui augmentent, une pré éclampsie avec des enzymes hépatiques trop élevées

Les césariennes en urgences : hémorragie, décollement placentaire, convulsions sur épilepsie ou pré éclampsie, souffrance fœtale aiguë, stagnation de travail, procidence de cordon (le cordon du bébé passe avant lui lors de l’accouchement. Donc cordon comprimé, donc apports en oxygène donc souffrance fœtale aiguë).

  1. Types d’anesthésie

Il y a plusieurs types d’anesthésie et les produits utilisés peuvent être différents. Il est important de se renseigner sur le type de celle-ci pour s’assurer qu’elle est compatible avec un allaitement immédiatement. C’est le cas de la rachi anesthésie. Mais dans d’autres protocoles, les médecins peuvent être en désaccord sur le temps à attendre. Certains assurent que dès que la mère se réveille, d’autres préconisent un délai supplémentaire à attendre.

  1. La plaie

Elle est faite de manière horizontale juste au-dessus du pubis de manière à être cachée par la culotte. Mais dans d’autres pays, la plaie de césarienne est faite de manière verticale, au milieu du ventre, c’est plus facile de voir l’utérus et d’atteindre le bébé de cette façon. Si la césarienne a été faite verticalement, on la refera verticalement pour ne pas faire une autre cicatrice à la maman. À chaque césarienne, on « reprend » la cicatrice précédente, c’est à dire qu’on enlève la cicatrice précédente en coupant un lambeau de peau.

4.Pansement

Il est nécessaire pendant 5 jours, changement tous les jours après la douche

5. Il est possible de se lever  et douche 24h après la césarienne

6. La douleur

  • Des antidouleurs ou/ et anti-inflammatoires sont données. En général ce sont des dérivés morphiniques en fonction de la douleur 24h en intraveineuse puis pas voie orale au moins 4-5 jours.
  • Aussi de manière locale, une poche de glace est appliquée sur la suture ou sur le fond utérin est à changer dès que la glace n’est plus froide.
  • La position semi assise est à favoriser (en surélevant la tête et les jambes pour ne pas que ça tire sur la cicatrice de césarienne)

 

 

II Comment se préparerà la césarienne

  1. Avant la césarienne :
    – penser à acheter des culottes qui soient pratiques . Les culottes filet sont souvent trop désagréables car elles appuient sur la cicatrice douloureuse. Les culottes de grossesse (qui montent bien haut) sont pratiques et soutiennent le ventre juste.

– prévoir des vêtements de grossesse qui seront plus confortables et n’appuieront pas sur la cicatrice.

– prévoir une seringue, pipette, tasse simple, soft cup ou DAL (dispositif d’aide à la lactation) pour la maternité le jour J  au cas où complémentation et si la maman est faible ou si le passage en salle de réveil est un peu long.
– essayer de négocier pour une intervention le matin. Ainsi, même avec le passage en salle de réveil, la maman revient en chambre en journée. Les équipes y sont plus « disponibles » et bienveillantes. De plus, cela veut dire que le papa sera présent en chambre pour aider la maman, et s’occuper de bébé pour que maman dorme quelques minutes / heures en dehors des tétées. Après l’intervention, on est souvent très fatiguée.

– avoir aussi un bain de bouche car pas possible de se lever pour se laver les dents le jour J et le jour suivant .  ou alors avoir une bassine pour pouvoir cracher en se brossant les dents au lit

– avoir un vaporisateur d’eau et  une crème anti grattage car après l’opération , souvent avec le mélange anesthésiants et médicaments , et le fait de devoir rester allongée , on a la peau qui démange.

– avoir des linguettes nettoyantes et rafraîchissantes (surtout si accouchement estival ) car pas possible d’aller se laver les mains

  1. la veille de la césarienne :

– prendre un laxatif peut aider car l’anesthésie et l’opération causent un transit ralenti. Cela peut éviter de l’inconfort et des gaz en post opératoire et on ose pas aller à la selle à cause de la cicatrice.

– Manger ce qu’on aime la veille. Car ensuite, on a souvent droit à un régime sans gras, sans sel, sans goût. On a plus le droit de manger à compter de minuit .
– Dormir
– Pour les cheveux, les tresser s’ils sont longs. Ensuite on n’a pas le temps de s’en occuper ou de les laver.

– se tondre le bas ventre : pour éviter les rasages  en dernière minute. De plus le rasage peut causer des micro lésions qui peuvent être sources d’infection.

  1. Le jour de la césarienne

– avant de partir au bloc opératoire, disposer toutes ses affaires de manière pratique et disponible. Pourquoi ? Car après on ne marchera pas du tout jusqu’au lendemain minimum. Et vu que personne ne sait mieux que nous ou sont telles ou telles affaires, autant tout bien ranger pour éviter de les chercher pendant des heures.

4. Après la césarienne

– il arrive que l’équipe soignante prenne bébé la première nuit afin de forcer maman a récupérer, sauf si le papa a la possibilité de dormir sur place. Mais dans certaines maternités, le bébé reste avec sa mère donc ce n’est pas systématique. Se renseigner au préalable et s’ils prennent le bébé, demander à ce que rien ne lui soit donné et qu’on vous l’apporte quand il réclame. Cela les dérange mais c’est important

– toujours dire aux sages-femmes et infirmières dès qu’on a un petit peu mal. Ne jamais attendre que la douleur soit au maximum car il est trop dur de la faire diminuer ensuite .
– pour le premier levé et la première douche : demander à papa d’être là car ça va être dur.

– demander des laxatifs pour rendre la selle plus molle. Ça aide pour la première fois car on est traumatisée après et on n’ose pas aller aux toilettes.

– boire beaucoup d’eau car le premier jour et la  première nuit avec sonde urinaire. Les urines seront surveillées, boire les rend plus claires.

– demander un suivi thérapeutique lorsque la césarienne a été mal vécue : il y a parfois un deuil à faire et le besoin de reconstruire une relation positive avec son corps et la naissance de son enfant.

III Comment mener à bien son projet d’allaitement après une césarienne

1. Anticiper une complémentation

Exprimer du colostrum manuellement pendant le troisième trimestre de grossesse et se faire un petit stock.

Avec quelques contenants autres que le biberon.

2. Parler de son projet

Faire le point avec l’équipe soignante concernant le souhait d’allaitement exclusif. Expliciter clairement qu’on ne veut pas de complément. Et que si jamais cela s’avère nécessaire malgré tout, que les compléments soient donnés autrement : seringue, dal, soft cup, et que ce soit le colostrum exprimé qui soit donné.  Il faut le dire à l’équipe et le répéter au papa pour que les choses soient claires car il arrive que l’équipe décide de faire autrement et le papa ne sait pas trop quoi dire.

3. Anesthésie et allaitement

Comme évoqué plus haut, le type d’anesthésie est un facteur important à prendre en compte pour la mise en place de l’allaitement et les premiers contacts avec le bébé. La rachi anesthésie permet d’allaiter sans délai, mais ce n’est pas le cas de toutes les anesthésies et il est important de se renseigner sur les produits.

 4. Séparation non vécue

Le bébé est endormi lors d’une césarienne, comme lors d’une anesthésie type péridurale. Il ne vit donc pas l’accouchement et il arrive que certains bébés aient du mal à vivre ce changement de situation qu’ils n’ont pas sentis. Les massages, le peau à peau, voir un chiropracteur formé en pédiatrie post accouchement peut permettre de réactiver les réflexes innés et d’aider le bébé à prendre conscience de sa naissance.

 4. Aspiration

Bébés sont aspirés après une césarienne, ce qui n’est pas le cas par voie basse, car le passage dans le vagin appui sur la cage thoracique et fait ressortir le liquide présent dans les poumons, gorge (sauf dans des cas spécifiques).  L’aspiration peut causer des blocages et difficultés de succion par la suite pour le bébé. Consulter un chiropracteur formé en pédiatrie.

5. Peau à peau

Tant qu’il n’est pas possible avec la maman (il faut une vingtaine de minutes pour recoudre) le faire avec le papa. Puis garder bébé tout le temps

 

6. Eviter les séparations

Plus le bébé est séparé de sa maman, moins il peut enregistrer des informations et se sentir sécuriser. Les contacts physiques lui permettent de trouver des repères et de déclencher des réflexes.

 

6. Placer bébé

Il est important de trouver des positions confortables pour soi pour placer bébé. Ne pas hésiter à demander de l’aide, au papa ou au personnel.

La position ballon de rugby sollicite moins la cicatrice. Essayer d’avoir un appui pour surélever ses jambes lorsqu’on allaite sur une chaise ou fauteuil (circulation sanguine surtout après une opération)

La montée de lait

Elle peut être un peu plus tardive si bébé trop fatigué et qui tète peu dans le cas d’une césarienne en urgence ou trop encombré (pas la même vidange des poumons et de l’estomac que si voie basse). De même si la maman a perdu trop de sang et fait de l’anémie.

Enfin il n’y a pas de recherches sur le sujet, mais les anti-inflammatoires pourraient interférer avec la production de lait, voir la bloquer complètement.

Boire de l’eau et être soutenue aide.

Soutien

Demander de l’aide pour les mises au sein.

Le soutien du papa est très important après la césarienne. On est souvent déprimée avec le tablier suite à l’incision, on a mal, on se sent faible, les hormones s’en vont.

Parfois le bébé dort beaucoup et ne tète pas bien, perd du poids, cause des crevasses.

On se sent particulièrement vulnérables la nuit et c’est là parfois que l’on pense à abandonner. Aussi parce que les équipes de nuit sont moins disposées à aider . Au lieu d’écouter les demandes de la mère, elles donnent parfois un biberon au bébé.  L’équipe de jour est souvent plus disponible.

 

 

Liens :

Exprimer du colostrum pré césarienne

Le guide de survie pour la maternité.

Alternatives au biberon

Compenser pour une succion inefficace

Chiropraxie

Rythmes du bébé allaité

 

 

 

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Candidose ou muguet

Qu’est-ce que c’est ?

Le candida est une levure (ou champignon) présente dans la flore normale du tube digestif et de la muqueuse vaginale. Cette levure peut se transformer en une forme pathogène dans certaines conditions et envahir les muqueuses. A son stade le plus avancé il colonise tout le système digestif et peut être très douloureux.

 

Symptômes

Pour la mère : mamelon rosée, rouge, irrité, la peau qui pèle, une crevasse qui ne cicatrise pas. Cela peut se manifester par une sensation désagréable ou de la douleur, cela peut piquer comme des aiguilles, brûler, gratter, démanger, être comme un coup de poignard. Le frottement des vêtements peut être insupportable ainsi que le contact avec de l’eau. Certaines mères ont l’impression qu’on rape leurs seins avec du papier à verre. La sensation de brûlure peut remonter les canaux lactifères lors que la candidose est à un stade avancé.  En général les deux seins sont atteints, mais il arrive que cela ne soit qu’un seul.

Pour le bébé : langue blanche, points, ronds, zones blanches dans la bouche qui ne partent pas lorsque l’on frotte (si cela part ce sont simplement des dépôts de lait), il peut aussi avoir une apparence jaunâtre, bleutée, grise, marron ou noir. D’autres symptômes sont un refus du sein, des pleurs pendant les tétées, des douleurs intestinales, ballonnements, un érythème fessier, des selles vertes, de la constipation, un reflux qui s’aggrave.

Si un seul des membres de la dyade est traité, les risques de récidives sont très importants.

On peut avoir un seul symptôme, ou le symptôme apparent que chez la mère ou le bébé, des douleurs intermittentes ou permanentes.

La candidose mammaire peut s’installer tout doucement, et sembler disparaître momentanément.

 

Comment la traiter ?

Apporter au docteur le feuillet rédigé par le Jewish Hospital (Québec)

http://www.jgh.ca/uploads/pfrc/candida%20info%20pour%20px2015.pdf

Elle prolifère avec l’humidité et les lésions, donc il est nécessaire d’arrêter les crèmes grasses, laisser les seins séchés à l’air, aider les zones humides à respirer autant que possible. Le traitement est long et complexe, et plus on s’occupe du candida rapidement, plus les chances de guérison rapide et durable augmente. En venir à bout demande de la rigueur.

  • antifongique

Il faut consulter et utiliser un antifongique dans la bouche de bébé et sur ses propres mamelons, 3 à 4 semaines minimum lorsque les symptômes ont disparu. Il est fondamental de traiter la dyade, car sinon le porteur ‘sain’ peut contaminer l’autre à nouveau.

  • Traiter linge et objets

Traiter tout le linge, soutien-gorge, couches lavables à 60° mais aussi un désinfectant textile en trempage (le 60° ne suffit pas seul), stériliser les objets mis en bouche : tétines, tétines de biberon, biberon s’il y a, tasse à bec, dal, tasse, jouets, doudous  à faire bouillir dans une casserole 10mn minimum.

Jeter la tétine qui est une source sans fin de nouvelle contamination et ne pas en racheter.

  • Traiter tire-lait

Faire bouillir les téterelles et tuyaux si on tire son lait.

Le lait tiré peut être consommé pendant le traitement mais plus ensuite car ni la congélation, ni chauffer le lait maternel permet de détruire le candida qui y est présent, et le risque de contamination nouvelle est par conséquent élevé.

Dans le cas de dons de lait au lactarium, le lait est stérilisé donc pas de souci de contamination.

 

En parallèle on peut utiliser :

  • Extrait de pépins de pamplemousse: renforcer le système immunitaire en prenant des gouttes d’extraits de pépins de pamplemousse par voie orale (5 gouttes 3 fois par jour, ou 15 à jeun), nettoyer les mamelons après chaque tétée avec quelques gouttes diluées dans de l’eau, il est cependant contre indiqué lorsque du fluconazole est utilisé pour traiter la candidose.
  • Bicarbonate de soude : nettoyer la bouche de bébé avec du bicarbonate de soude mélangé à de l’eau à l’aide d’un coton tige plusieurs fois par jour, faire des compresses de bicarbonate sur les mamelons, limiter les sucres dans l’alimentation car le candida se nourrit de sucre, compresses de bicarbonate de soude.

 

Si le traitement échoue de première intention échoue ou que le candida a atteint les canaux lactifères, un antifongique par voie orale (fluconazole) peut être prescrit à toute la famille sur plusieurs mois.

 

En cas de doute sur la cause des douleurs et si les antifongiques ne font pas effet après quelques jours, la pommade du Dr Newman permet de traiter l’eczéma et les douleurs temporairement.

Pour écarter une infection bactérienne, il est possible de faire un prélèvement. Les bactéries responsables de ce type d’infection sont généralement des staphylocoques dorés ou streptocoques qui doivent être traités avec des antibiotiques. L’allaitement peut être maintenu avec des antibiotiques compatibles.

 

Qu’est-ce que cela pourrait être d’autre ?

Cela pourrait être un vasospasme, une infection bactérienne, de l’eczéma ou être plusieurs de ces problèmes à la fois, d’où l’intérêt de la pommade Newman.

 

Causes possibles

Mauvaise prise du sein par bébé (tensions, freins serrés) qui occasionne des petites lésions au niveau du sein et facilite la prolifération du champignon qui se surdéveloppe.

Compresses d’allaitement humides gardées trop longtemps

Soins excessifs des mamelons qui enrayent les défenses naturelles et la flore bactérienne

Prise d’antibiotique qui causent un déséquilibre de la flore bactérienne.

Prise de contraception hormonale

Faiblesse immunitaire et fatigue

Diabète

Alimentation riche en sucres, produits laitiers et en levure ou pauvre en vitamines et minéraux

 

 

Pour aller plus loin

La candidose https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=candidose_pm

 

http://dev.bebe-reflux-allergie.org/index.php/alimentation/allaitement/136-mycose-mammaire-et-candidose-digestive

 

http://www.jgh.ca/uploads/pfrc/candida%20info%20pour%20px2015.pdf

 

pommade newman https://www.breastfeedinginc.ca/informations/la-pommade-tout-usage-pour-mamelons/

 

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition

Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018

 

 

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Vasospasme

 

Qu’est-ce que c’est ?

A la fin d’une tétée, au contact du froid les vaisseaux sanguins se contractent, provoquant un changement de couleur et une sensation douloureuse.

 

Symptômes

Le mamelon change de couleur, il devient blanc, bleu, violacée.

La douleur est lancinante, brûlante, intense, ressembler à un coup de poignard dans le sein, ou comme si le mamelon était pincé très fort.

Il existe différents degrés pour la douleur et des vasospasmes non douloureux.

 

Comment traiter ?

Application de chaleur sèche sur le mamelon : paume de la main, sèche-cheveux, poche chauffante.

Complémentation en calcium et magnésium

Corriger la prise du sein, s’occuper des tensions de la mère et du bébé avec un chiropracteur.

S’installer confortablement dans une pièce chaude.

Traiter la candidose si candidose associée.

 

Causes possibles et facteurs aggravants

Mauvaise prise du sein : tensions, freins serrés etc

Syndrome de raynaud

Carences en calcium, magnésium, etc

Consommation de nicotine, caféine, certains médicaments

Confusion avec des biberons

 

Ce que cela peut être d’autre ?

Une candidose, un syndrome de vasoconstriction .

 

Pour aller plus loin

Maladie de raynaud https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=maladie_raynaud_pm

Vasospasme http://www.jgh.ca/uploads/pfrc/Breastfeeding%20clinic/Vasospasm%20info%20pour%20patients%202016.pdf

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition

Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018

 

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Mastite

Qu’est-ce que c’est ?

Une ‘grippe du sein’. Cela peut être une mastite inflammatoire ou une mastite infectieuse.

La mastite inflammatoire arrive lorsque le sein n’a pas été suffisamment drainé et pas assez fréquemment et le surplus de lait retourne vers les alvéoles qui sont surchargées. Cela cause une réaction inflammatoire. Elle apparaît généralement rapidement et peut disparaître rapidement en 24h ou 48h si prise en charge correctement.

Une mastite infectieuse/bactérienne peut découler d’une mastite qui était d’abord inflammatoire et qui s’infecte, ou bien directement d’un canal lactifère bouché qui n’a pas été pris en charge auparavant, ou encore d’une infection (à levures ou champignons). Elle va souvent de pair avec une candidose qui était déjà présente.

 

Symptômes

  • Induration et état grippal

Il y a souvent une plaque chaude, rouge et dure appelée induration sur un sein, associé avec un état grippal : fièvre, maux de tête, mal au dos, frissons, courbatures.

  • Douleur au sein et état grippal

Mais cela peut simplement être une douleur importante à l’un des deux seins accompagnée de symptômes grippaux sans induration car parfois il n’y a pas de plaque rouge visible.

  • Les deux seins

Si les deux seins sont atteints il faut consulter immédiatement, c’est généralement une mastite infectieuse et un traitement antibiotique est requis pour guérir.

Comment traiter

Il est essentiel de faire téter bébé très fréquemment et se reposer. La guérison passe par le drainage. Il est toujours recommandé de prendre un avis médical.

  • Drainer avec les tétées

Varier les positions pour drainer au mieux le sein.

La position de la louve avec le menton de bébé en direction de la zone douloureuse est particulièrement efficace. Le bébé est allongé sur le dos, la maman a 4 pattes au-dessus de lui. La gravité permet un meilleur écoulement du lait.

La position ballon de rugby où le bébé est placé au flanc de la maman, il est allongé sur le dos, et la même force de gravité est utilisé.

  • Drainer autrement

Masser sous l’eau chaude / sous la douche et exprimer du lait manuellement,

Appliquer du chaud pour faciliter l’écoulement du lait, du froid pour calmer l’inflammation.

Utiliser la technique du verre d’eau chaude, remplir un bol ou un verre d’eau tiède et y mettre le sein. Cela déclenche parfois un réflexe d’éjection ?

Utiliser un tire lait si bébé refuse de téter, ou bien la succion d’un volontaire (père ou aîné)

  • Atténuer l’inflammation et la douleur

On peut utiliser des cataplasmes d’argile verte (argile verte mélangée avec de l’eau) pour aider avec l’inflammation,

Feuilles de chou dans le soutien-gorge mais avec modération, cela peut arrêter les montées de lait. Prendre une feuille de chou découper un trou pour le mamelon.

Certains anti-inflammatoires sont compatibles avec l’allaitement. Consulter le site du crat ou e-lactancia pour savoir lesquels (liens au bas de l’article).

  • Autres astuces

La vibration d’une brosse à dents électrique peut parfois permettre de faire bouger le lait qui a séché dans le sein. Appliquer la brosse à dents sur la zone douloureuse.

Prendre des capsules de lécithine de soja pour fluidifier le lait. (4 prises par jour de 1200mg à chaque fois)

  • Consulter si pas d’amélioration rapide

En cas d’un état grippal consulter sous 48h si pas d’amélioration.

Il arrive qu’un traitement antibiotique soit nécessaire (ils sont majoritairement compatibles avec l’allaitement) lorsque cela devient une mastite infectieuse. Il faut continuer à drainer le sein en parallèle et les tétées doivent être maintenues.

 

Ce que cela peut devenir :

Si non pris en charge à temps, un abcès.

 

Causes possibles et facteurs favorisant une mastite

Des tétées trop espacées, un bébé qui ne s’est pas réveillé pour téter

Un mauvais drainage du sein : tétées inefficaces ou téterelles de tire-lait non adaptées

Un problème de succion : frein, tensions, bouche pas assez ouvert

Sein comprimé dans le soutien-gorge

Une mauvaise position la nuit pour dormir

Fatigue et faiblesse immunitaire

Lésions mammaires / crevasses

Candidose

Infection bactérienne : staphylocoque doré, streptocoque

Allergies

Sevrage brutal

Hyperlactation

 

 

Ce que cela peut être d’autre ?

  • Un simple canal lactifère bouché n’occasionne pas de fièvre ou de symptômes grippaux.

 

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition

Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018

Pour aller plus loin

Le crat https://lecrat.fr/

e-lactancia http://www.e-lactancia.org/

la mastite http://www.allaitement-jumeaux.com/espace-all…/…/mastite.php

feuillet du jewish hospital http://www.jgh.ca/uploads/pfrc/Mastite%20info%20pour%20patients%20Jul2014.pdf

position de la louve https://youtu.be/U4tZtFf4gSk)

technique du verre d’eau (https://youtu.be/OVDx85D5RsI),

appliquer du chaud / froid en fonction de ce qui soulage  http://petits-et-grands.over-blog.com/article-1014633.html,

mastites récidivantes https://www.lllfrance.org/1486-mastite-aigue-ou-lymphangite-mastites-chroniques-et-recidivantes-abces-du-sein

 

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Abcès du sein

 

Qu’est-ce que c’est ?

C’est une mastite qui n’a pas été traité, et l’infection occasionne une poche de pus à l’intérieur du sein qui augmente et est extrêmement douloureuse

Symptômes

Une zone dure, chaude, douloureuse, la présence de pus dans le lait maternel lorsque l’on tire ou que bébé tète. Un liquide épais, jaune ou blanc, qui peut sentir mauvais s’écoule en même temps que le lait maternel.

 

    

Comment traiter ?

Consulter immédiatement pour avoir la prise en charge adéquate.

  • Drainage par les tétées ou au tire-lait : tant que la douleur est supportable, l’allaitement peut être maintenu sur le sein atteint, car le bébé a déjà été exposé aux bactéries, et le pus ne présente pas de risques, les bactéries étant détruites par le système digestif du bébé. Il y a plus de risque à ne pas allaiter qu’à le faire pour le bébé et pour la mère.
  • Traitement antibiotique pour traiter l’infection s’il y a
  • Des anti-inflammatoires pour aider avec la douleur : consulter le site du crat ou e-lactancia pour vérifier la compatibilité des médicaments avec l’allaitement.
  • Une échographie et une biopsie permettent de confirmer le diagnostic
  • Une ponction du sein à l’aiguille peu invasive peut permettre de drainer l’abcès
  • une incision chirurgicale est parfois envisagée pour aspirer la masse de pus lorsque la situation ne s’améliore pas et que la douleur est insupportable. Cela signifie une opération rapide sous anesthésie générale, un pansement, et des soins post opératoires pour continuer le drainage. L’incision doit se faire le plus loin possible du mamelon et être la plus fine possible pour pouvoir maintenir l’allaitement. Elle suppose souvent l’arrêt de l’allaitement le temps des soins du fait des produits utilisés.

 

Causes possibles et facteurs favorisants les abcès

Mastite inflammatoire ou infectieuse non prise en charge.

Infection bactérienne de type staphylocoque doré

Sevrage brutal

Anomalie anatomique : inversion du mamelon, ectasie des canaux galactophores, métaplasie malpighienne des sinus lactifères ou piercing

Diabète, obésité, immunodépression, tabagisme

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition

Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018

Pour aller plus loin

https://www.revmed.ch/RMS/2010/RMS-268/Abces-du-sein-privilegier-la-ponction-aspiration-echoguidee

https://lecrat.fr/

http://www.e-lactancia.org/

 

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Livres sur l’allaitement pour les enfants

Voici trois beaux livres avec des approches approches différentes sur l’allaitement. En effet, il est rare de trouver des livres abordant ce sujet pour les enfants. Et ces trois-ci sont des indispensables. N’hésitez pas à partager les votres!

  • que veux-tu bébé avec une approche ludique pour les tous petits

 

  •  toi, moi et la tétée, avec une approche poétique et vibrante de couleurs. L’allaitement y est raconté comme une histoire jusqu’au sevrage naturel, et est empreint de maternage.
  • Mammifère est à la fois rempli de tendresse et d’informations pour les plus grands, avec de magnifiques aquarelles.

 

 

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Désengorger le sein : Technique du verre d’eau chaude

A la fois utile et poétique : une vidéo de comment désengorger le sein.

On plonge le sein dans un bol ou verre d’eau chaude.

Vidéo

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Lait maternel : hormones, mécanismes de production, qualité et quantité

 

A quoi peuvent être comparés ce qu’il se passe dans un sein pour produire du lait le mécanisme de production de celui-ci au fil du temps ? Un arbre et des saisons ?

Le Dr Mark Cregan, biochimiste, utilise l’analogie de l’arbre pour parler de ce qu’il se passe dans le sein tandis que Cathy Fetherston, sage-femme, ibclc et chercheuse, compare les étapes de production à des saisons.

L’arbre

Lorsque l’on observe les arbres, on remarque que les feuilles synthétisent la lumière du soleil et la transforme en sucre et l’envoient vers les racines. De même, dans le sein, les alvéoles synthétisent les nutriments reçus à l’aide du sang et les transforment en lait maternel, qui suit les canaux lactifères et est déversé dans la bouche du bébé.

Les saisons

Comme un arbre, le sein traverse quatre saisons.

Le printemps est la grossesse : les alvéoles bourgeonnent, les seins sont sensibles, deviennent plus imposants, le mamelon prend une couleur foncée.

L’été commence après l’accouchement. D’abord du colostrum est secrété, puis du lait de transition qui devient du lait mature lors du deuxième mois.

L’automne est lorsque la production descend en dessous de 300 à 400ml (9 à 12 onces par jour), la composition du lait change, devient progressivement plus faible en lactose, glucose et potassium et plus concentrée en protéines et sodium. Cette mixture de plus en plus salée (comme lors d’une mastite) et souvent appelé lait de sevrage et pousse les bébés à téter de moins en moins. Les alvéoles et canaux lactifères commencent à disparaître.

L’hiver : l’arbre perd toutes ses feuilles et ses fruits, et des branches mais conservera une architecture plus développée qu’auparavant, avec une base pour une future lactation.

 

I Hormones et phases de production

 

  1. a) Avant la grossesse

Les œstrogènes et la progestérone permettent aux  canaux lactifères et alvéoles de se développer jusqu’au 35 ans de la femme lors des cycles.

  1. b) Pendant la grossesse : la balance progestérone – prolactine

La grossesse provoque une hausse de la sécrétion des œstrogènes, de la progestérone, et de prolactine, qui font que la glande mammaire se développe pendant celle-ci.

Le placenta a un rôle très important dans la production de lait et les hormones (hPL) qu’il secrète provoquent les changements de la taille du sein. D’autres hormones ont également un rôle dans la production du lait :  l’insuline, le cortisol, et les hormones thyroïdiennes.

La prolactine augmente au fur et à mesure pendant la grossesse et il y a un pic à la naissance. En parallèle, le placenta produit de la progestérone qui interfère avec les récepteurs de prolactine et bloque la production du lait jusqu’à la naissance et la délivrance du placenta. Ensuite la production est lancée et dépendra en partie de la stimulation du sein, puis essentiellement de celle-ci lorsque le taux de prolactine aura atteint son seuil le plus bas.

Note : une femme enceinte qui a des pertes importantes de lait peut avoir un déficit en progestérone. Il peut être judicieux de faire vérifier son taux et de prendre un traitement pour compenser ce déficit, afin que la lactation ne soit pas lancée trop tôt, et défaillante par la suite du fait d’un manque de stimulations des glandes mammaires sans un bébé tétant le sein.

 

  1. c) La période post partum

Une fois que le placenta est expulsé, la progestérone chute et la prolactine peut se mettre au travail. La production est lancée.

Lactogenese I : les seins produisent du colostrum

Lactogénèse II. Le colostrum se transforme en lait de transition, puis lait mature vers les deux mois. La montée de lait a besoin de la prolactine, insuline et du cortisol pour être mise en place.

 

  1. d) La régulation de la production
  • Prolactine et ocytocine : les hormones clés

A chaque fois que bébé tète, il y a une sécrétion de prolactine qui commande une montée de lait, et une sécrétion d’ocytocine qui provoque l’éjection du lait, en activant un processus qui compresse l’alvéole comme si c’était une éponge. Le taux de prolactine reste élevé pendant 45 minutes après la tétée. C’est donc un cercle vertueux, plus le bébé tète, plus le corps va produire du lait.

L’ocytocine est une hormone particulièrement intéressante. Elle a été nommée hormone de l’amour par Michel Odent on pourrait penser qu’elle est l’hormone de la vie, elle permet le sentiment amoureux, l’attachement au bébé, l’orgasme, l’expulsion du bébé lors de la naissance, l’éjection du lait. Sa production peut être causée par des déclencheurs physiques tels que le contact avec son bébé, mais des pensées ou ressentis peuvent déclencher une production d’ocytocine. C’est le cas lorsqu’une mère pense à son bébé lorsqu’elle doit tirer son lait afin de déclencher un réflexe d’éjection. Cela peut fonctionner car elle ressent de l’amour et de la tendresse. C’est également le cas lorsque la mère a des fuites de lait quand elle entend un bébé autre que le sien pleurer parce qu’elle éprouve de la compassion. En anglais on appelle ce phénomène le ‘phantom letdown’ : la montée de lait fantôme.

  • La nuit

Le taux de prolactine est plus élevé la nuit, et il y a un pic aux alentours de 3h du matin. Par conséquent la réponse à la stimulation la nuit est plus forte aussi. Les tétées nocturnes sont donc importantes pour le maintien de la lactation. On conseille par ailleurs aux tire allaitantes de tirer au minimum une fois par nuit.

Aussi, le lait coule plus facilement car la mère est détendue et endormie et le bébé peut réaliser des tétées très nutritives.

  • La vitesse de synthèse

La vitesse de synthèse, donc de fabrication du lait dépend de la fréquence et de la qualité de la stimulation et de l’extraction de celui-ci, si elle est complète ou non. Plus le sein est drainé, plus les hormones sont stimulées. Le corps enregistre l’information qu’il faut produire et qu’il y a une demande. Inversement, si les seins restent engorgés et que le lait n’est pas extrait, la production va ralentir. La vitesse de synthèse varie selon plusieurs facteurs : d’un sein à l’autre elle n’est pas la même, d’un moment de la journée à un autre non plus, d’une période de l’allaitement à une autre non plus, et d’une femme à l’autre elle varie également.

  • Calibrage de la production

Pendant le premier mois, les récepteurs pour la prolactine se multiplient.  Leur création dépend de la fréquence des tétées et de la vidange du sein donc plus il y a de tétées le plus de récepteurs sont créés. En d’autres mots, plus bébé tète de manière efficace, plus il va produire un câblage favorable à une lactation durable.

Diana West utilise l’image d’une usine. Une usine ouvre ses portes. On estime la quantité qu’il sera nécessaire de produire, et en fonction de cette estimation, on embauche un certain nombre d’employés, et on achète du matériel de production et des matières premières. Une fois que cette estimation est établie, le système de production se ‘calibre’ et s’établit sur une moyenne qui a été faite des besoins. Il est donc très difficile de faire augmenter la capacité de production par la suite. Cela peut être une explication pour les périodes de pointe.

  • Système endocrine et système autocrine

Lorsque le taux de prolactine a fini de baisser et a atteint son taux le plus bas, on passe d’un système endocrine à un système autocrine. Alors qu’auparavant elle dépendait essentiellement du taux de prolactine produit de manière quasi automatique, le contrôle de la production de lait est dorénavant initié par les seins, donc il s’ajuste de manière très précise à la quantité de lait extraite et à quelle fréquence par bébé. Il n’y a quasiment plus de ‘surplus’ de lait disponible. D’une femme à l’autre les capacités de stockage varient et peuvent parfois expliquer des variables dans le nombre de tétées nécessaires pour obtenir la même quantité de lait.  Ces capacités de stockage augmentent à chaque grossesse avec des branchements toujours plus développés.

  • Le piège de l’adrénaline

Lors de moment de stress ou de peur, le taux d’adrénaline peut augmenter et faire baisser le taux d’ocytocine. Ainsi le réflexe d’éjection de lait (mais non la production) peut être bloqué. Le bébé se met à pleurer au sein et la mère croit ne plus avoir de lait.

  • Feedback Inhibitor of Lactation (fil) et la baisse de la lactation

Cette hormone a été trouvée dans le lait de plusieurs espèces dont les humains et serait responsable de l’arrêt de la lactation. Si le sein est drainé régulièrement, l’hormone qui se trouve dans le lait est extraite. Mais si le bébé tète peu, l’hormone reste à l’intérieur du sein et la production ralentit. Si le bébé tète beaucoup, l’hormone est extraite plus rapidement et la production accélère. Des seins engorgés ne sont pas forcément de bon signe par conséquent, des seins ‘mous’, drainés fréquemment seront bien plus productifs.

  • la baisse de lait à retardement

Le Dr Newman évoque une baisse de lait qui a lieu souvent entre le deuxième et quatrième mois du bébé, et correspond à une courbe de prise de poids qui se met à stagner : ‘late onset decreased milk supply’, en français la baisse de lait à retardement.

Il explique ce phénomène par plusieurs facteurs qui peuvent se cumuler. Tout d’abord une mauvaise technique de succion (prise du sein, freins) et un sein qui n’est pas drainé efficacement, et un ensemble de pratiques néfastes : donner un seul sein par tétée, prise de contraception hormonale, tentatives d’espacer des téter, des biberons régulièrement, on ‘apprend’ aux bébés à faire ses nuits. On interfère ainsi avec le travail des hormones et le bon déroulement de l’allaitement. Au début tout semblait fonctionner grâce à la prolactine en excès, et progressivement, on s’aperçoit que cela ne va pas si bien.

 

II Qualité du lait

Il n’y a pas deux sortes de lait, mais un seul. Le colostrum devient du lait de transition puis du lait mature. Il n’y a pas de lait de début de tétéesou de fin de tétée, mais le gras  est collé aux alvéoles et se détache au fur et à mesure lorsque le sein est drainé efficacement. Ainsi la compression du sein permet d’obtenir un lait plus riche, et c’est le but des chatons malaxant les seins de leur mère : détacher ce gras pour pouvoir le téter.

La couleur et le goût du lait peuvent varier subtilement en fonction des aliments consommés, et les colorants alimentaires.

Le lait tiré peut lipaser, c’est à dire qu’il se prédigère sous l’action d’enzymes, et change d’odeur. Il reste bon à la consommation mais un bébé peut le refuser à cause de son goût et son odeur désagréables. Dans ce cas, il convient de le faire chauffer avant conservation au froid.

Le lait varie dans sa composition au fil de la journée, mais aussi des jours et de l’âge de bébé.

Le phénomène du flux de lait rétrograde, ‘retrograde milk flow ‘ en anglais correspond à l’aspiration dans le sein de salive du bébé, une fois que le sein a été drainé, de la salive entre dans le sein de la mère et est analysée par le corps de celle-ci. En fonction des pathogènes identifiés, la mère va produire des anticorps qui seront transmis dans le lait maternel au bébé lors des tétées suivantes.

 

Tableau de composition

 

Quantités de lait

 

 

 

 

Sources :

Breastfeeding made easy de Carlos Gonzalez

Breastfeeding made simple de Kathleen Kendall-Tackett and Nancy Mohrbacher

Adventures in tandem nursing de Hilary Flower

La Biologie de l’allaitement

http://ibconline.ca/information-sheets/late-onset-decreased-milk-supply-or-flow/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK235589/

http://www.nancymohrbacher.com/articles/2012/11/27/how-much-milk-should-you-expect-to-pump.html

https://breastfeedingusa.org/content/article/breast-versus-bottle-how-much-milk-should-baby-take

https://www.breastfeeding.ie/Ask-our-expert/Questions/How-many-ozs-expressed-breastmilk-should-I-give-my-baby.html

https://kellymom.com/bf/pumpingmoms/pumping/milkcalc/

http://www.nourri-source.org/userfiles/files/tableau-comparatif-de-la-composition-du-lait-maternel.pdf

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Petite guide de survie pour la maternité

 

A la maternité, c’est souvent un moment crucial de l’allaitement et là où malheureusement beaucoup de mamans vont perdre le plus de confiance en elles, et passer à de l’allaitement mixte, ou tirer exclusivement voire sevrer leur bébé. Pourtant, même si ces quelques jours se passent très mal, l’allaitement est rattrapable.

Une relactation est possible après un ou plusieurs jours d’arrêt : des infos ici.

 

I Anticiper  

II Les premiers instants

  1. la toute première tétée
  2. Les réflexes innés
  3. Biological nurturing et autres positons
  4. Si séparation ou césarienne
  5. Le colostrum

 

III Mettre en place la relation d’allaitement

  1. Prise de repères
  2. S’installer confortablement
  3. Observer et stimuler
  4. Augmenter la quantité de lait prise
  5. Prendre soin de soi et de son bébé
  6. Savoir faire la part des mauvais conseils

 

IV Pratiques à éviter

  1. Les séparations
  2. Restreindre les tétées
  3. Perte de chaleur et bains
  4. Chaussettes sur les mains de bébé
  5. Appuyer sur la tête du bébé pour le faire téter
  6. Tétine
  7. Bouts de sein
  8. Biberon
  9. Se servir d’un tire lait pour mesurer la quantité de lait produite
  10. Eviter les visites

 

V Ce qui est normal

  1. Périodes de somnolence 
  2. Tétées en mode intense 
  3. Pleurs 
  4. Montée de lait qui tarde 
  5. Tranchées 
  6. Déprime postnatale 
  7. Perte de poids physiologique 
  8. Engorgement

 

VI La jaunisse ou ictère du nouveau-né 

VII Quand s’alarmer ?

  1. Somnolence qui dure au-delà des premières
  2. Bébé qui hurle en permanence
  3. Perte de poids qui dépasse les 7% ou pas de reprise de poids après 4 jours, absence de selles et urines suffisantes
  4. Crevasses et douleurs au sein
  5. Un bébé qui a des difficultés à téter et déglutir
  6. Fièvre ou autres pathologies

VIII Quand et comment complémenter, maintenir la lactation

  1. Pourquoi complémenter
  2. Recherche des causes
  3. Avec quels contenants complémenter
  4. Maintenir ou lancer la lactation

IX En sortant de la maternité

 

 

 

I Anticiper

 

On peut pour faciliter les conditions de l’allaitement futur

  • Se renseigner, lire, chercher du soutien et de bonnes informations pendant la grossesse. ici
  • Préparer un projet d’allaitement clair et discuter avec l’équipe présente lors de l’accouchement des pratiques usuelles concernant l’aide et le soutien à l’allaitement.
  • il est possible également d’exprimer du colostrum manuellement dès le troisième trimestre du grossesse, afin de constituer un petit stock de ce liquide précieux en cas de séparation ou naissance prématurée, ou prise de poids qui tarde. Cela ne déclenche pas l’accouchement. Lien ici.
  • Pour les femmes ayant des tétons plats ou invaginées, qui ressortent peu, il est parfois proposé lors des 3 derniers mois de faire des sessions pour assouplir le mamelon avec la niplette ou une seringue, mais tout autre type de préparation des mamelons est inutile
  • Se reposer
  • Une petite liste de matériel qui peut être utile mais par toujours indispensable: ici

 

II Les premiers instants

En fonction du déroulement de l’accouchement et de l’état de santé de la mère pendant la grossesse, il peut y avoir des répercussions sur la mise en place de la lactation. Mais même dans une situation compliquée, avec un démarrage qui semble catastrophique, tout est rattrapable.

L’idée sera donc d’optimiser les chances pour que cela se passe dans les meilleures conditions possibles.

 

  1. La toute première tétée 

L’idéal pour faciliter la mise en place de la lactation est un accouchement par voie basse, sans déclenchement, injection d’ocytocine ni péridurale, et séparation. Le nouveau-né est placé immédiatement en peau à peau avec sa mère si son état le permet, et est laissé en pleine mesure de ses moyens, pour enregistrer ses premiers repères et trouver le sein. Il tète dans ses premiers instants de vie extra-utérine.

L’odeur de l’aréole est identique à celle du liquide amniotique, et sa couleur foncée permet au bébé de se guider vers celle-ci.

L’injection de médicaments, hormones et anesthésiants affecte à la fois le corps de la maman, mais aussi le corps du bébé et ses réflexes, puisqu’il en reçoit une part importante via le placenta. Il peut donc être endormi, incapable de téter.

 

  1. Les réflexes innés

Le peau à peau, les odeurs, le contact, la posture biological nurturing sont les premiers outils de la mise en place de l’allaitement. Le bébé se sent connecté à sa mère, il est sécurisé, et ses réflexes innés s’activent. Il va de lui-même chercher à téter.

Parmi les réflexes innés se trouve la séquence de succion-déglutition-respiration, attraper, ramper, soulever la tête, le réflexe de fouissement.

 

  1. La posture biological nurturing et autres positions

 

Cette posture permet d’assurer à la fois le confort de la mère, mais également de favoriser les réflexes innés. On parle de posture de la continuité dans laquelle le bébé se sent porté, est en contact physique avec sa mère.

Il est important de lâcher prise sur les conventions et de faire au mieux pour soi-même et son bébé, cela permettra de diminuer les tensions physiques, de se reposer davantage et une meilleure prise du sein, un meilleur vécu des débuts. Ainsi la biological nurturing, allongée face à face à son bébé sont des postures favorables au repos de la mère. Elle peut se faire confiance et utiliser ce qui fonctionne pour elle.

 

  1. Si séparation et/ou césarienne

Lorsque pour des raisons médicales, la mère et le bébé sont séparés (dans ce cas favoriser un contact physique avec le père du bébé en attendant), il est possible de récréer cette atmosphère lors des retrouvailles. Le contact physique et les réflexes innées sont essentiels à la mise en place de la lactation, et il est possible d’allaiter en biological nurturing avec une césarienne, en tournant le corps du bébé vers le haut. De l’aide de l’équipe ou du conjoint seront bienvenus pour positionner le bébé. un article dédié à l’allaitement après une césarienne ici.

 

  1. Le colostrum

Le ‘premier’ lait a une substance épaisse et jaunâtre. Il est très riche en vitamines, sels minéraux, protéines, sucres immédiatement utilisables, globules blancs et anticorps IgA.

C’est donc la première barrière anti microbienne, les sels minéraux évitent la déshydratation et les sucres limitent la perte de poids.  Son effet laxatif permet d’aider à évacuer le méconium, les premières selles couleur de goudron du nouveau-né.

Le colostrum est produit en très petite quantité, mais est extrêmement nourrissant. La quantité produite correspond aux besoins précis du bébé, qui a un tout petit estomac. De plus, ces petites quantités lui permettent d’organiser son réflexe de succion-déglutition-respiration.

Même sans allaiter, simplement offrir la tétée d’accueil fait une différence importante pour la santé du bébé. Il permet de mettre un premier film protecteur sur ses parois digestives.

 

 

III Mettre en place la relation de l’allaitement

Il n’est pas forcément évident de se sentir à l’aise pour démarrer cette toute nouvelle relation, en particulier dans un environnement anxiogène, où tout est pesé, minuté, noté. Le médical cependant n’a pas qu’un aspect négatif est sensé assurer la santé de la dyade et permettre de prendre en charge les problèmes s’il y a rapidement et efficacement

 

Pour mettre en place l’allaitement, il est parfois nécessaire de se créer une bulle avec bébé, dans laquelle on se sent bien et en confiance. Allaiter est une relation, une danse qui passe par une écoute, des émotions, des odeurs, des sensations.

 

  1. Prise de repères

Pour découvre son bébé tout frais et faire connaissance, l’idéal est de le garder près de soi, de faire du peau à peau autant que possible. Cela permet au bébé de retrouver ses premiers repères dans ce monde nouveau. Sa nouvelle maison est sa mère et les contacts physiques, un cododo sécuritaire, permettent de lui assurer une forme de continuité suite à sa naissance. Eviter les bains (de la mère) pour garder l’odeur du liquide amniotique.

 

  1. S’installer confortablement

On s’installe confortablement et de manière sécuritaire. La posture biological nurturing permet au bébé d’activer ses réflexes innés, d’être en contact avec chacun de ses membres avec le corps de sa mère.

Le cododo sécuritaire : ici

 

  1. Observer et stimuler

Pour le nourrir, l’observation des signes d’éveil est l’une des clés, on peut également lui proposer des tétées pendant son sommeil léger (on parle de dreamfeeding en anglais).

Il est possible de faire perler quelques gouttes de colostrum dans sa bouche, de lui caresser les joues ou les pieds, afin de le stimuler et lui faire prendre le sein.

 

  1. Optimiser la quantité de lait prise

Il y a quelques astuces qui permettent de s’assurer que les efforts du bébé soient récompensés par de grandes gorgées de lait.

La prise du sein asymétrique, avec le menton enfoncé dans le mamelon et le nez bien dégagé, la compression du sein, la prise en sandwich ou tacos lorsque bébé a des difficultés à prendre le sein. Toujours penser à proposer le deuxième sein dès que bébé semble téter à vide. Mais aussi observer comment il déglutit, sa bouche et ses freins éventuels.

Et proposer très souvent des tétées en anticipant la faim et les pleurs. Un bébé trop affamé et agité peut refuser le sein.

Rappel : un bébé qui n’a pas de difficultés de succion n’a pas besoin qu’on lui tienne le sein.

Etre vigilante quant à la fréquence : on parle d’un minimum de 10 tétées en 24h pour obtenir suffisamment de lait, soit une toutes les deux heures environ, autant le jour que la nuit.

Comment augmenter la prise de lait lors de la tétée : ici

Comment avoir plus de lait : ici

Compenser pour une succion inefficace / des freins restrictifs: ici

  1. Prendre soin de soi et de bébé

Se faire apporter de la nourriture de l’extérieur, boire à sa soif, prendre le temps de s’apprivoiser.

 

  1. Savoir faire la part des choses dans les conseils

S’être renseignée en amont de l’accouchement permet de savoir faire la sourde oreille à certains conseils douteux, qui ont des répercussions négatives sur l’allaitement. De même, il se peut qu’on ait la chance d’avoir une équipe formée en allaitement, et qui permettra de mettre en place des mesures pour le maintenir dans de bonnes conditions. Une maternité qui vous proposera un dal (dispositif d’aide à la lactation) en cas de difficulté est certainement aidante.

 

 

IV Pratiques à éviter

  1. Les séparations

Pour donner les meilleures chances à l’allaitement de s’établir, le bébé doit construire une relation de confiance avec sa mère et des repères sécurisants, qui lui permettent d’activer ses réflexes et de ne pas se retrouver dans un état de stress. Dans la mesure du possible, on évite les séparations, et surtout pas de nursery. La mère a le droit de rester avec son bébé en permanence.

 

  1. Restreindre les tétées

De même, restreindre les tétées est absolument contre-productif. Un bébé allaité ne peut pas être gavé. C’est un liquide parfaitement adapté à ses besoins, qui se digère très vite, et chaque tétée représente des petites quantités, contrairement à un biberon de lait artificiel qui bu vite vient distendre l’estomac. La production de lait fonctionne sur le principe de l’offre à la demande, et plus bébé tète, plus il obtiendra du lait. Si les hormones ne sont pas stimulées, la production ne sera pas lancée en temps et en heure.

De plus les séparations et la limitation des tétées peut causer un engorgement, fort douloureux.

Rythme du bébé allaité : ici.

 

  1. Perte de chaleur et bains

Limiter la perte de chaleur en couvrant suffisamment son bébé, et en limitant les bains. Cela lui fait perdre de l’énergie donc des calories et du poids. De plus les bains ne sont absolument pas nécessaires. Un nouveau-né n’est pas sale. Il est couvert de vernix qui a encore l’odeur du liquide amniotique. Il suffit de l’essuyer.

A noter que l’intérêt de donner des bains au nouveau né en maternité permet aux parents de se familiariser avec les gestes à réaliser avec un nourrisson. Ils peuvent donc choisir d’accepter cet ‘entraînement’ pour être plus à l’aise une fois rentrés à la maison pour le faire.

 

  1. Chaussettes sur les mains du bébé

Un bébé, pour apprendre à téter et entrer en contact avec se nouveaux monde et trouver des repères a besoin de ses mains. Elles sont de véritables antennes qui lui permettent de sentir et de se positionner. Lui mettre des chaussettes intéragit avec la mise en place des réflexes innés.

 

  1. Ne pas appuyer sur la tête de bébé, ne pas forcer la tétée

C’est bébé qui doit prendre le sein, la mère ne fait que l’accompagner. Forcer un bébé à prendre le sein, notamment en appuyant derrière sa tête est contre-productif et peut causer un blocage psychologique. C’est une prise du sein et non une mise au sein. LE bébé doit être libre de ses mouvements, pouvoir placer ses mains, afin de pouvoir ouvrir la bouche. On peut simplement accompagner les gestes du bébé en plaçant sa main derrière la nuque ou les omoplates pour le soutenir.

 

  1. Une tétine

Elle vient interférer avec la stimulation nécessaire à la venue de la montée de lait et perturber les repères de succion et de besoin en contact humain du bébé. Ainsi elle peut retarder la montée de lait et le bébé se mettre à téter de manière inappropriée, causant des crevasses à sa mère. Il est préférable de mettre bébé au sein tout le temps, son besoin de succion est parfaitement normal et légitime, il en a besoin pour s’assurer de futurs repas copieux, et dans l’immédiat la chaleur et la proximité de sa mère.

La confusion : ici

 

  1. Les bouts de sein

Ils ne doivent jamais être proposés en première intention, ils masquent l’odeur des mamelons, perturbent les repères de succion qui sont à peine en train de se mettre en place, et leur utilisation réduit la quantité de lait ingérée par le bébé ainsi que la stimulation du mamelon. Il est préférable de faire évaluer d’éventuels problèmes de succion (freins serrés, blocages), et d’utiliser d’autres astuces au préalable pour aider bébé à prendre le sein s’il a des difficultés (prise en tacos, prise asymétrique, assouplissement par contre pression etc). Demandez qu’un diagnostic soit posé sur quel est le problème et d’avoir un suivi pour en faire le sevrage par la suite s’ils sont imposés. A savoir que proposer des bouts de sein à une maman qui a des douleurs et des crevasses n’est pas un service. Le bébé va apprendre à pincer le bout de sein pour obtenir du lait et reproduira le même schéma ensuite au sein. Le problème sera donc entretenu.

La confusion : ici

 

  1. Les biberons

Ils apparaissent sous forme de compléments qui sont parfois présentés comme nécessaires alors qu’ils ne le sont pas peuvent interférer avec le réflexe de succion et la mise en place de la lactation. Mais aussi avec la flore intestinale du bébé, et ils peuvent favoriser un terrain pour une allergie. La succion au biberon étant différente et demandant un moindre effort, en donner peut provoquer un refus du sein, et dans tous les cas de figure, ils suppriment des tétées qui préparent l’arrivé de la montée de lait. Les protéines de lait de vache et caséine, présentes dans les laits artificiels sont irritantes pour un tout petit bébé.

Il arrive dans des situations bien précises qu’une complémentation soit nécessaire. Mais elle peut se faire d’une autre manière qu’avec des biberons (dal, pipette, seringue, cuillère, tasse).

La confusion : ici

  1. Se servir d’un tire lait pour mesurer la quantité de lait produite

Souvent dans l’inquiétude de ne pas savoir quelle est la quantité de lait produite, peut être proposé un tire-lait, ou bien la mère elle-même y a recours pour essaye de se rassurer. Mais un tire-lait n’est en aucun cas un outil de mesure pour estimer la quantité de lait produite. Les premiers jours la production est de petite quantité, toutes les mères ne réagissent pas de la même manière à une machine électrique, le stress peut bloquer le réflexe d’éjection de lait, un tire lait peut performant et des téterelles qui ne sont pas à la bonne taille peuvent empêcher de tirer.

  1. Eviter les visites

La dyade mère bébé a besoin d’apprendre à se découvrir, de calme, d’énergie. Des visites peuvent perturber le bébé, le rendre irritable ou bien somnolent et il va ainsi rater des tétées. De plus la maman ne se sent pas forcément à l’aise d’allaiter lors des visites.

 

 

 

 

VI Ce qui est normal

 

  1. Périodes de somnolence 

Il est normal que le bébé ait des phases pendant lesquelles il dorme profondément, à partir du moment où il se met à téter fréquemment le deuxième jour

  1. Tétées en mode intense 

des tétées très fréquentes sont également normales durant cette période, et il arrive que bébé s’énerve au sein. Il a besoin de contact et de stimuler très rapidement.

  1. Pleurs

Il est normal qu’un bébé pleure. C’est un moyen de communication. Il extériorise ses émotions, son inconfort, son besoin de contact, des tensions. Cela peut être stressant, mais tenir son bébé contre soi, faire du peau à peau, lui parler, éviter les bruits, la lumière vive, le passage de bras en bras permettent de retrouver un bébé apaisé. 

Les coliques : quelques causes et pistes

  1. Montée de lait qui tarde 

Elle peut mettre plusieurs jours à arriver, cela arrive parfois du fait des produits injectés pendant l’accouchement, une situation médicale particulière, l’interférence de tétine ou biberon, ou bien uniquement parce qu’il faut un peu plus de temps au corps pour récupérer.

  1. Tranchées 

Ce sont des douleurs au bas ventre pendant les tétéescqui signifient que celles-ci sont bel et bien efficaces et que l’utérus se contracte pour reprendre sa forme initiale.

  1. Déprime postnatale 

Les premiers jours post partum sont une période très particulière pour la mère, du fait des changements hormonaux,  et qui peuvent la plonger dans un état d’hyper –émotivité, de fragilité voire de dépression. Tous les changements, la fatigue et les hormones la font se sentir déprimée, triste. En revanche, le baby blues post natal est à différencier d’une dépression post partum qui demande un suivi thérapeutique.

  1. Perte de poids physiologique 

Jusqu’à 7% du poids de naissance, la perte de poids est physiologique. Le bébé évacue des fluides, le méconium.

  1. L’engorgement

La montée de lait est là, les seins sont durs et chauds, mais avec quelques astuces, et des tétées efficaces, c’est une situation inconfortable mais temporaire ! Par exemple masser les seins sous l’eau chaude, la technique du verre d’eau et l’assouplissement par contre pression peuvent permettre à bébé de prendre le sein plus facilement. Et des tétées fréquentes et efficaces draineront ceux-ci.   Comment traiter l’engorgement : ici

 

VI La jaunisse ou ictère du nouveau-né

Un ictère peut apparaître chez le nourrisson lorsque son corps peine à évacuer la birilubine. Elle est donc présente en trop grosse quantité dans le sang et déclenche un ictère visible (peau qui jaunit, fond de l’œil jaune). Les maternités ont des protocoles précis pour surveiller les taux de jaunisse et s’assurer qu’ils ne dépassent pas une limite où la birilubine pourrait devenir toxique pour le cerveau. Lorsque le taux dépasse cette limite, et n’est plus un simple ictère physiologique, des séances de photothérapie avec de la lumière bleue permettent de le faire redescendre. Les ictères sont très bien pris en charge, et ne nécessitent à aucun moment un arrêt de l’allaitement. Au contraire, plus bébé tète, plus il évacue rapidement le méconium et la birilubine.

 

VII Quand s’alarmer ? 

 

  1. Somnolence qui dure au-delà des premières 24h 

Le bébé ne parvient pas à récupérer de l’accouchement, ne tète que trop peu et se met en économie d’énergie. Il faut l’aider à retrouver des forces et lui imposer un rythme. Exprimer son lait à la main ou à l’aide d’un tire lait et lui offrir à la cuillère, pipette, tasse, installer un rythme de tétées, faire évaluer son état de santé générale et sa succion.

 

  1. Un bébé qui hurle en permanence 

Cela peut indiquer un souci de santé, des tensions physiques trop importantes.

 

  1. Perte de poids au-dessus des 7%, pas de reprise de poids après 4 jours, absence d’urine et de selles suffisantes 

Cela indique une prise de lait insuffisante. Il faut faire évaluer l’état général, écarter une infection et faire évaluer la succion et la prise de lait. Dans cette situation, l’équipe envisage les compléments, donnés autrement qu’au biberon pour éviter une confusion, afin de veiller à la santé de bébé.

 

  1. Crevasses et douleurs au sein

Une sensibilité est normale, mais une douleur ne l’est pas. La première chose à faire évaluer est la position, les freins et d’éventuels blocages ou infection (candidose, bactéries).

Douleurs et causes possibles : ici, candidose : ici, vasospasme : ici, syndrome de vasoconstriction : ici

  1. Bébé qui ne parvient que difficilement à téter et déglutir 

Faire évaluer l’état de santé, les freins, les blocages éventuels par un professionnel formé.

La prise du sein peut sembler parfaite de l’extérieure mais ne pas du tout fonctionner. Il faut s’assurer que les lèvres se retroussent correctement et regarder à l’intérieur de la bouche et sous la langue. Faire évaluer des freins restrictifs implique de mettre les doigts ou une sonde cannelée sous la langue.

 

6. Fièvre ou autre pathologie chez la mère et le bébé : l’équipe médicale prend en charge la situation

 

 

VIII Quand et comment complémenter, maintenir la lactation

 

  1. Pourquoi complémenter

Dans certaines situations, lorsque l’état de santé du bébé est préoccupant et qu’il ne semble pas obtenir suffisamment de lait en respectant un allaitement à la demande et des tétées sans restriction, il peut être nécessaire de le complémenter.

Cela permet d’éviter un bébé qui se met en économie d’énergie, c’est à dire s’enferme dans le sommeil, réclame de moins en moins, et des effets néfastes sur sa santé d’une sous-alimentation. Un bébé peut se laisser mourir de faim, s’il est exténué et n’a plus de ressources.

Ce n’est jamais une perspective heureuse pour une mère qui souhaite allaiter, mais pour que son bébé puisse téter de manière efficace et suffisante à sa santé, il faut que sa santé soit maintenue dans un premier temps.

 

  1. Recherche des causes

Il est important en parallèle avec cette complémentation de chercher les raisons pour lesquelles bébé ne prend pas (assez) de poids. A-t-il été limité dans les tétées ? a-t-il une tétine ? A-t-il des difficultés de succion ? Des freins de langue et lèvre serrés ? des tensions physiques ? Une infection ? Une autre pathologie ? une jaunisse trop importante ? est-ce que la mère a reçu beaucoup de perfusions pendant un travail particulièrement long et difficile et que par consquent le bébé est né avec des oedèmes, et lorsque ceux -ci disparaissent la perte de poids est bien plus importante que la moyenne mais explicable?

La mère a-t-elle des problèmes de thyroïde ? Perdu beaucoup de sang ? Une hypoplasie ?

A savoir que dans certaines maternités, des implants sont proposés aux mères en post partum. Ceux-ci peuvent faire baisser voire arrêter complètement la production de lait.

Différentes causes de manque de lait

 

  1. Avec quels contenants complémenter

Il est préférable d’éviter les biberons et de choisir un autre contenant pour donner les compléments au bébé. Cela permet de limiter le risque de confusion, et il y a du choix. De plus au biberon un bébé a tendance à boire trop vite et cela distend son estomac. Rappelons-le nourrir un bébé ne doit pas être du gavage, mais il faut prendre le temps de faire des pauses et de laisser bébé se connecter avec sa sensation de satiété.

Le Dal (dispositif d’aide à la lactation) reste le contenant idéal. Il permet de maintenir un contact en peau à peau avec la mère, de stimuler le mamelon, et de permettre au bébé d’associer sein et satiété.

Mais il y a d’autres contenants qui fonctionnent très bien : une tasse simple, une seringue sans aiguille, une cuillère, une pipette

Le dal : ici 

Les alternatives au biberon avec des vidéos : ici

La confusion : ici

Remédier à la confusion : ici

 

  1. Lancer ou maintenir la lactation

En parallèle des compléments, pour lancer ou maintenir la lactation, il est nécessaire d’utiliser un tire lait de qualité et des téterelles adaptées, et de tirer minimum 8 fois par jour en double pompage, et au moins une fois par nuit, du fait du pic de prolactine à 3h du matin. Chaque tirage remplace une tétée. La quantité tirée sera faible. C’est normal, elle augmentera progressivement avec le temps.

Comment choisir son tire-lait : ici

Tirer son lait : ici

Booster sa lactation : ici

 

 

IX En sortant de la maternité

 

Avoir de l’aide à la maison pour prendre en charge le ménage et les repas permet d’avoir du temps pour s’occuper de son bébé et le découvrir. Il est important de pouvoir créer un cocon sécurisant, et de dormir lorsque bébé dort.

Pour l’allaitement et la santé de bébé, on peut emmener bébé chez un chiropracteur pédiatrique pour faire évaluer les tensions, faire un suivi avec une consultante en lactation.

 

Connaître les rythmes du bébé allaité permet d’aborder le quotidien avec moins de surprises et d’incompréhension, de discerner ce qui est un comportement normal ou non. On continue d’être vigilant avec les ‘sorties’ (couches de selles et d’urine), les freins serrés, et un suivi du poids (pédiatre ou pmi) : une pesée par semaine le premier mois, puis une pesée par mois. Mais surtout, on ne restreint pas ni les tétées, ni les câlins. Et on hésite pas à demander de l’aide. Devenir mère, ce n’est pas une mince affaire.

 

 

Ces 3 jours en maternité ne définissent pas l’allaitement.

Un démarrage compliqué n’empêche pas d’aller au sevrage naturel.

Alors on respire un coup, et on serre fort bébé dans les bras.

 

 

Quelques liens utiles pour démarrer

partir du bon pied https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/feuillets-du-dr-newman/946-feuillet-1-newman-debuts-allaitement

je n’y connais rien mais je souhaite allaiter : http://lesptitesmainsdabord.fr/2017/01/201701je-souhaite-allaiter-mais-ny-connais-rien/

colostrum : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1268-da-57-colostrum-or-liquide

perte de poids de plus de 10% http://mamanlune.com/index.php/2017/05/07/la-perte-de-poids-de-10-a-la-maternite-et-lallaitement-dr-jack-newman/

difficultés de début d’allaitement http://mamanlune.com/index.php/2017/03/23/les-difficultes-des-debuts-de-lallaitement-dr-jack-newman/

Tétées efficaces / prendre assez de lait https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/videos/1253-quatre-videos-reconnaitre-assez-lait

prise du sein asymétrique http://mamanlune.com/index.php/2017/09/01/teter-efficacement-la-prise-asymetrique/

mise au sein https://www.youtube.com/watch?v=2X668Oeg5GE / https://www.youtube.com/watch?v=2X668Oeg5GE

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Reflux et RGO

Qu’est-ce que c’est ?

Il y a des degrés différents de reflux, allant d’un reflux anodin qui disparaît avec le temps à un RGO (reflux gastro-oesophagien) qui a des répercussions importantes sur la qualité de vie du bébé.

Ce sont des remontées dans l’œsophage qui peuvent être acides et douloureuses pour le bébé. On parle de reflux externe lorsque les régurgitations sont apparentes et de reflux interne lorsqu’elles ne le sont pas. Le liquide remonte mais ne sort pas de l’œsophage.

 

Symptômes

Agitation au sein, régurgitations, parfois en jet, bébé qui mâchouille, mal à l’aise allongé sur le dos, plus apaisé à la verticale, des bruits de gorge, ronflements, haleine acide, hoquet, bébé qui se cambre et se jette en arrière, dort la tête en hyper extension, parfois allant jusqu’à un C, pleure souvent, de manière intense, a des difficultés à dormir, une œsophagite, mauvaise prise de poids, bébé qui refuse de téter ou inversement tète très souvent pour se soulager des brûlures.

 

 

Causes possibles

  • Immaturité du cardia
  • Aspiration trop violente à la naissance
  • Tape dans le dos pour roter trop violente
  • Introduction de lait artificiel avec des protéines de lait de vache irritantes pour la paroi intestinale
  • Un estomac vide causé par des intervalles plus long entre les tétées. Le contenu de l’estomac reste alors plus acide et cela endommage l’œsophage.
  • Un réflexe d’éjection fort
  • hyperlactation
  • Des tensions et blocages causés par l’accouchement ou la position in utéro
  • Une ou plusieurs allergies
  • Frein de langue et lèvre serrés
  • Sténose du pylore : un muscle qui augmente de volume et après une augmentation des régurgitations, celles-ci deviennent des jets. Une fois le diagnostic posé, une petite opération permet souvent de mettre fin au problème. https://naitreetgrandir.com/fr/mauxenfants/indexmaladiesa_z/fiche.aspx?doc=bg-naitre-grandir-stenose-pylore
  • Un bébé qui avale beaucoup d’air
  • Vitamine D irritante
  • Prise de médicaments
  • Diversification précoce

 

Comment traiter

Dans certains cas, le reflux ne cause pas de douleurs et de problème de prise de poids. Dans ce cas on considère qu’il est physiologique, et il disparaît progressivement de lui-même. Sinon, il est nécessaire de réagit.

 

Traiter les symptômes

  • Tétées fréquentes qui permette à l’œsophage d’être actif et faire avancer le liquide, de ne pas prendre de trop importantes quantités en une tétée, d’apaiser les brûlures, le lait maternel étant cicatrisant.
  • Essayer de faire téter en biological nurturing.
  • Verticaliser bébé après les tétées
  • Eviter de le bouger de manière brusque
  • Surélever la tête du bébé avec un pan incliné lorsqu’il dort
  • portage
  • Médicaments anti-reflux

 

Traiter les causes

  • Aider bébé à gérer le ref
  • Changer de vitamine D
  • Faire roter bébé en le mettant semi assis sur ses genoux, son flanc contre le ventre de l’adulte et le faire pencher doucement en avant, tout en caressant son dos. Cela évite d’appuyer sur le plexus.
  • voir un chiropracteur formé en pédiatrie pour les tensions
  • tenir un journal alimentaire pour trouver l’allergène si suspicion d’allergie alimentaire.
  • faire une éviction de ou des allergènes sur plusieurs semaines de manière stricte : par exemple l’éviction des plv.
  • utiliser des techniques compensatoires pour des freins serrés, faire évaluer les freins, frénotomie.

 

 

Conséquences

Cela peut se transformer en un RGO et une oesophagite.

 

Ce que cela peut être d’autre

Des difficultés de succion, des tensions et blocages, une trop grande fatigue, un virus/une

bactérie.

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition

Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018

 

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