Les rythmes du bébé allaité

Parler des rythmes du bébé allaité permet souvent aux parents de comprendre que le comportement de leur bébé est parfaitement dans la ‘norme’. La maman reprend alors confiance dans sa capacité à allaiter et l’allaitement perdure.

Dans cet article sera question de :

– l’allaitement à la demande

– un sein ou deux seins?

– imposer un rythme à bébé

– bébé en mode veille/ économie d’énergie

– les tétées nocturnes

– les réveils nocturnes

– le breastsleeping

– le maternage et le pouvoir de la tétée

 

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1) les signes d’éveils
Pour que l’allaitement fonctionne et perdure, que le bébé obtienne suffisamment de lait et stimule la production, il est nécessaire de suivre le principe de ‘à la demande’. C’est à dire que bébé tète dès lors qu’il en manifeste le besoin. On guette les signes d’éveil et on lui propose le sein, un puis l’autre dès que la déglutition ralentit.
A la demande ne signifie pas attendre que bébé pleure pour le faire téter. Lorsqu’il pleure il a déjà trop faim. Les signes d’éveil sont présents plus tôt.
Un bébé allaité ne peut pas trop téter. Le lait maternel est extrêmement digeste. Il se digère en 20-30mn. Un bébé allaité ne fait pas de ‘trop plein’, plus il tète souvent plus les quantités seront modérées et permettront de réguler le reflux.
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2) fréquence et durées des tétées
On ne limite jamais le nombre de tétées ni on les écourte. Si bébé reste longtemps au sein on pense à lui proposer l’autre, à faire de la compression pour l’aider.
Le bébé en bonne santé sait comment faire pour obtenir suffisamment de lait, et écouter son bébé est une clé d’un allaitement qui marche.
De jour comme de nuit, des tétées rapprochées sont bon signe pour l’allaitement, des drainages fréquents permettent d’établir la lactation et de faire perdurer l’allaitement.
Un minimum de 10 tétées par jour avec de bons mouvements de déglutition est ce qui permet de maintenir une production adaptée aux besoins de bébé et cela pendant toute la durée de l’allaitement. Ce minimum est valable quand la succion est efficace.
 
(Pour rappel les institutions de santé recommandent une consommation de lait d’environ 750ml de lait entre 0 et 1 an, et 500ml par jour de 1 an jusqu’à 3 ans.)
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3) un sein ou deux seins
On pense toujours à bien proposer les deux seins, si possible en suivant abba, c’est à dire qu’on commence la tétée par le dernier sein donné à la tétée précédente.
Donner un seul sein par tétée fait baisser la lactation à long terme, on essaie donc de l’éviter dans la mesure du possible et à proposer l’autre sein lorsque la déglutition ralentit.
Donner un seul sein pour que le bébé obtienne assez de lait gras est un mythe. Le lait est composé de gras dès le début de la tétée, et si le bébé tète efficacement et draine les seins il reçoit suffisamment de gras. Le lait de début de tétées est lui aussi important et doit finit dans son ventre. Donner les deux seins permet à bébé de recevoir suffisamment de lait pendant une tétée.
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4) la nuit
Les tétées nocturnes sont fondamentales pour maintenir la lactation. Les espacements la nuit font baisser la lactation comme ceux de la journée.
Un bébé a besoin de plusieurs mois voire année pour intégrer le rythme circadien concernant l’alimentation et le sommeil. In utéro il était nourri en permanence, dormait de manière non synchronisé avec sa mère. Ses premiers mois et années son corps et son cerveau connaissent une croissance fulgurante. Le besoin de calories et réconfort sont énormes. Les tétées la nuit, loin de la lumière et de l’agitation sont très nutritives et apportent une dose importante de sécurité à l’enfant. Le taux de prolactine augmentant la nuit, si le corps enregistre des tétées efficaces, c’est un point de plus pour lui pour maintenir une belle production dans le temps.
Le cododo sécuritaire permet de ne pas rater des signes d’éveils, de ne pas retarder des tétées et de se rendormir très vite, optimisant les durées de sommeil pour tous les membres de la famille.
un point sur le cododo sécuritaire : ici
un point sur les nuits : ici
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5) baisse de lait à retardement
Les premiers mois, le corps étudie les besoins nécessaires en terme de quantité, et établie en fonction de ceux ci une quantité précise de récepteurs à hormones.
En début d’allaitement il arrive que le bébé ait une belle courbe malgré une mauvaise conduite de l’allaitement (tétées trop espacées, bébé en économie d’énergie, tétine, pas de tétées nocturnes) ou succion peu efficace (freins , tensions, utilisation de bouts de sein…)
car le corps est encore imprégné d’hormones et produit du lait à profusion.
Mais on observe souvent une baisse de lait à retardement vers les 3-4 mois, parfois une cassure légère ou très franche de la courbe. On se retrouve à devoir ‘régulariser’ ou ‘payer’ tout ce qu’il s’est passé auparavant.
 
6) téter : ce n’est pas ‘que’ du lait
 
Téter n’a pas qu’une fonction alimentaire. Cela apporte des nutriments et calories essentielles, mais les tétées ont également une fonction ‘nourricière’. La tétée offre un contact physique,de la chaleur, un partage d’émotions, un câlin essentiels au développement du bébé et qui participent à son développement cérébral. C’est un réflexe souhaitable de la part du bébé et très sécurisant pour lui.
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6) les idées reçues
 
– trop de tétées
on ne gâte pas un bébé en lui offrant le sein à la demande. S’il n’avait pas faim il ne tèterait pas. Et on ne fait aue répondre à un besoin fondamental.
 
– lait pas assez nourrissant
Le lait maternel est toujours assez nourrissant, si le bébé ne grossit pas suffisamment c’est qu’il n’en reçoit pas assez ou que des allergies freinent la prise de poids.
 
– hyperlactation
En début d’allaitement, on ne peut être certaine d’avoir une hyperlactation, ni être certaine qu’une belle production va durer.
On ne le sait qu’avec le recul, parfois après une année ou deux d’allaitement, parfois que quand l’allaitement est fini.
 
– ref
Avoir un ref (réflexe d’éjection fort) ne signifie pas avoir une production abondante, le ref est uniquement la manière dont le lait sort. Le ref est gênant pour les bébés qui ont des difficultés de succion. Le jet touche le palais dur et chatouille, alors qu’avec une prise plus profonde le jet arrive sur le palais mou et ne dérange pas. Plutôt que de donner un sein par tétée voire par bloc, ce qui fait baisser la lactation, on peut essayer de chercher à aider le bébé à avoir moins de difficultés.
 
– les seins engorgés ou la sensation de seins vides
Avoir les seins engorgés ne signifie ps avoir plein de lait, cela signifie que les seins ne sont pas assez drainés ou pas de manière efficace. C’est signe qu’il faut mettre bébé au sein plus souvent, car à long terme si les seins sont engorgés souvent le corps enregistre l’information que les besoins en lait ont diminué et il fait baisser le rythme de production. Des seins drainés régulièrement ne seront pas engorgés et produiront plus de lait. Pour évaluer si bébé obtient suffisamment de lait, on observe sa déglutition, c’est à dire les mouvements de sa mâchoire, le nombre de ‘gorgées’ de lait.
 
– un bébé peut se laisser mourir de faim
Un bébé peut se mettre en économie d’énergie et ne réclamer que trop peu à cause de freins restrictifs, tensions, pathologies, épuisement. C’est pour ça qu’il est important que les parents soient vigilants, et que l’on indique 10 tétées comme minimum quotidien. Dans ce cas là il est important d’aller au delà de la demande et de proposer très souvent le sein à bébé, d’essayer de remédier aux causes de ce mode veille, voire de complémenter en donnant du lait tiré à la tasse ou cuillère, ou des compléments tout en tirant en parallèle pour maintenir la production à flot.

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– un bébé peut trop téter et prendre trop de lait
Non, un bébé ne peut pas trop téter. Il tète pour différentes raisons et chacune d’entre elles est importante. Aussi il peut en augmentant la fréquence de ses tétées essayer de compenser son manque d’efficacité, ou calmer les brûlures d’un reflux. Il n’y a pas de raison de le restreindre. En revanche, on peut rechercher les causes du manque d’efficacité et du reflux pour l’aider. Souvent des freins, tensions, allergies peuvent en être responsables.
 
– il peut être judicieux de mettre un bébé allaité au régime
c’est faux. Un bébé a une croissance très importante ses premières années et le lait maternel est parfaitement adapté à ses besoins. Le mettre au régime abime sa santé alors qu’en grandissant il s’affinera sans effort ou mesure particulière.
 
– les bouts de sein sont une aide à l’allaitement
C’est faux. Les bouts de sein atténuent la qualité de la stimulation et réduisent la quantité de lait transférée au cours de la tétée. Il est conseillé pour compenser de tirer 10-15mn pour drainer le sein efficacement et éviter la baisse de la lactation. On peut également chercher les causes de leur utilisation.
 
– La tétine ne nuit pas à l’allaitement.
C’est faux. La tétine désynchronise la dyade en brouillant les signes d’éveil et supprime de moments de stimulation, faisant baisser la production à long terme.
 
– les compléments donnés au biberon ou autre sans tirage en parallèle sont des moments de stimulation manqués et font à long terme baisser la lactation. D’autre part certains contenants comme les biberons augmentent le risque de confusion (refus du sein). Il est préférable d’en utiliser d’autres : tasse, biberon cuillère etc.
 
7) les aides
 
– le tire lait : Lorsque l’allaitement se passe bien et qu’il n’y a pas de séparation il est inutile. Mais si la dyade est séparée, si le bébé refuse de téter, si sa succion n’est pas optimale, si le bébé a des freins restrictifs, si l’allaitement au sein est interrompu pour une raison ou une autre temporairement – le tire lait, à condition d’être de bonne qualité c’est à dire puissant, et d’avoir la taille de téterelles adaptée peut être une aide importante et cela dès la naissance en cas de difficultés. Il n’y a pas de règle qui interdise de tirer dès la naissance, simplement cela doit être fait qu’en cas de nécessité et de manière judicieuse pour ne pas se retrouver avec des crevasses et/ou une superproduction.
Le tire lait peut lancer la production, la maintenir, permettre à bébé de recevoir pljs de lait, et de donner du lait maternel lors des séparations.
 
– le soutien de l’entourage : s’il est sensibilisé à votre choix, à l’allaitement, aux rythmes, son soutien dans les moments difficiles ou de doute est d’une grande aide. Cela comprend le père, la famille, les amis, les collègues, la société. C’est toujours plus facile si on est une équipe.
 
– l’information : elle permet de comprendre ce qu’il se passe avec son allaitement, son bébé et de chercher de l’aide, remédier à des situations problématiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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