Envisager et préparer une frénotomie

Diagnostiquer des freins serrés ne signifie pas réaliser une frénotomie immédiatement. Une frénotomie requiert de la planification et une prise en compte de toutes les facteurs. Elle seule n’améliore pas la fonctionnalité de la langue, ou peu. Elle enlève la membrane qui a restreint la langue. Celle-ci a été immobilisée pendant des mois. De l’aide spécialisée est nécessaire pour améliorer les mouvements et la fonctionnalité de la langue. Les changements profonds des fonctions orales du bébé se font progressivement, par des petits changements qui s’additionnent, au fil des heures, des jours, des mois.

Une frénotomie demande 3 à 6 semaines pour que des améliorations notables soient visibles. De nouvelles connexions cérébrales doivent se mettre en place, les muscles doivent apprendre une nouvelle variété de mouvements la posture, la tête et le cou changent de support, les postures de la langue changent.

Raisons possibles pour une frénotomie qui n’améliore pas les symptômes

  • Les parents et le bébé ne sont pas suffisamment préparés
  • Un bébé avec des tensions considérables et des postures asymétriques qui a besoin de davantage de thérapie manuelle
  • Un praticien qui manque d’expérience et de technique
  • des allergies qui jouent sur la cicatrisation
  • Pas de soins de la plaie ni d’étirements et d’exercices post frénotomie

Chiropraxie et thérapie cranio-sacrale / cranio sacrée

La chiropraxie et la thérapie cranio-sacrale sont les approches par excellence pour tenter de rétablir une harmonie au niveau du corps et du système nerveux en cas de freins restrictifs. Elles traitent le corps et son fonctionnement en son entier et vont chercher à recréer un équilibre qui permet d’optimiser les fonctions de celui-ci. Elles travaillent en profondeur et le temps est leur allié.La patience et la persévérance sont par conséquent des clés de la rééducation du corps. La frénotomie n’est qu’un outil que la chiropraxie utilise pour rééquilibrer la force vitale. Sans chiropraxie, la frénotomie est inutile. Après une frénotomie qui va relâcher les tensions physiques, le corps peut reconstruire un autre fonctionnement et installer les changements durablement.

 

Que faire quand son bébé a les symptômes d’un frein restrictif?

Pendant que le problème perdure:

  • aider bébé à téter avec plusieurs stratégies et compenser pour sa succion inefficace
  • Lui faire passer du temps à plat ventre : pour muscler thorax, cou et langue
  • traiter les douleurs de la mère
  • Tirer pour maintenir sa lactation s’il ne stimule pas suffisamment.
  • Le complémenter s’il n’obtient pas assez de lait
  • Chercher du soutien et des infos sur le groupe ‘frénotomie et freins : https://www.facebook.com/groups/688846051316769/

S’occuper des tensions et écarter d’autres pistes :

  • voir un chiropracteur formé en pédiatrie pour travailler sur la colonne vertébrale, le système nerveux, le crâne, la déglutition. Les freins restrictifs supposent un système de compensation et des cervicales hyper sollicitées. Parfois un travail sur celles-ci permet de stabiliser la situation.
  • Voir une consultante IBCLC formée en freins

Évaluer la restriction une fois les tensions traitées et après avoir écarté d’autres pistes:

  • est-il toujours contraignant?
  • Restreint-il la mobilité de manière pénalisante (fonctions importantes : téter, déglutir, respirer dans le sommeil, parler, dentition)

Établir un projet et un objectif:

  • quelles fonctions souhaite-t-on ‘rendre’ à la langue? Mobilité pour téter, manger, parler, respiration
  • se renseigner : lire
  • Quels outils?
  • Quels professionnels?
  • Quel laps de temps ? prendre conscience que le facteur temps est important. La patience est nécessaire pour voir des résultats.

Rassembler une équipe pour la rééducation:

  • chiropracteur : il va permettre un suivi des tensions et va réajuster les cervicales lorsque nécessaire. Une séance minimum pré frénotomie et une post frénotomie dans les 10 jours. Mais le plus est le mieux.
  • Consultante ibclc formée : pour voir quels systèmes de compensation mettre en place, comment améliorer la prise du sein.
  • Orthophoniste : pour muscler la langue avec des exercices

Envisager une frénotomie pour diminuer la restriction physique:

  • Anticiper l’intervention et comprendre qu’elle seule ne résout pas le problème et que de la patience peut être nécessaire pour voir de grosses améliorations. La frénotomie n’est pas magique, le frein restrictif est présent depuis longtemps ainsi que les tensions, le système de compensation et les réflexes. Si on ne se sent pas prêt à entreprendre la rééducation et à préparer la frénotomie, autant ne pas la faire.
  • Se renseigner sur les contre-indications à une frénotomie : microsomie craniofacialle (petite tête), une mandibule micrognatique , une craniosténose, une craniosynostose syndromique, syndrome de Pierre Robin, le syndrome de Treacher Collins. Couper le frein de langue va réduire encore davantage les voies respiratoires et peut causer des problèmes majeurs pour s’alimenter et respirer dans ces cas-là.
  • Traiter le syndrome de KISS s’il y en a en simultané pour éviter le ré attachement ou réformation du frein.
  • Réfléchir aux conséquences émotionnelles et physiques : la frénotomie peut causer du stress, de la tristesse, de la colère au bébé (ou personne) qui la vit. De même, réaliser que les soins post frénotomie (massages, étirements) a un coût moral. Avoir un malaise ou s’évanouir lors des soins de la plaie est possible (il y a un lien avec le nerf vagal). Une seule frénotomie par maison à la fois est donc préférable.
  • Élaborer un planning post frénotomie : comment soulager bébé de la douleur, des tensions, s’assurer de pouvoir être présent et disponible en permanence pendant cette période.
  • Choisir un praticien qui ne fait pas d’entaille dans le frein, mais le coupe suffisamment pour que les tensions soient libérées. Celui-ci va prendre le temps de couper toutes les ‘cordes’ qui compose le frein et laisse une grande plaie en forme de losange. Si la plaie est une entaille, le frein se réattache et redevient restrictif très rapidement, sans que rien ne puisse être fait, même avec des soins post intervention.
  • Choisir un chiropracteur : ne pas planifier de frénotomie sans séances chez le chiropracteur au préalable et par la suite. La chiropraxie pré frénotomie permet de faciliter l’intervention en rendant le frein davantage symétrique, et de faciliter l’intervention en travaillant sur la détente du système de compensation autour du frein restrictif. Les muscles sont davantage relâchés, les cervicales, et la chiropraxie post frénotomie permet de soulager les tensions qui explosent. Dans un premier temps, elles disparaissent puis réapparaissent lors du processus de cicatrisation. Pour soulager le corps, rééquilibrer l’énergie et éviter une cicatrisation restrictive. Plusieurs séances avant et après ne sont pas un luxe.
  • Réaliser des étirements de la langue et massage de la plaie pour éviter une cicatrisation restrictive ou un réattachement pendant un mois post frénotomie minimum.
  • Faire des exercices pour muscler la langue avant la frénotomie et après celle-ci au moins deux mois, voir un thérapeute manuel qui pratique la technique myofaciale ou s’entraîner avec des exercices sur youtube (myofacial therapy). Supprimer la restriction n’est pas suffisant, il faut ensuite muscler la langue pour lui rendre ses fonctions.

Une frénotomie – lorsqu’est pratiquée une division du frein et que la membrane est coupée pour être assouplie.
Une frénoctomie –  lorsqu’il y a une ablation du frein. Il est complètement enlevé .

Le déroulement de l’intervention

Le praticien vous reçoit et sont évoqués les symptômes qui posent problème dans l’allaitement. Ensuite il vérifie la présence de freins et leur souplesse, et cela si besoin pour les freins postérieurs avec une sonde cannelée. S’il l’estime nécessaire il les coupe au ciseau/ brûle au laser après avoir immobilisé le bébé,  qui est maintenu.
En fonction de l’âge, divers possibilités d’anesthésies sont envisagées.
La plaie de la frénotomie doit avoir la forme d’un losange.
Cela se fait au laser ou ciseau, ce qui est le plus important est l’expertise du praticien non pas son outil pour réaliser la frénotomie.

En pré-opératoire, pour les petits bébés, pas de préparation nécessaire.
En post- frenotomie, le bébé peut reprendre le sein immédiatement, et en fonction de son état et de sa douleur, on peut lui donner un antalgique.

Risque de réattachement et reformation

Il arrive qu’un frein se réattache, soit parce qu’il n’a pas été assez coupé, ou mal coupé, qu’aucun exercice post frénotomie a été réalisé, ou bien en raison d’un blocage des cervicales (tel que le syndrome de kiss).

Et après ? Cicatrisation, rééducation et soutien

Massage pour la cicatrisation

La douleur et la cicatrisation dépendent de l’âge du bébé et de l’épaisseur du frein. Plus il est jeune, plus l’opération est ‘facile’, la douleur moindre et la cicatrisation rapide.
Les orl et les IBCLC recommandent de masser les zones opérées pour faciliter la cicatrisation optimale. Il faut donc passer très régulièrement sur la plaie avec des doigts lavés ou bien des gants, mais aucun autre objet (risque infectieux) pour permettre d’obtenir une cicatrisation souple, faire des étirements de la langue en passant les deux doigts sous celles-ci, comme recommandés notamment par l’ORL Ghaheri (pour plus d’informations voir le ‘pour aller plus loin en fin’ de livre)

Exercices de remobilisation

Il y a aussi des exercices à effectuer pour que le bébé remobilise les muscles de son visage et de sa langue correctement. Il a en effet pris des réflexes musculaires qu’il doit désapprendre. La durée sur laquelle pratiquer ces exercices varie en fonction de son âge et du type du frein. Un nouveau-né aura beaucoup moins tété qu’un bébé de 2 mois donc le réapprentissage d’une succion correcte sera beaucoup plus rapide, mais il ne faut pas oublier qu’un bébé commence à téter et à mobiliser sa langue (ou non) dans le ventre de sa mère. En général, on dit que la rééducation d’un bébé prend de 3 semaines à plusieurs mois.

Soutien

On peut croire en effet que le problème va se résoudre immédiatement après l’intervention. Cela peut être le cas, mais dans la majorité des situations cela ne l’est pas. Le bébé va téter très bien immédiatement pour ensuite retrouver ses habitudes, voire téter encore plus mal, glisser sur le sein, causer de nouvelles crevasses. Et cette situation peut être déstabilisante pour la maman, qui s’attendait à des progrès immédiats et qui a les mêmes douleurs qu’auparavant et un bébé qui ne sait pas téter. Lors de cette phase, le soutien, d’autres mamans passées par là, de spécialistes de l’allaitement telles que des IBCLC, d’amis, de connaissances est crucial. Car une maman avec un bébé qui a des freins vient parfois déjà de loin lorsque son bébé se les fait couper. Lors de cette phase de réapprentissage et de rééducation, elle a besoin d’être rassurée et d’avoir l’espoir de récupérer un ‘bébé ventouse’ qui saura téter.

 

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