La remise en cause de la confusion

La confusion est l’une des premières raisons de sevrage.
Introduire la prise de biberon, même un seul, ou une tétine, ou des bouts de sein, causent un état de confusion chez le bébé.
Les réflexes archaïques sont la pour assurer sa survie, et une séquence précise de mouvements est inscrite dans son cerveau pour lui permettre de s’alimenter. Celle-ci est adaptée à une succion au sein et non à un autre objet.
Lorsqu’on introduit un biberon ou autre objet, la succion va se modifier pour s’adapter, et le bébé n’utilise plus la succion adéquate, énergétique, active qui est nécessaire au sein pour obtenir du lait. Il va téter moins efficacement, drainer moins bien le sein.
La production de lait risque aussi rapidement de baisser, avec un manque de stimulation, des tétées étant remplacées par des compléments au biberon ou bien la tétine.
Le bébé se retrouve dans une situation où on interfère avec ses réflexes, on fait baisser la production de lait, et où il y a une source de lait où il faut travailler et où le débit diminue, une où le flot vient seul et est constant.

Pourquoi ne parle-t-on pas de préférence ?
Parler de préférence n’est pas correct.
Un bébé ne préfère pas ne pas être allaité, ne plus recevoir de lait maternel, et prendre un biberon.
Il ne fait pas une préférence car ce n’est pas un choix pour lui.
C’est le choix des parents d’introduire des biberons, une tétine.
Le bébé se retrouve dans une situation où pour obtenir un aliment qui assure sa survie, il devient plus ‘simple’ de le prendre autrement.
On interfère avec sa réflexes archaïques, son besoin de survivre, alors qu’il peut y avoir une baisse de la lactation.
Il est confus, il ne préfère pas. On lui force la main.

Pourquoi ne parle-t-on pas de difficultés / troubles de la succion mais bien de confusion ?

Parce que la confusion n’arrive pas qu’aux bébés qui ont des difficultés de succion, des freins restrictifs, des tensions. Ils sont particulièrement touchés du fait des facteurs supplémentaires qui s’ajoutent.
N’importe quel bébé peut faire une confusion, cela n’a pas besoin d’être un bébé particulier, ni un bébé ‘bête’. Tous les bébés sont intelligents et ont besoin de pouvoir ête allaités le plus longtemps possible. Si on sème la pagaille dans les réflexes archaïques et le besoin de survivre, c’est à une autre forme de mécanisme que l’on fait appel : l’instinct de préservation. Reporter la responsabilité sur eux, ce n’est ni juste, ni approprié.

La succion du pouce et de la tétine ne sont pas des aides, mais des symptômes que quelque chose ne va pas. Autant explorer et être attentif aux signaux de difficultés.

 Rattraper une confusion?

Il n’est de plus pas facile de rattraper une confusion, parce qu’une fois installée cela suppose un investissement considérable, en temps, confiance, énergie, parfois même financier. Il faut parfois relancer la lactation, louer un tire lait, faire évaluer les difficultés du bébé, avoir confiance en soi, ne pas avoir de plus grand à s’occuper, être retournée au travail, avoir à se battre contre son entourage, parfois même le père.

Pourquoi ne veut-on pas parler de confusion ?

Le business
Ce n’est pas vendeur dans une société où l’allaitement n’est pas la norme. Très peu de bébés sont allaités, beaucoup sont en allaitement mixte et de très nombreux ont des tétines malgré qu’ils soient allaités. Eviter d’utiliser ce terme permet d’arrondir les angles, de ne pas avoir à présenter une information qui pourrait passer ‘mal’. Ainsi polir son image, avoir une image ‘commerciale’, garder ses clients, et se faire recommander par ses clients à d’autres potentiels passent avant l’information, les faits, et la santé du bébé.
C’est pour cette raison qu’on ne peut pas parler de patients mais bien de clients.
Quand on la minimise et qu’on dit qu’elle est facilement récupérable, c’est encore un défaut d’information et une manière de se frotter les mains puisque les bébés qui font des confusions sont des futurs motifs de consultation.
Le terme préférence suit la même logique. Il tombe sous le sens qu’un bébé ne préfère pas le biberon. Son cerveau est à la fois encore trop immature pour mesurer les conséquences de son non allaitement et l’écourtement de son allaitement, et il est en parallèle écrit dans ses gênes que le bébé humain est fait pour être allaité. Aucun lait autre que le lait maternel est adapté à ses besoins.

Ce qui est aujourd’hui souvent présenté comme de l’aide à l’allaitement est devenu une opportunité de faire du business , il n’y a pas de réel intérêt pour l’allaitement et pour qu’il perdure dans de bonnes conditions. Ce qui est important est gagner de l’argent en offrant un accompagnement payant et de se créer une image de marque lisse. L’objectif n’est donc pas protéger l’allaitement ou que la personne soit informée.

Pratiques personnelles
Une autre raison de remettre en question l’existence de la confusion est de normaliser ses propres pratiques personnelles, se rassurer sur ses propres choix. Les termes que certaines personnes, professionnels choississent d’utiliser et tentent de normaliser ne sont pas basés sur des études ou un raisonnement scientifique. Ce choix dépend d’un prisme personnel, leur propre expérience. Ils/elles ont fait le choix d’utiliser un biberon, une tétine avec leurs enfants, et ils considèrent donc que cela va de soi et que cela n’est pas problématique pour l’allaitement. Ils occultent ainsi les conséquences de l’usage de ceux-ci.

 La reprise du travail
On fait croire aux mères, aux parents, que la reprise du travail et la séparation avec le bébé allaité signifie forcément un passage au biberon pour s’alimenter, l’introduction d’une tétine pour rassurer le bébé, donc parler de confusion serait problématique.
Pour le biberon, c’est inexact. Le lait maternel peut être donné dans de nombreux autres contenants : tasse, biberon cuillère, soft cup, même au dal au doigt (dispositif d’aide à la lactation)… si il est prétexté que ce n’est pas possible car cela prend trop de temps, c’est le moment de rappeler que les repas des bébés ne sont pas du gavage, que même au biberon il faut prendre le temps, faire des pauses, que c’est un moment d’échange, il ne s’agit pas de verser un liquide dans la bouche d’un enfant, mais de nourrir.
Pour ce qui est de la tétine, ce qui rassure un bébé c’est la communication, la proximité avec l’adulte, le portage. La tétine est un objet en plastique qui ne rassure pas mais puisque mis dans la bouche, il permet parfois d’entendre moins le bébé.
Si un bébé pleure, s’assurer qu’il n’a pas peur et le garder contre soi, s’assurer qu’il n’a pas faim et le nourrir, s’assurer qu’il n’a pas mal quelque part, s’assurer qu’il n’a pas de reflux… une tétine ne remplace pas une attention et des soins adéquats.

Cancel culture

Essayer de faire disparaître ce terme c’est induire en erreur d’autres parents, en valorisant le business, le profit, l’image de marque, la clientélisme en les faisant passer avec le respect et besoins des bébés, leur besoin d’être allaités le plus longtemps possibles, les implications que cela a pour leur santé de ne pas l’être.

Dans un monde où on prétend que la confusion n’existe pas, on peut donner des biberons, tétine, bouts de sein, et dire que tout ira bien, que l’allaitement n’est pas à risque.

Choisir entre préserver entre une image de marque et informer, le choix ne devrait pas être difficile. Cela ne devrait même pas en être un.

Les parents devraient pouvoir être informés.
Les bébés devraient pouvoir être allaités.
Sans que cela soit une question de profit, mais de santé.

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