Les freins et l’allaitement : le bébé qui ne savait pas téter

Un bébé qui ne sait pas téter, cela existe-t-il vraiment ?

Malheureusement oui.

 Les freins, encore méconnus et auxquels peu s’intéressent, peuvent être la cause de douleurs et crevasses pour la maman allaitante et d’un bébé qui se fatigue au sein, n’arrive pas à le garder en bouche et à prendre du poids correctement.

Important :  1. seul un spécialiste des freins peut poser un diagnostique.  2. Cet article est amené à être révisé régulièrement au fur et à mesure que j’avance dans mes recherches et que mes connaissances sur la question se développent, les freins étant un problème complexe.

 

I Un point sur les freins

  1. Qu’est-ce que c’est ?

Un frein gênant est composé de fibrose et de collagène et réduit la mobilité de la langue ou de la lèvre. On l’appelle aussi ankyloglossie lorsque celui ci est gênant. Il peut attacher la langue à la mâchoire inférieure, la lèvre supérieure à la gencive, la lèvre inférieure à la gencive, l’intérieur de la joue à la gencive. Il y a 7 types de frein.

  1. Histoire

Les freins sont connus depuis longtemps, et Elizabeth Coryllos, une IBCLC spécialiste des freins cite un texte japonais écrit 1025 avant JC qui mentionne l’importance de couper les freins. Elle explique aussi qu’en Grèce Antique il était question d’une sorcière jaune qui coupait avec son ongle le frein des bébés qui ne prenaient pas assez de poids, tétaient peu et développaient un ictère important.

Mais pourquoi alors si peu de monde s’y intéresse aujourd’hui ? En effet, les sages-femmes pouvaient les couper autrefois, mais elles n’ont plus le droit de le faire aujourd’hui, et rares sont les orl formés à détecter et couper les freins, en particulier les freins de lèvre postérieurs.

Une hypothèse ? on considère que le lait artificiel est un équivalent du lait maternel, et que pouvoir allaiter un bébé (dans de bonnes conditions qui plus est) n’est pas important, puisqu’il suffirait de renoncer à l’allaitement et de donner un biberon.

  1. Problèmes pour l’allaitement

Pendant les premiers mois de l’allaitement la production de la mère est abondante et le réflexe d’éjection fort peuvent compenser pour les freins. Mais si le bébé ne draine pas correctement les seins, la production va diminuer et le bébé va cesser de gagner suffisamment de poids. Il peut aussi être excessivement fatigué de l’effort à fournir. A cause des crevasses et douleurs lors des tétées, la maman peut aussi décider de sevrer son bébé.

  1. Autres conséquences

Les freins gênants n’affectent pas que le déroulement de l’allaitement mais touche à de nombreux domaine : l’alimentation en général, la digestion, l’hygiène dentaire, la parole…

En effet ils peuvent gêner le développement de la mâchoire, du palais et des dents, la respiration, la mastication, la déglutition, la digestion. Ils peuvent causer du reflux, des étouffements, vomissements, caries, salivation en excès. Ils peuvent poser des problèmes de développement du langage : difficultés à articuler en chuchotant, parlant fort) et l’impossibilité de prononcer de certains sons.

  1. Pourquoi a-t-on alors des freins ?

Ce serait dans la plupart des cas une malformation génétique donc héréditaire.

 

II Le problèmes avec les freins

 “il n’y a pas de frein” / “ce frein n’est pas restrictif”

Les professionnels ne sont pas formés ou très rarement, ou bien sont dans le déni de l’incidence des freins restrictifs. C’est le cas en maternité aussi. Donc il faut réussir à se faire confiance et à suivre son instinct, et trouver une personne compétente et à l’écoute, pour s’assurer qu’une évaluation de la restriction ait été fait de manière sérieuse, en passant les doigts sous la langue ou une sonde cannelée.

De même, la majorité des ORL refusent de couper les freins, en disant que cela ne se fait plus, que ce n’est pas nécessaire, qu’ils ne sont pas gênants. Parfois même, ils ne sont pas capables d’identifier un frein postérieur car ils ne sont pas formés ni pour le voir, ni pour le couper.

Les chiropracteurs qui sont les mieux placés pour aider avec le système de compensation et aux tensions qui correspondent aux freins ne sont pas plus formés que les autres professionnels aux freins et ont une philosophie conservatrice. Ils n’aborderont que très rarement la frénotomie comme une solution envisageable.

Malheureusement, il n’y a pas de formation centralisée et claire sur les freins. Il y a très peu de documentation en français mais davantage en anglais. Il n’y a que très peu d’études sur les conséquences des freins restrictifs sur le long terme et sur les freins dit ‘postérieurs’.

Ce qui complexifie la tâche est qu’il n’y a pas un seul frein semblable. Il y a une grande variété de type de freins, de restriction, d’asymétrie, de souplesse ou non, de subluxations, donc chaque bébé/personne est à prendre au cas par cas. Alors que les freins antérieurs, qui donnent la forme d’un cœur au bout de la langue sont évidents, les freins postérieurs sont bien plus difficiles à voir et à évaluer.

Le manque de connaissances et le manque de volonté ont pour conséquence un manque de soutien flagrant et des familles qui ne savent plus vers qui se tourner pour obtenir de l’aide.

 

 

“L’allaitement n’en vaut pas la peine” / “ce n’est pas un problème de ne pas allaiter” / Les conditions de l’allaitement ne sont pas importantes”

La majorité des professionnels considèrent de manière arbitraire qu’un frein de lèvre ne justifie jamais une frénotomie. Les douleurs de la mère et le système de compensation du bébé sont mises de côté.  Pourtant il restreint l’ouverture de la bouche et cause de la fatigue pour le bébé, qui doit exercer davantage de pression, et des douleurs/crevasses pour la maman, et peut jouer ensuite sur l’implantation des dents.

Si la prise de poids du bébé est correcte, on refuse de couper les freins, car ‘il n’y a pas de problème’. On occulte les autres difficultés, et on ne se projette pas dans l’avenir de l’allaitement qui peut s’achever prématurément mais de manière progressive à cause de la mauvaise stimulation et des efforts que le bébé doit fournir pour obtenir du lait.

L’allaitement est peu valorisé et soutenu en France. On ne couperait pas ‘juste’ parce que l’allaitement va mal. Il suffirait de sevrer.

De même, les mères n’ont parfois pas de soutien et compréhension de la part de leur conjoint, de leur famille, et se retrouvent seules avec leur bébé dans cette situation pourtant dure à vivre et qui est source de stress pour les deux membres de la dyade.

Enfin, les freins restrictifs ont des conséquences qui s’étendent bien au delà de l’allaitement. Ils peuvent avoir des répercussions sur la déglutition, la digestion, la respiration, le sommeil, la parole, la dentition, les tensions physiques et la santé générale.

 

 

II Types de freins

  1. Types de freins

Il y a sept types de freins :

– 4 freins de langue (dit frein lingual)

– 2 freins de lèvre (dit frein labial) : frein de lèvre supérieure et frein de lèvre inférieur,

– 1 frein joignant gencive et intérieur de la joue.

  1. Les deux types de freins labiaux

exemple d’un frein labiaux supérieurs

  1. Les 4 types de freins de langue :

Freins antérieurs

Type 1 : le frein est attaché à la pointe de la langue et lui donne une forme en coeur

Type 2 : le frein est attaché un peu en retrait par rapport à la pointe de la langue.

Freins postérieurs

Type 3 : le frein va du milieu de la langue au plancher buccal, il est souvent serré et peu élastique

Type 4 : le frein est attaché à la base de la langue, derrière le muscle. Il est d’aspect brillant, souvent plus épais et moins élastique que les autres types de freins.

frein image

Les freins de type 1 et 2 sont plus faciles à détecter, les types 3 et 4 passant souvent inaperçus. Un bébé peut avoir tous les types frein de lèvre, langue et joue, mais on peut également trouver des bébés qui ont deux freins linguaux : un frein antérieur de type 1 ou 2 et un frein postérieur de type 3 ou 4.

D’après le Dr Ghaheri, un ORL étatsunien, tous les freins de langue, même antérieurs ont une partie postérieure, qui nécessite d’être coupée si on veut améliorer la mobilité de la langue. Donc tous les freins de langue sont des freins postérieurs, qui ont parfois une partie antérieure apparente.

 

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succion sans frein                                                  succion avec un frein de lèvre postérieur

Pour détecter le frein lingual postérieur voici un lien avec la méthode ‘Murphy Maneuver’. Pour faire la même chose il est possible d’utiliser une sonde cannelée plutôt que la main

https://www.youtube.com/watch?v=5opSbXvL7yQ

 

IV Symptômes de freins restrictifs

1. Symptômes possibles de freins restrictifs pour la mère qui allaite

Crevasses et douleurs lors des tétées à cause de la mauvaise prise

Candidoses à répétition et autres infections du sein à cause des blessures au sein

Vasospasme au mamelon à cause de la prise serrée

Récurrence de canal lactifère bouché à cause du mauvais drainage

Mastite à répétition à cause du mauvais drainage

Baisse de la lactation à cause de la mauvaise stimulation et drainage du sein

Aversion pour l’allaitement

2 Symptômes possibles pour le bébé :

à savoir qu’ils peuvent être parfois les symptômes d’autre chose

La prise de poids

Il peut prendre très bien du poids grâce au ref.

La prise de poids peut être catastrophique à cause d’une mauvaise stimulation.

Il peut être parfaitement dans les normes.

Apparence et position de la langue

Sa langue peut ne pas monter très haut dans la bouche, et avoir une pointe en forme de cœur.

La pointe peut être ronde, et ne pas former de coeur.

La langue peut aussi parfois toucher le palais et avoir une pointe plutôt mobile, mais on observer comme un trou au milieu de la langue.

La langue se place entre la mâchoire du haut et la mâchoire du bas au lieu de se coller au palais au repos

Caractéristiques physiques possibles

Il a souvent le palais creux ou profond car sa langue n’est pas venue l’aplatir in utéro.

Il a souvent des cervicales qui compensent pour le frein

Il peut avoir un menton retrognate / progathe

Succion  

Il a une prise du sein peu profonde, il serre et pince le sein pour maintenir sa position. et sa langue se soulève peu, le bout de la langue vient râper le téton et l’aplatit. Cela occasionne des douleurs et blessures pour la mère.

Il a une prise complètement superficielle et serre le mamelon, pince encore plus fort. Le mamelon est écrasé. La mère peut avoir mal ou non.

Il peut ne pas réussir à voir ventouse, glisser sur le sein, le prendre et le lâcher en permanence et avoir besoin d’aide pour le maintenir.

Il peut avoir des difficultés à coordonner son mécanisme de succion- déglutition – respiration et faire des bruits étranges au sein.

Il ‘aspire’ le lait maternel et sa joue se creuse, alors que si le mécanisme de succion fonctionnait correctement, ce muscle de la joue me serait pas au travail.

Ouvrir la bouche en grand peut lui coûter des efforts importants et il peut avoir des ampoules.

Maintenir le sein contre le palais lui coûte des efforts d’où le claquement pu cliquètement lorsque la succion est brisée et qu’il relâche son ‘étreinte’.

Son menton peut trembler car le système de musculaire de compensation qu’il met en place pour téter lui coûte de trop grands efforts

Comportement au sein et fréquence des tétées

Il peut téter très souvent car il tente de compenser son manque d’efficacité par la fréquence, ça il le fait que s’il a l’énergie de le faire.

Il peut espacer de plus en plus les tétées car elles sont trop fatigantes pour lui, il peut faire des grèves, refuser le sein, car en espaçant, il a de plus en plus faim et se retrouve en hypoglycémie.

Il peut s’impatienter au sein et s’énerver à cause des tensions des cervicales, de la bouche. Il peut se jeter en arrière lors des tétées.

Il peut refuser de téter lorsqu’il n’y a plus de ref ou de débit important car cela est trop difficile pour lui.

Il peut s’endormir très rapidement au sein et avoir besoin de téter à nouveau dès qu’il se réveille parce qu’il est posé

Déglutition et digestion

Il peut s’étouffer au sein car il ne parvient pas à organiser le réflexe de succion-déglutition-respiration.

Il peut s’étouffer tout seul dans sa salive, assis ou allongé.

Il peut s’étouffer plus facilement qu’un autre bébé lors de la prise de médicaments

Il peut avaler de l’air, avoir des rots et des gaz importants, du reflux à cause de l’air avalé et des douleurs au ventre.

Le bébé peut avoir des otites à cause du reflux

Il peut avoir du reflux qui cause un hoquet, et cela même in utéro.

Il peut avoir un fort réflexe nauséeux (grimace de dégoût, langue qui sort) lors des tétées et de la diversification.

Comportement général / santé globale

Tarde à reprendre son poids de naissance

Jaunisse

Manque de sodium

Il peut avoir des pleurs de ‘coliques’ plusieurs heures le soir car il est épuisé de ses efforts de la journée.

Il peut avoir un muguet à répétition.

Bébé stressé /fatigué /nerveux

Tétine, pouce, doigts

Il peut préférer son pouce ou une tétine au sein

Certains bébés qui ont des freins sont incapables de conserver la tétine dans la bouche mais pas tous.

Déglutition autrement qu’au sein

Il peut avoir des difficultés à déglutir au biberon et s’étouffer de la même manière.

Il peut refuser tous les autres contenants que le sein ou il peut faire une confusion très facilement car on lui propose deux systèmes de succion et déjà il n’est pas en mesure d’en maitriser un correctement.

Respiration

Le bébé peut respirer par la bouche au lieu du nez et avoir la bouche ouverte dans son sommeil

Apnée du sommeil possible

Diversification

Il peut refuser la diversification.

Il peut s’étouffer avec les morceaux, ne pas savoir comment les avaler.

Certaines consistances d’aliments peuvent lui donner la nausée.

Il peut avoir un fort réflexe nauséeux (grimace de dégoût, langue qui sort) lors des tétées et de la diversification.

Dents

Lorsqu’il a des dents, il peut laisser des marques dans le sein car il tète avec.

Le placement de ses dents peut être influencer par les freins.

Il peut lui manquer des dents.

Risque de caries avec les dents du bonheur plus élevé.

Les freins restrictifs peuvent entrainer de la malocclusion.

Parole

Il peut avoir des difficultés pour articuler, prononcer certains sons.

Sphère orl

Il peut avoir des problèmes aux amygdales

Il peut avoir du liquide dans les oreilles

 

 

  1. Critères visuels pour détecter un frein gênant

Quelque fois il est facile d’identifier un frein de langue grâce la forme de cœur étant évidente, mais parfois ce n’est pas le cas. En général, on note une langue ronde, qui ne s’élève pas très haut dans le palais, un palais creux…mais parfois, même avec un frein on est capable de tirer la langue…

Elévation : Est-ce que lorsqu’il pleure sa langue dépasse le milieu de la bouche ?

Latéralisation : Est-ce que lorsque que vous caressez les gencives du doigt votre bébé le suit avec la langue

Extension : si vous appuyez délicatement sur le menton et la lèvre inférieure de votre bébé tire-t-il la langue ?

Coloration blanche : est-ce que lorsque bébé lève la langue vous voyez une membrane qui blanchie à cause de la tension sous la langue ?

Touche le nez : pouvez-vous à retrousser la lèvre supérieure jusqu’à ce qu’elle touche le nez sans que le frein blanchisse ?

Est-ce que les côtés de la langue se soulève mais au milieu de la langue il y a comme un trou ?

 

V Que faire quand son bébé a les symptômes d’un frein restrictif?

Pendant que le problème perdure:

  • aider bébé à téter avec plusieurs stratégies et compenser : ici
  • Lui faire passer du temps à plat ventre : pour muscler thorax, cou et langue
  • Tirer pour maintenir sa lactation s’il ne stimule pas suffisamment.
  • Le complémenter s’il n’obtient pas assez de lait
  • Chercher du soutien et des infos sur le groupe frénotomie et freins : https://www.facebook.com/groups/688846051316769/

 

S’occuper des tensions et écarter d’autres pistes :

  • voir un chiropracteur formé en pédiatrie pour travailler sur la colonne vertébrale, le système nerveux, le crâne, la déglutition. Les freins restrictifs supposent un système de compensation et des cervicales hyper sollicitées. Parfois un travail sur celles-ci permet de stabiliser la situation.
  • Voir une consultante IBCLC formée en freins

 

Évaluer la restriction une fois les tensions traitées et après avoir écarté d’autres pistes:

  • est-il toujours contraignant?
  • Restreint-il la mobilité de manière pénalisante (fonctions importantes : téter, déglutir, respirer dans le sommeil, parler, dentition)

 

Établir un projet et un objectif:

  • quelles fonctions souhaite-t-on ‘rendre’ à la langue? Mobilité pour téter, manger, parler, respiration
  • se renseigner : lire
  • Quels outils?
  • Quels professionnels?
  • Quel laps de temps ? prendre conscience que le facteur temps est important. La patience est nécessaire pour voir des résultats.

 

Rassembler une équipe pour la rééducation:

  • chiropracteur : il va permettre un suivi des tensions et va réajuster les cervicales lorsque nécessaire. Une séance minimum pré frénotomie et une post frénotomie dans les 10 jours. Mais le plus est le mieux.
  • Consultante ibclc formée : pour voir quels systèmes de compensation mettre en place, comment améliorer la prise du sein.
  • Orthophoniste : pour muscler la langue avec des exercices

 

Envisager une frénotomie pour diminuer la restriction physique:

  • Anticiper l’intervention et comprendre qu’elle seule ne résout pas le problème et que de la patience peut être nécessaire pour voir de grosses améliorations. La frénotomie n’est pas magique, le frein restrictif est présent depuis longtemps ainsi que les tensions, le système de compensation et les réflexes. Si on ne se sent pas prêt à entreprendre la rééducation et à préparer la frénotomie, autant ne pas la faire.
  • Se renseigner sur les contre-indications à une frénotomie : microsomie craniofacialle (petite tête), une mandibule micrognatique , une craniosténose, une craniosynostose syndromique, syndrome de Pierre Robin, le syndrome de Treacher Collins. Couper le frein de langue va réduire encore davantage les voies respiratoires et peut causer des problèmes majeurs pour s’alimenter et respirer dans ces cas-là.
  • Traiter le syndrome de KISS s’il y en a en simultané pour éviter le ré attachement ou réformation du frein.
  • Réfléchir aux conséquences émotionnelles et physiques : la frénotomie peut causer du stress, de la tristesse, de la colère au bébé (ou personne) qui la vit. De même, réaliser que les soins post frénotomie (massages, étirements) a un coût moral. Avoir un malaise ou s’évanouir lors des soins de la plaie est possible (il y a un lien avec le nerf vagal). Une seule frénotomie par maison à la fois est donc préférable.
  • Élaborer un planning post frénotomie : comment soulager bébé de la douleur, des tensions, s’assurer de pouvoir être présent et disponible en permanence pendant cette période.
  • Choisir un praticien qui ne fait pas d’entaille dans le frein, mais le coupe suffisamment pour que les tensions soient libérées. Celui-ci va prendre le temps de couper toutes les ‘cordes’ qui compose le frein et laisse une grande plaie en forme de losange. Si la plaie est une entaille, le frein se réattache et redevient restrictif très rapidement, sans que rien ne puisse être fait, même avec des soins post intervention.
  • Choisir un chiropracteur : ne pas planifier de frénotomie sans séances chez le chiropracteur au préalable et par la suite. La chiropraxie pré frénotomie permet de faciliter l’intervention en rendant le frein davantage symétrique, et de faciliter l’intervention en travaillant sur la détente du système de compensation autour du frein restrictif. Les muscles sont davantage relâchés, les cervicales, et la chiropraxie post frénotomie permet de soulager les tensions qui explosent. Dans un premier temps, elles disparaissent puis réapparaissent lors du processus de cicatrisation. Pour soulager le corps, rééquilibrer l’énergie et éviter une cicatrisation restrictive. Plusieurs séances avant et après ne sont pas un luxe.
  • Réaliser des étirements de la langue et massage de la plaie pour éviter une cicatrisation restrictive ou un réattachement pendant un mois post frénotomie minimum.
  • Faire des exercices pour muscler la langue avant la frénotomie et après celle-ci au moins deux mois, voir un thérapeute manuel qui pratique la technique myofaciale ou s’entraîner avec des exercices sur youtube (myofacial therapy). Supprimer la restriction n’est pas suffisant, il faut ensuite muscler la langue pour lui rendre ses fonctions.

 

 

VI La Frénotomie

  1. Définition

Une frénotomie – lorsqu’est pratiquée une division du frein et que la membrane est coupée pour être assouplie.

Une frénoctomie –  lorsqu’il y a une ablation du frein. Il est complètement enlevé .

2. Déroulement de l’intervention

Le praticien vous reçoit et sont évoqués les symptômes qui posent problème dans l’allaitement. Ensuite il vérifie la présence de freins et leur souplesse, et cela si besoin pour les freins postérieurs avec une sonde cannelée. S’il l’estime nécessaire il les coupe au ciseau/ brûle au laser après avoir immobilisé le bébé,  qui est maintenu.

En fonction de l’âge, divers possibilités d’anesthésies sont envisagées.

La plaie de la frénotomie doit avoir la forme d’un losange.

Cela se fait au laser ou ciseau, ce qui est le plus important est l’expertise du praticien non pas son outil pour réaliser la frénotomie.

En pré-opératoire, pour les petits bébés, pas de préparation nécessaire.

En post- frenotomie, le bébé peut reprendre le sein immédiatement, et en fonction de son état et de sa douleur, on peut lui donner un antalgique.

Risque de réattachement et reformation

Il arrive qu’un frein se réattache, soit parce qu’il n’a pas été assez coupé, ou mal coupé, qu’aucun exercice post frénotomie a été réalisé, ou bien en raison d’un blocage des cervicales (tel que le syndrome de kiss).

 

  1. Et après ? Cicatrisation, rééducation et soutien

Massage pour la cicatrisation

La douleur et la cicatrisation dépendent de l’âge du bébé et de l’épaisseur du frein. Plus il est jeune, plus l’opération est ‘facile’, la douleur moindre et la cicatrisation rapide.

Les orl et les IBCLC recommandent de masser les zones opérées pour faciliter la cicatrisation optimale. Il faut donc masser très régulièrement les plaies pour éviter que le frein se rattache, faire des étirements de la langue protocole ici

massage pour la cicatrisation https://www.youtube.com/watch?v=62pZw0LqYv8

Exercices de remobilisation

Il y a aussi des exercices  à effectuer pour que le bébé remobilise les muscles de son visage et de sa langue correctement. Il a en effet pris des réflexes musculaires qu’il doit désapprendre. La durée sur laquelle pratiquer ces exercices varie en fonction de son âge et du type du frein. Un nouveau-né aura beaucoup moins tété qu’un bébé de 2 mois donc le réapprentissage d’une succion correcte sera beaucoup plus rapide, mais il ne faut pas oublier qu’un bébé commence à téter et à mobiliser sa langue (ou non) dans le ventre de sa mère. En général, on dit que la rééducation d’un bébé prend de 3 semaines à plusieurs mois.

exercices https://www.youtube.com/watch?v=-llmAhDoKno

https://www.youtube.com/watch?v=q9Io3Ush-S4

https://www.youtube.com/watch?v=R_qnkhlwl84

Continuer d’aider bébé à recevoir du lait : ici

 

Soutien

On peut croire en effet que le problème va se résoudre immédiatement après l’intervention. Cela peut être le cas, mais dans la majorité des situations cela ne l’est pas. Le bébé va téter très bien immédiatement pour ensuite retrouver ses habitudes, voire téter encore plus mal, glisser sur le sein, causer de nouvelles crevasses. Et cette situation peut être déstabilisante pour la maman, qui s’attendait à des progrès immédiats et qui a les mêmes douleurs qu’auparavant et un bébé qui ne sait pas téter. Lors de cette phase, le soutien, d’autres mamans passées par là, de spécialistes de l’allaitement telles que des IBCLC, d’amis, de connaissances est crucial. Car une maman avec un bébé qui a des freins vient parfois déjà de loin lorsque son bébé se les fait couper. Lors de cette phase de réapprentissage et de rééducation, elle a besoin d’être rassurée et d’avoir l’espoir de récupérer un ‘bébé ventouse’ qui saura téter.

 

Témoignage d’une maman dont le bébé a eu une frénotomie au laser à 18 mois https://www.youtube.com/watch?v=FD0QwD2KsPY

 

Sources

En français :

https://www.lllfrance.org/1679-aa-95-freins-de-langue-freins-de-levre-des-freins-a-lallaitement

http://www.asklenore.info/breastfeeding/pdf/fr_limpact_de_lankyloglossie.pdf

https://www.orthodontisteenligne.com/enfants/frenectomie-frenotomie-et-frein-lingual/

 

en anglais :

https://themilkmeg.com/when-unexplained-breastfeeding-pain-is-an-indicator-of-tongue-and-lip-ties/

http://pediatrics.aappublications.org/content/110/5/e63

http://feedthebabyllc.com/tongue-and-lip-tie/

https://www.breastfeedingbasics.com/articles/tongue-tie

https://breastfeedingusa.org/content/article/tell-me-about-tongue-ties

http://santabarbaralactation.com/blog/tongue-tie-what-do-parents-need-know

 

 

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