Allaiter après une césarienne

Comment mener à bien son projet d’allaitement à bien après une césarienne?

Merci à A. et D. pour leur participation essentielle à l’article.

Guide de survie pour la maternité : ici

I Quelques informations de base sur la césarienne

II Comment se préparer à la césarienne

III Comment mener à bien son projet d’allaitement après une césarienne

 

I Quelques informations de base sur la césarienne

 

  1. Voici des motifs de césariennes :

Liés à l’utérus : Lorsqu’il y a déjà eu deux césariennes auparavant, ou une seule en fonction de l’hôpital, l’équipe médicale refuse d’envisager une voie basse. Un fibrome utéri, des antécédents de ruptures utérines

Liés à la position du bébé : peut aussi être envisagé une césarienne en fonction d’une position du bébé à naître qui semble compléxifier les conditions de l’accouchement : un siège incomplet, un siège après une radio du bassin/pelvis qui n’est pas bonne, un bébé qui se présente par le front, une présentation de face si le menton est sur le sacrum, un bébé en transverse.

Liés au physique de la maman : une taille en dessous d 1m50, une pointure inférieure ou égale à 34

Liés à une grossesse multiple : une grossesse de triplés ou plus, une grossesse gémellaire dont le J1 est mal présenté

Liés à des pathologies: herpès génital, HIV avec charge virale haute, une pathologie cardiaque ou neurologique qui interdit à la maman de pousser, un placenta praevia recouvrant, un retard de croissance in utéro sévère, une cholestase gravidique avec des sels biliaires qui augmentent, une pré éclampsie avec des enzymes hépatiques trop élevées

Les césariennes en urgences : hémorragie, décollement placentaire, convulsions sur épilepsie ou pré éclampsie, souffrance fœtale aiguë, stagnation de travail, procidence de cordon (le cordon du bébé passe avant lui lors de l’accouchement. Donc cordon comprimé, donc apports en oxygène donc souffrance fœtale aiguë).

  1. Types d’anesthésie

Il y a plusieurs types d’anesthésie et les produits utilisés peuvent être différents. Il est important de se renseigner sur le type de celle-ci pour s’assurer qu’elle est compatible avec un allaitement immédiatement. C’est le cas de la rachi anesthésie. Mais dans d’autres protocoles, les médecins peuvent être en désaccord sur le temps à attendre. Certains assurent que dès que la mère se réveille, d’autres préconisent un délai supplémentaire à attendre.

  1. La plaie

Elle est faite de manière horizontale juste au-dessus du pubis de manière à être cachée par la culotte. Mais dans d’autres pays, la plaie de césarienne est faite de manière verticale, au milieu du ventre, c’est plus facile de voir l’utérus et d’atteindre le bébé de cette façon. Si la césarienne a été faite verticalement, on la refera verticalement pour ne pas faire une autre cicatrice à la maman. À chaque césarienne, on « reprend » la cicatrice précédente, c’est à dire qu’on enlève la cicatrice précédente en coupant un lambeau de peau.

4.Pansement

Il est nécessaire pendant 5 jours, changement tous les jours après la douche

5. Il est possible de se lever  et douche 24h après la césarienne

6. La douleur

  • Des antidouleurs ou/ et anti-inflammatoires sont données. En général ce sont des dérivés morphiniques en fonction de la douleur 24h en intraveineuse puis pas voie orale au moins 4-5 jours.
  • Aussi de manière locale, une poche de glace est appliquée sur la suture ou sur le fond utérin est à changer dès que la glace n’est plus froide.
  • La position semi assise est à favoriser (en surélevant la tête et les jambes pour ne pas que ça tire sur la cicatrice de césarienne)

 

 

II Comment se préparerà la césarienne

  1. Avant la césarienne :
    – penser à acheter des culottes qui soient pratiques . Les culottes filet sont souvent trop désagréables car elles appuient sur la cicatrice douloureuse. Les culottes de grossesse (qui montent bien haut) sont pratiques et soutiennent le ventre juste.

– prévoir des vêtements de grossesse qui seront plus confortables et n’appuieront pas sur la cicatrice.

– prévoir une seringue, pipette, tasse simple, soft cup ou DAL (dispositif d’aide à la lactation) pour la maternité le jour J  au cas où complémentation et si la maman est faible ou si le passage en salle de réveil est un peu long.
– essayer de négocier pour une intervention le matin. Ainsi, même avec le passage en salle de réveil, la maman revient en chambre en journée. Les équipes y sont plus « disponibles » et bienveillantes. De plus, cela veut dire que le papa sera présent en chambre pour aider la maman, et s’occuper de bébé pour que maman dorme quelques minutes / heures en dehors des tétées. Après l’intervention, on est souvent très fatiguée.

– avoir aussi un bain de bouche car pas possible de se lever pour se laver les dents le jour J et le jour suivant .  ou alors avoir une bassine pour pouvoir cracher en se brossant les dents au lit

– avoir un vaporisateur d’eau et  une crème anti grattage car après l’opération , souvent avec le mélange anesthésiants et médicaments , et le fait de devoir rester allongée , on a la peau qui démange.

– avoir des linguettes nettoyantes et rafraîchissantes (surtout si accouchement estival ) car pas possible d’aller se laver les mains

  1. la veille de la césarienne :

– prendre un laxatif peut aider car l’anesthésie et l’opération causent un transit ralenti. Cela peut éviter de l’inconfort et des gaz en post opératoire et on ose pas aller à la selle à cause de la cicatrice.

– Manger ce qu’on aime la veille. Car ensuite, on a souvent droit à un régime sans gras, sans sel, sans goût. On a plus le droit de manger à compter de minuit .
– Dormir
– Pour les cheveux, les tresser s’ils sont longs. Ensuite on n’a pas le temps de s’en occuper ou de les laver.

– se tondre le bas ventre : pour éviter les rasages  en dernière minute. De plus le rasage peut causer des micro lésions qui peuvent être sources d’infection.

  1. Le jour de la césarienne

– avant de partir au bloc opératoire, disposer toutes ses affaires de manière pratique et disponible. Pourquoi ? Car après on ne marchera pas du tout jusqu’au lendemain minimum. Et vu que personne ne sait mieux que nous ou sont telles ou telles affaires, autant tout bien ranger pour éviter de les chercher pendant des heures.

4. Après la césarienne

– il arrive que l’équipe soignante prenne bébé la première nuit afin de forcer maman a récupérer, sauf si le papa a la possibilité de dormir sur place. Mais dans certaines maternités, le bébé reste avec sa mère donc ce n’est pas systématique. Se renseigner au préalable et s’ils prennent le bébé, demander à ce que rien ne lui soit donné et qu’on vous l’apporte quand il réclame. Cela les dérange mais c’est important

– toujours dire aux sages-femmes et infirmières dès qu’on a un petit peu mal. Ne jamais attendre que la douleur soit au maximum car il est trop dur de la faire diminuer ensuite .
– pour le premier levé et la première douche : demander à papa d’être là car ça va être dur.

– demander des laxatifs pour rendre la selle plus molle. Ça aide pour la première fois car on est traumatisée après et on n’ose pas aller aux toilettes.

– boire beaucoup d’eau car le premier jour et la  première nuit avec sonde urinaire. Les urines seront surveillées, boire les rend plus claires.

– demander un suivi thérapeutique lorsque la césarienne a été mal vécue : il y a parfois un deuil à faire et le besoin de reconstruire une relation positive avec son corps et la naissance de son enfant.

III Comment mener à bien son projet d’allaitement après une césarienne

1. Anticiper une complémentation

Exprimer du colostrum manuellement pendant le troisième trimestre de grossesse et se faire un petit stock.

Avec quelques contenants autres que le biberon.

2. Parler de son projet

Faire le point avec l’équipe soignante concernant le souhait d’allaitement exclusif. Expliciter clairement qu’on ne veut pas de complément. Et que si jamais cela s’avère nécessaire malgré tout, que les compléments soient donnés autrement : seringue, dal, soft cup, et que ce soit le colostrum exprimé qui soit donné.  Il faut le dire à l’équipe et le répéter au papa pour que les choses soient claires car il arrive que l’équipe décide de faire autrement et le papa ne sait pas trop quoi dire.

3. Anesthésie et allaitement

Comme évoqué plus haut, le type d’anesthésie est un facteur important à prendre en compte pour la mise en place de l’allaitement et les premiers contacts avec le bébé. La rachi anesthésie permet d’allaiter sans délai, mais ce n’est pas le cas de toutes les anesthésies et il est important de se renseigner sur les produits.

 4. Séparation non vécue

Le bébé est endormi lors d’une césarienne, comme lors d’une anesthésie type péridurale. Il ne vit donc pas l’accouchement et il arrive que certains bébés aient du mal à vivre ce changement de situation qu’ils n’ont pas sentis. Les massages, le peau à peau, voir un chiropracteur formé en pédiatrie post accouchement peut permettre de réactiver les réflexes innés et d’aider le bébé à prendre conscience de sa naissance.

 4. Aspiration

Bébés sont aspirés après une césarienne, ce qui n’est pas le cas par voie basse, car le passage dans le vagin appui sur la cage thoracique et fait ressortir le liquide présent dans les poumons, gorge (sauf dans des cas spécifiques).  L’aspiration peut causer des blocages et difficultés de succion par la suite pour le bébé. Consulter un chiropracteur formé en pédiatrie.

5. Peau à peau

Tant qu’il n’est pas possible avec la maman (il faut une vingtaine de minutes pour recoudre) le faire avec le papa. Puis garder bébé tout le temps

 

6. Eviter les séparations

Plus le bébé est séparé de sa maman, moins il peut enregistrer des informations et se sentir sécuriser. Les contacts physiques lui permettent de trouver des repères et de déclencher des réflexes.

 

6. Placer bébé

Il est important de trouver des positions confortables pour soi pour placer bébé. Ne pas hésiter à demander de l’aide, au papa ou au personnel.

La position ballon de rugby sollicite moins la cicatrice. Essayer d’avoir un appui pour surélever ses jambes lorsqu’on allaite sur une chaise ou fauteuil (circulation sanguine surtout après une opération)

La montée de lait

Elle peut être un peu plus tardive si bébé trop fatigué et qui tète peu dans le cas d’une césarienne en urgence ou trop encombré (pas la même vidange des poumons et de l’estomac que si voie basse). De même si la maman a perdu trop de sang et fait de l’anémie.

Enfin il n’y a pas de recherches sur le sujet, mais les anti-inflammatoires pourraient interférer avec la production de lait, voir la bloquer complètement.

Boire de l’eau et être soutenue aide.

Soutien

Demander de l’aide pour les mises au sein.

Le soutien du papa est très important après la césarienne. On est souvent déprimée avec le tablier suite à l’incision, on a mal, on se sent faible, les hormones s’en vont.

Parfois le bébé dort beaucoup et ne tète pas bien, perd du poids, cause des crevasses.

On se sent particulièrement vulnérables la nuit et c’est là parfois que l’on pense à abandonner. Aussi parce que les équipes de nuit sont moins disposées à aider . Au lieu d’écouter les demandes de la mère, elles donnent parfois un biberon au bébé.  L’équipe de jour est souvent plus disponible.

 

 

Liens :

Exprimer du colostrum pré césarienne

Le guide de survie pour la maternité.

Alternatives au biberon

Compenser pour une succion inefficace

Chiropraxie

Rythmes du bébé allaité

 

 

 

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