Petite guide de survie pour la maternité

 

A la maternité, c’est souvent un moment crucial de l’allaitement et là où malheureusement beaucoup de mamans vont perdre le plus de confiance en elles, et passer à de l’allaitement mixte, ou tirer exclusivement voire sevrer leur bébé. Pourtant, même si ces quelques jours se passent très mal, l’allaitement est rattrapable.

Une relactation est possible après un ou plusieurs jours d’arrêt : des infos ici.

 

I Anticiper  

II Les premiers instants

  1. la toute première tétée
  2. Les réflexes innés
  3. Biological nurturing et autres positons
  4. Si séparation ou césarienne
  5. Le colostrum

 

III Mettre en place la relation d’allaitement

  1. Prise de repères
  2. S’installer confortablement
  3. Observer et stimuler
  4. Augmenter la quantité de lait prise
  5. Prendre soin de soi et de son bébé
  6. Savoir faire la part des mauvais conseils

 

IV Pratiques à éviter

  1. Les séparations
  2. Restreindre les tétées
  3. Perte de chaleur et bains
  4. Chaussettes sur les mains de bébé
  5. Appuyer sur la tête du bébé pour le faire téter
  6. Tétine
  7. Bouts de sein
  8. Biberon
  9. Se servir d’un tire lait pour mesurer la quantité de lait produite
  10. Eviter les visites

 

V Ce qui est normal

  1. Périodes de somnolence 
  2. Tétées en mode intense 
  3. Pleurs 
  4. Montée de lait qui tarde 
  5. Tranchées 
  6. Déprime postnatale 
  7. Perte de poids physiologique 
  8. Engorgement

 

VI La jaunisse ou ictère du nouveau-né 

VII Quand s’alarmer ?

  1. Somnolence qui dure au-delà des premières
  2. Bébé qui hurle en permanence
  3. Perte de poids qui dépasse les 7% ou pas de reprise de poids après 4 jours, absence de selles et urines suffisantes
  4. Crevasses et douleurs au sein
  5. Un bébé qui a des difficultés à téter et déglutir
  6. Fièvre ou autres pathologies

VIII Quand et comment complémenter, maintenir la lactation

  1. Pourquoi complémenter
  2. Recherche des causes
  3. Avec quels contenants complémenter
  4. Maintenir ou lancer la lactation

IX En sortant de la maternité

 

 

 

I Anticiper

 

On peut pour faciliter les conditions de l’allaitement futur

  • Se renseigner, lire, chercher du soutien et de bonnes informations pendant la grossesse. ici
  • Préparer un projet d’allaitement clair et discuter avec l’équipe présente lors de l’accouchement des pratiques usuelles concernant l’aide et le soutien à l’allaitement.
  • il est possible également d’exprimer du colostrum manuellement dès le troisième trimestre du grossesse, afin de constituer un petit stock de ce liquide précieux en cas de séparation ou naissance prématurée, ou prise de poids qui tarde. Cela ne déclenche pas l’accouchement. Lien ici.
  • Pour les femmes ayant des tétons plats ou invaginées, qui ressortent peu, il est parfois proposé lors des 3 derniers mois de faire des sessions pour assouplir le mamelon avec la niplette ou une seringue, mais tout autre type de préparation des mamelons est inutile
  • Se reposer
  • Une petite liste de matériel qui peut être utile mais par toujours indispensable: ici

 

II Les premiers instants

En fonction du déroulement de l’accouchement et de l’état de santé de la mère pendant la grossesse, il peut y avoir des répercussions sur la mise en place de la lactation. Mais même dans une situation compliquée, avec un démarrage qui semble catastrophique, tout est rattrapable.

L’idée sera donc d’optimiser les chances pour que cela se passe dans les meilleures conditions possibles.

 

  1. La toute première tétée 

L’idéal pour faciliter la mise en place de la lactation est un accouchement par voie basse, sans déclenchement, injection d’ocytocine ni péridurale, et séparation. Le nouveau-né est placé immédiatement en peau à peau avec sa mère si son état le permet, et est laissé en pleine mesure de ses moyens, pour enregistrer ses premiers repères et trouver le sein. Il tète dans ses premiers instants de vie extra-utérine.

L’odeur de l’aréole est identique à celle du liquide amniotique, et sa couleur foncée permet au bébé de se guider vers celle-ci.

L’injection de médicaments, hormones et anesthésiants affecte à la fois le corps de la maman, mais aussi le corps du bébé et ses réflexes, puisqu’il en reçoit une part importante via le placenta. Il peut donc être endormi, incapable de téter.

 

  1. Les réflexes innés

Le peau à peau, les odeurs, le contact, la posture biological nurturing sont les premiers outils de la mise en place de l’allaitement. Le bébé se sent connecté à sa mère, il est sécurisé, et ses réflexes innés s’activent. Il va de lui-même chercher à téter.

Parmi les réflexes innés se trouve la séquence de succion-déglutition-respiration, attraper, ramper, soulever la tête, le réflexe de fouissement.

 

  1. La posture biological nurturing et autres positions

 

Cette posture permet d’assurer à la fois le confort de la mère, mais également de favoriser les réflexes innés. On parle de posture de la continuité dans laquelle le bébé se sent porté, est en contact physique avec sa mère.

Il est important de lâcher prise sur les conventions et de faire au mieux pour soi-même et son bébé, cela permettra de diminuer les tensions physiques, de se reposer davantage et une meilleure prise du sein, un meilleur vécu des débuts. Ainsi la biological nurturing, allongée face à face à son bébé sont des postures favorables au repos de la mère. Elle peut se faire confiance et utiliser ce qui fonctionne pour elle.

 

  1. Si séparation et/ou césarienne

Lorsque pour des raisons médicales, la mère et le bébé sont séparés (dans ce cas favoriser un contact physique avec le père du bébé en attendant), il est possible de récréer cette atmosphère lors des retrouvailles. Le contact physique et les réflexes innées sont essentiels à la mise en place de la lactation, et il est possible d’allaiter en biological nurturing avec une césarienne, en tournant le corps du bébé vers le haut. De l’aide de l’équipe ou du conjoint seront bienvenus pour positionner le bébé. un article dédié à l’allaitement après une césarienne ici.

 

  1. Le colostrum

Le ‘premier’ lait a une substance épaisse et jaunâtre. Il est très riche en vitamines, sels minéraux, protéines, sucres immédiatement utilisables, globules blancs et anticorps IgA.

C’est donc la première barrière anti microbienne, les sels minéraux évitent la déshydratation et les sucres limitent la perte de poids.  Son effet laxatif permet d’aider à évacuer le méconium, les premières selles couleur de goudron du nouveau-né.

Le colostrum est produit en très petite quantité, mais est extrêmement nourrissant. La quantité produite correspond aux besoins précis du bébé, qui a un tout petit estomac. De plus, ces petites quantités lui permettent d’organiser son réflexe de succion-déglutition-respiration.

Même sans allaiter, simplement offrir la tétée d’accueil fait une différence importante pour la santé du bébé. Il permet de mettre un premier film protecteur sur ses parois digestives.

 

 

III Mettre en place la relation de l’allaitement

Il n’est pas forcément évident de se sentir à l’aise pour démarrer cette toute nouvelle relation, en particulier dans un environnement anxiogène, où tout est pesé, minuté, noté. Le médical cependant n’a pas qu’un aspect négatif est sensé assurer la santé de la dyade et permettre de prendre en charge les problèmes s’il y a rapidement et efficacement

 

Pour mettre en place l’allaitement, il est parfois nécessaire de se créer une bulle avec bébé, dans laquelle on se sent bien et en confiance. Allaiter est une relation, une danse qui passe par une écoute, des émotions, des odeurs, des sensations.

 

  1. Prise de repères

Pour découvre son bébé tout frais et faire connaissance, l’idéal est de le garder près de soi, de faire du peau à peau autant que possible. Cela permet au bébé de retrouver ses premiers repères dans ce monde nouveau. Sa nouvelle maison est sa mère et les contacts physiques, un cododo sécuritaire, permettent de lui assurer une forme de continuité suite à sa naissance. Eviter les bains (de la mère) pour garder l’odeur du liquide amniotique.

 

  1. S’installer confortablement

On s’installe confortablement et de manière sécuritaire. La posture biological nurturing permet au bébé d’activer ses réflexes innés, d’être en contact avec chacun de ses membres avec le corps de sa mère.

Le cododo sécuritaire : ici

 

  1. Observer et stimuler

Pour le nourrir, l’observation des signes d’éveil est l’une des clés, on peut également lui proposer des tétées pendant son sommeil léger (on parle de dreamfeeding en anglais).

Il est possible de faire perler quelques gouttes de colostrum dans sa bouche, de lui caresser les joues ou les pieds, afin de le stimuler et lui faire prendre le sein.

 

  1. Optimiser la quantité de lait prise

Il y a quelques astuces qui permettent de s’assurer que les efforts du bébé soient récompensés par de grandes gorgées de lait.

La prise du sein asymétrique, avec le menton enfoncé dans le mamelon et le nez bien dégagé, la compression du sein, la prise en sandwich ou tacos lorsque bébé a des difficultés à prendre le sein. Toujours penser à proposer le deuxième sein dès que bébé semble téter à vide. Mais aussi observer comment il déglutit, sa bouche et ses freins éventuels.

Et proposer très souvent des tétées en anticipant la faim et les pleurs. Un bébé trop affamé et agité peut refuser le sein.

Rappel : un bébé qui n’a pas de difficultés de succion n’a pas besoin qu’on lui tienne le sein.

Etre vigilante quant à la fréquence : on parle d’un minimum de 10 tétées en 24h pour obtenir suffisamment de lait, soit une toutes les deux heures environ, autant le jour que la nuit.

Comment augmenter la prise de lait lors de la tétée : ici

Comment avoir plus de lait : ici

Compenser pour une succion inefficace / des freins restrictifs: ici

  1. Prendre soin de soi et de bébé

Se faire apporter de la nourriture de l’extérieur, boire à sa soif, prendre le temps de s’apprivoiser.

 

  1. Savoir faire la part des choses dans les conseils

S’être renseignée en amont de l’accouchement permet de savoir faire la sourde oreille à certains conseils douteux, qui ont des répercussions négatives sur l’allaitement. De même, il se peut qu’on ait la chance d’avoir une équipe formée en allaitement, et qui permettra de mettre en place des mesures pour le maintenir dans de bonnes conditions. Une maternité qui vous proposera un dal (dispositif d’aide à la lactation) en cas de difficulté est certainement aidante.

 

 

IV Pratiques à éviter

  1. Les séparations

Pour donner les meilleures chances à l’allaitement de s’établir, le bébé doit construire une relation de confiance avec sa mère et des repères sécurisants, qui lui permettent d’activer ses réflexes et de ne pas se retrouver dans un état de stress. Dans la mesure du possible, on évite les séparations, et surtout pas de nursery. La mère a le droit de rester avec son bébé en permanence.

 

  1. Restreindre les tétées

De même, restreindre les tétées est absolument contre-productif. Un bébé allaité ne peut pas être gavé. C’est un liquide parfaitement adapté à ses besoins, qui se digère très vite, et chaque tétée représente des petites quantités, contrairement à un biberon de lait artificiel qui bu vite vient distendre l’estomac. La production de lait fonctionne sur le principe de l’offre à la demande, et plus bébé tète, plus il obtiendra du lait. Si les hormones ne sont pas stimulées, la production ne sera pas lancée en temps et en heure.

De plus les séparations et la limitation des tétées peut causer un engorgement, fort douloureux.

Rythme du bébé allaité : ici.

 

  1. Perte de chaleur et bains

Limiter la perte de chaleur en couvrant suffisamment son bébé, et en limitant les bains. Cela lui fait perdre de l’énergie donc des calories et du poids. De plus les bains ne sont absolument pas nécessaires. Un nouveau-né n’est pas sale. Il est couvert de vernix qui a encore l’odeur du liquide amniotique. Il suffit de l’essuyer.

A noter que l’intérêt de donner des bains au nouveau né en maternité permet aux parents de se familiariser avec les gestes à réaliser avec un nourrisson. Ils peuvent donc choisir d’accepter cet ‘entraînement’ pour être plus à l’aise une fois rentrés à la maison pour le faire.

 

  1. Chaussettes sur les mains du bébé

Un bébé, pour apprendre à téter et entrer en contact avec se nouveaux monde et trouver des repères a besoin de ses mains. Elles sont de véritables antennes qui lui permettent de sentir et de se positionner. Lui mettre des chaussettes intéragit avec la mise en place des réflexes innés.

 

  1. Ne pas appuyer sur la tête de bébé, ne pas forcer la tétée

C’est bébé qui doit prendre le sein, la mère ne fait que l’accompagner. Forcer un bébé à prendre le sein, notamment en appuyant derrière sa tête est contre-productif et peut causer un blocage psychologique. C’est une prise du sein et non une mise au sein. LE bébé doit être libre de ses mouvements, pouvoir placer ses mains, afin de pouvoir ouvrir la bouche. On peut simplement accompagner les gestes du bébé en plaçant sa main derrière la nuque ou les omoplates pour le soutenir.

 

  1. Une tétine

Elle vient interférer avec la stimulation nécessaire à la venue de la montée de lait et perturber les repères de succion et de besoin en contact humain du bébé. Ainsi elle peut retarder la montée de lait et le bébé se mettre à téter de manière inappropriée, causant des crevasses à sa mère. Il est préférable de mettre bébé au sein tout le temps, son besoin de succion est parfaitement normal et légitime, il en a besoin pour s’assurer de futurs repas copieux, et dans l’immédiat la chaleur et la proximité de sa mère.

La confusion : ici

 

  1. Les bouts de sein

Ils ne doivent jamais être proposés en première intention, ils masquent l’odeur des mamelons, perturbent les repères de succion qui sont à peine en train de se mettre en place, et leur utilisation réduit la quantité de lait ingérée par le bébé ainsi que la stimulation du mamelon. Il est préférable de faire évaluer d’éventuels problèmes de succion (freins serrés, blocages), et d’utiliser d’autres astuces au préalable pour aider bébé à prendre le sein s’il a des difficultés (prise en tacos, prise asymétrique, assouplissement par contre pression etc). Demandez qu’un diagnostic soit posé sur quel est le problème et d’avoir un suivi pour en faire le sevrage par la suite s’ils sont imposés. A savoir que proposer des bouts de sein à une maman qui a des douleurs et des crevasses n’est pas un service. Le bébé va apprendre à pincer le bout de sein pour obtenir du lait et reproduira le même schéma ensuite au sein. Le problème sera donc entretenu.

La confusion : ici

 

  1. Les biberons

Ils apparaissent sous forme de compléments qui sont parfois présentés comme nécessaires alors qu’ils ne le sont pas peuvent interférer avec le réflexe de succion et la mise en place de la lactation. Mais aussi avec la flore intestinale du bébé, et ils peuvent favoriser un terrain pour une allergie. La succion au biberon étant différente et demandant un moindre effort, en donner peut provoquer un refus du sein, et dans tous les cas de figure, ils suppriment des tétées qui préparent l’arrivé de la montée de lait. Les protéines de lait de vache et caséine, présentes dans les laits artificiels sont irritantes pour un tout petit bébé.

Il arrive dans des situations bien précises qu’une complémentation soit nécessaire. Mais elle peut se faire d’une autre manière qu’avec des biberons (dal, pipette, seringue, cuillère, tasse).

La confusion : ici

  1. Se servir d’un tire lait pour mesurer la quantité de lait produite

Souvent dans l’inquiétude de ne pas savoir quelle est la quantité de lait produite, peut être proposé un tire-lait, ou bien la mère elle-même y a recours pour essaye de se rassurer. Mais un tire-lait n’est en aucun cas un outil de mesure pour estimer la quantité de lait produite. Les premiers jours la production est de petite quantité, toutes les mères ne réagissent pas de la même manière à une machine électrique, le stress peut bloquer le réflexe d’éjection de lait, un tire lait peut performant et des téterelles qui ne sont pas à la bonne taille peuvent empêcher de tirer.

  1. Eviter les visites

La dyade mère bébé a besoin d’apprendre à se découvrir, de calme, d’énergie. Des visites peuvent perturber le bébé, le rendre irritable ou bien somnolent et il va ainsi rater des tétées. De plus la maman ne se sent pas forcément à l’aise d’allaiter lors des visites.

 

 

 

 

VI Ce qui est normal

 

  1. Périodes de somnolence 

Il est normal que le bébé ait des phases pendant lesquelles il dorme profondément, à partir du moment où il se met à téter fréquemment le deuxième jour

  1. Tétées en mode intense 

des tétées très fréquentes sont également normales durant cette période, et il arrive que bébé s’énerve au sein. Il a besoin de contact et de stimuler très rapidement.

  1. Pleurs

Il est normal qu’un bébé pleure. C’est un moyen de communication. Il extériorise ses émotions, son inconfort, son besoin de contact, des tensions. Cela peut être stressant, mais tenir son bébé contre soi, faire du peau à peau, lui parler, éviter les bruits, la lumière vive, le passage de bras en bras permettent de retrouver un bébé apaisé. 

Les coliques : quelques causes et pistes

  1. Montée de lait qui tarde 

Elle peut mettre plusieurs jours à arriver, cela arrive parfois du fait des produits injectés pendant l’accouchement, une situation médicale particulière, l’interférence de tétine ou biberon, ou bien uniquement parce qu’il faut un peu plus de temps au corps pour récupérer.

  1. Tranchées 

Ce sont des douleurs au bas ventre pendant les tétéescqui signifient que celles-ci sont bel et bien efficaces et que l’utérus se contracte pour reprendre sa forme initiale.

  1. Déprime postnatale 

Les premiers jours post partum sont une période très particulière pour la mère, du fait des changements hormonaux,  et qui peuvent la plonger dans un état d’hyper –émotivité, de fragilité voire de dépression. Tous les changements, la fatigue et les hormones la font se sentir déprimée, triste. En revanche, le baby blues post natal est à différencier d’une dépression post partum qui demande un suivi thérapeutique.

  1. Perte de poids physiologique 

Jusqu’à 7% du poids de naissance, la perte de poids est physiologique. Le bébé évacue des fluides, le méconium.

  1. L’engorgement

La montée de lait est là, les seins sont durs et chauds, mais avec quelques astuces, et des tétées efficaces, c’est une situation inconfortable mais temporaire ! Par exemple masser les seins sous l’eau chaude, la technique du verre d’eau et l’assouplissement par contre pression peuvent permettre à bébé de prendre le sein plus facilement. Et des tétées fréquentes et efficaces draineront ceux-ci.   Comment traiter l’engorgement : ici

 

VI La jaunisse ou ictère du nouveau-né

Un ictère peut apparaître chez le nourrisson lorsque son corps peine à évacuer la birilubine. Elle est donc présente en trop grosse quantité dans le sang et déclenche un ictère visible (peau qui jaunit, fond de l’œil jaune). Les maternités ont des protocoles précis pour surveiller les taux de jaunisse et s’assurer qu’ils ne dépassent pas une limite où la birilubine pourrait devenir toxique pour le cerveau. Lorsque le taux dépasse cette limite, et n’est plus un simple ictère physiologique, des séances de photothérapie avec de la lumière bleue permettent de le faire redescendre. Les ictères sont très bien pris en charge, et ne nécessitent à aucun moment un arrêt de l’allaitement. Au contraire, plus bébé tète, plus il évacue rapidement le méconium et la birilubine.

 

VII Quand s’alarmer ? 

 

  1. Somnolence qui dure au-delà des premières 24h 

Le bébé ne parvient pas à récupérer de l’accouchement, ne tète que trop peu et se met en économie d’énergie. Il faut l’aider à retrouver des forces et lui imposer un rythme. Exprimer son lait à la main ou à l’aide d’un tire lait et lui offrir à la cuillère, pipette, tasse, installer un rythme de tétées, faire évaluer son état de santé générale et sa succion.

 

  1. Un bébé qui hurle en permanence 

Cela peut indiquer un souci de santé, des tensions physiques trop importantes.

 

  1. Perte de poids au-dessus des 7%, pas de reprise de poids après 4 jours, absence d’urine et de selles suffisantes 

Cela indique une prise de lait insuffisante. Il faut faire évaluer l’état général, écarter une infection et faire évaluer la succion et la prise de lait. Dans cette situation, l’équipe envisage les compléments, donnés autrement qu’au biberon pour éviter une confusion, afin de veiller à la santé de bébé.

 

  1. Crevasses et douleurs au sein

Une sensibilité est normale, mais une douleur ne l’est pas. La première chose à faire évaluer est la position, les freins et d’éventuels blocages ou infection (candidose, bactéries).

Douleurs et causes possibles : ici, candidose : ici, vasospasme : ici, syndrome de vasoconstriction : ici

  1. Bébé qui ne parvient que difficilement à téter et déglutir 

Faire évaluer l’état de santé, les freins, les blocages éventuels par un professionnel formé.

La prise du sein peut sembler parfaite de l’extérieure mais ne pas du tout fonctionner. Il faut s’assurer que les lèvres se retroussent correctement et regarder à l’intérieur de la bouche et sous la langue. Faire évaluer des freins restrictifs implique de mettre les doigts ou une sonde cannelée sous la langue.

 

6. Fièvre ou autre pathologie chez la mère et le bébé : l’équipe médicale prend en charge la situation

 

 

VIII Quand et comment complémenter, maintenir la lactation

 

  1. Pourquoi complémenter

Dans certaines situations, lorsque l’état de santé du bébé est préoccupant et qu’il ne semble pas obtenir suffisamment de lait en respectant un allaitement à la demande et des tétées sans restriction, il peut être nécessaire de le complémenter.

Cela permet d’éviter un bébé qui se met en économie d’énergie, c’est à dire s’enferme dans le sommeil, réclame de moins en moins, et des effets néfastes sur sa santé d’une sous-alimentation. Un bébé peut se laisser mourir de faim, s’il est exténué et n’a plus de ressources.

Ce n’est jamais une perspective heureuse pour une mère qui souhaite allaiter, mais pour que son bébé puisse téter de manière efficace et suffisante à sa santé, il faut que sa santé soit maintenue dans un premier temps.

 

  1. Recherche des causes

Il est important en parallèle avec cette complémentation de chercher les raisons pour lesquelles bébé ne prend pas (assez) de poids. A-t-il été limité dans les tétées ? a-t-il une tétine ? A-t-il des difficultés de succion ? Des freins de langue et lèvre serrés ? des tensions physiques ? Une infection ? Une autre pathologie ? une jaunisse trop importante ? est-ce que la mère a reçu beaucoup de perfusions pendant un travail particulièrement long et difficile et que par consquent le bébé est né avec des oedèmes, et lorsque ceux -ci disparaissent la perte de poids est bien plus importante que la moyenne mais explicable?

La mère a-t-elle des problèmes de thyroïde ? Perdu beaucoup de sang ? Une hypoplasie ?

A savoir que dans certaines maternités, des implants sont proposés aux mères en post partum. Ceux-ci peuvent faire baisser voire arrêter complètement la production de lait.

Différentes causes de manque de lait

 

  1. Avec quels contenants complémenter

Il est préférable d’éviter les biberons et de choisir un autre contenant pour donner les compléments au bébé. Cela permet de limiter le risque de confusion, et il y a du choix. De plus au biberon un bébé a tendance à boire trop vite et cela distend son estomac. Rappelons-le nourrir un bébé ne doit pas être du gavage, mais il faut prendre le temps de faire des pauses et de laisser bébé se connecter avec sa sensation de satiété.

Le Dal (dispositif d’aide à la lactation) reste le contenant idéal. Il permet de maintenir un contact en peau à peau avec la mère, de stimuler le mamelon, et de permettre au bébé d’associer sein et satiété.

Mais il y a d’autres contenants qui fonctionnent très bien : une tasse simple, une seringue sans aiguille, une cuillère, une pipette

Le dal : ici 

Les alternatives au biberon avec des vidéos : ici

La confusion : ici

Remédier à la confusion : ici

 

  1. Lancer ou maintenir la lactation

En parallèle des compléments, pour lancer ou maintenir la lactation, il est nécessaire d’utiliser un tire lait de qualité et des téterelles adaptées, et de tirer minimum 8 fois par jour en double pompage, et au moins une fois par nuit, du fait du pic de prolactine à 3h du matin. Chaque tirage remplace une tétée. La quantité tirée sera faible. C’est normal, elle augmentera progressivement avec le temps.

Comment choisir son tire-lait : ici

Tirer son lait : ici

Booster sa lactation : ici

 

 

IX En sortant de la maternité

 

Avoir de l’aide à la maison pour prendre en charge le ménage et les repas permet d’avoir du temps pour s’occuper de son bébé et le découvrir. Il est important de pouvoir créer un cocon sécurisant, et de dormir lorsque bébé dort.

Pour l’allaitement et la santé de bébé, on peut emmener bébé chez un chiropracteur pédiatrique pour faire évaluer les tensions, faire un suivi avec une consultante en lactation.

 

Connaître les rythmes du bébé allaité permet d’aborder le quotidien avec moins de surprises et d’incompréhension, de discerner ce qui est un comportement normal ou non. On continue d’être vigilant avec les ‘sorties’ (couches de selles et d’urine), les freins serrés, et un suivi du poids (pédiatre ou pmi) : une pesée par semaine le premier mois, puis une pesée par mois. Mais surtout, on ne restreint pas ni les tétées, ni les câlins. Et on hésite pas à demander de l’aide. Devenir mère, ce n’est pas une mince affaire.

 

 

Ces 3 jours en maternité ne définissent pas l’allaitement.

Un démarrage compliqué n’empêche pas d’aller au sevrage naturel.

Alors on respire un coup, et on serre fort bébé dans les bras.

 

 

Quelques liens utiles pour démarrer

partir du bon pied https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/feuillets-du-dr-newman/946-feuillet-1-newman-debuts-allaitement

je n’y connais rien mais je souhaite allaiter : http://lesptitesmainsdabord.fr/2017/01/201701je-souhaite-allaiter-mais-ny-connais-rien/

colostrum : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1268-da-57-colostrum-or-liquide

perte de poids de plus de 10% http://mamanlune.com/index.php/2017/05/07/la-perte-de-poids-de-10-a-la-maternite-et-lallaitement-dr-jack-newman/

difficultés de début d’allaitement http://mamanlune.com/index.php/2017/03/23/les-difficultes-des-debuts-de-lallaitement-dr-jack-newman/

Tétées efficaces / prendre assez de lait https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/videos/1253-quatre-videos-reconnaitre-assez-lait

prise du sein asymétrique http://mamanlune.com/index.php/2017/09/01/teter-efficacement-la-prise-asymetrique/

mise au sein https://www.youtube.com/watch?v=2X668Oeg5GE / https://www.youtube.com/watch?v=2X668Oeg5GE

This entry was posted in Allaitement. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *