Le réflexe d’éjection fort ou ref

Qu’est-ce que c’est ?

Toutes les mères ont un réflexe d’éjection, c’est le mécanisme qui permet au lait de sortir du mamelon.

Le réflexe d’éjection fort c’est lorsque l’éjection du lait ressemble à une fontaine, un jet. Les pompes à alvéoles et la glande pituitaire fonctionnent à plein régime. Il y a des intensités de ref différentes, il n’est pas forcément problématique, et il ne correspond pas systématiquement à une hyper lactation. Le ref est la manière dont le lait sort, pas un indicateur de la quantité produite. Par ailleurs avoir un ref à un allaitement ne signifie pas qu’on en aura un au suivant, ni qu’il sera plus fort. Cela dépend de la santé de la mère et de plusieurs facteurs.

Symptômes
Jet de lait en début de tétées quand le bébé s’écarte du sein ou lorsqu’on tire avec un tire-lait qui va au moins jusqu’à 20cm du sein.

Comment aider ?

Dans tous les scénarios envisagés, voir un chiropracteur aide toujours. Cela permet de travailler sur la prise du sein, relâchement la mâchoire, tensions du palais.

scénario 1 : on pense avoir un ref mais on n’en a pas un.

avoir un bébé qui s’énerve au sein s’étouffe, refuse le sein, pleure au sein ne signifie pas que l’on a un ref. Le bébé peut avoir ce comportement sans lait qui sort en jet.

Et pour que le jet puisse être considéré comme un ref, il faut qu’il dépasse les 20 cm. S’il est gênant pour le bébé c’est souvent qu’il y a d’autres facteurs.

Ces comportements évoquent différentes pistes possibles : des difficultés de succion, causées par des tensions, des freins. Cela peut aussi indiquer une baisse de la lactation et/ou une confusion. Dans ce cas on cherche à comprendre ce qu’il se passe et on tire pour relancer sa lactation.  Mais aussi du reflux et des allergies alimentaires.

Si on met en application les techniques ‘bateau’ qui sont censées aider pour un ref, la production baisse et les problèmes empirent.

Il est préférable d’explorer la piste de tensions physiques en voyant un chiropracteur à la fois pour soi et pour bébé, de faire vérifier les freins par quelqu’un de compétent,  et d’éliminer la possibilité que le bébé ait du reflux et d’allergies qui feraient que bébé s’énerve au sein.

 

Scénario 2 : on a bien un ref, plus ou moins puissant mais pas d’hyperlactation.

Ce qui peut gêner le bébé avec un ref c’est que le jet va chatouiller le palais dur et cela provoque un réflexe nauséeux. Donc quand il a ce réflexe lui frotter (pas caresser) le palais avec son doigt juste derrière les gencives, pour l’atténuer.

Si le jet arrive sur le palais dur c’est que la prise du sein n’est pas assez profonde. Le bébé prend souvent le sein du bout des lèvres car il a des tensions, des freins restrictifs. Il existe des théories selon laquelle le corps de la mère mettrait en place un ref pour compenser pour les difficultés de succion de son bébé. Il pourrait ainsi ‘boire’ le lait qui gicle au lieu de téter. Attention cependant, toutes les mères qui ont des bébés avec des difficultés de succion n’ont pas de ref. On peut supposer que cela tiendrait à leur santé, taux hormonaux ou d’autres facteurs encore.

Si on tire avant les tétées et que l’on enlève ce lait facile à boire, le bébé va recevoir moins de lait.

Si on décide de n’offrir qu’un sein par tétée (voire qu’un seul sein sur plusieurs heures. il va recevoir moins de lait et la production va baisser. Il peut être calme et s’endormir au sein, mais il n’aura plus dé débit, et pas forcément la capacité de téter et de travailler pour obtenir du lait. Pour rappel, avoir une hyperlactation est rare, et on ne peut savoir qu’on en a une qu’après une longue période d’allaitement, parfois pas même avant le sevrage, car on peut passer d’une hyperlactation à une baisse de la lactation n’importe quand dans l’allaitement.

On peut essayer les pistes suivantes qui ne présentent pas de risque pour la lactation et permettent au bébé de continuer de recevoir du lait:  

  • allaiter plus souvent aide à diminuer l’intensité du ref car les seins sont moins engorgés et le débit moins fort.
  • Ne pas attendre que bébé ait trop faim pour proposer le sein pour qu’il ait plus de patience.
  • Supprimer la tétine : elle cause des seins engorgés et supprime des tétées
  • Une position (biological nurturing) peut aider à atténuer le ref grâce à la gravité.
  • travailler sur la position, c’est à dire faire ouvrir grand la mâchoire avec une prise asymétrique du sein, le menton enfoncé et le nez dégagé
  • faire roter en milieu de tétée, faire des pauses pendant la tétée.

En parallèle, on écarte la piste de tensions physiques en voyant un chiropracteur à la fois pour soi et pour bébé, de freins restrictifs en les faisant évaluer par quelqu’un de compétent, de reflux et d’allergies qui feraient que bébé s’énerve au sein.

 

En parallèle, on écarte la piste de tensions physiques en voyant un chiropracteur à la fois pour soi et pour bébé, de freins restrictifs en les faisant évaluer par quelqu’un de compétent, de reflux et d’allergies qui feraient que bébé s’énerve au sein.

 

Scénario 3 : on a un ref et une hyperlactation

Comme précisé au-dessus, avoir un ref ne va pas forcément de pair avec une hyperlactation, et une hyperlactation n’est pas forcément éternelle. Il faut des années et du recul pour savoir qu’on en a une. Avoir les seins engorgés ne signifie pas avoir une hyperlactation, cela signifie que bébé ne tète pas assez souvent et/ou qu’il ne parvient pas à drainer le sein correctement à cause de difficultés de succion.

Dans ce cas, certaines femmes décident donner un seul sein par tétée ou de pratiquer le ‘block feeding’, qui consiste à donner le même sein sur plusieurs tétées. Elles doivent être averties du risque qu’elles prennent pour leur lactation, que le bébé risque de prendre moins de lait.

Il arrive qu’il leur soit conseillé de drainer le sein complétement avant la tétée ou partiellement. Dans cette situation, il semble évident que la montée de lait suivante sera moins importante et/ou que le bébé recevra moins de lait et moins facilement. Il ne sera pas forcément en mesure de faire l’effort nécessaire. De plus cela crée une hyperlactation ou la maintient, et oblige la mère à tirer tout au long de son allaitement, donc dépendre de son tire-lait.

Parfois, on leur recommande de boire des tisanes pour faire baisser la lactation : l’efficacité de celles-ci reste encore à prouver, et dans le cas où cela fonctionnerait, le bébé recevrait moins de lait, moins facilement.

Il est préférable d’explorer d’autres pistes avant de se résoudre à cela :
tensions physiques en voyant un chiropracteur à la fois pour soi et pour bébé,
– des freins restrictifs en les faisant évaluer par quelqu’un de compétent,
– du reflux et des allergies qui feraient que bébé s’énerve au sein.

 

Sources :

Le Petit Nourri Source 6e édition
Le Mieux Vivre avec son enfant de la grossesse à deux ans version 2018
Breastfeeding Made Easy de Carlos Gonzalez

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