Allaiter un bébé allergique

Le lait maternel contient des traces des aliments ingérés par la mère, certains peuvent être irritants si le bébé est allergique.

Dans aucun cas cela ne justifie de passer aux préparations commerciales pour nourrissons. Elles ne sont pas adaptées à la flore digestive, besoins nutritifs. Elles sont potentiellement irritantes et contiennent toujours au moins des traces d’allergènes (ex une préparation sans maïs n’existe pas).

Dans ce cas l’idéal est de trouver les allergènes en cause et de les supprimer de son alimentation et de l’alimentation du bébé s’il est diversifié. Le lait maternel a des propriétés irremplaçables qui permettent au système digestif et au système immunitaire de se développer correctement. Il contient de très nombreuses souches de bonnes bactéries qui protègent le bébé, et des protéines complexes.

un groupe de soutien dans le cas d’allergies : ici

Pourquoi tant d’allergies : ici
un point sur les allergies immédiates, retardées, et intolérances :  ici
un article rédigé en collaboration avec un allergologue sur les allergies retardées et les intolérances : ici
Eviction des protéines de lait de vache : ici
Eviction du gluten : ici

Fiabilité des tests

A l’heure actuelle les tests allergiques ne sont pas fiables à 100% et ne permettent pas d’écarter avec certitude une allergie même immédiate :

  • les prises de sang ne sont pas fiables à 100% en particulier, il y a deux types d’antigènes recherchés en fonction de si l’allergie est suspectée être immédiate ou retardée.
  • les prick tests ne sont réalisés qu’à partir de fioles qui contiennent les protéines synthétisés mais non la protéine ‘naturelle’. On pique la peau du patient et laisse couler une goutte. On observe ensuite la réaction.
  • Les patch tests : l’aliment est placé directement sur la peau sous un pansement et laissé 48h. Lorsque l’on retire les patch, on observe la réaction de la peau.

On s’appuie sur les symptomes clinique et on enquête à l’aide d’un journal alimentaire, et on met en place des évictions des allergènes suspectés en équilibrant son alimentation.

Il existe différents types d’allergies :

  • les allergies immédiates qui provoquent une réaction immédiate des IgE et peuvent causer un œdème de quincke et donc la mort,
  • allergies retardées qui ne mettent pas les jours de la personne en danger, et dont les symptômes peuvent apparaître en décalé avec le contact à l’allergène.
  • Les intolérances : souvent liées à des déficits enzymatiques et des symptômes digestifs essentiellement, elles peuvent cependant avoir de grave conséquences comme c’est le cas de l’intolérance au gluten.

 

Probiotiques

Donner des probiotiques à un bébé allaité est inutile voire néfaste. Cela revient à diversifier, les probiotiques du commerce sont des ‘fabrications’ et comportent de nombreux ingrédients non mentionnés qui peuvent être eux-mêmes des allergènes et irriter le système digestif (lactose, gluten etc). Ce sont de purs produits marketing.

 

Diversification

De même diversifier un bébé prématurément favorise les allergies puisque cela irrite son système digestif et déséquilibre son microbiote (oui les industriels prétendent le contraire à l’aide d’études qu’ils ont eux mêmes financé).

 

En cas d’oedème

Une première réaction nécessite une consultation médicale le plus rapidement possible. Il faut parfois s’équiper d’un epipen car la deuxième réaction peut être plus fort. L’epipen contient de l’adrénaline qui permet de contrer la réaction allergique.

 

bébé non allaité

Au cas où le bébé n’est pas allaité, il est nécessaire de savoir que les préparations commerciales pour nourrissons avec les protéines hydrolisées ne suffisent pas, il est nécessaire de prendre une préparation qui ne contient pas du tout l’allergène et de toujours être vigilant à la composition de la préparation.

 

Symptômes d’allergies chez un bébé allaité

Rappel : il n’est pas nécessaire d’avoir tous les symptômes pour être allergique, le corps n’envoie parfois qu’un seul signal. Certains symptômes peuvent également être causés par autre chose (infection bactérienne, déficit enzymatiques, tensions physiques, freins restrictifs.

  • comportement au sein : refus du sein, grèves, écourte les tétées parce que le lait ‘brûle’, ou inversement tète très souvent pour calmer le reflux. Le bébé peut s’énerver, se tortiller, se cambrer. (avec les bébés qui prennent des préparations commerciales pour nourrissons : pleurs lors de la prise du biberon, après la prise, hurlements, ne finissent pas le biberon, se raidissent, refus de s’alimenter, ou au contraire des bébés qui engloutissent de très grosses quantités pour calmer leur reflux.)
  • pleurs : crise de pleurs, hurlements, des fois ils sont plus forts la nuit et après les tétées mais cela peut être tout le temps. Un bébé peut aussi être très calme si en économie d’énergie
  • sommeil : bébé qui ne dort pas en journée ou très peu, à des difficultés d’endormissement le soir, s’agite, et qui peut se réveiller toutes les heures la nuit à cause du reflux et de l’inconfort. Il peut se réveiller en hurlant. Inversement un bébé allergique peut être épuisé et dormir tout le temps.
  • tensions physiques : le bébé peut se cambrer, refuser d’être porté, sembler raide, dormir en hyper extension, le bassin en l’air, ou dans d’autres positions figées qui lui permettent de soulager son inconfort.  Bébé qui n’aime pas vraiment la position allongée.
  • problèmes cutanés : eczéma, dermatite atopique, urticaire, acné du nourrisson, érythème toxique, dartre, rougeurs, autres types de boutons . La peau est un organe émonctoire qui a pour but de filtrer ce que l’organisme ne tolère pas  et de l’aider à évacuer.
  • sphère oro-faciale : reflux et régurgitations visibles, parfois en jet, mais aussi reflux interne invisible avec des raclements, toux, ronflements,  mauvaise haleine,
  • infections orl fréquentes : rhumes, otites, pharyngites, sinusites etc. Les amygdales et végétations finissent par être inflammées.  Les allergies alimentaires et respiratoires peuvent causer des  difficultés à respirer, le reflux et l’inflammation des organes défenseurs restreint l’espace des voies respiratoires.                        
  • sphère oro-faciale : reflux et régurgitations visibles, parfois en jet, mais aussi reflux interne invisible avec des raclements, toux, ronflements, mauvaise haleine, infections orl fréquentes : rhumes, otites, pharyngites, sinusites etc. Les amygdales et végétations finissent par être inflammées. Les allergies alimentaires et respiratoires peuvent causer des difficultés à respirer, le reflux et l’inflammation des organes défenseurs restreint l’espace des voies respiratoires.
  • problèmes digestifs : ballonnements, douleurs, ventre dur, gaz malodorants, candidose, brûlures et picotements et fissures anales.
  • selles : selles glaireuses, brillantes, ou d’autres consistances inhabituelles, avec du sang, malodorantes, constipation, diarrhées.
  • prise de poids: cassure dans la courbe, ralentissement de la courbe de taille et poids, bébé qui me prend pas de poids ou inversement qui prend du poids de manière  fulgurante (rétention d’eau, œdèmes).
  • carences et fatigue : On peut aussi noter des carences lors de prise de sang en fer ou autres minéraux essentiels car la paroi digestive est tellement inflammée qu’elle ne les assimile plus, et/ou saigne. A terme cela affecte le fonctionnement des organes.
  • oedèmes de quincke : ils peuvent entraîner la mort (allergies immédiates)

Lors de la diversification : aliments qui piquent dans la bouche, rejet de certains aliments, comportement semblable aux troubles de l’oralité, vomissements et symptômes ci-dessus.

 

Que faire lorsqu’on suspecte une allergie?

Faire une éviction des PLV et croisés. Beaucoup de bébés y réagissent. Et même si bébé n’y est pas allergique, c’est très irritant, donc une éviction peut améliorer les choses. Il faut compter 4 à 6 semaines d’éviction stricte pour commencer à voir une amélioration.

Tenir un journal alimentaire. Car ça peut être les plv mais ça peut aussi être autre chose. Ça peut permettre d’identifier un ou plusieurs aliments auxquels bébé réagit. Sur une double page pour chaque jour, on met tous les aliments sur une page, sur l’autre page on indique l’état de la peau, le sommeil, l’état des selles, le reflux, le comportement, la respiration, les infections orl, bref tout ce qu’on peut observer et relier à une intolérance alimentaire. Plv, protéine bovine et soja c’est très courant mais il y en a d’autres auxquelles on ne pense pas (oeufs, moutarde, légumineuses, maïs, tomates, sulfites, gluten,…). Le corps qui ne tolère pas directement (diversification) ou indirectement (via le lait maternel) peut l’exprimer de différentes façons comme une douleur provoquant des tensions.  Il faut plusieurs jours voir semaine pour trouver le/les aliment(s) en cause.

Voir un allergologue pour réaliser prick tests et patchs tests. Si possible un allergologue qui utilise de vrais aliments pour faire les tests, et pas des produits de synthèse en flacons. Les résultats sont plus fiables ainsi.

rejoindre le groupe sur les allergies. Il y a pleins de super conseils sur comment tenir et analyser un journal alimentaire, comment déchiffrer les étiquettes des produits, des idées de recettes sans allergènes etc. Voilà le lien vers le groupe : https://www.facebook.com/groups/1920904058213269/

 

Témoignage de Julia

Bébé a 8 mois et depuis maintenant 1 mois, pour la première fois depuis sa naissance, elle ne refuse plus le sein (bon sauf lorsqu’elle sort une dent mais c’est différent). Elle fait de belles, efficaces et longues tétées, même lorsque nous sommes à l’extérieur de la maison, qu’il y a du monde, du bruit etc ❤️

Pour le contexte, bébé avec eczéma purulent, des selles liquides et glaireuses, RGO interne +++ (aussi freins restrictifs et Kiss mais c’est un autre sujet). 10mn de sommeil le matin, 10mn l’après-midi et 2 ou 3h entrecoupées la nuit avec bébé debout sur moi qui devait dormir assise sur le canapé. Œsophagite, pleurs, hurlements de douleur du matin au soir… Je remercie tellement les mamans qu’on a croisées sur notre route et qui nous ont mises sur la piste des allergies ! Si on avait écouté les pédiatres, gastropédiatres et autres médecins… « C’est physiologique », « Ça passera avec la marche », « L’eczéma c’est héréditaire y’a rien à faire »… on y serait encore !

La première éviction mise en place dans mon alimentation a été celle du maïs (amidon, maltitol, sorbitol, sirop de glucose etc), suite à la prescription de l’Inexium. Bébé l’a hyper mal toléré, on a dû l’arrêter au bout de 2 jours ce qui a mis sur la piste car il contient du maïs. Après seulement 4 jours d’éviction du maïs, l’eczéma purulent qu’elle avait depuis sa naissance a entièrement disparu. Elle a commencé à faire de petites siestes la journée qui se sont allongées au fur et à mesure et petit à petit nous avons pu aller enfin dormir au lit la nuit, avec bébé allongée sur moi et plusieurs coussins sous mon dos pour être bien surélevées.

Mais malgré ça, les tétées restaient horriblement compliquées et bien sûr notre quotidien aussi. Bébé refusait très souvent de téter, ou alors avalait quelques gouttes et décrochait plusieurs dizaines de fois par tétées. J’ai mis très longtemps à comprendre que c’était une forme de grève, que mon lait la brûlait, que je continuais à manger quelque chose qui ne passait pas. On a donc consulté un allergologue. Mais prick tests négatifs, et refus de poser des patchs tests car soit disant ça ne se pratique pas avant plusieurs années. Heureusement, on a appris (encore par des mamans) que l’utilisation de produits synthétiques en flacons présente des résultats moins fiables que l’utilisation de produits alimentaires bruts. Donc on a fait refaire des tests, avec cette fois-ci de vrais aliments. Résultats, bébé allergique immédiate à œuf +++, vache ++, soja ++ et bien sûr retardée à maïs comme on le savait depuis plusieurs mois. En parallèle, on a voulu commencer la diversification à 7 mois, mais bébé a fait une grosse réaction au premier aliment qu’on lui a donné, la banane. Retour de l’eczéma et du RGO +++.

Depuis un mois, en plus du maïs, je suis donc en éviction œuf et banane (je ne consomme pas de vache, croisés et soja depuis quelques années à cause de problèmes d’estomac donc ces évictions là étaient déjà en cours). Et le changement est impressionnant. Bébé dort sur le dos la nuit, commence d’elle même à jouer quelques minutes sur le dos la journée et surtout s’alimente avec plaisir, sans gêne, sans douleurs, sans brûlures ! On est pas encore sortis d’affaire, on a des doutes sur plusieurs aliments que je ne consomme pas car on pense qu’elle y réagit. On verra avec les patchs tests dans un mois. La diversification est en pause et sera un gros sujet. Mais quand je repense à tous les mois qui se sont écoulés, aujourd’hui ça va tellement mieux ! J’espère qu’on est sur la bonne voie et que ça continuera comme ça.”

 

source : Les allergies alimentaires : diagnostic, traitements et perspectives, Dr Habib Chabane.

 

aliments pour le patch test

 

préparation du patch test

 

Pose du patch test

 

 

 

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