Des difficultés d’allaitement peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale de la mère et du bébé de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://www.drghaheri.com/blog/2014/11/14/breastfeeding-problems-can-affect-the-emotional-health-of-mom-and-baby-1

Merci à lui !

 

En tant qu’ORL, j’ai été familiarisé avec les traitements en lien avec l’allaitement focalisé sur les aspects techniques de la frénotomie puisque cela s’associe à des problèmes d’allaitement. Auparavant, je voyais les bébés pour un motif spécifique et ensuite, je m’appuyais sur les consultantes en lactation de ma communauté pour améliorer les conditions de l’allaitement. Cependant, en temps que père d’enfants avec des freins de langue et mari d’une femme merveilleuse qui a souffert de l’allaitement avec notre premier enfant, j’ai toujours été conscient de ce qu’un allaitement dans de mauvaises conditions fait à une mère (et une famille). Dans ce post, je veux discuter de facteurs qui sont affectés par l’allaitement qui ne s’intéressent pas forcément à l’alimentation du nourrisson ou la qualité de la prise. Certaines idées que je vais évoquer auront des références scientifiques, certaines n’ont pas été étudiées.

La santé mentale de la mère – J’ai parlé précédemment de l’importance des symptômes de la mère pour déterminer si une frénotomie était justifiée. Quand un bébé a des difficultés pour téter, l’inquiétude de la mère est visible et quasiment palpable. Une mère a un instinct primaire qui lui ordonne de nourrir son enfant, et une interférence avec ce désir peut avoir un impact psychologique important. Une étude très importante à ce sujet a été publié cette année par Cristina Borra et ses collègues (lien ici Cristina Borra and colleagues.) Dans cette étude, les taux de dépression post partum étaient mesurés en lien avec la réussite à allaiter ou non. Les mères avec les taux de dépression post partum les plus bas étaient les mères qui avaient eu l’intention d’allaiter et avaient réussi. Les mères avec les taux de dépression post partum les plus hauts étaient celles qui avaient souhaité allaiter mais n’avaient pas pu ou réussi. Leur risque de dépression post partum était le double par rapport à celui du groupe contrôle. C’est un nombre alarmant qu’on ne peut ignorer. Une étude similaire s’intéresse à ce qu’il se passe avec l’allaitement quand une mère est diagnostiquée en dépression post partum. Dr Stuebe et ses collègues trouvèrent que dans les cas de lactation perturbée, la durée moyenne d’allaitement étaient de 1 mois et deux jours. La durée d’allaitement des cas sans perturbation de la lactation était de 7 mois. (lien ici Dr Stuebe and colleagues). Dans l’article elle découvrit aussi que les mères avec une dépression postpartum avaient un taux plus élevé de lactation perturbée. Le dernier article est, à mon opinion, le plus intéressant. Dans une étude portant sur des animaux, Dr Hinde et ses collègues ont examiné les taux de cortisol dans le lait maternel dans des dyades de singes (rhesus macaques) (lien ici Dr Hinde and colleagues) Ils ont ensuite démontré que les singes avec des taux de cortisol élevé dans leur lait maternel avaient des bébés qui étaient ‘nerveux’ et les bébés exposés au lait maternel avec des taux de cortisol plus faibles étaient plus ‘confiants’. Les taux de cortisol sont souvent élevés chez les personnes traversant des difficultés physiques ou psychologiques, donc comprendre l’impact du cortisol est particulièrement intéressant pour moi. La cause d’un taux de cortisol élevé et les effets en aval de ces taux de cortisol sont très complexes et davantage d’informations peuvent être trouvés (here et here). Il est important de reconnaître que ce que le cortisol implique concernant l’allaitement n’est pas encore complètement clair, donc plus de recherches sont nécessaires.

Santé mentale du bébé – d’un point de vue biologique, l’un des instincts les plus basiques de l’humain est de téter. Vous avez peut-être déjà vu un nouveau-né ramper sur la poitrine de sa mère et prendre le sein sans aide. C’est une capacité innée chez les bébés. Quand l’allaitement est interrompu, on sait comment cela peut affecter comment le bébé se nourrit, mais on n’a pas de données sur à quel point le bébé souffre quand ce besoin de base est mis à mal. Un article très intéressant sur comment le stress chez les bébés est mesuré a été publié en 2012 et étudiait le stress du nourrisson et de la mère quand était essayée une méthode de laisser pleurer pour l’apprentissage du sommeil. Cet article montrait que quand la mère et le bébé résistaient lors de la mise en place du programme, leur taux de cortisol, facile à mesurer était très élevé. Une fois que le bébé était ‘entraîné’ et que la mère le mettait dans sa chambre, les niveaux de cortisol de la mère redevenaient normaux, mais les niveaux du bébé restaient élevés même sans signe de détresse (un entraînement apparemment réussi). Comment cela peut-il avoir un lien avec l’allaitement ? Je considère que les bébés qui ont des difficultés à téter sont dans une réelle détresse comme l’est un bébé abandonné. Une fonction humain basique (comme la proximité parentale dans le sommeil ou des tétées faciles) est facilement mis à mal et les niveaux de cortisol peuvent augmenter. A un certain point, nous serons capables de le mesurer. J’ai régulièrement des retours de mamans par mail peu de temps après une frénotomie pour me dire qu’elles ont un ‘tout nouveau bébé’. Ces bébés sont souvent plus calmes, dorment mieux, et ont moins de tensions physiques. Ils semblent détendus et heureux.

Il est temps que les professionnels du milieu médical commencent à considérer l’allaitement comme un processus développemental important plutôt que comme la marche d’un escalier qui fait grandir un bébé physiquement. La communauté médicale est très forte pour mesurer des attributs physiques – les courbes de croissance et les acquisitions moteurs sont prises en considération lors des visites de santé. Il faut que nous nous intéressions au bien-être neurologique et psychique des nourrissons et à ceux de leur mère également. Notre système actuel fait défaut à la dyade dans l’aspect émotionnel et nous devons nous intéresser aux conséquences de cet échec.

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Les symptômes de la mère sont aussi importants que ceux du bébé de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits : http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/23/a-breastfeeding-moms-symptoms-are-as-important-as-the-babys

Merci à lui.

 

Mon dernier post évoquait comment un frein de langue et un frein de lèvre peuvent avoir des effets gênants sur comment le bébé essaie de téter. Ce post va détailler comment une mauvaise prise due à un frein de lèvre ou de langue peut faire mal à la mère.

Alors que la majorité des mères préféreraient allaiter, des symptômes désagréables au sein peuvent rendre l’allaitement difficile.

J’entends souvent les mères dirent qu’elles se sentent égoïstes de faire subir une freinetomie à leur bébé. L’argument contre cette manière de penser est simple : tout ce qui met en jeu la capacité de la mère d’allaiter met évidemment les bébés en péril. Je maintiens que les bébés devraient être allaités aussi longtemps que possible sans devoir être sevrer pour des raisons extérieures. Quelquefois, cela signifie de seulement s’intéresser aux symptômes de la mère plutôt qu’à ceux du bébé, si ses symptômes sont plus forts.

 

Quelles sont certaines des conséquences pour une mère lorsqu’un bébé a une mauvaise prise du sein  à cause d’un frein de langue ou de lèvre ?

Des crevasses – elles font partie des conséquences les plus évidentes d’une mauvaise prise du sein causée par des freins de langue ou de lèvre. Si le bébé ne peut pas retrousser ses lèvres suffisamment, les lèvres vont rentrer vers l’intérieur, rendant la prise glissante. De plus, si les mouvements de la langue sont restreints, elle ne peut pas s’enrouler autour du sein dans la cavité orale et la mâchoire inférieure est exposée. Quand la mâchoire inférieure exposée et la lèvre supérieure sont ce qui est utilisé pour tenir le sein, cela peut causer des crevasses. Les signes précurseurs sont un changement de la forme du téton suite à la tétée. Les tétons peuvent être pliés, aplatis, ou peuvent blanchir à cause de la compression ou de la restriction de la circulation sanguine. Si la blessure est répétée et persistante, la mère peut avoir des fissures, bleus, ampoules. Quand c’est pire encore, la mère peut avoir des crevasses qui saignent et des croûtes.  Même après que la prise s’améliore avec le traitement, certaines mères ont eus des nerfs endommagés à long terme qui pourront ne plus s’améliorer avec le temps.

La douleur – C’est l’un des symptômes le plus commun qu’une mère a. Malheureusement, c’est l’une des symptômes le plus souvent mis de côté par les professionnels de santé. Beaucoup trop continuent de propager le mythe selon lequel il est normal qu’allaiter cause de la douleur. Les douleurs d’allaitement sont courantes mais cela ne veut pas dire que c’est normal. Est-ce qu’il y a une sensibilité au début de l’allaitement ? Sûrement, mais ce n’est pas de ça dont je parle ici. La douleur qui fait grincer des dents, liée à l’allaitement d’un bébé qui a un frein de langue, est tellement forte qu’une mère peut commencer à la craindre.  Même lorsque la douleur est moins intense, mais toujours présente, l’inconfort présent peut être sans aucun doute une cause de sevrage prématuré.

Un mauvais un drainage incomplet du sein – Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles un bébé ne va pas vider un sein. Celles-ci comprennent un endormissement rapide au sein, l’incapacité à faire ventouse ou l’incapacité à se servir de sa langue correctement pour créer une pression intraorale négative pour aspirer suffisamment de lait. Peu importe la raison, du lait maternel stagnant peut indiquer des problèmes futurs de diminution de la production lactée. De plus, cela peut être des signes précurseurs de mastite.

Maladie du sein – Finalement, si quelque chose menace la santé des seins, la production de lait est menacée. Avec la mise en place d’une prise du sein causant des douleurs, les tétons de la mère peuvent s’infecter à cause des fissures. Cela peut causer des abcès. Les blessures de surface peuvent conduire au développement de candidose, qui peut venir du bébé ou lui être transmis. Des infections bactériennes superficielles, des ampoules, ou des canaux bouchés peuvent aussi en résulter.  L’une des pires conséquences d’une mauvaise prise du sein est une mastite, qui récidive. Si une mère a des mastites à répétition il faut toujours voir s’il y a une restriction au niveau de la bouche qui en serait la cause principale. Une mastite peut nécessiter une hospitalisation et entrainer une baisse soudaine de la lactation donc cela doit être pris au sérieux.

Il est important que nous voyions l’allaitement comme un effort d’équipe si on veut obtenir des résultats à long terme avec des bébés qui sont autrement incapables de manière anatomique de prendre le sein. Si le bébé est en bonne santé et grandit bien, mais que la mère est malade en permanence ou craint les tétées, nous avons échoué à traiter et soutenir la dyade. Nous devons arrêter d’ignorer les symptômes de la mère et nous devons cesser de propager une culture dans laquelle il est normale de passer outre les besoins de la mère.

‘je veux l’original’

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Les problèmes de la compensation du bébé de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits :  http://www.drghaheri.com/blog/2016/6/23/breastfeeding-compensations-for-tonguelip-tie-are-problematic

Merci à lui.

 

Alors que l’on comprend de mieux en mieux l’impact des freins de langue et de lèvre, c’est également le cas pour les implications à long terme de restrictions intraorales. Lorsqu’on examine la prise du sein, on observe que les mécanismes compensatoires viennent habituellement avec une diminution de l’efficacité des tétées. Certains effets de ces compensations sur la bouche du nourrisson peuvent également devenir davantage apparents plus tard quand l’enfant grandit. Ce post expliquera des situations où un bébé peut utiliser des mécanismes de compensation pour gérer les restrictions et expliquer comment ces compensations sont utilisées, ainsi que pourquoi elles peuvent s’avérer problématiques plus tard dans la vie.

Il y a de nombreuses situations dans lesquelles un bébé qui a une restriction orale peut sembler téter ‘correctement’. L’exemple le plus commun est souvent de s’intéresser au gain de poids. Comment est-ce qu’un bébé avec un frein de langue/lèvre peut gagner suffisamment de poids ?

Ce bébé a une une frénotomie à 5 mois. Regarder la stagnation du poids entre 4-6 mois suivi par le gain de poids ensuite.

  1. Au début de sa vie, un bébé peut gagner du poids correctement en étant tenace. Ce sont les bébés qui ont un tonus musculaire élevé et qui peuvent causer des douleurs considérables à la maman lors des tétées. Ils ont suffisamment de tonus musculaire pour ne pas se fatiguer au sein, mais puisque les restrictions orales font d’eux des téteurs inefficaces , ils peuvent passer de très longues périodes à téter. C’est important de comprendre que la prise de poids n’est pas le seul marqueur d’un allaitement réussi, et que si une mère est sur le point d’arrêter parce que la douleur est insupportable, la bonne prise de poids du début n’est plus pertinente.
  2. Les mères peuvent avoir un ref (réflexe d’éjection fort) ou une hyperlactation. J’ai vu beaucoup de situations dans lesquelles le bébé prenait vraiment beaucoup de poids et et où la mère n’avait pas mal, mais la prise du sein était complètement symptomatique. Pourquoi souhaiterait-on intervenir dans ces cas là ? Quand un bébé reçoit passivement du lait et ne vide pas activement le sein, cela peut annoncer des problèmes futurs : canaux lactifères bouchés, des mastites pour la mères du fait d’un drainage incomplet ou une baisse soudaine dans la production de lait une fois que le signal pour la lactogénèse passe d’un contrôle hormonal à un contrôle géré par la stimulation, en général vers 10-16 semaines. Une stagnation du poids peut avoir lieu et cela peut être difficile à rattraper une fois que cela arrive.
  3. La complémentation avec des biberons peut masquer les problèmes qui auraient eu lieu avec un allaitement exclusif. Alors qu’une prise de poids normale peut suffire au pédiatre, la perte de l’allaitement exclusif est associée avec une durée plus courte d’allaitement. De plus, nourrir au biberon peut causer des changements de l’architecture du palais donc des effets en aval.

 

Souvent, je vois des docteurs, consultantes en lactation et des parents s’intéresser aux méthodes de compensation du bébé et essayer de modifier cette attitude plutôt que d’essayer de comprendre d’où elle vient. La compensation la plus commune est celle du bébé qui utilise ses lèvres retroussées pour s’accrocher au bout du sein. Techniquement, le bébé prend le sein. Mais nous savons des études antérieures que la succion qui devrait maintenir le bébé sur le sein devrait venir des mouvements de la langue dans la bouche (en particulier du milieu de la langue). Si la langue n’est pas capable de former une succion on devrait plutôt s’intéresser à pourquoi le bébé utilise ses lèvres en premier lieu.

De même, un bébé ayant un frein de lèvre/ langue va essayer de s’accrocher au sein avec une « petite bouche ». S’il n’ouvre pas grand, seulement une petite quantité de tissu mammaire peut entrer dans la cavité orale. Cela a comme conséquence une prise peu profonde qui prédispose la mère à des douleurs d’allaitement et à un allaitement moins efficace. Bien trop souvent, j’entends des consultantes en lactation dire « ce que vous devez faire est de lui faire ouvrir la bouche plus grand », comme si le bébé choisissait simplement de ne pas ouvrir grand. Une fois encore, nous devons nous interroger sur pourquoi le bébé a une petite bouche quand il essaie de prendre le sein- quand des restrictions orales sont présentes, une grande prise cause de l’inconfort et des tensions au bébé. Le bébé réagit en fermant la bouche jusqu’à ce que la tension s’apaise, ce qui explique sa prise peu profonde. C’est aussi important de comprendre pourquoi un bébé n’arrive pas à la fois à utiliser ses lèvres pour tenir le sein et à avoir une grande prise du sein. C’est la même chose que d’utiliser une paille très large au lieu d’une étroite en essayant de boire.

Enfin, je vais discuter des compensations qu’un bébé emploie et qui peuvent causer des problèmes à long terme. Avant que cela puisse être évoqué, cependant, je vais expliquer comment l’allaitement permet une croissance craniofaciale optimale. Un allaitement normal est la manière dont la nature a prévu de faire grandir le palais. Le sein malléable est porté par la langue et sculpte le palais en une large étagère en appuyant sur l’intérieur des gencives. Cela permet aux dents permanentes de pousser avec un espacement adéquat.

Beaucoup des problèmes orthodontiques que l’on croise sont les conséquences d’un palais creux et de dents serrées (constriction maxillaire). Il y a des données de qualité qui démontrent que l’allaitement favorise une meilleure occlusion dentaire (Peres, et al). Le septum nasal siège sur le palais (en anatomie, le plafond de la bouche est le plancher du nez). Quand le palais se creuse au lieu de s’élargir, la cavité nasale est rétrécie. De plus, le septum doit se déformer si le plancher sur lequel il est installé s’élève – cela se transforme en septum dévié. Ces deux choses prédisposent le bébé à respirer par la bouche. Alors que la déviation du septum se fait en plusieurs années, le palais creux est repérable immédiatement après la naissance (certains bébés renâclent beaucoup durant les tétées). Parce que les bébés sont obligés de respirer par le nez, une obstruction nasale peut d’autant compliquer la prise.

Le palais est le centre de la croissance faciale lors de la croissance d’un enfant. Si le palais est bas et large, l’enfant peut respirer par le nez et il y a moins de chance qu’il ait une respiration désordonnée et de l’apnée du sommeil. Allaiter aussi longtemps que possible (même lorsque ce n’est plus uniquement un besoin en calories) est très important pour optimiser la formation du palais. On commence à voir de plus en plus de preuves des bienfaits de l’allaitement pour des raisons précédemment inconnues. Guilleminault de Stanford montre le lien entre le frein de langue et l’apnée du sommeil (2015), qui a de nombreuses conséquences en aval (fatigue, difficultés à se concentrer, bruxisme, fuites urinaires nocturne, problèmes de comportement, et même des symptômes ressemblant au TDAH).

Les professionnels médicaux qui s’occupent des nourrissons peuvent apprendre à identifier les compensations pour un frein de langue / de lèvre chez les nourrissons et comprendre qu’ils sont des symptômes indiquant un frein. Si on se concentre sur comment garder un enfant sur sa courbe de croissance sans examiner comment le bébé la suit quand le bébé compense, alors on peut les mettre sur la voie du sevrage prématuré, qui coïncide avec de la malocclusion dentaire et des difficultés respiratoires plus tard. Notre but en tant que professionnels médicaux serait d’en faire un humain épanoui mais si on ne change pas nos pratiques, on envoie nos patients vers des conséquences qui seraient évitables.

 

References

Peres KG, Cascaes AM, Nascimento GG, Victora CG. Effect of breastfeeding on malocclusions: a systemic review and meta-analysis. Acta Paediatrica. 2015; 104: 54-61.

Huang YS, Quo S, Berkowski JA, Guilleminault C. Short Lingual Frenulum and Obstructive Sleep Apnea in Children. International Journal of Pediatric Research. 2015 1:1.

. International Journal of Pediatric Research. 2015 1:1.

 

 

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La prise de poids n’est pas la seule indication d’un allaitement qui fonctionne de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits: http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/20/a-babys-weight-gain-is-not-the-only-marker-of-successful-breastfeeding

 

Là où j’exerce à Portland dans l’Oregon, j’ai la grande chance d’avoir un réseau important de services auxiliaires qui soutiennent les mère allaitantes assurant un environnement favorable à l’allaitement. Mais d’un autre côté il est frustrant que certaines compagnies d’assurance refusent d’autoriser la libération d’un frein de langue ou de lèvre. Parmi les nombreuses raisons citées est « Pas de problème de prise de poids ».

Ce post va détailler de nombreux problèmes qu’un bébé peut potentiellement avoir lorsque l’allaitement n’est pas optimal, et vous montrera comment le poids est seulement une partie du puzzle. Notre hypothèse est que l’objectif est de maintenir l’allaitement aussi longtemps que possible (il y a de nombreuses études qui nous montrent les effets bénéfiques de l’allaitement sur la santé à long terme lorsqu’un bébé est allaité, plutôt que nourri au lait artificiel.)

Il y a un avantage monétaire à l’allaitement aussi. Une étude de 2009 publiée dans Pediatrics démontrait que des taux d’allaitement bas coûtait aux Etats Unis 13 billion de dollars. De plus, une étude de USDA démontrait que chaque année, 3,6 billion de dollars pourraient être économisés si 50% des enfants étaient allaités pendant au moins 6 mois. De plus, n’importe quelle chose qui raccourcit la durée de l’allaitement coûte aux assurance (et la société) un fardeau financier plus lourd.

 

  •       S’endormir au sein – c’est l’un des symptômes les plus communs que je retrouve chez les bébés avec des freins. L’explication la plus plausible est que cela arrive car les bébés avec des freins doivent fournir des efforts bien plus importants pour téter que les bébés qui peuvent téter normalement. Quand cela s’accumule avec des tétées fréquentes (lorsqu’ils ne sont pas entièrement satisfaits avec la tétée précédente) l’énergie devient un problème. Pour ça que les assurances devrait s’en soucier : ce symptôme peut causer la fin de l’allaitement à cause de la frustration ou de la fatigue de la mère.
  •       Une mauvaise prise – évidemment, si l’anatomie orale du bébé les empêchent de réaliser les mouvements nécessaires pour prendre le sein, la prise peut être anormale de manière visible. Les bébés avec des freins de langue et de lèvre ne sont pas capables d’ouvrir grand la bouche. (Essayez le vous-même – d’abord, ouvrez grand la bouche autant que vous le pouvez puis fermez là. Ensuite tournez votre lèvre supérieure vers l’intérieur, maintenez là et ouvrez votre bouche à nouveau. Vous allez ressentir une tension considérable qui limite votre capacité à ouvrir la bouche). Même si les bébés ouvrent grand et prennent le sein correctement, ce n’est pas une position qu’ils peuvent tenir donc ils glissent sur le téton, ce qui affecte leur capacité à téter. C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : une prise du sein inappropriée est la cause de nombreux autres problèmes d’allaitement qui peuvent causer un sevrage.
  •       Reflux et coliques – je ne vais pas prétendre que tous les reflux de bébés et les coliques sont causés par des freins. Cependant, des bébés qui ont des freins de langues ou des freins de lèvre avalant des quantités considérables d’air. Etant incapable de retrousser la lèvre supérieure et de faire ventouse sur le sein avec la langue, la prise est moins profonde, plus comme au biberon. Cela leur fait avaler de l’air. Quelquefois, on entend un claquement ou un son de déglutition. Les parents peuvent souvent sentir ou entendre l’air dans l’estomac de leur bébé, et les rots ne permettent pas toujours de le faire sortir. Cet air peut agir comme un propulseur, causant un reflux silencieux, faisant régurgiter ou vomir en jet. Par conséquent, le bébé peut avoir un inconfort digestif important. C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : le reflux chez un nourrisson est souvent une raison pour laquelle on lui donne des médicaments. De plus, lorsque les génériques Zantac sont donnés en première intention, beaucoup utilisent ensuite le Prevacid, beaucoup plus cher.
  •       Mâchouiller ou mordre le téton – Alors que certains le décriraient comme une prise ‘fainéante’, les bébés avec un frein de langue et un frein de lèvre ont parfois l’incapacité physique de ne pas se servir de leurs gencives ou de mordre. Si la lèvre supérieure ne se retrousse pas, la profondeur de la prise est réduite. Si la langue ne peut pas s’élever et enrober le sein tout en faisant coussin sur la gencive inférieure, cela a pour conséquence que le bébé utilise sa gencive inférieure et l’extérieure de la lèvre supérieure pour tenir le sein. C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : c’est l’une des premières causes des douleurs au sein. Les mères qui ont mal ont beaucoup plus de chance de sevrer de manière prématurée, causant encore une fois des problèmes de santé à long terme (et donc des coûts)
  •       Ampoules sur les lèvres – quand une prise facile, classique n’est pas possible à cause de l’anatomie, certains bébés très déterminés feront tous ce qu’ils peuvent pour maintenir le sein en bouche. Cela comprend utiliser les deux lèvres comme un poisson meunier. Le témoin le plus courant de cette prise inadéquate que l’on peut trouver est une ampoule sur la lèvre supérieure. Alors que commune lors des première semaines de vie à cause de la fragilité de la lèvre supérieure, je considère que la persistance d’ampoules au delà des premières semaines après la naissance indique la présence d’un frein de lèvre. En examinant les enfants, il est important d’observer les deux lèvres et le gonflement. N’importe quel degré de gonflement de la lèvre inférieure peut faire penser à un frein de langue ou frein de lèvre. Des gonflement le long de la lèvre supérieure (en dehors de l’ampoule/cloque centrale) sont aussi un souci. Rarement, comme montré ici, les ampoules sur les lèvres peuvent être très importantes. C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : un traumatisme physique sur les lèvres du bébé peut l’empêcher de continuer à téter. Cela peut être douloureux pour lui et causer des douleurs à la mère.

Des ampoules sur les lèvres peuvent indiquer l’incapacité à retrousser les lèvres.

De très importantes ampoules, un cas rare.

 

  •       De courts cycles de sommeil – certainement, il y a une multitude raisons pour lesquelles un bébé peut se réveiller et cela de manière normale plusieurs fois la nuit. Je serai le premier à vous dire que je n’ai pas d’étude pour appuyer cette affirmation. Tout ce que je peux dire est que les bébés dorment mieux quand ils sont rassasiés et n’ont pas de reflux. Quand ils ont faim, ils se réveillent. Quand ils ont des remontées acides désagréables, ils se réveillent. Quand un bébé se réveille souvent, les mères dorment moins. La durée des cycles de sommeil augmente parfois après une frénotomie, cela ne devrait cependant jamais être le seul motif pour consulter. C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : un sommeil perturbé met en jeu l’allaitement. Dans certains cas, un mauvais sommeil accentue une dépression post partum. Les deux peuvent coûter de l’argent.
  •       Incapacité à garder une tétine dans la bouche – Je ne vais pas parler des arguments contre ou pour l’usage de tétine. Il est fréquent qu’un bébé avec un frein de langue ou de lèvre n’arrive pas à garder une tétine. Cela s’améliore souvent avec la frénotomie. Cela n’a pas grand chose à voir avec les assurances.

Cet enfant a été traité à l’âge de 6 mois. Avant le traitement le bébé avait perdu des percentiles en poids. Malgré que le frein se soit reformé et que cela ait nécessité une deuxième frenotomie trois mois plus tard, ce bébé commença quasiment immédiatement à reprendre du poids. Ce changement en prise de poids suite à la frénotomie est courant chez les bébés qui n’arrivent pas à gagner du poids à cause de frein de langue ou frein de lèvre.

  •       Prise de poids insuffisante – Ce symptôme est celui qui inquiète le plus les parents et le pédiatre. C’est le symptôme qui convainc les docteurs qu’il faut faire quelque chose, soit en donnant un traitement médicamenteux au bébé, soit en les envoyant chez un spécialiste. C’est aussi le symptôme qui semble intéresser les assurances. Cela peut signifier perdre une quantité de poids importante immédiatement après la naissance (beaucoup considère 10% de perte de poids comme une perte importante). Cela peut aussi se traduire par le fait qu’il faut un long moment au bébé avant de retrouver son poids de naissance.  C’est pour cela que les assurances devraient s’en soucier : la perte de poids sape souvent les efforts d’une mère à allaiter exclusivement son bébé. La dépendance au lait artificiel pour retrouver un poids correct augmente les chances que la mère arrête ll’allaitement et/ ou arrête de tirer, résultant en des coûts à long terme pour les assurances.
  •       Enfin, je pense que nous devrions analyser les différentes raisons de comment un bébé peut gagner du poids quand il a un frein de langue et/ou un frein de lèvre.  Au début de l’allaitement, la production de lait peut être suffisamment importante pour permettre au bébé de boire plutôt que de téter. C’est particulièrement vrai lors de la montée de lait ou dans les situations où la mère à une hyperlactation. Quand la demande calorique est plus faible, cette manière de boire est suffisante pour prendre du poids. Les assurances peuvent souvent refuser la prise en charge lorsqu’elle est demandée dans cette période.  Mais lorsque le bébé grandit et que la demande augmente, le gain de poids peut ne plus être satisfaisant. Deuxièmement, complémenter soit avec du lait tiré, du lait donné ou du lait artificiel peut être nécessaire pour maintenir un poids correct.  Une assurance regardera les chiffres mais ne s’intéressera pas à comment ils ont été maintenus. Je dirais que les bébés exclusivement allaités ont une meilleure chance d’être allaités longtemps que les bébés qui dépendent de lait tiré. Enfin, une mère déterminée peut réussir à allaiter malgré toutes les conséquences néfastes d’un allaitement se déroulant dans de mauvaises conditions, cela parce qu’elle se préoccupe de la santé de son enfant. Cela ne signifie pas que la relation est saine. Se soucier uniquement du poids ne permet pas aux assurances d’avoir une vue d’ensemble.
  •       Comme je vais vous le montrer dans les posts futurs, il y a des avantages marqués à allaiter plutôt que nourrir au biberon. Je pense qu’il est extrêmement simpliste de penser à l’allaitement uniquement comme une alimentation pour le bébé. Ignorer les symptômes qui peuvent compliquer la prise du sein et empêcher le bébé de se nourrir correctement peut avoir des effets préjudiciables à long terme. On a besoin d’élargir notre compréhension des problèmes d’allaitement pour pouvoir s’en occuper et améliorer les chances de réussir de la dyade.

 

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Comment évaluer si un frein est gênant de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits:

http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/15/how-to-examine-a-baby-for-tongue-tie-or-lip-tie

 

Le seul but de ce post est d’expliquer comment examiner un bébé pour vérifier s’il a un frein de langue ou frein de lèvre. Les posts suivants aideront à expliquer les symptômes de restrictions orales qui peuvent avoir des conséquences sur l’allaitement.

 

Notre première année d’études comprend une technique d’examen appropriée. Par exemple, si vous ne savez pas où poser votre stéthoscope, vous pourriez rater un souffle au cœur. Malheureusement on ne nous apprend pas à examiner un bébé qui a des difficultés à téter. Si vous n’êtes pas capables de vérifier si un bébé à un frein de langue ou un frein de lèvre, il y a des chances que vous soyez tenté de dire qu’il n’y en a pas.

La première étape est un éclairage suffisant. Une lumière frontale est une bonne idée et permet de libérer les deux mains pour l’examen. Il y a des lampes frontales à led bon marché (moins de 25$ en général) qui peuvent permettre de bien observer l’intérieur de la bouche.

L’étape suivante est un bon positionnement. C’est l’erreur la plus commune faite par les professionnels de santé quand ils vérifient les freins de langue et de lèvre. Le professionnel et le parent devraient être face à face, et leurs genoux se toucher. Le bébé devrait être allongé sur la table improvisée, la tête en direction du professionnel. On ne peut pas vérifier un frein si le bébé est simplement assis sur les genoux de ses parents.

Le but de l’examen est d’essayer de déterminer le degré de tension du frein de langue et de lèvre sur les tissus autour. Est-ce que le bébé réagit ? Si cela leur semble inconfortable, ils vont se plaindre. Si le frein est serré, il va souvent blanchir ou pâlir. Regardez où le frein est attaché à la mâchoire ou la langue.

Beaucoup de personnels médicaux recommandent des exercices d’assouplissement après une frénotomie pour éviter la possibilité d’un frein qui se reforme. Dans cette situation, le parent doit tourner la tête de bébé de manière à ce qu’elle soit dans leur bassin et leurs pieds aillent vers l’extérieur. Sinon, un bébé peut être allongé sur une table de change ou matelas afin que le parent se place autour du bébé pour faire les assouplissements.

Cette technique est aussi la meilleure technique pour obtenir une photo de la lèvre ou de la langue. Vous aurez besoin d’une deuxième personne pour prendre une photo une fois que vous avez la langue et la lèvre dans la bonne position.

 

 

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Comment prendre une photo pour faire évaluer les freins de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits: http://www.drghaheri.com/blog/2015/3/7/how-to-take-appropriate-pictures-for-tongue-tie-or-lip-tie-evaluation

Ce post a un objectif simple : vous apprendre comment faire une photo du frein de langue et de lèvre pour permettre à d’autres d’évaluer votre bébé à distance.

1) Prendre une bonne photo nécessite deux personnes. Un selfie de la langue n’aide personne. Une personne lève la langue ou la lèvre et l’autre prend la photo.

2) Assez de lumière – une lampe frontale avec des led (moins de 20$)

3) S’installer correctement – la lèvre et la langue doivent pouvoir aller vers le haut pendant une tétée normale. Passez vos doigts sous la lèvre ou sous la langue est important pour voir si vous pouvez facilement soulever la langue. Positionnez-vous de telle manière à avoir la tête du bébé dans votre bassin et ses pieds qui partent à l’opposé de vous.

4) Voici une vidéo qui montre comment surélever la lèvre ou la langue https://vimeo.com/86784777

5) La personne qui prend la photo doit s’assurer de se positionner de manière à ce que tout le frein soit apparent. L’astuce est d’avoir déjà choisi le focus de l’appareil en réglant le zoom sur la langue avant de la faire se lever/l’élévation. Sur les Iphone et sans doutes les android, laissez le doigt appuyé quelques secondes sur l’endroit qui nous intéresse permet de faire un ‘auto focus, auto exposure’ donc l’appareil ne se focalisera pas sur les mouvements du bébé. Une autre astuce est d’utiliser le shutter et de prendre une série de photos rapides pour voir si vous arrivez à récupérer une photo correcte. Dans le même genre, vous pouvez faire une vidéo et ensuite faire une capture d’écran de celle-ci.

 

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Tous les problèmes d’allaitement ne sont pas causés par des freins de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits: http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/20/not-all-breastfeeding-problems-are-caused-by-tongue-tie

 

Comme c’est le cas lorsque l’on identifie un nouveau problème médical, il y a une excitation autour de l’aide à apporter aux personnes en difficulté. Quelquefois, cet engouement peut conduire à attribuer à tort ce problème et ce ‘nouveau’ diagnostic. Alors que les freins de langue et freins de lèvre ne sont pas techniquement nouveaux, le lien entre les freins serrés et courts et des problèmes d’allaitement est assez récent. Parce que je traite beaucoup de bébés chaque année qui ont des problèmes à cause d’un frein serré, je suis également amené à refuser de traiter des bébés qui n’en ont pas besoin.

Chaque clou n’a pas besoin du même marteau. Un frein de langue et un frein de lèvre peuvent causer des problèmes mais ne sont pas la source de tous les problèmes d’allaitement.

Le premier endroit où toute mère et bébé devraient aller s’il y a des problèmes d’allaitement est chez une IBCLC (international board certified lactation consultant). Voici un article sur comment choisir une ibclc how to choose a lactation consultant.

IL y a beaucoup de causes possibles pour des problèmes d’allaitement. J’ai demandé à un groupe de supers consultantes en lactation une liste d’autres causes possibles de problèmes d’allaitement (en particulier la douleur). Voici ce qu’elles ont listé :

  • Problèmes techniques – une mauvaise technique de prise du sein, en particulier de position. Souvent les mères inexpérimentées imaginent qu’un bébé tète comme il tète une tétine (cela peut aussi arriver si le bébé fait une confusion et qu’on lui donne des biberons en parallèle avec le sein). Elles donnent le téton au lieu du sein, ce qui peut causer de la douleur. Un mauvais positionnement peut aussi être un problème (souvent causé par un coussin inadapté ou la manière dont le bébé est maintenu au sein). Allaiter un bambin acrobatique qui peut oublier qu’il tète et est intéressé par ce qui l’entoure peut causer de la douleur.
  • Des problèmes anatomiques chez le bébé – il y a des problèmes anatomiques autres qu’un frein de langue ou frein de lèvre qui peuvent avoir un impact négatif sur l’allaitement. L’un des plus courant est une musculature tendue au niveau de la bouche ou du cou. Cela peut être causé par une naissance difficile, une position inadaptée dans l’utérus, ou un torticolis. Des problèmes congénitaux peuvent affecter l’anatomie orale ou faciale du bébé et rendre l’allaitement très compliqué (fente palatine ou labiale par exemple).
  • Facteurs spécifiques aux seins – alors que certains de ces facteurs peuvent être causés par des freins de langue ou de lèvres, des maladies des seins peuvent être la seule cause de problèmes. La maladie de Raynaud ou les vasospasmes peuvent rendre l’allaitement très douloureux. Des seins trop engorgés peuvent rendre la prise du sein difficile pour le bébé. Mastistes, canaux lactifères bouchés, candidoses, ampoules de lait peuvent venir de blessures causées par des morsures ou mâchages du bébé. Certaines mères ont des réactions allergiques aux produits utilisés sur les seins (parfums ou produits pour faire la lessive, le ménage). Une petite partie des mères ont mal lors des montées de lait ou un réflexe d’éjection douloureux. Certaines ont des émotions très négatives lors des montées de lait, ce qu’on appelle le réflexe d’éjection dysphorique. Des tétons percés peuvent causer de la sensibilité nerveuse également.
  • Des facteurs psychologiques ou de santé peuvent également affecter l’allaitement- une dépression postpartum peut augmenter l’inconfort lors des tétées ou peut être interprété comme de l’inconfort. Cela devient particulièrement apparent quand le bébé a d’autres raisons pour avoir des problèmes à téter (en particulier frein de langue et frein de lèvre). Toute histoire d’abus sexuel peut devenir un obstacle important dans l’allaitement. Des maladies telles que la fibromyalgie peuvent aussi être problématiques pour une maman qui allaite. Certaines mères ont de l’inconfort lors de leurs règles.
  • La mauvaise utilisation d’objets tel que le mauvais usage d’un bout de sein peut causer des problèmes pour l’allaitement, causant soit un transfert moins efficace, un bébé frustré et de la douleur pour la mère. De plus l’utilisation de téterelles inadaptées lorsque l’on tire son lait peut causer de la pression et de la douleur aux mamelons.

 

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle a juste comme objectif de démontrer qu’une mère qui a des difficultés d’allaitement a besoin de voir quelqu’un de formé pour poser un diagnostic. Evidemment, les freins de langue et de lèvre peuvent jouer un rôle dans ces problèmes, mais je m’inquiète d’approches simplistes lorsque l’on essaie de résoudre les problèmes d’une mère et de son bébé. Et c’est évidemment le cas vu le désespoir que ces dyades ressentent quand quelque chose d’aussi basique et important devient difficile.

 

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Les mythes au sujet de l’allaitement douloureux de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits:

http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/9/the-myths-about-painful-breastfeeding

 

Avec ce blog, je vais faire de mon mieux pour contredire ce qui est généralement dit par les docteurs, dentistes, consultantes en lactation qui ne comprennent pas le lien entre un frein de langue, un frein de lèvre et un allaitement qui ne va pas bien. Je pense que nous devons commencer par prouver que ce qu’ils pensent savoir est faux. Je pense que ces mythes viennent d’un manque flagrant de connaissances, et qu’avec le temps, nous aurons peut-être la chance de moins les entendre.

J’ai rassemblé une liste d’affirmations qui sont souvent utilisées quand une mère a mal ou des difficultés quand elle allaite. Je vais essayer de vous montrer en quoi elles sont inadaptées et comprendre pourquoi, avant de parler avec votre docteur, ce qui je l’espère peut vous donner confiance en vous.

 

_ « C’est normal d’avoir mal (ou des crevasses ou de saigner) » souvent associé avec « il faut que vos tétons s’habituent». Ces affirmations sont d’autant plus inquiétantes quand elles viennent de quelqu’un qui n’a jamais allaité. Je ne sais pas comment une telle manière de penser est acceptable d’une manière ou d’une autre. Si une mère, que cela soit la première fois qu’elle allaite ou qu’elle soit une allaitante expérimentée, a mal au sein, comment peut-on lui dire que la situation est normale ? Si c’était n’importe quelle autre situation où quelqu’un était blessé, cette réponse serait-elle acceptable de la part d’un docteur ? Si j’avais une grosse coupure sur la main, et que mon docteur disait « C’est la première fois que vous avez une grosse coupure là, il faut endurcir votre main » je serai probablement fâché.

 

 

« Votre bébé est fainéant. »  Les nouveaux nés fonctionnent à l’instinct. Un bébé n’a pas la capacité de décider d’être fainéant au sein. Si le bébé essaie de téter et n’en est pas capable, il va essayer de compenser d’une autre manière. Quelquefois, cela les force à utiliser un effort gigantesque pour essayer de téter, et ils s’endorment au sein (quelquefois très vite). Aussi s’ils ne sont pas assez nourris à cause d’un retard dans le diagnostic, ils n’auront pas l’énergie nécessaire pour téter assez longtemps.

 

« Vous n’avez pas assez de lait ». Oui cela peut être vrai. La production de lait dépend d’une stimulation du mamelon efficace. Au début, le lait peut mettre du temps à venir. Plus tard, la production de la mère peut baisser. Mais pourquoi ? Si un bébé n’est pas capable de stimuler le tissu mammaire et glisse sur le mamelon à cause de limitations physiques, cela nous donne une explication sur pourquoi une mère peut avoir des soucis de production de lait. Mais dire ça et ne pas ensuite chercher une raison derrière cela est juste incompréhensible. Par exemple si vous aviez besoin d’oxygène mais que je ne cherchais pas pourquoi vous aviez besoin de plus d’oxygène je ne ferai pas mon travail.

 

« Votre bébé a une petite langue » qui va souvent avec « Vos mamelons sont trop gros » ou « la bouche de votre bébé est trop petite ». Tous les bébés ont des petites langues. Toutes les langues des bébés sont plus petites que le sein de leur mère. Considérant que ces réflexions viennent souvent de docteurs qui ne sont pas des orl, je ne sais pas comment ils arrivent à cette explication. Suis-je supposé penser qu’à travers l’histoire de l’évolution de l’humanité les bébés qui ont souffert de ce syndrome de la petite bouche n’ont jamais tété ? Montrez-moi une étude qui a déjà comparé la taille de la langue de bébé et les problèmes d’allaitement. Cette étude n’existe pas.

 

« Les freins de langue, les freins de lèvre ne posent pas de problème avec l’allaitement. » Cela vient souvent de la bouche de spécialistes mal informés (orl, stomatologues ou pédodentistes). Ce qui se traduit par « Comme le Dr. Ghaheri, il y a quelques années, je n’avais aucun intérêt pour l’allaitement. Parce que je n’ai pas de formation, c’est facile pour moi d’être catégorique et de dire qu’il n’y a pas de lien. Ce blog a la vocation de changer ça. »

 

« Le frein va s’assouplir avec le temps » Combien de temps ? Combien de temps doit attendre une mère avant que cela ne soit plus le cas ? Combien de temps devrait attendre un bébé qui n’arrive pas à se nourrir correctement ? Plutôt que d’évaluer la situation ou de penser à une frénotomie, les docteurs et les consultantes en lactation supposent qu’un bébé doit attendre. De plus, il n’y a jamais eu une seule étude qui dit que les freins s’assouplissent. A ma connaissance, ce qui s’assouplit c’est ce à quoi le frein est attaché. Dans la bataille entre le mouvement musculaire et un os immobile, les muscle gagnent toujours. Cela se traduit par un os qui se transforme et peut faire bouger les dents (je l’ai vu chez des enfants plus âgés et des adultes qui ont des appareils dentaires aussi – une fois que l’appareil est enlevé, si on ne s’est pas occupé des attaches, les dents vont continuer à bouger à cause de la tension).

Ce bébé est tombé et a déchiré son frein de lèvre. Avez-vous regarder la quantité de tissu qu’il reste sur la mâchoire ? Cela peut prédisposer le bébé à un frein qui se reforme et causer encore des soucis au niveau de la dentition.

 

« Un jour votre bébé va tomber et se casser le frein de lèvre et le problème sera résolu. » Je ne sais pas pour vous, mais je n’arrive pas à trouver aucun autre souci médical où on attend pour une résolution spontanée du traumatisme. « Oh, vous vous êtes cassé le nez ? On va attendre la prochaine fois qu’il se casse ça le remettra peut-être en place ». Même si le traumatisme a lieu (en général il n’a pas lieu) le frein de lèvre n’est jamais complètement enlevé et il y a la possibilité qu’il se reforme.

 

« Le bébé peut tirer la langue donc il n’a pas un frein de langue ». Celle-ci est la plus fréquente que l’on entend. C’est une affirmation simple que les parents peuvent tout de suite comprendre. Mais le problème est là : les bébés ne tirent pas leur langue en dehors de la bouche quand ils tètent ! Ce que l’on oublie aussi est que la langue est capable de faire beaucoup de mouvements différents. Je ne sais pas qui a décidé arbitrairement que pouvoir faire l’un de ces mouvements signifiait que tous les autres mouvements étaient acquis, mais ce n’est pas le cas. Le mouvement le plus important de la langue pour un bébé est l’élévation de la langue à l’intérieur de la cavité orale à l’intérieur de la bouche de bébé et lever la langue en l’air. Beaucoup de gens ne le font pas, donc je ne considère pas cette affirmation comme valide.

 

 

 

J’ai entendu d’autres affirmations intéressantes encore, mais j’ai choisi ces mythes car ils sont les plus courants lorsqu’on essaie de convaincre une maman que rien ne peut être fait ou que rien ne devrait être fait. Renseignez-vous avant de parler avec votre docteur, dentiste, ou consultantes en lactation. S’il est évident que vous connaissez plus de choses qu’eux, vous pouvez aussi essayer de leur apprendre des choses.

 

 

 

 

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Diagnostiquer des freins chez les bébés n’est pas une nouvelle mode de Bobby Ghaheri

Je ne suis ni docteur, ni pédiatre, ni sage-femme, ni consultante en lactation,  je suis une maman.

Je partage ici un article pour que la connaissance des freins serrés/courts et leur impact sur l’allaitement soit davantage connu. Je remercie  le comité de correction de tout cœur.

Article original de l’ORL étatsunien Bobby Ghaheri disponible ici , qui a accepté de partager ses écrits:http://drghaheri.squarespace.com/blog/2014/2/17/diagnosing-tongue-tie-in-a-baby-is-not-a-fad

 

Lorsqu’une nouvelle mère et un bébé viennent me voir, je leur demande toujours si c’est quelqu’un qui les a envoyé ou si elle a fait ses propres recherches et est venue me voir d’elle-même. Je lui demande de manière spécifique l’attitude du pédiatre, sage-femme, ou médecin généraliste par rapport à l’allaitement. Je lui demande en particulier quelle était l’attitude du pédiatre, sage-femme ou médecin généraliste concernant les frénotomies. Je leur demande aussi ce qu’ils pensaient de venir me consulter pour essayer de comprendre mieux les obstacles idéologiques qui existent dans le milieu médical.

 

L’une des choses que j’entends le plus souvent est que les professionnels de santé disent quelque chose du style ‘Oh, diagnostiquer un frein de lèvre est une nouvelle mode’ ou bien ‘cette histoire de frein de langue est juste quelque chose de nouveau que les gens font’.

 

Il est frustrant d’entendre cela, je pense qu’il est important de comprendre quelles sont les raisons pour lesquelles on entend parler de plus en plus de freins de lèvre et des freins de langue du fait des problèmes d’allaitement. Comme c’est le cas avec tout nouveau changement de paradigme en médecine, la première réponse est toujours celle du conservatisme et du doute.

 

Pourquoi cette augmentation de bébés diagnostiqués avec des freins de langue ou de lèvre causant potentiellement des problèmes d’allaitement ?

 

  •       La génétique : il y a plusieurs études qui examinent l’aspect héréditaire possible de l’ankyloglossie (frein de langue)
  •     Acevedo et al en 2010 identifie une famille brésilienne qui a à la fois des freins de langue et des anormalités dentaires. Alors que l’étude concernait seulement 14 patients, l’étude démontre un motif à dominance autosomal de transmission héréditaire (pour être clair, un gène autosomal se trouve sur l’un des 22 chromosomes qui n’est pas un chromosome X ou Y. Un gène dominant a besoin de seulement de l’une des deux copies pour être transmis et causer un effet particulier –  une chance sur deux d’avoir le gène).
  1.     En essayant de répondre à la question pourquoi les hommes sont plus affectés par l’ankyloglossie que les femmes, une étude coréenne de by Han et al en 2012 identifia des motifs de transmission potentiellement lié à X.
  2.     Klockars en 2009 identifia que la prévalence de l’ankyloglossie dans la population est approximativement de 4-5% et que la transmission héréditaire passe aussi d’une manière à dominante autosomal (comme Acevedo).

Ce que ces études démontrent est qu’il y a probablement une prédisposition génétique à l’ankyloglossie. Mes propres observations sont avec mes patients que plus de 50% des bébés qui ont un frein ont aussi une personne de leur famille qui en a un. Comme c’est le cas avec beaucoup de perturbations génétiques, un gène est transmis de génération en génération, et ce gène est potentiellement transmis d’une manière dominante, de plus en plus de bébés seront affectés par ce gène à chaque génération et avec une population qui augmente (en supposant que ceux qui en ont seront capables d’avoir des enfants).

  •       Plus de mamans allaitent qu’auparavant. Puisque les taux d’allaitement augmentent, le nombre de mamans qui ont des difficultés pour allaiter va augmenter. Avant l’introduction du lait artificiel, les docteurs vérifiaient systématiquement les freins du bébé dans la pouponnière et coupaient s’il semblait court. Il y a des documents historiques qui parlent de sages-femmes qui utilisaient un ongle rose affûté pour couper le frein de nouveaux nés qui avaient un frein. Etait-ce une mode à l’époque ?
  •       L’un des arguments majeurs que je mets en avant est que j’attribue les problèmes d’un bébé allaité à un ensemble de problèmes anatomiques spécifiques. Un docteur qui ne sait pas quels sont les liens entre ces choses va seulement suivre les lignes directives qu’il a appris pendant sa formation. Si leurs mentors leur avaient enseigné les mythes au sujet des difficultés d’allaitement, des bébés fainéants, avec une petite bouche ou une petite langue comme des excuses pour les problèmes. Si ces excuses ne tenaient pas, on tenterait probablement de tenir la mère responsable car elle n’aurait pas assez de lait ou des tétons qui ne convenaient pas pour l’allaitement. Je ne pense pas que ces excuses soient des explications recevables pour les difficultés d’allaitement du point de la théorie de l’évolution. Vous ne verriez jamais un docteur expliquer à un patient qu’il a peu d’oxygène dans les poumons car ‘il aurait des poumons fainéants’. Je considère que nous devons trouver les raisons anatomiques pour lesquelles certains bébés ne peuvent pas téter.  Et ma théorie est que beaucoup de ces bébés ont des problèmes à cause des restrictions au niveau de la langue ou de la lèvre supérieure.

 

Les posts futurs regarderont les preuves en faveur de la frénotomie quand ces freins sont la cause de problèmes d’allaitement. Ironiquement, il n’y a pas d’études qui vont contre le traitement des freins chez les bébés qui ont des difficultés à téter. Quand les gens qualifient cet intérêt pour l’ankyloglossie et comment cela affecte l’allaitement comme une mode, c’est insultant car cela nie les galères de la mère ou du bébé. Cela minimise les frustrations ressenties par la dyade et cela ne fait rien pour aider le problème actuel.

Je demande aux docteurs et aux consultantes en lactation d’aborder ce problème de manière analytique plutôt que de transmettre des vieilles idées reçues à leurs patients.

 

 

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Bambins allaités et faible prise de poids

La solution n’est pas moins de lait maternel comme on pourrait le croire, mais plus!

Les besoins en lait des bébés allaités ne diminuent pas à partir de la diversification et ne sont pas compensés par les apports en solides. Les besoins en lait maternel continuent d’augmenter, le lait étant très calorique et donc nourrissant pour le bambin.

Lorsqu’un bambin allaité ne prend pas assez de poids, réduire, diminuer ou supprimer les tétées n’a pas de sens. Cela le prive de sa source principale d’alimentation et peut causer des blocages. Pour qu’il mange plus de solides,ait plus d’appétit il faut augmenter ses apports en lait en cherchant et ce qui interfère avec celle-ci, ou interfère avec le transfert de lait entre la mère au bambin.

Dans une une situation de baisse de lactation et/ou mauvaise prise de poids on suit le même raisonnement que pour un bébé de moins de 6 mois qu’avec un bambin de plus de 6 mois :  on revoit la conduite de l’allaitement, la présence d’une tétine, une contraception hormonale, des freins, la succion du bébé, un blocage articulaire/vertébrale…

 

Extrait traduit de l’article du Dr Jack Newman disponible à cette adresse http://ibconline.ca/toddler/

Comment les docteurs arrivent-ils à la conclusion qu’il n’y a aucun apport dans le lait maternel après un an ? Je peux seulement faire une hypothèse, mais je pense que celle-ci n’est non pas sans fondement.

Il n’est pas rare que certains grands bébés et bambins passent de longues périodes au sein et ne prennent cependant pas de poids. Cela arrive, souvent, parce que la mère aura eu une baisse importante de la lactation. Le bébé qui tète n’obtient pas beaucoup de lait. La majorité des professionnels de la santé ne savent pas quoi regarder quand un bébé tète et comment savoir s’il obtient du lait ou non. Ils pensent que si un bébé est au sein et fait des mouvements de succion, il obtient du lait. Donc ils supposent qu’il n’y a pas d’apport nutritif dans le lait maternel après un an ou une période de temps arbitraire après la naissance. Mais ce n’est pas le cas.

Dans la première vidéo, le bébé obtient beaucoup de lait. Il est possible de le savoir grâce à la pause que fait son menton quand il ouvre sa bouche au maximum. Chaque mouvement de succion est une ouverture-pause-fermeture. Cette pause signifie ‘Je viens juste d’obtenir une bouche pleine de lait’. La plus longue est la pause, le plus de lait il reçoit.

Dans cette deuxième vidéo, bien que le bébé est au sein et tète, le bébé n’obtient quasiment pas de lait. Le menton ne fait pas de pause.

Dans certains cas, le bébé passe de longue périodes au sein, n’obtient pas assez de lait, ne prend pas de poids, perd même parfois du poids, et pourtant, il refuse de manger des solides.

Comment est-ce possible ? comment un bébé qui n’obtient pas assez de lait de manière évidente pour pouvoir grossir ou qui perd du poids de manière évidente, pourquoi refuse-t-il de manger des solides ? Les gens qui ont faim, cela comprend les bébés, dévorent la nourriture.

Je crois que la production de lait maternel a baissé au point que ces bébés sont, en fait, à un régime peu calorique. Ce n’est pas qu’il n’y a rien dans le lait maternel : c’est que le bébé n’obtient pas de lait, au moins pas beaucoup de celui-ci. Donc ils développent ketos, une situation dans laquelle plusieurs régimes brûleurs de graisses tentent de mettre la personne qui souhaite perdre du poids. En mangeant peu, on développe des cétones dans le sang, et on ne ressent plus la faim.

Pourquoi les bébés restent au sein pendant de longues périodes s’ils sont cétoniques ? parce qu’allaiter est plus que des nutriments et des calories. Allaiter apporte au bébé de la sécurité, du confort, et oui, de l’amour. Donc ils restent au sein, et tètent et tètent et n’obtiennent pas de nutriments, mais ils obtiennent du confort.

La plupart des pédiatres diront à la mère qu’elle doit arrêter d’allaiter et que le bébé commencera alors à manger, ce n’est pas forcément vrai. Oui, certains le feront, mais pas tous, donc c’est dangereux car certains vont se déshydrater. Ils seront même peut-être hospitalisés pour recevoir des nutriments par intubation et ensuite ils commenceront à manger des solides une fois qu’ils auront obtenu suffisamment de calories. Mais un hôpital n’est pas vraiment un endroit sûr pour un bébé ou bambin mal nourri. Et cette approche a comme conséquence le sevrage et c’est un prix cher à payer. Et il n’est pas nécessaire d’hospitaliser l’enfant ou de sevrer.

Qu’est-ce qui peut être fait pour augmenter la quantité de lait que le bébé obtient au sein ? quand ils reçoivent plus de lait, la cétose diminue, disparaît et ils ressentent la faim et commencent à manger tout en continuant à téter. C’est la meilleure solution. On utilise fréquemment de la dompéridone dans cette situation et ça marche. La production de lait augmente, le bébé obtient plus de lait, la cétose disparaît, et le bébé commence à manger des solides et continue à téter.

Il est bon de rappeler que même si tout se passe bien avec l’allaitement, les docteurs diront fréquemment aux mères d’arrêter l’allaitement parce qu’ « il n’y a plus de bénéfices pour le bébé ». Cela en dit long sur la compréhension de l’allaitement par ces docteurs en général mais aussi de l’allaitement d’un bambin.

 

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