La tétine de biberon ‘anti-confusion’

Au cours d’un précédent article j’évoquais la question de la confusion sein-tétine notamment avec l’utilisation de biberons. Le problème étant accepté comme bien réel, les commerciaux se sont donc attelés à trouver une solution pour que les mamans / parents continuent malgré tout d’acheter des biberons. Pour cela il fallait trouver une tétine de biberon qui ne présente pas de risque de confusion. Ou en tout cas, convaincre, qu’elle ne pose pas le même risque que les autres. Les commerciaux sont doués pour fournir des efforts lorsqu’il s’agit de vendre un produit et de garder/créer une nouvelle clientèle. Comprendre ici les parents qui veulent éviter la confusion sein-tétine.

Si l’on reprend le pourquoi de la confusion avec un biberon, il y a trois aspects essentiels :

1) la différence de texture entre une tétine et un sein : la tétine est plus rigide et le bébé peut s’habituer à cette hyperstimulation de la bouche et ne répondre plus qu’à celle-ci devenant complètement passif au sein.

2) le mécanisme et les muscles impliqués ou non dans la succion. Avec un biberon, bébé pince la tétine avec ses gencives et obtient du lait, ce qui lui coûte peu d’efforts, la langue est inactive et positionnée en arrière. Au sein, il y a de nombreux muscles mobilisés, la langue est tirée en avant et active, elle compresse le sein contre le palais, et le téton va très profondément dans la gorge. L’ouverture de la bouche n’est pas la même. Bébé doit l’ouvrir très grand pour téter de manière efficace.

3) la différence de débit entre un biberon et le sein : un bébé peut finir par refuser de faire l’effort au sein car le lait coule plus vite et sans effort au biberon, donc pourquoi se fatiguer ?

Alors il suffit maintenant d’observer avec un œil critique les différentes tétines ‘anti confusion’

Sont-elles rigides ?

Ont-elles la même texture et souplesse que le sein ?

Vont-elles aussi loin dans la bouche ?

Mobilisent-t-elles la langue et les muscles de la bouche ?

La langue est-elle tirée en avant?

Demandent-elles d’ouvrir la bouche en grand ?

Permettent-elles d’avoir le même débit qu’au sein ?

Depuis quelques temps, il est question d’une tétine ‘révolutionnaire’, la calma de medela, qui serait capable d’imiter la succion de bébé au sein et de le pousser à reproduire le même réflexe qu’au sein.

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Pourtant, elle est tout aussi rigide que ses congénères. L’ouverture de la bouche reste la même qu’avec une tétine classique et n’a rien à voir avec le sein, la texture rigide ne permet pas à bébé d’avancer autant la langue que ce qui est prétendu, ni d’être aussi actif.

La différence avec les autres tétines est en fait l’absence de pincement pour obtenir du lait, mais du lait qui coule grâce à l’aspiration de bébé, ainsi que sa longueur, légèrement plus grande que les tétines classiques.

Le problème est là. D’abord la langue n’est pas mobilisée, du fait de la forme de la tétine et de sa rigidité et elle n’a rien à faire puisqu’il faut aspirer pour faire venir le lait, la pression sur la tétine étant inefficace (qui est d’ailleurs un argument de vente de medela).

Et si le bébé aspire comme il le fait au sein, le débit est très fort, il peut donc s’étouffer car la tétine va plus loin dans la gorge que les tétines classiques, et ne s’écrase pas du tout comme le fait le téton.

Alors s’il arrête d’aspirer, il peut faire une pause, en effet, entre deux débits trop élevés/risques d’étouffement.  Tant mieux.

Ni le mécanisme de succion,  ni l’ouverture de la bouche, ni le rythme de bébé ne sont respectés et similaires à ce que bébé fait au sein.

 

Ce qu’il se passe avec une tétine classique et ce qu’il se passe avec la calma

Avec une tétine ‘classique’, pour obtenir le lait, bébé met sa langue en arrière du fait de la rigidité de la tétine et celle-ci reste passive, les muscles de la bouche ne sont pas utilisés. Il pince avec ces gencives et le flot de lait arrive, vite et facilement.

Avec la calma, pour obtenir du lait, le bébé ne peut toujours pas se servir de sa langue, la tétine étant peu souple et imposante, elle est donc positionnée légèrement en arrière et reste passive. Il aspire et le lait coule à flots dans la tétine et arrive au fond de la bouche à grande vitesse, sans que la position soit la même qu’au sein.  Cela peut être concertant voire dangereux. Le lait arrive très vite, sans respecter la mécanique physiologique du processus pour téter.

Dur d’imiter le sein?

On peut faire quelque chose de très ressemblant, mais encore une fois, de l’imitation naît la confusion.

Autant utiliser des méthodes qui demandent à un bébé d’être actif, de se servir de ses muscles, et de se nourrir à son rythme.

 

liens – sources en anglais :

http://thebreastfeedingmother.blogspot.fr/2012/07/the-trouble-with-calma-and-quest-for.html

http://theleakyboob.com/tag/medela-calma/

 

 

 

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L’allaitement au sein et la confusion : causes et types de confusion

Cet article est le fruit de recherches, lectures, rencontres et expériences. L’alimentation d’un bébé est un sujet complexe qui ne peut être pris à la légère, et je ne suis ni médecin, ni pédiatre, ni consultante en lactation ibclc. En cas de problème avec votre bébé, notamment prise de poids et croissance, veillez à consulter une personne du domaine médical, de préférence avec le diplôme ibclc (international board of certified lactation consultant) qui assure des connaissances approfondies en allaitement.

L’article se compose de 2 parties :ce qu’est la confusion et les trois types de confusion.

C’est la version courte d’un article plus long, pour l’article entier avec les alternatives c’est ici : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

pour la partie uniquement les alternatives se référer au lien en bas de l’article : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/les-alternatives-pour-eviter-la-confusion-etou-reeduquer-la-succion/

I Au sujet de la confusion

  1. Le principe : trois obstacles à l’allaitement au sein

Les biberons, la tétine, les bouts de sein/téterelles sont faits de plastique et imitent la forme du sein, ou en tout cas du téton, pour nourrir l’enfant, le rassurer, ou l’aider à se nourrir.

Ces trois utilisations, bien que fort courantes et banalisées, ne sont pas des alliées de l’allaitement au sein, mais de véritables obstacles qui peuvent entretenir les problèmes que bébé a de prendre le sein, lui empêcher d’apprendre à téter, diminuer la stimulation de manière considérable, faire baisser la production et la prise de poids, conduire au sevrage par manque de lait ou refus total du bébé de téter.

Le biberon, la tétine, et les bouts de sein agissent sur deux choses propre à l’allaitement au sein :

1) le transfert de lait : ils participent au ‘blocage’ de la manière dont le lait passe de la maman au bébé

2) La production de lait à la source : ils causent une diminution de la production, voire une disparition de celle-ci sur le long terme.

La tétine (sous entendue du biberon, tétine ou bouts de sein/téterelles) peut donc conduire à l’arrêt de l’allaitement maternel au sein, soit de manière discrète et progressive sans que la mère se rende compte de ce qu’il se passe, soit de manière brutale, le jour où le bébé refuse soudainement de prendre le sein.

  1. Les mythes au sujet du risque de confusion sein-tétine

« Un mythe pour faire peur », « qu’après les 1 mois du bébé plus de risque », « qu’un bébé sait bien faire la différence », « que si ce n’est pas la mère qui donne pas de risques de confusion », « que le besoin de succion est trop intense », « que ce n’est pas une confusion mais une préférence et un choix de la part du bébé », « que tel bébé n’a jamais fait de confusion » , « bébé n’aime pas et recrache de toute manière » , « bébé aime trop le sein pour faire une confusion, « que c’est juste pour s’endormir », « qu’au moins le papa peut s’impliquer », « qu’un seul biberon ne changera rien », « la tétine / les bouts de sein ont sauvé mon allaitement »….

  1. La réalité du risque de confusion

La confusion peut arriver n’importe quand tout au long de l’allaitement, il suffit d’un biberon ou de l’utilisation même rare de la tétine. Elle n’implique pas l’intelligence de bébé, ni son amour du sein, mais la perte de repères et de réflexes musculaires, démobilise encore plus les bébés qui manquent de tonicité au niveau de la bouche et qui auraient besoin d’entraînement et de rééducation. Elle peut toucher n’importe quel bébé, n’importe quand, immédiatement ou après plusieurs mois. Et en revenir n’est pas une tâche aisée, c’est parfois impossible.

  1. Comment la confusion se manifeste-t-elle ?
  • Mauvaise prise du sein, bébé n’ouvre pas assez la bouche pour téter
  • Énervement au sein : bébé est frustré de devoir faire autant d’efforts et ne sait plus comment téter
  • Trop peu de couches mouillées car bébé n’obtient plus assez de lait
  • Prise de poids lente, voire insuffisante ou inexistante car bébé n’obtient plus assez de lait
  • Refus total de prendre le sein.
  1. Pourquoi parle-t-on de confusion ?

Parce que la tétine a été fabriquée de telle sorte à avoir un aspect ressemblant au sein, sans être exactement la même chose. Elle est plus rigide, moins souple et moins élastique. Elle va moins profond au fond de la gorge que le sein.

Malgré une ressemblance, elle suppose un autre réflexe que la tétée au sein pour obtenir du lait. Au sein, bébé avance sa langue et s’en sert pour compresser le sein, et ne se sert pas de ses gencives. Au biberon, la langue doit se mettre en arrière et ce sont les gencives qui font le travail, en pinçant la tétine. Boire au biberon ou au bout de sein ne mobilise pas autant de muscles de la succion au sein. La tétine n’est donc pas très éloignée de la forme du sein, mais plus ‘facile’ à maîtriser, un piège pour tous les bébés, et encore plus ceux qui manquent de tonicité musculaire ou sont fatigués et doivent se remettre d’un accouchement compliqué, naissance prématurée, tensions physiques, maladies etc., mais également les bébés bien portants.

  1. Existe-t-il des tétines sans risque de confusion ?

Il n’y a pas de biberon ou de tétine qui permettent d’éviter la confusion.

C’est un argument marketing utilisé par les marques pour vendre leurs produits et rassurer les mamans, et en faire de futures consommatrices de biberons et autres produits qui vont avec. Ils n’ont besoin d’aucune étude ou d’aucune ‘preuve pour l’affirmer. Il suffit de l’écrire pour que la caractéristique du produit semble crédible et que les mamans relaient cette ‘désinformation ‘. Certaines marques prétendent avoir trouver la solution. Mais leur tétine est plus rigide qu’un sein, moins malléable, le débit beaucoup trop rapide, la position de la langue pas la même qu’au sein, et le bébé est bien obligé de ‘téter’ de modifier la manière qu’il a de téter pour obtenir du lait, donc le risque est bel et bien là.

 

II Les trois types de confusion

Ces trois types de confusion sont malheureusement cumulables.

00 panneau Risque

  1. Le biberon

Ce qu’il se passe avec un biberon

  • Bébé pince avec ses gencives pour obtenir le lait, la langue et la mâchoire ne sont pas positionnées de la même manière que lorsqu’il tète au sein. Au biberon, la langue se positionne en arrière, au sein, pour téter il doit tirer la langue et s’en servir pour comprimer le sein.
  • Le débit est rapide et le lait coule sans fournir d’efforts particuliers.
  • Bébé va reproduire cette manière d’obtenir du lait sur le sein et être frustré car cela ne vient pas, ou pas assez vite.
  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • Suppression de moments de stimulation : bébé n’a plus faim donc ne va pas téter donc pas stimuler et donc pas préparer (ou ‘commander’) la montée de lait suivante
  • La production de lait diminue progressivement.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner, il va falloir complémenter davantage.
  • Bébé refuse de prendre le sein : le débit ne lui convient plus, la production de lait est faible et il ne comprend pas pourquoi il devrait faire autant d’efforts pour obtenir si peu, alors qu’au biberon ça va ‘tout seul’.

Que faire en cas de confusion avec un biberon ?

Arrêter de donner des biberons. Si le besoin de complémenter est déjà bien installé ou nécessaire pour des raisons médicales, donner dans un autre contenant qui ne présente pas ce risque et diminuer progressivement la quantité des compléments en faisant surveiller la prise de poids par un professionnel.  (liste des alternatives au biberon et explications en fin d’article) Expliquer sa démarche au bébé, le câliner, lui proposer le sein pendant le sommeil, prendre un bain avec lui, faire abstraction du reste et être patiente. Contrôler ensuite que bébé ouvre grand la bouche au sein ensuite et si ce n’est pas le cas, faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisé, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

  1. La tétine

Ce qu’il se passe avec une tétine

  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs.
  • Bébé utilise son énergie à téter la tétine et n’en a plus ou ne ressent plus la nécessité de stimuler le sein par la suite (le cas encore plus de bébés ‘fatigués’ par des circonstances particulières).
  • Suppression de moments de stimulation : bébé utilise son énergie sur la tétine donc pas stimuler et donc pas préparer (ou ‘commander’) la montée de lait suivante Sa succion au sein sera plus rare, donc la production va diminuer.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner.

Que faire ?

Supprimer la tétine. Elle n’est pas nécessaire. Donner le sein.

Tous les bébés ont un besoin de succion. C’est parfaitement normal et cela leur assure une production de lait adaptée à leurs besoins. La tétine interfère avec l’allaitement au sein, et de manière redoutable, alors que l’on croit son utilisation anodine.

Contrôler ensuite que bébé ouvre grand la bouche au sein ensuite et si ce n’est pas le cas,faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisés, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

besoinsuccion

  1. Les bouts de sein

Ce qu’il se passe avec des bouts de sein/ téterelles

  • Bébé pince avec ses gencives pour obtenir le lait, la langue et la mâchoire ne sont pas positionnées de la même manière que lorsqu’il tète sans.
  • Bébé va reproduire cette manière d’obtenir du lait sur le sein et être frustré car cela ne vient pas, ou pas assez vite.
  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs lors de tétées sans bouts de sein.
  • Sa succion au sein sera plus rare, donc la production va diminuer.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner.

(un lien vers un article très complet du Docteur Jack Newman sur les bouts de sein : http://mamanlune.com/index.php/2017/03/23/les-bouts-de-sein-jack-newman)

Que faire ?

Enlever le bout de sein en cours de tétée, proposer le sein au bébé sans lors des tétées nocturnes, prendre le temps patiemment d’apprendre à faire ouvrir la bouche à bébé, se faire accompagner dans sa démarche par d’autres mamans allaitantes, se faire montrer la position correcte par un spécialiste.

Contrôler également que bébé arrive à ouvrir la bouche en grand et si ce n’est pas le cas,

faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisé, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

Conclusion sur la confusion

En résumé les problèmes qui peuvent être causées par la tétine :

Le bébé désapprend à téter et sa succion est moins efficace.

Des moments de stimulation disparaissent.

La production de lait diminue.

Le bébé ne prend pas assez de poids.

On est ‘obligé’ de complémenter.

Les tétées ne sont plus un moment de plaisir mais de frustration, le bébé s’énerve.

Le bébé se sèvre progressivement ou d’un coup (refus du sein).

On ne s’occupe pas de problèmes tels que freins et blocages de la mâchoire, manque de tonicité musculaire…

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L’allaitement et la confusion sein-tétine : causes et alternatives

Cet article est le fruit de recherches, lectures, rencontres et expériences. L’alimentation d’un bébé est un sujet complexe qui ne peut être pris à la légère, et je ne suis ni médecin, ni pédiatre, ni consultante en lactation ibclc. En cas de problème avec votre bébé, notamment prise de poids et croissance, veillez à consulter une personne du domaine médical, de préférence avec le diplôme ibclc (international board of certified lactation consultant) qui assure des connaissances approfondies en allaitement.

L’article se compose de 3 parties : ce qu’est la confusion, les trois types de confusion et les alternatives au biberon, qui permettent de limiter le risque de confusion ou de rééduquer bébé.

I Au sujet de la confusion

  1. Le principe : trois obstacles à l’allaitement au sein

Les biberons, la tétine, les bouts de sein/téterelles sont faits de plastique et imitent la forme du sein, ou en tout cas du téton, pour nourrir l’enfant, le rassurer, ou l’aider à se nourrir.

Ces trois utilisations, bien que fort courantes et banalisées, ne sont pas des alliées de l’allaitement au sein, mais de véritables obstacles qui peuvent entretenir les problèmes que bébé a de prendre le sein, lui empêcher d’apprendre à téter, diminuer la stimulation de manière considérable, faire baisser la production et la prise de poids, conduire au sevrage par manque de lait ou refus total du bébé de téter.

Le biberon, la tétine, et les bouts de sein agissent sur deux choses propre à l’allaitement au sein :

1) le transfert de lait : ils participent au ‘blocage’ de la manière dont le lait passe de la maman au bébé

2) La production de lait à la source : ils causent une diminution de la production, voire une disparition de celle-ci sur le long terme.

La tétine (sous entendue du biberon, tétine ou bouts de sein/téterelles) peut donc conduire à l’arrêt de l’allaitement maternel au sein, soit de manière discrète et progressive sans que la mère se rende compte de ce qu’il se passe, soit de manière brutale, le jour où le bébé refuse soudainement de prendre le sein.

  1. Les mythes au sujet du risque de confusion sein-tétine

« Un mythe pour faire peur », « qu’après les 1 mois du bébé plus de risque », « qu’un bébé sait bien faire la différence », « que si ce n’est pas la mère qui donne pas de risques de confusion », « que le besoin de succion est trop intense », « que ce n’est pas une confusion mais une préférence et un choix de la part du bébé », « que tel bébé n’a jamais fait de confusion » , « bébé n’aime pas et recrache de toute manière » , « bébé aime trop le sein pour faire une confusion, « que c’est juste pour s’endormir », « qu’au moins le papa peut s’impliquer », « qu’un seul biberon ne changera rien », « la tétine / les bouts de sein ont sauvé mon allaitement »….

  1. La réalité du risque de confusion

La confusion peut arriver n’importe quand tout au long de l’allaitement, il suffit d’un biberon ou de l’utilisation même rare de la tétine. Elle n’implique pas l’intelligence de bébé, ni son amour du sein, mais la perte de repères et de réflexes musculaires, démobilise encore plus les bébés qui manquent de tonicité au niveau de la bouche et qui auraient besoin d’entraînement et de rééducation. Elle peut toucher n’importe quel bébé, n’importe quand, immédiatement ou après plusieurs mois. Et en revenir n’est pas une tâche aisée, c’est parfois impossible.

  1. Comment la confusion se manifeste-t-elle ?
  • Mauvaise prise du sein, bébé n’ouvre pas assez la bouche pour téter
  • Énervement au sein : bébé est frustré de devoir faire autant d’efforts et ne sait plus comment téter
  • Trop peu de couches mouillées car bébé n’obtient plus assez de lait
  • Prise de poids lente, voire insuffisante ou inexistante car bébé n’obtient plus assez de lait
  • Refus total de prendre le sein.
  1. Pourquoi parle-t-on de confusion ?

Parce que la tétine a été fabriquée de telle sorte à avoir un aspect ressemblant au sein, sans être exactement la même chose. Elle est plus rigide, moins souple et moins élastique. Elle va moins profond au fond de la gorge que le sein.

Malgré une ressemblance, elle suppose un autre réflexe que la tétée au sein pour obtenir du lait. Au sein, bébé avance sa langue et s’en sert pour compresser le sein, et ne se sert pas de ses gencives. Au biberon, la langue doit se mettre en arrière et ce sont les gencives qui font le travail, en pinçant la tétine. Boire au biberon ou au bout de sein ne mobilise pas autant de muscles de la succion au sein. La tétine n’est donc pas très éloignée de la forme du sein, mais plus ‘facile’ à maîtriser, un piège pour tous les bébés, et encore plus ceux qui manquent de tonicité musculaire ou sont fatigués et doivent se remettre d’un accouchement compliqué, naissance prématurée, tensions physiques, maladies etc., mais également les bébés bien portants.

  1. Existe-t-il des tétines sans risque de confusion ?

Il n’y a pas de biberon ou de tétine qui permettent d’éviter la confusion.

C’est un argument marketing utilisé par les marques pour vendre leurs produits et rassurer les mamans, et en faire de futures consommatrices de biberons et autres produits qui vont avec. Ils n’ont besoin d’aucune étude ou d’aucune ‘preuve pour l’affirmer. Il suffit de l’écrire pour que la caractéristique du produit semble crédible et que les mamans relaient cette ‘désinformation ‘. Certaines marques prétendent avoir trouver la solution. Mais leur tétine est plus rigide qu’un sein, moins malléable, le débit beaucoup trop rapide, la position de la langue pas la même qu’au sein, et le bébé est bien obligé de ‘téter’ de modifier la manière qu’il a de téter pour obtenir du lait, donc le risque est bel et bien là.

 

II Les trois types de confusion

Ces trois types de confusion sont malheureusement cumulables.

00 panneau Risque

  1. Le biberon

Ce qu’il se passe avec un biberon

  • Bébé pince avec ses gencives pour obtenir le lait, la langue et la mâchoire ne sont pas positionnées de la même manière que lorsqu’il tète au sein. Au biberon, la langue se positionne en arrière, au sein, pour téter il doit tirer la langue et s’en servir pour comprimer le sein.
  • Le débit est rapide et le lait coule sans fournir d’efforts particuliers.
  • Bébé va reproduire cette manière d’obtenir du lait sur le sein et être frustré car cela ne vient pas, ou pas assez vite.
  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • Suppression de moments de stimulation : bébé n’a plus faim donc ne va pas téter donc pas stimuler et donc pas préparer (ou ‘commander’) la montée de lait suivante
  • La production de lait diminue progressivement.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner, il va falloir complémenter davantage.
  • Bébé refuse de prendre le sein : le débit ne lui convient plus, la production de lait est faible et il ne comprend pas pourquoi il devrait faire autant d’efforts pour obtenir si peu, alors qu’au biberon ça va ‘tout seul’.

Que faire en cas de confusion avec un biberon ?

Arrêter de donner des biberons. Si le besoin de complémenter est déjà bien installé ou nécessaire pour des raisons médicales, donner dans un autre contenant qui ne présente pas ce risque et diminuer progressivement la quantité des compléments en faisant surveiller la prise de poids par un professionnel.  (liste des alternatives au biberon et explications en fin d’article) Expliquer sa démarche au bébé, le câliner, lui proposer le sein pendant le sommeil, prendre un bain avec lui, faire abstraction du reste et être patiente. Contrôler ensuite que bébé ouvre grand la bouche au sein ensuite et si ce n’est pas le cas, faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisé, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

  1. La tétine

Ce qu’il se passe avec une tétine

  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs.
  • Bébé utilise son énergie à téter la tétine et n’en a plus ou ne ressent plus la nécessité de stimuler le sein par la suite (le cas encore plus de bébés ‘fatigués’ par des circonstances particulières).
  • Suppression de moments de stimulation : bébé utilise son énergie sur la tétine donc pas stimuler et donc pas préparer (ou ‘commander’) la montée de lait suivante Sa succion au sein sera plus rare, donc la production va diminuer.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner.

Que faire ?

Supprimer la tétine. Elle n’est pas nécessaire. Donner le sein.

Tous les bébés ont un besoin de succion. C’est parfaitement normal et cela leur assure une production de lait adaptée à leurs besoins. La tétine interfère avec l’allaitement au sein, et de manière redoutable, alors que l’on croit son utilisation anodine.

Contrôler ensuite que bébé ouvre grand la bouche au sein ensuite et si ce n’est pas le cas,faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisés, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

besoinsuccion

  1. Les bouts de sein

Ce qu’il se passe avec des bouts de sein/ téterelles

  • Bébé pince avec ses gencives pour obtenir le lait, la langue et la mâchoire ne sont pas positionnées de la même manière que lorsqu’il tète sans.
  • Bébé va reproduire cette manière d’obtenir du lait sur le sein et être frustré car cela ne vient pas, ou pas assez vite.
  • Bébé désapprend à téter et/ou maintien d’un mauvais réflexe de succion.
  • Cela peut causer des crevasses et douleurs lors de tétées sans bouts de sein.
  • Sa succion au sein sera plus rare, donc la production va diminuer.
  • Sa succion au sein sera moins efficace donc la production va diminuer.
  • La prise de poids ne sera plus satisfaisante / va stagner.

(un lien vers un article très complet du Docteur Jack Newman sur les bouts de sein : http://mamanlune.com/index.php/2017/03/23/les-bouts-de-sein-jack-newman)

Que faire ?

Enlever le bout de sein en cours de tétée, proposer le sein au bébé sans lors des tétées nocturnes, prendre le temps patiemment d’apprendre à faire ouvrir la bouche à bébé, se faire accompagner dans sa démarche par d’autres mamans allaitantes, se faire montrer la position correcte par un spécialiste.

Contrôler également que bébé arrive à ouvrir la bouche en grand et si ce n’est pas le cas,

faire vérifier les freins par un orl ou stomatologue spécialisé, voir un ostéopathe pour vérifier qu’il n’y a pas de blocage de la mâchoire.

Conclusion sur la confusion

En résumé les problèmes qui peuvent être causées par la tétine :

Le bébé désapprend à téter et sa succion est moins efficace.

Des moments de stimulation disparaissent.

La production de lait diminue.

Le bébé ne prend pas assez de poids.

On est ‘obligé’ de complémenter.

Les tétées ne sont plus un moment de plaisir mais de frustration, le bébé s’énerve.

Le bébé se sèvre progressivement ou d’un coup (refus du sein).

On ne s’occupe pas de problèmes tels que freins et blocages de la mâchoire, manque de tonicité musculaire…

Facteurs qui favorisent la confusion

  • Un bébé qui a un problème de succion (freins, blocages…) et qui m’a jamais su téter correctement et qui compense en permanence
  • Baisse de la production de la mère car séparation, compléments (ou autre)  donc plus d’efforts à fournir
  • Séparation de la mère : une forme de grève de la tétée
  • La fatigue : téter demande trop d’énergie parfois surtout quand le bébé a eu un biberon et a senti que ça pouvait couler tout seul. il peut préférer la tétine, le doigt, le pouce. plutôt que de fournir l’effort au sein.
  • La facilité : très humaine. Mais par conséquent, confusion impossible à anticiper et à enrayer.

 

III Alternatives aux biberons

Il existe, pour les situations où la complémentation au lait maternel tiré ou artificiel est nécessaire, des alternatives au biberon, qui ne font pas prendre le même risque de confusion.

Voici une liste, et plus bas, des explications détaillées.

 

  1. Dispositif d’aide à la lactation (dal) / sonde gastrique ou de nutrition
  2. Tasse
  3. Bickiepegs doidy cup 
  4. Soft cup / biberon tasse
  5. Cuillère
  6. Biberon cuillère
  7. Pipette
  8. Seringue sans aiguille
  9. Tasse 360 / wow cup
  10. Verre d’apprentissage avec valve anti fuite
  11. Tasse à bec dur avec valve anti fuite –  Philips Avent no drip spout cup 260 ml

Le principe

Le principe de ces dispositifs est de demander un effort à bébé et de lui permettre de distinguer cette méthode de s’alimenter du réflexe de succion qu’il doit fournir au sein.

Il doit soit laper le lait ou l’aspirer, et le lait est obtenu à un débit modéré lui permettant d’être connecté avec sa sensation de satiété, et de ne pas faire de confusion.

Le bébé est également actif, et est d’une certaine manière ‘rééduqué’ à se servir de sa langue et ses muscles, car il doit la tirer pour obtenir du lait, et non rester passif.

 

article reprenant les différentes alternatives :

Confusion : les alternatives au biberon

 

 

On peut penser que l’inconvénient de ces systèmes est leur contenance. Mais justement, c’est magique, on peut les ré remplir ! Nourrir un bébé n’est pas du gavage, ni quelque chose que l’on fait en 5 minutes. Il faut prendre son temps, faire des pauses, laisser le bébé se connecter avec sa sensation de satiété. C’est un moment de partage, et de complicité.

 

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La perte de poids de 10% à la maternité et l’allaitement – Dr Jack Newman

Texte traduit du post du Dr Jack Newman en anglais :

https://www.facebook.com/DrJackNewman/photos/a.159771164173938.37134.138141916336863/850740375077010/?type=3&theater

Dans beaucoup d’hôpitaux, une perte de poids de 10% est utilisée comme une mesure adéquate pour savoir si l’allaitement se met bien en place et si le bébé obtient assez de lait au sein. En fait, il n’en est rien.  Cela résulte bien souvent en des bébés qui reçoivent des suppléments, souvent au biberon, et une mère et un bébé qui n’obtiennent pas l’aide nécessaire pour que l’allaitement se passe bien.

Voici quelques raisons :

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1.Dans les pays occidentaux, une grande majorité des femmes reçoivent durant le travail et l’accouchement des fluides en intraveineuse. Une partie de ces fluides est transférée au bébé et donc le bébé naît ‘sur-hydraté’ ou en ‘surpoids’. Après sa naissance, le bébé commence a éliminer ces fluides et retrouve un état d’hydratation normale. Donc le bébé ne perd pas réellement du poids et il n’est pas correct de se concentrer uniquement sur le poids pour savoir si le bébé se nourrit bien, ou s’il a besoin de prendre des compléments.

2. Si l’on utilise des balances différentes, on obtient des poids différents. Nous avons vu deux balances donner un poids différent de 400 grammes pour le même bébé, pesé à quelques heures d’écart. Dans la majorité des cas, l’écart n’est pas important mais nous avons vu deux balances, du même modèle, de la même marque indiquer une différence de poids de 85g pour le même bébé, et ce n’est probablement pas inhabituel. 85 grammes pour un bébé de 3 kg est presque 3 % de son poids donc un bébé peut perdre 3 % de son poids de naissance en fonction de la balance sur laquelle il est pesé. N’oubliez pas que la majorité des bébés sont d’abord pesés dans la salle d’accouchement et ensuite sur une autre balance dans une nursery.

3.Des erreurs en relevant le poids et en l’inscrivant sont faites de temps en temps. Nous avons des documents concernant un bébé qui pesait 2.58 kg à la naissance et 5h plus tard 3.1kg. Normalement, les bébés ne sont pas pesés toutes les 5h, mais ce qui a dû se passer c’est que quelqu’un a regardé ce bébé à 5h de vie et s’est dit « ce bébé ne peut pas peser seulement 2 ,58kg » et l’a repesé pour vérifier. Mais que se passe-t-il si la démarche était inverse ? Passer de 3,1 kg à la naissance à 2,58 kg 5h plus tard est une perte de poids de 17 %.

4. Il reste la possibilité cependant que le bébé n’obtient pas assez de lait. Puisque les mères reçoivent des fluides pendant le travail et l’accouchement, mais aussi ensuite, elles font souvent de la rétention d’eau et leur corps est rempli de fluides. Non seulement leurs doigts et leurs jambes sont gonflés, mais aussi leur tétons et leur aréoles. Le résultat est que le bébé a des difficultés à prendre le sein et donc ne parvient pas à prendre le colostrum qui est pourtant disponible.

Ce dont le bébé a besoin n’est pas l’administration automatique de compléments, mais d’abord et surtout, il a besoin d’aide pour prendre le sein correctement. Cela suppose de l’aide de la part de l’équipe médicale et des sage-femmes, qui peut être l’assouplissement par contre pression du téton et de l’aréole de telle manière à ce que le bébé puisse prendre le sein suffisamment bien pour obtenir du lait (lien sir l’assouplissement par contre pression : https://www.lllfrance.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=1375&Itemid=131 )

Malheureusement, dans trop d’hôpitaux, la première réaction est de donner un biberon de complément au bébé. Et ce qui est sûr, c’est que cela n’améliore pas sa prise du sein.

 

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Les difficultés des débuts de l’allaitement – Dr Jack Newman

Texte traduit d’un article écrit en anglais par le Docteur Jack Newman “Nipple Shields”, Toronto, January 29, 2017

Ce qui cause des problèmes au début de l’allaitement  inclue, comment la manière dont on encadre l’accouchement aujourd’hui, le manque de ‘breast crawl’ (bébé qui rampe et prend le sein de lui même), le manque de peau à peau, la séparation de la mère et de son bébé sans réelle raison, l’utilisation de seins artificiels, des tétées à heures fixes, et l’utilisation du pourcentage de perte de poids pour évaluer la qualité de l’allaitement.

Les bébés vont souvent avoir des difficultés à prendre le sein après l’accouchement à cause de grandes quantités de fluides donnés en intraveineuse à la maman pendant le travail, l’accouchement, et après. Les fluides donnés en intraveineuses pendant le travail et la naissance sont également reçus par le bébé et ont comme conséquence que le bébé est surhydraté à la naissance, donc perd plus de poids et se rapproche des 10% tellement craints de perte de poids (pour lesquels il n’y a pas de base  scientifique d’ailleurs). Et la panique commence à gagner le personnel médical. De plus, les mamelons de la mère sont souvent en proie à un œdème à cause de la sur hydratation et donc le bébé a du mal à prendre le sein. La solution pour résoudre ce problème est d’aider la mère pour que le bébé prenne le sein correctement. Cela peut signifier utiliser le “reverse pressure softening” du sein. Et cela nécessite aussi de savoir comment un bébé obtient du lait au sein. La solution n’est pas un bout de sein.

La forme du mamelon est une excuse fréquente pour utiliser des bouts de sein. Les fluides donnés en intraveineuse sont l’une des causes des ‘mamelons plats’. Une fois les fluides évacués, les mamelons ne sont plus plats, mais cela prend plusieurs jours et c’est trop tard si elle a commence à utiliser des bouts de seins. Une de nos patientes avait déjà un bout de sein installé sur elle alors qu’elle était encore sur la table  d’accouchement, avant même d’avoir essayer de mettre son bébé au sein pour la première fois. Curieusement, avec un peu d’aide à notre clinique, le bébé prit le sein, malgré d’importantes difficultés. Mais il prit le sein et continua d’être allaité exclusivement.

Aucune forme de mamelon ‘plat’, ‘inversé’ – ne doit rendre la prise du sein pour le bébé impossible et être une raison pour utiliser des bouts de sein.

Les raisons les plus courantes pour lesquelles on conseille une mère d’utiliser des bouts de sein sont les suivantes: 1. Le bébé ne prend pas le sein. 2. La mère a des crevasses. 3. Le bébé est né prématuré.

 

Comment faire avec un bébé qui ne prend pas le sein

Certains bébés ne prennent pas le sein depuis le début, et pour des raisons qui ne sont pas évidentes. Il semble que cela a toujours été su. Au début du 19e siècle, Goethe fit un commentaire à ce sujet dans sa pièce Faust où Mephistopheles dit à l’étudiant :

L’enfant auquel le sein de la mère est offert

Ne l’attrapera pas au début

Mais s’y accrochera bientôt avec enthousiasme

Et donc aux seins copieux de la sagesse

Tu boiras tous les jours avec davantage d’enthousiasme.

De nos jours, les pratiques dans les hôpitaux favorisent les solutions instantanées, mais cela doit changer et une atmosphère différente doit être créée, dans laquelle on ne précipite pas les mères et les bébés à la réussite immédiate de l’allaitement.

Il est fréquent que beaucoup de mères aient une intraveineuse pendant le travail, l’accouchement et cela a comme conséquence un œdème des mamelons et auréoles. Cet œdème va disparaître, il faut le prendre en considération et en avoir conscience car cela nous aide à patienter pour ne pas se jeter sur les bouts de sein. Il est fréquent aussi qu’une mère ait une péridurale ou une anesthésie dans la colonne vertébrale. Il y a des données qui démontrent que le bébé reçoit ces produits utilisés pendant l’accouchement et qu’ils occasionnent une confusion ou une somnolence chez eux. Encore une fois, être patient est la clé. Alors quoi faire?

  • Le breast crawl, en peau à peau tout de suite après la naissance, laisser le bébé se déplacer et trouver le sein seul est d’une importance suprême. C’est plus important que peser le bébé, le laver et tous les autres examens médicaux. Cela peut prendre une heure ou plus et bien sûr entre en conflit avec les pratiques et l’ambiance dans les hôpitaux.
  • Même après le breast crawl, les mères et les bébés doivent rester en peau à peau le plus possible
  • On devrait vérifier pour chaque bébé qu’il n’a pas de frein. Cela devrait être fait aussi systématiquement que l’on vérifie que le bébé respire.
  • Dès qu’on s’inquiète au sujet de la prise de sein ou que le bébé ne prend pas assez de lait, le lait maternel devrait être exprimé et donné au bébé à la cuillère ou à la tasse, pas par un biberon ou un bout de sein.
  • Le personnel médical, ce qui comprend les sage-femmes, les infirmières, médecins et consultantes en lactation doivent savoir comment aider un bébé qui refuse de prendre le sein alors qu’il montre des signes de faim. Il y a une ‘vraie’ technique pour aider les bébés à bien prendre le sein.
  • La mère doit être rassurée sur le fait que son bébé va finir par prendre le sein et elle devrait commencer à exprimer son lait à la main, le donner à la cuillère ou à la tasse et on doit lui enseigner la technique pour apprendre à son bébé à prendre le sein
  • Le suivi d’un bébé qui ne prend pas le sein devrait être réalisé par quelqu’un de formé.
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Les bouts de sein – Jack Newman

Texte traduit d’un article écrit en anglais par le Docteur Jack Newman “Nipple Shields”, Toronto, January 29, 2017

L’utilisation des bouts de sein est devenue quasiment une épidémie en Amérique du Nord et en Europe. Ils sont perçus comme la solution à tous les problèmes liés à l’allaitement, de la non-prise du sein par les bébés, aux crevasses, à l’utilisation systématique de ceux-ci pour les prématurés. Même la perception des mamelons de la mère comme étant ‘plats’ a souvent comme conséquence le conseil d’utiliser un bout de sein sans même prendre la peine d’essayer de mettre bébé au sein. Tout cela sans aucune vérification au préalable que les bouts de sein ne posent pas de risque à être utilisés et soient réellement efficaces “proposer des bouts de seins pendant la première semaine après l’accouchement peut sembler une solution facile pour une famille frustrée, mais cette pratique risque d’empêcher une évaluation poussée de la dyade mère-nourrisson pour déterminer ce qui gêne la mise en place de l’allaitement et qui pose problème tel qu’un mauvais transfert du lait, des crevasses, et une diminution de la production. L’utilisation envahissante des bouts de sein au tout début de l’allaitement peut envoyer le message erroné que l’allaitement est une réussite et que le risque est écarté. La facilité avec laquelle on peut se procurer des bouts de sein peut aussi donner l’impression au mères que l’utilisation de bouts de sein est une norme et que l’on a pas besoin de s’en inquiéter outre mesure. McKechnie AC, Eglash A. Nipple shields: A review of the literature. Breastfeeding Medicine 2010;5:309-314

Dans la médecine clinique, il est un fait accepté qu’il faut prouver l’absence de risques et l’utilité d’une intervention, dans ce cas l’utilisation des bouts de sein, avant de la recommander.

Les bouts de sein sont conseillés sans se préoccuper du long terme, non seulement quand on les conseille les premiers jours mais également qu’ils sont conseillés plus tard à la mère dont le bébé ne prend pas bien le sein dû à la diminution de la production de lait. Mais c’est particulièrement insidieux de l’utiliser pour que bébé prenne le sein alors qu’il y a tellement de bébés qui ne prennent pas le sein pendant les premiers jours mais qui vont le faire facilement dès que la production de lait augmente 3 ou 4 jours après l’accouchement. Les questions que l’on ne pose pas sont  :

“Comment une maman dont le bébé utilise un bout de sein va poursuivre son allaitement sur le long terme? “

“Comment une mère dans une telle situation va faire pour arrêter de se servir d’un bout de sein”

“Quel est l’effet de l’utilisation du bout de sein sur la production de lait sur le court et le long terme”

“Quels sont les effets secondaires de l’utilisation d’un bout de sein?”

Et “Que se passe-t-il lorsque les mères de ces bébés quand celles-ci oublient à la maison les bouts de sein avec un bébé qui refuse de prendre le sein autrement?”

 

La question la plus importante est “est-ce que quelque chose pourrait être fait au lieu de donner des bouts de sein”. Je suis convaincu, suite à 33 ans d’expérience passés à aider les mères allaitantes qu’il n’y a rien qui peut être fait avec un bout de sein qui ne peut pas être fait mieux sans. Le problème est que plus les bouts de sein sont utilisés, le moins les gens vont avoir l’expérience d’utiliser ou de chercher d’autres solutions. Et les bouts de sein sont une solution attrayante car cela semble fonctionner rapidement, en effet, immédiatement. On aime les solutions immédiates. Malheureusement, la patience est nécessaire pour résoudre certains problèmes d’allaitement. La mère et la personne qui souhaite l’aider doivent être patients. Il n’y a rien de terrible à attendre quelques jours qu’un bébé prenne le sein, si pendant ce lapse de temps on donne des outils à la mère pour l’y entraîner. Je dirais même qu’une grande part du travail de la consultante en lactation est de conseiller la mère et qu’une partie de ce conseil est d’enseigner la patience et de trouver une solution temporaire qui permettra de réussir l’allaitement sur le long terme. Pour chaque problème pour lequel on donne des bouts de sein, je vais proposer une vraie solution qui prend en compte l’allaitement à long terme.

 

Alors, quels sont les problèmes avec l’utilisation des bouts de sein ?

 

  1. Soyons franc : un bébé qui tète avec un bout de sein ne prend pas le sein. C’est une illusion de le croire. Téter avec un bout de sein n’est pas la même chose que téter directement. Peu importe l’épaisseur du bout de sein, ce n’est pas le sein. Donc pourquoi un bébé semble prendre le sein avec un bout de sein et n’arrive pas à prendre le sein directement sinon? Au lieu d’un bébé qui prend le sein nu, le doux, souple, pliable sein, qui est un processus mobilisant, le bout de sein qui n’est pas doux, souple ou pliable, est en fait poussé dans la bouche du bébé. Le ‘mamelon’ du bout de sein a une texture bien plus rigide que le mamelon de la mère, est plus large et plus long. Le bout de sein transforme le sein en un biberon. Avec un bout de sein dans la bouche, le bébé utilise sa langue et les muscles de ses joues de la même manière que s’il prenait un biberon ou tétait une tétine et pas de la manière dont il téterait au sein. Pour obtenir du lait, le bébé a besoin d’aspirer avec force pour obtenir du lait à partir du sein. Quand il tète directement au sein, il utilise un processus complètement différent. Il stimule le sein pour que le lait en sorte et coule vers lui. Et c’est un fait évident car il est difficile dans la plupart des cas de réussir à ce qu’un bébé qui tète avec un bout de sein prenne le sein directement. S’ils étaient aussi semblables que tout le monde le dit, pourquoi en serait-il alors ainsi?
  1. Il y a des gens qui croient qu’un bout de sein est un outil pour apprendre un bébé à téter. C’est la raison pour laquelle ils sont aussi souvent utilisés avec les bébés prématurés. Mais comme je l’ai dit plus haut, c’est une illusion.
  1. Un bébé qui tète avec un bout de sein ne prend pas le sein. Un bébé avec un bout de sein ne fera jamais ce qu’il est supposé faire s’il tétait. Et faire lâcher un bout de sein à un bébé est très facile, ce qui n’est pas le cas s’il était au sein.
  1.  L’une des raisons les plus courantes qui cause une diminution de la production de lait sur le temps est que la position du bébé et sa prise du sein n’est pas aussi bonne qu’elle devrait l’être. Par exemple, quand un bébé a un frein. Mais avec un bout de sein, le bébé ne tète pas correctement non plus, et donc avec le temps, la quantité de lait produite peut diminuer. La raison pour laquelle cela est controversé et que dans un rare nombre de cas, lorsqu’une mère commence avec une quantité abondante de lait, elle et son bébé vont s’en sortir pendant plusieurs mois, mais si la quantité de lait diminue de manière suffisante, le bébé va commencer à refuser le sein ou devenir agité au sein, avec comme résultat l’introduction de biberons. Cela arrive en général pendant les premiers semaines. De plus, si la quantité de lait produite était si abondante, il aurait été facile d’apprendre au bébé à prendre le sein correctement pendant sa première semaine.
  1. Lorsque le débit de lait est réduit à cause d’un mauvais positionnement, incluant l’utilisation d’un bout de sein, la mère peut commencer à avoir des problèmes récurrents de canaux bouchés, mastites et même abcès du sein. Les canaux bouchés et mastites arrivent au début parce que la mère produit une quantité de lait abondante mais que le positionnement n’est pas bon et que le bébé ne draine pas bien. La même situation se produit lorsqu’un bébé tète avec des bouts de sein.
  2. Alors que les bouts de sein sont sensés aider traiter les crevasses, en fait certaines mères développent des douleurs au sein avec des bouts de sein.
  1. Répétons-le, une fois qu’un bébé est habitué aux bouts de sein, il est difficile pour un bébé de prendre le sein directement. Les mères comprennent d’elles-mêmes que le bout de sein n’est pas l’idéal, mais on leur a peut-être déjà volé leur allaitement. Ceux d’entre nous qui travaillent avec des mères qui allaitent avec des bouts de sein trouvent beaucoup plus difficile de réussir à faire téter le bébé directement au sein que si le bébé avait eu des biberons. Attention, je ne dis pas par là que le biberon est une solution non plus. Plus le bébé est grand, plus c’est difficile.
  1. Un gros problème associé à l’utilisation des bouts de sein est que la mère croit que le bout de sein a réglé ses problèmes et qu’elle n’a plus besoin de faire quoi que ce soit, jusque qu’à ce qu’il soit trop tard. En général, une mère qui vient demander de l’aide, a fait diminué sa production de lait en utilisant des bouts de sein et s’est rendu compte que son bébé s’énerve au sein, n’est pas rassasié et n’obtient pas autant de lait qu’avant. Plus longtemps cela dure, plus il est difficile de remettre bébé au sein. Donc des bouts de sein + une diminution de la quantité de lait à cause du bout de sein est égale à une difficulté de plus en plus importante de faire téter bébé.

Même si certains pensent que les bouts de sein soignent certains problèmes liés à l’allaitement, le risque associé à l’utilisation de bouts de sein (voir au dessus), devrait nous faire réfléchir. N’importe quel traitement médical ou accessoire qui peut causer autant de problème, ne devrait pas être utiliser de manière aussi systématique.

 

Anticiper le ‘besoin’ de bouts de sein

Ce qui cause des problèmes au début de l’allaitement  comprend, comment la manière dont on encadre l’accouchement aujourd’hui, le manque de ‘breast crawl’ (bébé qui rampe et prend le sein de lui même), le manque de peau à peau, la séparation de la mère et de son bébé sans réelle raison, l’utilisation de seins artificiels, des tétées à heures fixes, et l’utilisation du pourcentage de perte de poids pour évaluer la qualité de l’allaitement.

Les bébés vont souvent avoir des difficultés à prendre le sein après l’accouchement à cause de grandes quantités de fluides donnés en intraveineuse à la maman pendant le travail, l’accouchement, et après. Les fluides donnés en intraveineuses pendant le travail et la naissance sont également reçus par le bébé et ont comme conséquence que le bébé est surhydraté à la naissance, donc perd plus de poids et se rapproche des 10% tellement craints de perte de poids (pour lesquels il n’y a pas de base  scientifique d’ailleurs). Et la panique commence à gagner le personnel médical. De plus, les mamelons de la mère sont souvent en proie à un œdème à cause de la sur hydratation et donc le bébé a du mal à prendre le sein. La solution pour résoudre ce problème est d’aider la mère pour que le bébé prenne le sein correctement. Cela peut signifier utiliser le “reverse pressure softening” du sein. Et cela nécessite aussi de savoir comment un bébé obtient du lait au sein. La solution n’est pas un bout de sein.

La forme du mamelon est une excuse fréquente pour utiliser des bouts de sein. Les fluides donnés en intraveineuse sont l’une des causes des ‘mamelons plats’. Une fois les fluides évacués, les mamelons ne sont plus plats, mais cela prend plusieurs jours et c’est trop tard si elle a commence à utiliser des bouts de seins. Une de nos patientes avait déjà un bout de sein installé sur elle alors qu’elle était encore sur la table  d’accouchement, avant même d’avoir essayer de mettre son bébé au sein pour la première fois. Curieusement, avec un peu d’aide à notre clinique, le bébé prit le sein, malgré d’importantes difficultés. Mais il prit le sein et continua d’être allaité exclusivement.

Aucune forme de mamelon ‘plat’, ‘inversé’ – ne doit rendre la prise du sein pour le bébé impossible et être une raison pour utiliser des bouts de sein.

Les raisons les plus courantes pour lesquelles on conseille une mère d’utiliser des bouts de sein sont les suivantes: 1. Le bébé ne prend pas le sein. 2. La mère a des crevasses. 3. Le bébé est né prématuré.

 

Comment faire avec un bébé qui ne prend pas le sein

Certains bébés ne prennent pas le sein depuis le début, et pour des raisons qui ne sont pas évidentes. Il semble que cela a toujours été su. Au début du 19e siècle, Goethe fit un commentaire à ce sujet dans sa pièce Faust où Mephistopheles dit à l’étudiant :

L’enfant auquel le sein de la mère est offert

Ne l’attrapera pas au début

Mais s’y accrochera bientôt avec enthousiasme

Et donc aux seins copieux de la sagesse

Tu boiras tous les jours avec davantage d’enthousiasme.

De nos jours, les pratiques dans les hôpitaux favorisent les solutions instantanées, mais cela doit changer et une atmosphère différente doit être créée, dans laquelle on ne précipite pas les mères et les bébés à la réussite immédiate de l’allaitement.

Il est fréquent que beaucoup de mères aient une intraveineuse pendant le travail, l’accouchement et cela a comme conséquence un œdème des mamelons et auréoles. Cet œdème va disparaître, il faut le prendre en considération et en avoir conscience car cela nous aide à patienter pour ne pas se jeter sur les bouts de sein. Il est fréquent aussi qu’une mère ait une péridurale ou une anesthésie dans la colonne vertébrale. Il y a des données qui démontrent que le bébé reçoit ces produits utilisés pendant l’accouchement et qu’ils occasionnent une confusion ou une somnolence chez eux. Encore une fois, être patient est la clé. Alors quoi faire?

  • Le breast crawl, en peau à peau tout de suite après la naissance, laisser le bébé se déplacer et trouver le sein seul est d’une importance suprême. C’est plus important que peser le bébé, le laver et tous les autres examens médicaux. Cela peut prendre une heure ou plus et bien sûr entre en conflit avec les pratiques et l’ambiance dans les hôpitaux.
  • Même après le breast crawl, les mères et les bébés doivent rester en peau à peau le plus possible
  • On devrait vérifier pour chaque bébé qu’il n’a pas de frein. Cela devrait être fait aussi systématiquement que l’on vérifie que le bébé respire.
  • Dès qu’on s’inquiète au sujet de la prise de sein ou que le bébé ne prend pas assez de lait, le lait maternel devrait être exprimé et donné au bébé à la cuillère ou à la tasse, pas par un biberon ou un bout de sein.
  • Le personnel médical, ce qui comprend les sage-femmes, les infirmières, médecins et consultantes en lactation doivent savoir comment aider un bébé qui refuse de prendre le sein alors qu’il montre des signes de faim. Il y a une ‘vraie’ technique pour aider les bébés à bien prendre le sein.
  • La mère doit être rassurée sur le fait que son bébé va finir par prendre le sein et elle devrait commencer à exprimer son lait à la main, le donner à la cuillère ou à la tasse et on doit lui enseigner la technique pour apprendre à son bébé à prendre le sein
  • Le suivi d’un bébé qui ne prend pas le sein devrait être réalisé par quelqu’un de formé.

 

Comment faire avec les crevasses

 Les crevasses sont quasiment toujours dues à une mauvaise position au sein. Peu importe ce que l’on voit de l’extérieur, si la mère a mal, quelque chose ne va pas avec la manière dont le bébé prend le sein. Une anecdote. Il y a un an environ, je me suis allé voir le petit fils d’une bonne amie à moi. Le bébé avait 36h quand je suis arrivé. La mère commençait à avoir des crevasses et le bébé n’était jamais repu et pleurait constamment. Cela m’a pris 1 minute pour régler le problème en aidant la mère à faire prendre le sein différemment de ce qu’elle faisait jusque là. Je lui montrais aussi comment compresser son sein (lien pour la compression du sein  https://goo.gl/se8Brf ) pour augmenter le débit du lait et pour la première fois le bébé fut repu et calme. Dans la plupart des cas, ce type d’interventions est plus facile à faire que si le bébé avait eu 3 semaines.

Donc, la clé pour éviter des crevasses est de s’assurer que bébé prend bien le sein et qu’il obtient suffisamment de lait. Cela signifie que rapidement après que le bébé soit né, quelqu’un doit observer une tétée et si la mère se plaint de douleurs, quelque chose doit être fait, et cela n’est pas ‘essaie un bout de sein’. Supposant que les freins ont été vérifiés, s’il y en a, ils doivent être coupés sans attendre.

D’autres mesures, telles que l’utilisation de crèmes grasses peuvent être utilisées pour soulager. Les bouts de sein ne sont pas la solution.

 

Comment faire avec les prématurés

Les bouts de sein ne sont pas une méthode qui permet d’apprendre aux bébés prématurés ou aux autres bébés à téter. Les bébés apprennent à téter en tétant et en obtenant du lait du sein.

Des études de Scandinavie mais aussi de Colombie démontrent que les bébés peuvent et devraient être capables de prendre le sein à partir de 27 semaines de gestation environ. L’approche nord américaine de ‘pas de tétées avant 34 semaines de gestation a montré être contre productive pour apprendre à téter aux bébés prématurés. L’idée qu’ils doivent se nourrir au biberon avant de pouvoir se nourrir au sein est pour le moins bizarre . (https://goo.gl/wvUjl3 et https://goo.gl/EaD8Ap )

 

Donc, qu’en est-il des mères qui disent que les bouts de sein ont sauvé leur allaitement?

Je vais me répéter: Il n’y a rien qui ne puisse faire avec un bout de sein qui ne puisse pas être mieux fait sans. Des mesures peuvent être prises pour aider les mères avec les problèmes liés à l’allaitement qui peuvent éviter le ‘besoin’ de bouts de sein. La raison pour laquelle on entend des histoires qui disent ‘les bouts de sein ont sauvé mon allaitement’ est la même que ces histoires ‘quelques biberons ont sauvé mon allaitement’. Cela peut être vrai, mais il y a toujours un meilleur moyen. Pour toutes les mères qui croient que les bouts de sein ont sauvé leur allaitement, il y a une quantité innombrables de mères qui ont expérimentépar une diminution de la quantité de lait, le refus du sein, des mamelons douloureux et un sevrage prématuré. Les moyens que nous utilisons pour aider les mères confrontées avec des problèmes liés à l’allaitement sont importants et devraient être des moyens qui permettent à la mère et au bébé de développer des compétences qui conduisent à une relation d’allaitement longue et heureuse.

 

bouts de sein:téterelle

 

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Le problème avec les bouts de sein / téterelles

Souvent, lorsque la maman est confrontée à des difficultés pour allaiter les premiers jours, on lui propose d’utiliser des bouts de sein, comme étant une solution à ses ‘problèmes’, au lieu de déterminer d’où vient le problème.

  • Bébé n’arrive pas à téter et s’énerve : c’est un problème de position, bébé n’ouvre pas assez la bouche, ne retrousse pas les lèvres. Il a besoin de s’entraîner, qu’on le positionne correctement avec patience, qu’on appuie doucement sur son menton, qu’on lui laisse le temps. A vérifier également sont un blocage éventuel de la mâchoire (ou ailleurs) par un ostéopathe, des freins qui peuvent gêner l’ouverture de la mâchoire.
  • Suite à la montée de lait, ou à l’injection de produits pendant la grossesse, les seins sont très gonflés, les mamelons pas apparents, plats ou ‘rentrés’ , les seins durs. C’est une situation temporaire, et grâce à des massages ou à l’utilisation de chaud (technique du verre d’eau chaude par exemple) on peut désengorger un peu le sein. A savoir que la succion du bébé va dans l’immense majorité des cas faire ressortir les mamelons, même avec des mamelons rentrés.
  • Les douleurs / crevasses : les mamans ne sont souvent pas informées que l’hypersensibilité des seins est normale les premiers jours et que les crevasses sont dues au mauvais positionnement du bébé. Une fois la position corrigée, les crevasses guéries, la douleur disparaît. Allaiter ne fait pas mal et ne doit pas faire mal.

Au lieu d’aider ou de proposer une solution à long terme à la maman, on lui propose quelque chose qui traitera uniquement les symptômes du problème (et encore) et pose un risque réel pour la poursuite de l’allaitement dans le temps.

Le problème avec les bouts de sein et téterelles est qu’ils peuvent causer une confusion sein-tétine, car le réflexe de succion n’est pas le même. Et bébé n’apprend jamais un réflexe de succion correct, car il doit pincer le bout de sein pour obtenir le lait.

La stimulation avec un bout de sein n’est pas aussi efficace que quand la tétée se passe en direct. Par conséquent cela peut faire diminuer la production de lait et entraîner une prise de poids insuffisante, qui stagne, voire qui diminue.

Si on vous dit le contraire, c’est du marketing, on essaie de vous vendre un produit, ou bien, c’est que la personne n’a pas de réelles connaissances en allaitement et n’est pas capable de vous aider autrement, c’est à dire efficacement, car ce n’est pas une solution à long terme.

Extrait de “Fleur de lait”  de Anna Rousseaux-De Leo

bouts de sein:téterelle

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L’Inde est devenue le plus grand marché de naissances par césarienne

article traduit de l’anglais, pour réflechir aux implications des accouchements par césarienne.

article original  : https://thelogicalindian.com/story-feed/awareness/c-section-deliveries/

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Pour gérer le recours systématique aux accouchements par césarienne dans le pays, le ministère du développement des femmes et des enfants a demandé au ministère de la santé de prendre des mesures. Il a été demandé au ministère de la santé de rendre obligatoire par la loi d’e recenser le nombre de césariennes effectuées chaque jour.

Maneka Gandhi, la ministre du développement des femmes et des enfants est allée à la recherche des données chirurgicales de tous les les hôpitaux privés pour savoir précisément quel était le nombre d’accouchements par césariennes. Le nombre d’un tel type d’accouchement est bien plus important en Inde que dans les autres pays..

Gandhi s’est basée sur une pétition intitulée « rendre obligatoire pour tous les hôpitaux de déclarer le nombre d’accouchements par césarienne » signée par 137,986 personnes sur change.org. Elle a aussi fait des recherches à partir de gynécologues pratiquant cette opération pour comprendre l’importance de la situation

Le recours frénétique à la césarienne en Inde

Le nombre alarmant de césariennes pratiquées en Inde est une préoccupation qui prend de l’ampleur en inde puisque la majorité de ses accouchements sont pratiquées en fonction d’intérêts économiques. Et c’est pour cela que la majorité des hôpitaux privés de notre pays encouragent les femmes a demander des césariennes, dont le coût minimum est de 579 euros (40 000 roupies).

Une césarienne est une incision chirurgicale dans l’abdomen et l’utérus de la femme, dans des situations où un accouchement par voie basse aurait mis un bébé ou sa mère en danger. Cependant, beaucoup de femmes décident de faire l’opération chirurgicale plutôt que d’avoir un accouchement normal.

Selon le National Family Health Survey 2015-2016, mené dans 15 états et UTs, le taux de césariennes atteint jusqu’à 87,1% dans certains états, alors que l’OMS recommande un taux de césariennes de 10-15% par pays. Chaque année, il y a une augmentation de 16,7% de césariennes en Inde, l’une des plus importante du monde.

Des femmes éduquées et informées choisissent aussi d’avoir une césarienne puisque leur médecin le leur recommande. Malgré le fait que les experts prétendent que le changement de style de vie des femmes rend difficile pour elles d’avoir un accouchement par voie basse, un accouchement naturel est toujours recommandé.

D’autres raisons sont également citées lors du choix d’avoir une césarienne telles qu’éviter la douleur typique d’un accouchement ou même des normes culturelles telles que le « mahurat baby ».

Les complications liées aux césariennes.

Les césariennes ne devraient être pratiquées que lorsque l’accouchement par voie basse présente un risque pour le bébé ou la mère. Cependant les risques liés à la césarienne sont nombreux, ce qui incluse un retard dans la disparition des douleurs liés à l’accouchement, de l’inconfort abdominale, des pertes de sang trop abondantes, des infections de l’utérus appelé endométriose et des infections de la voie urinaire ou même des cailloux de sens et adhésions. Les femmes qui ont eu une césarienne présentent le risque augmenté de douleurs pelviennes chroniques et gène pour aller aux selles.

Les bébés nés par césariennes sont plus sujets à avoir des problèmes de respiration au moment de l’accouchement et à avoir de l’asthme durant leur enfance et à l’âge adulte.

Avoir eu une césarienne augmente le risque de grossesse extra utérine, qui comprend une grossesse connue sous le nom de ‘grossesse sur cicatrice de césarienne ‘ qui se développe à l’intérieure d’une cicatrice d’une césarienne précédente. La fertilité de la femme qui a eu une césarienne est également amoindrie par comparaison à une femme qui a eu un accouchement par voie basse.

Pourquoi une naissance naturelle est préférable.

Les bébés nés par voie basse naissent généralement lorsqu’ils sont prêts à naître. Ils ont moins de problèmes respiratoires. La compression du thorax du bébé fait sortir le fluide amniotique lors de l’accouchement et prépare les poumons à respirer.

Les bébés nés par voie basse reçoivent de bonnes bactéries lorsqu’ils passent par le vagin. Ces bactéries colonisent l’intestin et sont cruciales pour le développement d’un système immunitaire équilibré, depuis l’enfance et à l’âge adulte.

Si l’accouchement par voie basse n’est pas médicamenté, le bébé ne sera pas sujet aux effets secondaires des médicaments

Le peau-à-peau entre la mère et le bébé peut se dérouler facilement après une naissance naturelle. Cela a de nombreux bénéfices physiologiques pour le bébé, incluant un développement optimal du cerveau, ainsi qu’un meilleur attachement et un allaitement réussi.

 

Le Logical Indian espère que le Ministère de la santé mettra en place des mesures positives pour ralentir la pratique effrénée des naissances par césarienne dans le pays, qui sont réalisées surtout pour prendre l’argent des patients confiants.

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Les premiers jours après la naissance. Pourquoi autant de problèmes ? – Jack Newman

Post original de Jack Newman en anglais :  https://www.facebook.com/DrJackNewman/videos/729325433885172/?pnref=story

Regardez la vidéo jointe. Ce bébé a 24 heures et tète très bien le sein. Mieux que la majorité des bébés de son âge. Comment je le sais ? grâce à la pause du menton de ce bébé quand il le baisse au maximum. Cette pause du menton signifie à l’observateur « Je viens juste de me remplir la bouche de lait » et plus la pause est longue, plus il a pris de lait. Le contraire de cela est un bébé qui prend des petites gorgées, qui tété et qui ne fait pas de pause avec son menton. Donc la conclusion de tout cela est que l’on sait quand le bébé obtient du lait et quand il n’obtient pas du lait. Un bébé n’obtient pas du lait simplement parce qu’il a le sein dans la bouche et tète. Malheureusement, trop peu de personnels médical ne le savent pas cette simple chose. C’est le cas aussi de la majorité des mères. Et donc ensuite dans les premiers jours, on rencontre des problème, non pas parce qu’allaiter est dangereux mais parce que la majorité des mères ne sont pas bien accompagnés et que la majorité du personnel médical ne sait pas comment les aider.

Et on se retrouve avec :

 

  1. Les crevasses. Allaiter ne devrait pas faire mal. Si c’est le cas, alors quelque chose ne va pas. Une anecdote. Il y a quelques mois, j’ai été appelé pour aller voir la fille d’un ami. Elle venait juste de donner naissance à un bébé et je les vu 36h après l’accouchement. La mère avait commencé à avoir des crevasses et le bébé n’était jamais apaisé après les tétées. Cela m’a pris quelques minutes au maximum d’aider la mère à positionner le bébé au sein correctement. Cela eut comme conséquence que la mère n’eut plus mal. Et ensuite, je lui expliquais comment savoir si son bébé obtenait du lait ou non, comment se servir de la compression du sein pour augmenter le flot du lait pour le bébé. Pour voir une vidéo qui montre la compression du sein utilisée avec un bébé de 2 jours, regardez https://goo.gl/dy3m0c. Pour la première fois, le bébé était repu. Et maintenant, à 5 mois, ce bébé est toujours allaité exclusivement et prend bien du poids.

 

  1. Déshydratation : la déshydratation durant les premiers jours est due à bébé qui ne prend pas assez de lait. Pourquoi cela arrive-t-il ? parce que trop de personnel médical pensent que si le bébé est au sein et tété le bébé obtient du lait. Donc les mère sont rassuré. Mais le bébé ne fait que mâchouiller, et obtient très peu de lait. Dans la plupart des cas, heureusement, la situation change lorsque la montée de lait arrives. Mais pas toujours, car certains bébés deviennent de plus en plus somnolent, puisqu’à cet âge, beaucoup de bébé s’endorment au sein lorsque le flot du lait est lent and rapidement beaucoup d’entre eux ne se réveillent plus d’eux-mêmes. Ce n’est pas un problème avec l’allaitement, ni que l’allaitement ne fonctionne pas, mais un problème avec la manière dont les mère (ne) sont (pas) aidées après l’accouchement. Elles obtiennent une aide de très pauvre qualité.

 

Incidemment, le pourcentage de perte de poids n’est pas une bonne manière d’évaluer si un bébé est allaité correctement. Pour commencer, dans beaucoup de pays occidentaux, les femmes reçoivent souvent de large quantités de fluides en intraveineuse pendant le travail et l’accouchement. Une partie de ces fluides sont récupérés par le bébé qui commence à uriner et à perdre du poids. C’est pour cela que de nombreuses couches mouillées ne vous aident pas  à savoir si le bébé obtient suffisamment de lait.

Ensuite, des erreurs sont souvent faites lorsque le bébé est pesé ou le poids inscrit de manière erroné. Mais il y a un problème avec le liquide en intraveineuse. Et c’est pour cela que beaucoup de femmes ont le corps qui gonflent avec ces liquides, et que leurs mamelons et auréoles sont enflés aussi, ce qui rend la tâche différente pour un bébé qui doit attraper le sein et obtenir du lait. Ce problème n’est pas reconnu aussi souvent qu’il le devrait car le traitement n’est pas difficile, et si commencé tôt, le bébé sera alors capable de prendre le sein correctement et d’obtenir du lait.  Regarder cette vidéo. https://goo.gl/uFVQTl Ce bébé de 3 jours tète beaucoup de lait (malgré une position loin d’être parfaite), mais la mère reçoit de la pression de la part des infirmières pour supplémenter son bébé avec du lait artificiel car le bébé à perdu plus de 10% de son poids de naissance. Heureusement, cette maman a reçu une aide d’une consultante en lactation et n’a pas supplémenter son bébé, et cette mère et ce bébé poursuivent un allaitement exclusif sans problème. A l’opposé, ce bébé  https://goo.gl/k93aAj, reçoit très peu de lait.

  1. La jaunisse : des taux élevés de jaunisse les premiers jours après l’accouchement sont souvent dû à un bébé qui n’obtient pas assez de lait et est souvent lié à de la déshydratation, mais pas toujours. LA prévention et le traitement sont les mêmes qu’avec la déshydratation. En d’autres mots, faisons fonctionner l’allaitement et assurons-nous que le bébé obtient suffisamment de lait.
  2. le bébé ne prend pas le sein : il y a plusieurs raisons pour que cela arrive, notamment les médicaments donnés à la maman pendant le travail et l’accouchement qui affectent le bébé. Oui, les médicaments donnés durant l’épidural atteignent le bébé et peuvent le rendre trop somnolent ou provoquer des difficultés de succions. Encore une fois, le gonflement des mamelons et aréoles dû aux liquides peuvent aussi avoir une part de responsabilité.

Une fois que tout cela est dit et pris en charge, les problèmes ne sont pas dus à l’allaitement mais à la manière dont on interfère avec l’allaitement et comment ceux qui sont supposer aider la mère ne savent pas comment savoir si un bébé tété efficacement ou ne savent pas comment aider. Je ne dis pas que c’est le cas de tous les professionnels de santé, mais c’est très souvent le cas.

Et enfin, des millions de bébés dans le monde ne meurent pas à cause de la mise en place de l’initiative des Hôpitaux Amis des bébés, mais plutôt des millions de bébés meurent dans le monde car ils n’ont pas été allaités. J’ai travaillé en Afrique, et je sais que c’est vrai.

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Au sujet de la confusion sein tétine

La tétine et le biberon sont tous les deux des objets culturels, qu’on pense avoir inventé pour simplifier la vie des mères, car la tétine permettrait de prendre en charge le besoin de succion, quelque fois intenses chez le nouveau-né, et de ‘libérer’ la mère de l’obligation de mettre le bébé au sein, et des pleurs liés au besoin de contact. Le biberon quant à lui permettrait de nourrir un bébé sans avoir besoin de la présence de la mère.

La tétine et le biberon représentent un risque réel pour le bon déroulement de l’allaitement car ils peuvent conduire à une diminution de la quantité produite, une mauvaise prise de poids, une complémentation ‘imposée’ et à un sevrage précoce et non voulu. Voilà comment.

La tétine présente un problème de confusion car cet objet peut :

  • Faire sauter des tétées à un bébé, en particulier lorsqu’il est fatigué après une naissance difficile ou malade. L’énergie utiliser à téter la tétine sera de l’énergie gaspillée : elle n’aura servi ni à se nourrir, ni à stimuler le mamelon pour maintenir la production. Cependant le bébé fatigué par l’effort, s’endormira, ou ne réclamera pas davantage à manger. Les mamelons auront raté une occasion d’être stimulés et n’auront donc pas enregistrer l’information selon laquelle le bébé a besoin de davantage de production. Cela peut résulter en une faible prise de poids, voire une stagnation ou perte.
  • La forme de la tétine et sa texture peuvent désapprendre au bébé à tété correctement. Il va se mettre à pincer les tétons de sa mères, en tirant uniquement sur le bout de ceux-ci créant douleurs et crevasses, incapables de les stimuler correctement et donc ne les stimulant pas suffisamment qui revient également à prendre le risque de faire diminuer la production

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Le biberon présente un risque de confusion car

  • Comme la tétine il fait sauter des tétées, et même s’il nourrit bébé, ce sont des occasions ratées de stimulation pour les mamelons, qui n’enregistrent pas l’information que bébé a besoin d’une production de lait plus importante et fréquente. Cela peut résulter en une faible prise de poids, voire une stagnation ou perte.
  • La forme de la tétine et sa texture peuvent désapprendre au bébé à tété correctement. Il va se mettre à pincer les tétons de sa mères, en tirant uniquement sur le bout de ceux-ci créant douleurs et crevasses, incapables de les stimuler correctement et donc ne les stimulant pas suffisamment qui revient également à prendre le risque de faire diminuer la production.
  • A la différence d’une tétine, la confusion avec un biberon conduira beaucoup plus vite à un sevrage, car le bébé est nourri, il va donc se détourner du sein, le refuser, s’y énerver, car il ne sera plus perçu comme source de satisfaction mais de frustration. En effet, téter demande un réel effort de la part du bébé, alors que boire un biberon est une action passive, facile.

en images :

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les différences de mécanismes (Michael Woolridge, the anatomy of infant sucking. Midwifery, 1986, 2, 164-71)

L’argument commercial selon lequel il existe des tétines (sucettes) ou tétines à biberon qui imitent le sein et ne causent pas de confusion sont tout simplement du marketing. L’industrie cherche à vendre ses produits, et pour cela tous les moyens sont bons, y compris des arguments mensongers. Car à qui cela importe que les objectifs en terme de durée d’allaitement soient atteints ? pas à ceux qui peuvent faire du profit en vendant des accessoires.

Informez-vous et faites des choix en connaissance de causes, car il existe des alternatives, tout d’abord, et ensuite parce que ‘se remettre’ d’une confusion et repartir sur un allaitement exclusif est extrêmement difficile et éprouvant, demande des efforts et du temps, et parfois même ces efforts sont vains, et la maman finit par accepter le sevrage à contre-cœur.

Les alternatives à la tétine : le sein (qui est le modèle original)

Les alternatives aux biberons : cuillère, pipette et dal (dispositif d’aide à la lactation, au sein ou au doigt) surtout pour les petits bébés, la tasse, la tasse à bec.

article au sujet du dal : http://mamanlune.com/index.php/2017/03/06/au-sujet-du-dal-dispositif-daide-a-la-lactation/

 

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