Les galères d’allaitement

Je vais parler de celles que je connais le mieux, c’est à dire les miennes. On parle souvent d’allaitement qui se passe à merveille, d’une relation épanouissante ou à l’inverse de mamans qui ont arrêté car elles avaient trop mal, plus de lait, que c’était horrible d’allaiter. Mais où se trouve la réalité? Où se trouve le concret?

On oublie souvent qu’allaiter est un voyage, avec des hauts et des bas, des coups de fatigue, des obstacles qui peuvent être plus ou moins insurmontables. Allaiter n’est pas simple. C’est comme le bonheur. Pour toucher à ces moments de plénitude absolue, il faut souvent s’armer de patience et d’ingéniosité pour continuer le voyage dans de bonnes conditions.

Je partage ici mon expérience pour témoigner de cela, dire aux mamans que non elles ne sont pas seules, que oui ce n’est pas toujours évident, et qu’on peut s’en sortir avec des fois de l’aide, du soutien ou simplement la bonne information et un peu de temps.

Lorsque j’étais enceinte de ma fille, je savais que je voulais allaiter. Que j’allais allaiter. C’était une évidence puisque le lait était le seul aliment réellement adapté à un bébé et qu’allaiter permettait de développer une relation très étroite avec son bébé. Cela correspondait à des valeurs de maternage et nutritionnelle que je souhaitais suivre.

Pour me renseigner, je lisais des posts sur les réseaux sociaux de mamans qui demandaient de l’aide parce qu’elles rencontraient des problèmes. Et sans m’en apercevoir et sans jamais poster, j’apprenais énormément. J’ai quand même arrêté de le faire vers la fin de la grossesse car cela devenait très anxiogène.

Lorsque ma fille est née, elle a été posée sur mon ventre et a ouvert ses grands yeux noirs. Elle est restée quelques minutes comme cela puis je me suis rappelé. ‘Mets la au sein’, ‘fais la téter’. Je l’ai approché et elle l’a pris en bouche. Mais fatiguée sans réel réflexe. Ensuite dans ma chambre elle pleurait et je la remettais. Ces fois ci elle avait plus de conviction et comme je l’installais mal elle me faisait des suçons violets et bien douloureux, mais personne pour m’aider à faire autrement, donc j’ai appris seule à la positionner en me plantant beaucoup.

A j-1 elle dormit plusieurs heures d’affilée sans tétée pour récupérer (au moins 6) une infirmière qui faisait les soins me dit que si elle s’énervait au sein c’était à cause de ses glaires et qu’il fallait lui donner un biberon. Et cela au lieu de m’aider à la mettre au sein correctement. Je n’ai pas eu le temps de réagir qu’elle lui faisait boire un biberon. Ebahie par le droit qu’elle s’octroyait, je n’ai pas réagi immédiatement, mais elle s’est arrêté d’elle même en voyant mon expression. J’ai eu mal. Car on est allergique dans la famille, et que je craignais les conséquences de ce liquide étranger, synthétique sur mon bébé, le symbole derrière ce qu’il venait de se passer. La confusion, car oui, il suffit d’un seul biberon pour que le bébé refuse de faire l’effort de téter. Je lui dis que je ne voulais pas de biberons pour mon bébé ni de lait artificiel. Donc on le refit plus en ma présence.

Je continuais de mettre ma fille fréquemment au sein, qui continuait de pleurer et s’énervait parfois. Elle ne semblait pas obtenir beaucoup mais je persistais. Et finalement elle ne lâchait plus le sein et je m’installais en cododo avec elle dans le lit. Une infirmière me dit ‘non mais elle prend votre sein pour une tétine! Ça va être dur de reprendre le boulot’. Je la foudroyais du regard et elle s’arrêta là.

A j-2, montée de lait et là catastrophe! Les seins aussi durs que du béton. Le téton avait disparu et s’était aplati. Mon bébé s’énervait et je ne savais pas comment l’aider à prendre le sein. Elle n’y arrivait plus. La seule infirmière du service qui souhaitait me voir réussir à allaiter m’apporta des bouts de sein. En me disant que ça pourrait peut être aider. Et avec le bout de sein, ma fille finit par téter à nouveau et a obtenir du lait. Je savais pourtant qu’il y avait des risques à utiliser les bouts de sein, pourtant je cédais.

A j-3, elle passait largement au dessus des taux normaux pour la jaunisse. Elle dût avoir une photothérapie intensive, pendant plus de 24h des cycles de 3h sous la lampe puis une pose d’1h avec moi. C’était terrible. Toujours la seule infirmière concernée par mon allaitement et la relation avec ma fille,  n’hésitait pas à me la sortir toutes les heures et demi de la machine si elle pleurait pour que je puisse la mettre au sein. Je soupçonne le service de nuit de lui avoir donner un biberon pour lui faire tenir un cycle de 3h, lorsqu’elle était dans la nursery.

Je sortais de la maternité sans problème de poids pour elle, mais avec un séjour prolongé. Et toujours dépendante des bouts de sein pour la faire téter. Cela me stressait. Ce n’était pas pratique, ni hygiénique. Et je savais que la stimulation était moindre. Alors assisse confortablement à la maison et sans regard extérieur sur mon allaitement, je pris le temps de laisser ma fille apprendre à téter sans. Et elle y arriva. 2 jours après ma sortie, je les rangeais soulagée. Un risque écarté.

Ma fille tétait toutes les 1h30 jour et nuit et aimait garder le sein en bouche endormie. Cela me convenait, elle était en permanence dans mes bras. Et la prise de poids était bonne.

Et je découvris les joies du ref (réflexe d’éjection fort) car ma fille s’étouffait au sein, hurlait de frustration et d’inconfort à cause de rots ‘coincés’ et de mon lait qui sortait en jet. Je pensais que les bébés allaités ne rotaient pas mais je compris vite que ma fille en avait besoin.

Mes seins coulaient jour et nuit, je mouillais les vêtements de mon bébé et me réveillais parfois dans une flaque. J’essayais de dormir avec des soutiens gorges et des coussinets.

Les tétées étaient sport. Je faisais des pauses, la faisais roter, reprenais et ainsi de suite. Et elle se tortillait lors de tétées et était très agitée allongée.

Le soir, tous les jours à partir de son dixième jour, elle se mit à hurler de 22h à 1h du matin, où elle s’endormait d’épuisement. Elle réclamait le sein puis hurlait le sein en bouche, se tendait, se jetait en arrière. Il était impossible de la calmer. Massage, portage, chansons ne parvenaient pas à l’apaiser. Ayant chercher des infos pendant ma grossesse et ayant continué après, je commençais une éviction stricte des produits laitiers. J’avais prise cette idée au sérieux car je savais que j’avais moi même un faible seuil de tolérance au lait sous toutes ses formes, mais puisque je n’étais pas systématiquement malade quand j’en consommais je continuais de le faire. Un mois après le début de l’éviction, ma fille arrêta de pleurer le soir. Arrêta de se tortiller durant les tétées. Fut apaisée. Et lorsque je refaisais un écart, il y avait à nouveau des épisodes de pleurs intenses.

Nous étions toutes deux des allergiques retardées aux protéines de lait de vache, avec des seuils de tolérance différents, et ma santé s’améliora aussi.

Vers ses deux mois je me suis réveillée une nuit gelée. Je frissonnais, claquais des dents et me sentais terriblement mal. J’avais un sein très gonflé, rouge, avec une plaque dessus. Mastite! La fameuse grippe du sein, lorsqu’un canal lactifère bouché s’infecte. Je me collais contre un radiateur le temps de me réchauffer. Puis je proposais sans relâche le sein à mon bébé. L’induration et la fièvre persistait et je demandais à mon mari de me ramener un chou vert. Les feuilles m’aidèrent à atténuer l’inflammation mais j’en abusais un peu. A la suite de ça mes seins devinrent mous. La fièvre disparut.  Pic? Baisse de lait? Mon bébé pleurait à nouveau au sein. Je la laissais collée à celui ci et l’allaitement repris son cours normal. Mes seins étaient alors moins gonflés, mais toujours aussi producteurs de lait, et je compris que j’étais passée à la lactation autocrine. C’était déstabilisant mais puisque j’en avais entendu parler je ne perdais pas confiance en ma capacité à allaiter. Mes seins coulaient moins (ouf) et je restais au sec.

Mon bébé gérait ses tétées  et grandissait tranquillement, avec des tétées autant la nuit que le jour.

Lorsque j’ai dû reprendre le travail, à ses 10 mois je rencontrais plusieurs assistantes maternelles qui me disaient qu’il fallait la sevrer pour la faire garder sinon elles allaient ‘galérer’. Une me proposait même de le faire 1 mois avant la reprise! Pour moi c’était impensable et je traversais des crises d’angoisse à me demander ce qu’il serait le mieux pour ma fille. L’habituer à ne plus avoir de tétées en ma présence sur mes heures de travail? Continuer à volonté? J’étais ébranlée, paniquée par cette séparation future. l’angoisse me paralysait. Heureusement des voix d’amies maternantes qui avaient déjà eu des enfants et de mamans lors d’une réunion leche league me rappelèrent que cela n’avait pas de sens de limiter les tétées, ni de l’entraîner à s’endormir sans le sein et que mon ressenti, je pouvais l’écouter. Ce lien bénéfique et de sécurité serait maintenu à travers cette période de grands changements. Je ne limitais pas les tétées, ni ne refusais le sein à ma fille. Finalement, je continuais d’être la mère de mon enfant et de m’en occuper en tant que telle. Ni plus ni moins.

Avec la première assistante maternelle embauchée, cela se passa très mal. Malgré son expérience, elle ne fut pas patiente, et ne sut ou put pas accueillir la douleur de la séparation de ma fille, la mienne. Elle me proposa de sevrer. Je refusais. Elle démissionna.

J’embauchais une nouvelle assistante maternelle à qui j’expliquais que ma fille tétait beaucoup, que je ne la sevrerai pas et qu’elle ne consommait pas d’autres laits. Que cela s’était très mal passé avec l’assistante maternelle précédente. Elle me dit de ne pas m’inquiéter. Ma fille mangeait avec appétit chez elle, et avec le temps je finis par retrouver le soir un bébé paisible, qui ne hurlait pas mais réclamait ses tétées de retrouvailles, qui avaient parfois lieu chez l’assistante maternelle.

Depuis la reprise du travail ma fille se remit à téter intensément la nuit. Et cela me soulageait. Je comprenais qu’elle avait déplacée ses tétées de la journée , maintenait ainsi la lactation et se rassurait. J’étais apaisée à l’idée d’être là pour elle et de pouvoir répondre à ses besoins au moins à ce moment là.

On me dit qu’en deux mois après la reprise je n’aurai plus de lait. Donc je décidais de louer un tire lait. Bien sûr, la pharmacie me refila un kitett. J’utilisais la machine une ou deux fois mais elle me faisait mal et malgré mon ref (que ma fille gérait depuis longtemps) je n’obtenais pas grand choses lors de mes rares tentatives (et oui il faut tirer régulièrement avec un bon tire lait et la bonne taille de téterelle pour obtenir quelque chose!). je laissais tomber.

Vers ses 16 mois les deux dents de devant ma fille avaient des caries, elles s’effritaient et avaient changé de couleur. Les fameuses caries de biberon.

Ce n’est pas une vraie galère d’allaitement car ce n’est pas lié à l’allaitement mais la majorité des gens vous diront que si. Donc autant en parler ici. J’ai frappé à toutes les portes pour trouver quelqu’un qui accepterait de la soigner. Un dentiste. On me disait que ça ne servait à rien, que c’était les dents de lait, qu’elle tomberait ou qu’il faudrait les arracher. Puis j’ai trouvé des dentistes qui l’ont fait. Bien. Ça a été très dur de soigner un bébé. Mais hors de question que cela s’aggrave, cause un abcès, abime les dents définitives, lui fasse mal et pose des problèmes pour la prononciation de certains sons. En cause? L’allaitement évidemment, en particulier la nuit. La dentiste insistait lourdement pour que je la sèvre la nuit. Espace de 4h les tétées. Mission impossible. Et je me sentais coupable. Je me suis renseignée. Pourquoi certains ont des caries d’autres non? Cela devrait être systématique avec la même alimentation pauvre en sucres? Les facteurs en cause dans un cas de mauvais émail dentaire ou défaut de minéralisation sont multiples. En premier lieu la carence en vitamine d pendant la grossesse et l’allaitement, chez la mère et l’enfant, vitamine que j’avais arrêté de donner à ma fille à cause des reflux causés, certains traitements antibiotiques pendant la grossesse et l’allaitement : je m’étais fait déminéralisée des dents et poser des couronnes… , les allergies et intolérances alimentaires non prises en compte, l’acidité de la salive, rgo / reflux, un bébé qui dort la bouche ouverte, un manque d’hygiène dentaire (il faut nettoyer dès qu’il y a des dents, même à l’eau).

Soignée et avec une complémentation quotidienne en vitamine d pour elle et moi, et une hygiène dentaire régulière la situation se stabilisa, et lors de visites de contrôle, la dentiste constata que les dents étaient en parfait état, un an après. Avec les mêmes tétées. J’avais trouvé notre solution.

Ma fille téta jusqu’à ses 2 ans et demi sans autres ‘galères’. C’était un petit gabarit mais elle suivait sa courbe parfaitement. Se soulageait de dents et maladies en tétant. Angoisses et peurs. Et elle grandissait bien. En bonne

Je n’hésitais pas à dire que ma fille était allaitée si on posait la question. J’ai eu des grimaces, de l’incompréhension, des remarques. Même si je bouillais intérieurement je répondais avec le sourire (je crois).

Vers ses deux ans, son changement de comportement au sein ainsi que mes réactions me firent penser aux symptômes d’une grossesse. Et en effet, je tombais enceinte sans retour de couches. Mes mamelons devinrent sensibles et elle était souvent frustrée par le manque de lait.

Mais elle continua à téter, à travers la baisse de lait et le passage au colostrum. Elle tenait à ses tétées d’endormissement mais se réveillait de moins en moins la nuit et se rendormait parfois sans téter. La veille de l’accouchement elle était au sein.

Quand mon fils arriva j’étais plus confiante. A peine posé sur moi, il chercha le sein, ouvrit la bouche et ne le lâcha plus. La sage femme fut très favorablement surprise par cette tétée immédiate. Et il tétait fréquemment et déglutissait, et semblait obtenir du colostrum de manière consistante.

Avant la montée de lait, il se mit à se rapprocher des 10 % de perte de poids, mais une auxiliaire me dit que c’était bien normal et qu’il fallait que je le mette bien au sein, me prévenant quand même que le lendemain, s’il ne prenait pas du poids, la sage femme imposerait un biberon. Après la montée de lait, il avait pris 60g en 6h. Naturellement, le lendemain on rentrait chez nous sans biberon. Ma fille put téter à nouveau au côté de son petit frère malgré la tempête émotionnelle qu’elle traversait.

7 jours après la naissance de mon fils, je fis une énorme mastite. Mon fils espaçait ses tétées de 3h voire plus la nuit. Une tétée de ma fille suffit à me guérir.

14 jours après sa naissance, une deuxième mastite, que mon fils soigna seul. Et là je réalisais qu’il avait un énorme muguet. On appelle cela aussi une candidose : une levure qui se se développe à outrance et peut causer douleur au bébé et à la maman, atteindre tout le système digestif, causer un érythème fessier et être une cause d’inconfort et douleurs tant que cela n’est pas traité. Bien évidemment c’est très contagieux et a tendance à récidiver.

La mort dans l’âme je consultais pour le traiter au plus vite et je sevrais ma fille pour limiter de nouvelles contaminations en lui expliquant. Elle n’eut plus de tétées depuis. Alors qu’elle le verbalisait bien, ce fut et c’est très dur pour toutes les deux, encore maintenant. Probablement la chose la plus difficile pour moi. Cela me semblait absolument injuste de ne pas lui ‘offrir’ un allaitement complet, jusqu’au sevrage naturel. Et nous adorions ce contact physique, étant toutes les deux très fusionnelles. C’était une terrible perte. Mais que je jugeais nécessaire pour permettre la guérison et un bon état de santé pour mon deuxième bébé.

Sevrer c’est un deuil. Et en parler ici m’aide à le faire.

A 1 mois il était guéri des tâches blanches dans la bouche. Et je faisais des maths, deux mastites, 1 candidose… mon bébé espaçait les tétées, ne gardait jamais le sein longtemps en bouche, avait du mal à s’installer et à tenir, pas d’effet ventouse ne semblait pas souffrir du ref (mais pas de coliques comme ma fille puisque l’éviction était toujours en cours 2 ans et demi après)… quelque chose clochait.

Pourtant il prenait bien du poids. Sa bouche peut être pas assez ouverte? A la maternité la première chose que j’avais regardé était les freins. Car je savais que c’était l’un des plus gros obstacles que l’on peut trouver à l’allaitement. Et il avait un frein de lèvre alors que ma fille n’en avait jamais eu. Mais la pédiatre m’avait dit que cela ne se coupait pas. Qu’il se déchirait tout seul lors de chutes plus tard! Rien d’évident sous la langue par contre donc je me disais que c’était bon.

Mais plus j’observais mon fils plus je remarquais des petits signes qui m’indiquait qu’il n’était pas confortable au sein. Les deux mastites indiquaient un mauvais drainage. J’avais lu, discuté des freins. Et je compris qu’il avait probablement un frein de lèvre postérieur.

Paniquée à l’idée de ne pas pouvoir partager un allaitement avec mon fils j’obtins un rdv chez un orl renommé rapidement. Il confirma la présence de deux freins, un frein de lèvre gênant et un frein de langue postérieur de type 4.

Il les coupa au lazer. Cela prit 5 secondes.

Mon bébé hurla plus de peur que d’autres choses. Il avait 1 mois et demi. Le ref avait compensé, mon bébé ne savait en fait pas téter. Du tout. Il pinçait mon sein.

A savoir qu’il y a d’autres types de freins et d’autres symptômes  : claquement, crevasses, aucun effet ventouse, prise de poids insuffisante…

Il eut mal les jours suivants et glissait sur le sein. Et découvrait enfin le ref qui le surprenait et le faisait hurler. Il me fit des mini grèves de la tétée. Mais lorsqu’il prenait le sein la différence était frappante. Je retrouvais les sensations que j’avais eu avec ma fille. Une langue puissante qui vient compresser le mamelon. D’énormes pauses de déglutition. Un bébé qui gardait le sein au bouche pour s’endormir aussi. Plus de tremblement du menton.

Il est toujours en cours de rééducation, mais je sais qu’on va s’en sortir, car il aime téter. Et que je sais ce que l’on affronte, que la patience et la connaissance sont la clé.

Voilà mon histoire d’allaitement, qui n’est pas terminée. J’espère ne rien avoir oublié.

J’ai eu peur, j’ai eu mal, je me suis sentie mal, j’ai culpabilisé, hésité, doutée de moi, angoissée…et ça m’arrivera sans doute encore. Et je ne parle pas de fatigue, parce  que je crois que c’est d’être maman qui est fatigant, pas d’allaiter.

Et je ne ferais pas les choses autrement.

Car mes bébés ont pu et reçoivent l’aliment qui s’adapte exactement à leurs besoins , pour les sourires, complicité et partages de câlins, pour le lien extraordinaire qui s’est construit et les milliards de moments de tendresse et bonheur que nous avons pu vivre et vivrons.

Il ne faut pas rester seule avec ses galères d’allaitement, il faut en parler. Avec les bonnes personnes. Quelquefois on a juste besoin de le partager, d’un peu de soutien pour retrouver du courage et traverser une  période difficile. De trouver des idées. On peut même découvrir qu’il existe des solutions avec les bonnes informations. S’adresser au bon spécialiste. Et savoir que oui ce que l’on vit n’arrive pas qu’à nous et qu’on va s’en sortir. L’aide ne vient pas à nous malheureusement, il faut aller la chercher. Trouver notre solution.

Parce qu’allaiter dans de bonnes conditions c’est tellement de bonheur. Et c’est tellement important pour nos bébés.

Je remercie les personnes, les merveilleuses femmes ou amies avec qui j’ai partagé et tellement appris, tous les spécialistes qui ont fait le travail nécessaire pour que l’allaitement se passe dans de bonnes conditions et n’ont pas jugé qu’allaiter était le problème, les réunions de maman de la leche league, toutes les personnes qui ont pris la peine de rédiger des articles et livres pour informer les mamans, le fantastique Dr Jack Newman pour son dévouement, le sociologue James Akre et son livre sur l’allaitement, mon mari, mes enfants.

Ils m’ont appris tellement de choses et ont été une source de soutien inestimable, et j’en avais besoin. Toujours aujourd’hui.

Les mamans ont une force incroyable, mais être accompagné c’est toujours précieux.

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La première rentrée – un beau livre

Première rentrée. C’est un peu l’angoisse avouons-le. Je vous propose un livre aux illustrations ravissantes et pleines de tendresse. Une narration tout en douceur qui accompagne les peurs de petit ours et lui propose des  projections positives pour l’accompagner avec bienveillance vers une rentrée sereine, une rentrée de ‘grand’ où on peut s’épanouir.

Premier matin de Fleur Oury, collection les fourmis rouges aux éditions harmonia mundi.

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Trois tétées étranges : la bonté, le deuil et le soulagement

Voici trois motifs de tétées ‘étranges’ dans la littérature. les Etats Unis, L’Inde et la France sont représentés, et les extraits ci-dessous ont été collectés avec l’autorisation de l’auteure sur le blog de la Charité Romaine qui recense les représentations de ce motif.

 

Tétée ‘famine’ : Les Raisins de la Colère, Steinbeck, 1939

A la fin de ce roman de 1939, Rose of Sharon, de la famille migrante étatsunienne des Joad, a accouché dans les pages précédentes d’un enfant mort-né. Peu de temps après, le camp est inondé, et les derniers Joad se remettent en route, à pied, pour trouver abri dans une grange. Dans un coin de celle-ci, un garçon attire leur attention sur son père qui est en train de mourir de faim. Ma (la mère) fait alors sortir tout le monde de la grange à l’exception de cet homme et de sa propre fille…..

“Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Sharon resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna un coin de la grange et se tint plantée devant l’étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s’étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Sharon écarta un coin du châle, découvrant un sein.- Si, il le faut, dit-elle. Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.- Là! Là. Sa main glissa derrière sa tête et la soutint. Ses doigts caressaient doucement les cheveux de l’homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d’elle dans l’ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire.” STEINBECK (JOHN) Les raisins de la colère. Gallimard, Paris, 1947. Traduit de l’anglais par Marcel Duhamel et M.-E Coindreau.

 

Texte original en anglais : “For a minute Rose of Sharon still in the whispering barn. Then she hoisted her tired body up and drew the comfort about her. She moved slowly to the corner and stood looking down at the wasted face, into the wide, frightened eyes. Then slowly she lay down beside him. He shook his head slowly from side to side. Rose of Sharon loosened one side of the blanket and bared her breast. “You got to,” she said. She squirmed closer and pulled his head close “There!” she said. “There.” Her hand moved behind his head and supported it. Her fingers moved gently in his hair. She looked up and across the barn, and her lips came together and smiled mysteriously.”
The Grapes of Wrath, Text and Criticism. Ed. Peter Lisca. New York: Viking, 1972, 453.

 

 

 

 

 

 

Tétée ‘Deuil’ : « Un homme meilleur », Anita Nair, 2006

 

C’est un récit qui se déroule en Inde du Sud à l’époque contemporaine.

Les explications sur la trame narrative sont en italique, le texte cité en gras.

 

Bhasi, peintre en bâtiment et guérisseur-psychothérapeute, est appelé, en pleine nuit, au chevet d’une jeune femme dont le mari et l’enfant de 6 mois ont été fauchés par un camion quelques jours auparavant. Ce sont les frères de la jeune femme qui viennent le chercher.Dans le roman, Bhasi parle à la première personne comme s’il tentait de rappeler à la jeune femme, Dayamanti, ce qui s’était passé cette nuit là :

 

Le chagrin n’a rien de beau. Tu n’avais rien de beau à ce moment-là, Damayanti.
Debout à te regarder, j’ai vu le lait tacher le tissu de ton corsage. J’ai vu ton corps chercher la bouche de ton enfant mort.
Vous avez vu ? a murmuré ta mère. Les deux premiers jours qui ont suivi l’accident, il nous a fallu lui retirer l’excès de lait à la main. Mais depuis hier, elle ne laisse plus personne la toucher.

 

La famille a tout essayé même le médecin… Alors Bhasi demande à rester seul avec la jeune femme et il lui parle

 

“Dayamanti, que puis-je faire pour alléger ce fardeau de douleur que tu portes ? Quels mots puis-je employer pour te consoler ? Je comprends ce que tu essayes de faire. Dayamanti, crois-tu que la douleur de ta poitrine pourra atténuer celle de ton âme ?”

 

Il lui parle pendant plus d’une heure, elle ne répond pas mais des larmes finissent par couler. Puis, à bout d’argument, il trouve l’audace de poser sa tête sur ses genoux, il dit alors :

 

Considère-moi comme ton enfant, ai-je murmuré. Dis-toi que je suis une créature sans défense qui a besoin d’être nourrie. Laisse-moi boire le chagrin qui s’est logé dans ta poitrine. Laisse-moi dénouer ce poing dur comme un roc et permettre à ta peine de s’épancher. Sans un mot tu as attiré ma tête vers toi et tu m’as laissé m’abreuver à ta douleur. Les larmes qui coulaient sur tes joues ont mouillé les miennes. Dans ma bouche le goût du sel s’est mêlé à celui du lait…
Deux ans plus tard, je t’ai épousée.

 

 

Tétée ‘soulagement’ : Idylle, Maupassant, 1884

Extrait de la nouvelle que l’on peut trouver en ligne.

Le train venait de quitter Gênes, allant vers Marseille et suivant les longues ondulations de la côte rocheuse, glissant comme un serpent de fer entre la mer et la montagne, rampant sur les plages de sable jaune que les petites vagues bordaient d’un filet d’argent, et entrant brusquement dans la gueule noire des tunnels ainsi qu’une été en son trou.
Dans le dernier wagon du train, une grosse femme et un jeune homme demeuraient face à face, sans parler, et se regardant par moments. Elle avait peut-être vingt-cinq ans; et, assise près de la portière, elle contemplait le paysage. C’était une forte paysanne piémontaise, aux yeux noirs, à la poitrine volumineuse, aux joues charnues

Elle était mariée; elle avait déjà trois enfants laissés en garde à sa soeur, car elle avait trouvé une place de nourrice, une bonne place chez une dame française, à Marseille.
Lui, il cherchait du travail. On lui avait dit qu’il en trouverait aussi par là, car on bâtissait beaucoup

Le sein de droite apparut, énorme, tendu, avec sa fraise brune. Et la pauvre femme geignait : “Ah ! mon Dieu ! ah ! mon Dieu ! Qu’est-ce que je vais faire ?”
Le train s’était remis en marche et continuait sa route au milieu des fleurs

Le jeune homme, troublé, balbutia : “Mais… madame… Je pourrais vous… vous soulager.”
Elle répondit d’une voix brisée : “Oui, si vous voulez. Vous me rendrez bien service. Je ne puis plus tenir, je ne puis plus.”
Il se mit à genoux devant elle; et elle se pencha vers lui, portant vers sa bouche, dans un geste de nourrice, le bout foncé de son sein. Dans le mouvement qu’elle fit en le prenant de ses deux mains pour le tendre vers cet homme, une goutte de lait apparut au sommet. Il la but vivement, saisissant comme un fruit cette lourde mamelle entre ses lèvres. Et il se mit à téter d’une façon goulue et régulière.
Il avait passé ses deux bras autour de la taille de la femme, qu’il serrait pour l’approcher de lui; et il buvait à lentes gorgées avec un mouvement de cou, pareil à celui des enfants.
Soudain elle dit : “En voilà assez pour celui-là, prenez l’autre maintenant.”
Et il prit l’autre avec docilité.
Elle avait posé ses deux mains sur le dos du jeune homme, et elle respirait maintenant avec force, avec bonheur, savourant les haleines des fleurs mêlées aux souffles d’air que le mouvement du train jetait dans les wagons.
Elle dit : “Ça sent bien bon par ici.”
Il ne répondit pas, buvant toujours à cette source de chair, et fermant les yeux comme pour mieux goûter.
Mais elle l’écarta doucement :
En voilà assez. Je me sens mieux. Ça m’a remis dans le corps.”
Il s’était relevé, essuyant sa bouche d’un revers de main.
Elle lui dit, en faisant rentrer dans sa robe les deux gourdes vivantes qui gonflaient sa poitrine:
“Vous m’avez rendu un fameux service. Je vous remercie bien, monsieur.”
Et il répondit d’un ton reconnaissant :
“C’est moi qui vous remercie, madame, voilà deux jours que je n’avais rien mangé !”

 

 

Source :

Le blog http://chariteromaine.blogspot.fr/

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La tradition du tétaïre, l’homme qui tétait

Rares sont celles qui m’ont pas connu l’engorgement de la première montée de lait, les seins lourds et douloureux, les engorgements qui ont suivi avec au matin des seins prêts à exploser. Ou encore un bébé qui refuse le sein car le débit est trop fort, le mamelon trop plat ou rentré… Et parfois même des mastites, grippes du sein, lorsque un canal lactifère bouché s’associe à un état fiévreux.

Vous connaissiez des techniques pour y faire face?

Oubliez tout.

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Jusqu’au début du 20e siècle, en France et en Espagne existaient d’autres approches pour régler ces problèmes. Elles étaient très efficaces mais pas infaillibles.

La source des informations qui suivent est ‘Le tétaïre du Sommail’ de Valérie Cabrol, un DEA d’ethnologie publié dans la collection Mémoire de la Montagne Languedoc Héraultais et le blog ‘la Charité Romaine’ pour lequel Valérie Cabrol a rédigé une note.

‘Autrefois, il y avait l’homme qui tétait les femmes’.

  1. Le tétaïre (le téteur)/ le poupaire

Dans le Tarn, le Languedoc, l’Hérault, l’Ariège et l’Aude, les femmes allaitantes jusqu’en 1930 avaient recours à des tétaïres.

Après la naissance, en cas d’engorgement, hyperlactation, canaux bouchés, mastites, abcès, décès de l’enfant, il vient téter la mère pour la soulager, aider bébé à prendre le sein ou voire même la guérir et lui sauver la vie. Au moins un cas a été rapporté où un tétaïre a sauvé la vie d’une maman gravement malade qui avait une mastite/abcès que personne n’arrivait à soigner.

Par exemple le temps que le bébé prenne assez de force et tète régulièrement le tétaire ‘pompe’ , ‘tire’ le lait en surplus.

Les tétées sont codifiées pour éviter une trop grande intimité et sont sensées être publiques, faites en présence d’autres membres de la famille. En réalité la mère se retrouve souvent seule avec le tétaïre, qui la tête debout toujours, elle debout ou allongée sur un lit. Il arrive que le tétaïre soit emmailloté pour réaliser son rôle.

Leur fonction est aussi de façonner les seins.

Ce rôle est  attribué à l’idiot du village, n’a jamais été marié. Il n’est pas payé mais nourri (parfois logé le temps du ‘traitement’ ) et reçoit des vêtements lorsqu’il a fini. Ce n’est pas considéré comme étant une profession mais un service.

Les tire laits existaient pourtant mais étaient très peu efficaces

2. Teterela/teterelo / tetarello

Dans le Languedoc au 19e siècle il y avait également des femmes qui avaient cette fonction, de téter les mères pour les soulager du surplus de lait et leur façonner les seins (mamelons plats ou retractés). Ce n’était toujours pas une profession mais un service.

3. Chiens et petits cochons

Il est rapporté également qu’on faisait recours à des petits chiens ou cochons pour désengorger les femmes du surplis de lait dans ces situations. Pour ne pas blesser la jeune mères, les petits chiens étaient emmaillotés.

  1. Enconada

A Vallès en Catalogne, il existe des enconadora dont la fonction est l’enconament. Elle est la première à donner le sein au nourrisson et lui apprend à téter. Tant qu’il ne tète pas bien, il ne tètera pas sa mère.

  1. Le lait, du mauvais sang?

Selon des croyances médicales, les montées de lait post accouchement étaient considérées du mauvais sang que le nourrisson ne devait pas ingérer. Il correspondait au sang qui aurait circulé dans le corps en boucle fermée pendant 9 mois qui aurait dû être évacué lors des règles. Une partie partait par ‘en bas’, les saignements post accouchement, et une autre partie par ‘en haut’, le lait maternel. Une femme donc, ‘bouche mercenaire’ devait téter ce lait le temps qu’il devienne ‘propre’ pour le nourrisson. D’après Hippocrate, pour un bébé garçon il fallait attendre 30 jours, une fille 42. D’après Liebault , 8 jours étaient suffisants. Puis la durée se réduit à 48h ou 24h jusqu’en 1930. On considérait que le premier lait était néfaste, la preuve en étant la couleur et l’apparence du colostrum.

en voilà des traditions intéressantes ne pensez-vous pas?

 

lien vers le post sur le blog de la Charité Romaine :http://chariteromaine.blogspot.fr/2010/10/le-tetaire-ou-la-preparation.html

‘Le tétaïre du Sommail’ de Valérie Cabrol, DEA d’ethnologie publié dans la collection Mémoire de la Montagne Languedoc Héraultais – 1996

 

 

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Je souhaite allaiter mais j’ai peur …

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  1. De n’avoir pas assez de lait

Ne pas avoir assez de lait est un mythe. L’allaitement fonctionne à la demande. Il suffit de mettre bébé au sein dès qu’il le réclame, il stimule, crée une demande et le corps produit en conséquence. Ce sont des manques de connaissances sur le fonctionnement et le rythme de l’allaitement qui font croire à certaines personnes qu’elles n’ont pas assez de lait. Et puis, c’est toujours amusant de faire croire à une jeune maman qu’un bébé ne saura pas faire son boulot ! comme si !

 

  1. D’avoir un lait pas assez nourrissant

Le lait maternel est toujours suffisamment nourrissant. Il est même l’aliment le plus calorique et riche qu’il existe pour un humain. Il a été prévu par la nature pour assurer la survie de l’espèce quand même !  Le corps va puiser dans les réserves que la mère a constitué tout au long de sa vie pour offrir le meilleur à bébé. Rien n’est plus adapté à ses besoins et sa croissance que le lait maternel. Ce n’est pas magique ?

 

  1. D’avoir les seins trop petits

La taille des seins ne correspond pas à leur capacité à produire. Bin non, des gros seins, c’est surtout beaucoup de gras ! Ce sont les glandes mammaires qui produisent du lait pas le gras ! Avec toute petite poitrine, on peut allaiter sans problème.

 

  1. De ne pouvoir rien manger

Le lait maternel est fabriqué à partir du sang, et on peut consommer de tout, en limitant les excitants (thés, cafés, sodas) s’ils affectent bébé. Ce n’est pas parce que mamie veut vous mettre au régime qu’il faut l’écouter !

 

  1. De ne pas pouvoir me soigner

C’est faux ! la majorité des traitements sont en fait compatibles avec l’allaitement, n’en déplaisent aux professionnels mal informés. Il suffit d’aller sur le site du crat et de e lactancia pour le constater, car y sont référencées les fiches de médicaments. On peut se soigner, aller chez le dentiste, avoir une anesthésie, se faire opérer tout cela en allaitant. Plus d’excuses pour éviter le médecin !

 

  1. D’abimer mes seins

C’est un mythe. Des recherches ont démontré que l’allaitement n’abîme pas les seins. Les changements hormonaux brusques, la prise ou perte de poids (rapides), l’âge, le mode de vie et un sevrage brutal sont des facteurs qui modifient l’apparence des seins. Mais pas l’allaitement. S’ils changent, ils auraient changé allaitement ou non. Alors faites du sport au lieu de vous plaindre !

 

  1. D’avoir un bébé qui refuse le sein

Un bébé ne refuse pas le sein. C’est un réflexe vital et archaïque que celui de téter, la première chose dont ils ont besoin et qui les rassure à la naissance. Soyez rassurée, si on leur laisse l’opportunité, ils fonceront dessus.

 

  1. D’avoir mal

Mais non, allaiter ne doit pas faire mal, n’en déplaise à ceux qui voudraient vous voir souffrir !  Les crevasses sont causées par une mauvaise position de bébé au sein, qu’il suffit de corriger, en éliminant les causes.

 

  1. De passer trop de temps à le faire

Avoir un bébé à la maison signifie un grand bouleversement dans l’organisation et d’être très mobilisé, allaitement ou non. Laver des biberons, les préparer, s’organiser pour avoir le matériel, acheter le lait en poudre, c’est beaucoup moins gratifiant que de partager ses moments en tête à tête avec bébé. Le lait maternel est un repas qu’on peut préparer en dormant, c’est quand même l’idéal pour les fainéantes !

 

  1. D’être trop fatiguée

Vivre une grossesse, accoucher, devenir parent, c’est fatigant.

Dans le lait maternel il y a des hormones qui aident la mère à se détendre et peuvent lui donner l’impression de ‘plâner’, mais c’est encore une astuce de la nature pour l’aider à se reposer et la pousser à récupérer. Et oui, on nous veut du bien !

 

  1. Que bébé ne fasse pas ses nuits

Faire ses nuits est un mythe et n’est pas lié à la manière de nourrir son enfant mais à la maturité du cerveau. En effet un bébé naît avec un cerveau qui n’est pas arrivé à maturité et ne sait pas enchaîner les cycles de sommeil. Son rythme de sommeil est donc souvent anarchique et changeant. C’est normal. Cela se mettra tout seul en place avec le temps, au rythme de bébé. Par ici les zombies!

 

  1. D’exclure le papa

Et oui, il n’a pas de seins lui ! enfin si, mais ça ne coule pas. Un papa a un rôle très important à jouer dans sa nouvelle famille, et dans le soutien de sa compagne et de son allaitement. Construire une relation avec son bébé ne passe pas que par le lait, mais par les contacts, portages, massages, bains, moments d’endormissements. Il n’y a pas besoin de se mettre entre la mère et son bébé pour trouver une place !

Deux des plus grands défenseurs de l’allaitement sont des hommes ! – Jack Newman et James Akre – et il y a également un site et un groupe de papallaitants, d’où les mères sont bannies 🙂

 

13. De ne plus pouvoir sortir

Sérieusement? Il n’y a pas plus pratique qu’un sein à emmener dans son sac. Et avec une écharpe on emmène bébé partout. Pas de prise de tête concernant le repas et à quelle heure bébé va avoir faim. Il est collé avec sa maman, au chaud, et le lait est prêt à servir.

 

14. D’allaiter à l’extérieur

Mais comment faire dehors ? simple ! on sort son sein et on le donne. Une écharpe, et le tour est joué. Vous aurez même des compliments ! C’est quand même plus simple que de se transporter tout un attirail. Il suffit d’emmener ses seins, le lait sera toujours servi à la bonne température.

 

15. D’être critiquée et remise en question par tout le monde

Flash info. Vous allez devenir maman. C’est le début d’une longue période où les gens vont se permettre de faire des commentaires sur tout ce que vous faites, comment vous le faites et comment il faudrait le faire. Cela ne va pas s’arrêter à l’allaitement. Il va falloir trouver vos marques. Et vous affirmer. Quitte à froisser.

 

16. De montrer mon corps

les seins ont été faits pour nourrir. Il n’y a rien dep lus naturels. Non ils ne sont pas un objet sexuel. Ils vous appartiennent à vous, ni aux hommes, ni aux bébés. Vous. Vous en faites ce que vous en voulez. Et une femme qui allaite, c’est magnifique. Ceux qui le comprennent pas, ils circulent!

 

17. Que mon conjoint soit jaloux de bébé

et oui, lui aussi il veut les seins ! C’est le moment d’avoir un peu d’imagination et de varier les plaisirs. Parce que l’allaitement ça ne dure pas toute la vie, ce sont quelques semaines, mois ou années précieuses pour un bébé, et c’est bien que papa s’en rende compte et respecte les besoins de son bébé, et ne soit pas égoîste, en faisant passer ses envies avant les siennes. De plus, il est bon de le rappeler, vos seins vous appartiennent. Vous êtes libres d’en disposer comme bon vous semble. N’en déplaisent à monsieur.

 

18.De ne pas savoir m’y prendre

On se sent parfois isolée quand on souhaite allaiter. Personne d’autre ne l’a fait, personne pour nous conseiller. Il y a en fait des gens qui s’y connaissent vraiment. Si, si ça existe ! bon, j’avoue, ça ne court pas les rues malheureusement.  Il est possible dès la grossesse de participer à des réunions de la leche league, de contacter une consultante en lactation avec le diplôme ibclc (international board of certified lactation consultant) et il existe également de véritables réseaux et groupes sur les réseaux sociaux pour venir en aide aux mamans allaitantes, ainsi que des professionnels comme le docteur jack newman pour répondre aux questions les plus complexes.

 

19. Que bébé prenne mon sein pour une tétine

Flash info bis. Les tétines ont été inventées après le sein, pour le remplacer. Oui, un bébé a besoin de téter, en même temps s’il ne le fait pas il risque de crever de faim… ça stimule et lui permet d’avoir ce qu’il lui fait. Mais ça le rassure aussi. Et c’est mieux qu’un bout de plastique froid! C’est pas si pesant que ça croyez moi d’être l’abri d’une petite boule d’mour et une source de réconfort aussi efficace. Lorsqu’il s’endormira contre vous tout sourire, vous fondrez d’amour pour lui.

 

20. Que mon bébé soit dépendant de moi.

Votre bébé vous aime. Et oui il va aimer vos seins. Mais c’est pour le meilleur. Ils le nourrissent, le réconfortent. C’est plus sympa que du plastique quand même ! L’odeur de maman, il n’y a rien de tel. Pourquoi avoir peur de l’amour ? cela n’empêchera pas votre bébé de s’attacher aux autres ni d’aimer le monde, au contraire.

 

21. De devoir arrêter à cause de la reprise du travail

Reprendre le travail ne signifie pas signer l’arrêt de mort de l’allaitement. On peut tirer son lait, pas forcément glamour, mais quand on est motivée, on est une vraie guerrière ! Maintenir les tétées lorsque l’on est avec son bébé, et il existe également des aménagements pour les femmes qui souhaitent allaiter au travail dans la loi. Et peu importe la durée de l’allaitement, celle-ci reste bénéfique pour le bébé (et sa maman).

 

N’ayez pas peur , c’est une merveilleuse aventure !

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L’importance du contact chez les nourrissons

traduction de l’article original en anglais  : https://www.sciencedaily.com/releases/2017/03/170316120502.htm

Résumé:

Les nouveaux nés découvrent le monde grâce aux contacts. Des chercheurs qui ont mesurer les réactions du cerveau de 125 nourrissons – comprenant des bébés qui sont nés prématurés et d’autres nés à terme – montrent que les premières expériences du contact ont des effets à long termes sur comment leur jeune cerveau vont réagir au toucher quand ils vont rentrer à la maison .

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Cette photo montrent comment est mesuré le fonctionnement du cerveau d’un nourrisson en utilisant des EEG d’haute densité. Credit: Nationwide Children’s

Les résultats rapportés dans Current Biology le 16 mars sont encore un autre rappel de l’importance de contacts doux pour que un développement sensitif normal chez les nourrissons. Cela a des implications particulières pour les soins que reçoivent les 15 millions de nourrissons nés prématurés chaque année, qui doivent souvent passer des longues périodes dans des unités de soins intensifs.

« S ’assurer que les bébés nés avant terme reçoivent des contacts positifs, rassurants, tels que du peau à peau avec leurs parents est essentiel pour aider leur cerveau à réagir à un contact doux de la même manière qu’un bébé qui termine la grossesse dans le ventre de sa mère réagit » explique Nathalie Maitre de Nationwide Children’s Hospital et Vanderbilt University Medical Center. « Lorsque les parents ne peuvent pas le faire, les hôpitaux devraient penser à des thérapeutes pour apporter aux bébés des expériences de contact, qui manquent souvent dans le contexte hospitalier. »

Maitre et ses collègues ont eu comme sujet d’étude 125 bébés nés avant terme âgés de 24 à 36 semaines et des nourrissons nés à terme âgés de 38 à 42 semaines. Avant que ces bébés sortent de l’hôpital, les chercheurs ont utilisé un EEG pour évaluer les réponses du cerveau à un souffle d’air comparé à un faux souffle.

De manière générale, ces évaluations ont montré que les bébés nés avant terme avaient plus de chances d’avoir une réaction cérébrale plus faible à un contact doux. De plus amples analyses montraient que la réaction au contact était plus forte lorsque les bébés dans l’unité de soins intensifs passaient plus de temps en contact avec leurs parents ou l’équipe soignante. Au contraire, le plus ces nourrissons prématurés devaient subir d’interventions médicales douloureuses, le moins leur cerveau répondait au contact doux plus tard. Cela malgré le fait que des anti douleurs et du sucre étaient donnés aux bébés pour qu’ils souffrent moins.

« On espérait évidemment constater que plus d’expériences positives de contact à l’hôpital aideraient les bébés à avoir une perception plus typique du contact lorsqu’ils rentreraient à la maison, » dit Maitre. « Mais nous fûmes très surpris de réaliser que si les bébés devaient subir plus d’interventions médicales lors de leurs premiers jours, leur sens du contact était affecté.

A partir de ces nouvelles découvertes, Maitre et ses collègues sont en train d’organiser e nouvelles manières d’apporter des contacts positifs dans les unités de soins intensifs néonatals. Ils étudient également comment la réaction du cerveau d’un bébé au contact interagit avec la réaction de leur cerveau lorsqu’ils entendent quelqu’un.

Pour les nouveaux parents, y compris ceux dont les jeunes enfants doivent subir des interventions médicales difficiles, soyez courageux : votre contact a plus d’importance que ce que vous pensez.

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Les crevasses : allaitement et douleurs

Lors de douleurs au sein les premiers jours (ou après) :

Cela peut être la nouveauté de la situation, et le fait que bébé ne sache pas encore téter correctement.

Pour cela il faut : 

  • qu’il ouvre grand la bouche et ne prenne pas  que le téton, retrousse les lèvres
  • ne pas donner de tétine/biberon/bouts de sein car la succion avec ces trois objets est différentes de celle du sein : bébé va pincer avec ses gencives, mettre la langue en arrière. S’il fait la même chose au sein, ça va faire mal.

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source de l’image : http://pharmaciebeniac-labbe-haubourdin.fr/prevention-des-crevasses/

 

Appuyer délicatement sur le menton de bébé et regarder cette excellente vidéo de mise au sein qui aborde différents sujets:

 

Donc lui laisser le temps d’apprendre à téter et vérifier :

1) les freins qui peuvent causer de très importantes douleurs- attaches sous la langue ou au niveau des lèvres qui peuvent être coupées  – un orl est la personne qualifiée pour estimer si c’est un frein gênant ou non, qui posera des problème pour l’allaitement (mauvaise stimulation, production insuffisante, reflux etc ) ou d’autres choses (acquisition du langage) – lien sur les freins :

Les freins et l’allaitement : le bébé qui ne savait pas téter

2) voir un chiropracteur pédiatrique car la mâchoire peut être bloquée ou des cervicales et donc bébé ouvre pas la bouche assez grand (accouchement compliqué, ventouse, spatule, bébé manipulé etc)

3) vérifier que ce n’est pas une infection (candidose mammaire ou autre) qui cause les douleurs….. – lien sur les candidoses mammaires https://www.lllfrance.org/1169-57-candidose

4) un engorgement peut également rendre le sein particulièrement douloureux, dû à la tension exercée par le surplus de lait dans les canaux lactifères. Dans ce cas, essayer :

Enfin pour soulager une crème grasse, mais pas castor car il y a du pétrole dedans donc  elle n’est pas comestible pour bébé et après la montée de lait, du lait gras de fin de tétée. On peut même en faire des compresses, ça cicatrise ou apaise (sauf si candidose ou champignon).

Il existe d’autres situations telles que des mères avec des sensibilités particulièrement fortes, ainsi que des vasospasmes mais cela reste extrêmement rares. – lien sur les vasospasmes  https://www.lllfrance.org/1313-vasospasme-du-mamelon

 

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Faut-il donner de l’eau à un bébé exclusivement allaité ?

En ces périodes de fortes chaleurs et canicules, qui n’a pas entendu ‘mais il/elle a soif enfin ! donne-lui à boire ! cesse de le priver et d’être égoïste!’. Est-ce vraiment nécessaire ? que répondre à ces remarques ?

Voici donc un point sur les besoins en eau d’un bébé exclusivement allaité / allaité à la demande

  1. Un petit rappel : composition du lait maternel

Le lait maternel est composé à environ 90% d’eau. Le lait de début de tétée est particulièrement hydratant, et contient des sels minéraux tels que du sodium et du potassium que l’on trouve dans les solutions de réhydratation.

C’est donc tout simplement inutile si bébé tète à la demande et a accès au sein !

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  1. Interférence avec l’allaitement

Un bébé allaité à la demande reçoit donc toute l’hydratation dont il a besoin à condition de pouvoir téter aussi fréquemment qu’il le souhaite. Si on lui donne de l’eau, son estomac sera rempli de liquide qui ne lui apporte aucune calorie, contrairement au lait maternel et peut donc faire sauter une tétée et un moment où il se serait nourri et où il aurait stimuler les mamelons. Cela interfère donc avec ses besoins nutritifs et si fait fréquemment avec la production de lait car le corps de la maman enregistrera moins de ‘demandes’. Cela peut être rapidement problématique pour un nourrisson, qui n’obtient donc pas assez à manger sous prétexte qu’il aurait soif.

  1. Une prise de risque inutile

Donner de l’eau n’est pas seulement inutile mais cela peut également cela comporter des risques.

En particulier dans les endroits du monde où l’eau à disposition n’est pas forcément potable et / ou peut contenir des bactéries et virus. Contrairement au lait maternel, qui ne rendra pas bébé malade, celui-ci peut développer des maladies en buvant de l’eau, telles qu’une diarrhée ou mêmes des infections plus graves allant jusqu’à mettre en danger sa vie.

Dans les pays où l’accès à l’eau potable est plus simple, ainsi que l’eau en bouteille, on oublie souvent que l’eau n’est pas si ‘propre’ qu’il n’y paraît. Rares sont les eaux qui ne sont pas traitées, ‘nettoyées’, par des produits chimiques. Il est vrai que la majorité des eaux en bouteilles sont contrôlées avec rigueur, mais on oublie souvent ce facteur.

 

En cas de canicule, on augmente les tétées !

 

Quand donner de l’eau alors ?

Lors de la diversification par exemple, comme une découverte d’un aliment, en petite quantité. A savoir que bébé qui tète, s’hydrate .

 

Recommendations de l’OMS : http://www.who.int/features/qa/breastfeeding/fr/

Recommendations de l’INPES : page 50 http://inpes.santepubliquefrance.fr/30000/pdf/0910_allaitement/Guide_allaitement_web.pdf

Recommendations de la leche league https://www.lllfrance.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=967&Itemid=506

lien de consoglobe : https://www.consoglobe.com/bebes-allaiter-sante-2810-cg

Etudes sur les besoins en eau dans les pays chauds (Jamaïque, Pakistan)

https://www.lllfrance.org/vous-informer/des-etudes/1524-etudes-sur-besoins-en-eau

 

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Du lait maternel, toujours plus de lait maternel!

Comment faire pour produire du lait, suffisamment de lait pour nourrir son bébé ?

Déjà pour commencer il faut avoir accouché, et que le placenta soit éjecté du corps de la mère pour que le signal soit envoyé au cerveau de produire les hormones qui permettent la production de lait au niveau des glandes mammaires. Ensuite…

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  1. Les tétées sans restriction

Sans stimulation, il ne peut pas y avoir de production. Dès ces premières minutes de vie, le bébé est mis au sein, et tète, envoyant le signale au cerveau de produire du lait. C’est l’hormone de la prolactine qui joue ce rôle et active le travail des glandes mammaires.

Un bébé a besoin de téter de manière frénétique, et très fréquente, jour et nuit. C’est un comportement instinctif, archaïque qui a permis la survie de l’espèce humaine. Cela lui permet d’obtenir la nourriture dont il a besoin pour se développer, et dans les quantités nécessaire. Si on restreint la durée des tétées, les espace, la production diminue. C’est la loi de l’offre et la demande. S’il y a demande, il y aura de l’offre. Sinon, non.

Il faut donc suivre le rythme du bébé. Du début à la fin de l’allaitement.

  1. Le peau à peau et l’ocytocine

Le peau à peau favorise l’éjection du lait, car il stimule la production d’ocytocine qui fait réagir les cellules qui libèrent le lait. Il permet également de raviver la vitalité de bébé, et de l’encourager à s’éveiller/ se réveiller, et détend la maman qui se sent étrangement connectée à son bébé.

  1. Prendre soin de soi et avoir confiance en ses capacités

La santé physique et morale doivent être prise en considération. Mieux on se sent, plus le corps fonctionne bien.

Il est important de manger varié et équilibré pour refaire des réserves de nutriments rares après l’accouchement ainsi que de s’hydrater correctement. L’excès d’eau n’est pas nécessaire, boire à sa soif suffit.

Le stress ou un choc émotionnel peuvent bloquer le réflexe d’éjection. La fatigue n’empêche pas la maman de produire du lait sinon il y aurait beaucoup de bébés qui n’auraient pas survécu.

Entendre des commentaires négatifs en permanence sur notre capacité à produire du lait nous affecte et peut nous donner l’impression d’en manquer en particulier lors de moments ‘difficiles’ à passer dans l’allaitement, les pics de croissance/ périodes de pointe, les maux de ventre de bébé, les décharges émotionnelles. La perception qu l’on a de ses capacités est donc importante !

  1. Eliminer ce qui interfère avec le transfert de lait entre le bébé et la mère

– une mauvaise prise du sein : veiller à ce que la bouche soit grande ouverte et ne prenne pas que le téton mais une partie du mamelon.

– un blocage de la mâchoire : bébé n’ouvre pas assez la bouche (consulter un ostéopathe)

– des freins : il en existe plusieurs sortes. Ils peuvent empêcher le bébé d’ouvrir correctement la bouche, donc de stimuler suffisamment. Ou réduire la mobilité de la langue et donc impacter la quantité de lait obtenue qui est alors insuffisante. (consulter un orl ou stomatologue). un article sur les freins : https://www.google.fr/search?q=freins+de+langue&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&ei=Nc1HWcDbEpDu8wexj5D4Aw

– la tétine qui modifie le réflexe de succion et supprime des tétées.

– la fatigue de bébé : qui ne tète pas assez régulièrement car il est épuisé et donc n’obtient pas assez de lait et ne stimule pas assez. Dans ce cas, il faut instaurer un rythme et lui proposer très régulièrement le sein, voire exprimer son lait et lui donner à la cuillère ou seringue pour lui permettre de reprendre des forces et d’être capable de réclamer et de faire l’effort de téter.

– les sources de frustration/ d’énervement : un réflexe d’éjection fort (lait qui sort en jet) qui épuise bébé qui finit par se décourager et ne plus téter. Plusieurs techniques permettent de l’atténuer et permettre à bébé de le gérer et de pouvoir accéder au lait gras de fin de tétée

  1. Eliminer ce qui interfère avec la production à la source

– la mauvaise prise du sein donc une stimulation peu efficace qui cause une diminution de la production

– la prise de biberons, qui supprime des moments de stimulation donc entraîne une baisse de la production.

– la tétine qui supprime des moments de stimulation, la rend moins efficace et fait sauter des tétées donc fait baisser la production.

– la contraception hormonale peut intérargir avec la production de lait chez certaines femmes

– un déséquilibre hormonal non traité

– la rétention placentaire

Dans certains cas, mais ils sont rares (5%) , des raisons physiologiques ne permettent pas à la mère de produire du lait maternel ou en quantité suffisante:

  • des glandes mammaires pas suffisamment développées (hypoplasie mammaire) mais cela n’a rien à voir avec la taille des seins
  • des canaux lactifères endommagés
  • un déséquilibre hormonal qui ne peut être traité / ne peut être traité
  • une dépression
  • une hémorragie
  • anémie
  • contraception hormonale
  • fièvre importante
  • une rétention placentaire

(un lien à ce sujet : peut-on vraiment manquer de lait quand on allaite http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2017/02/21/peut-on-manquer-de-lait/)

pour éliminer ces possibilités, et en cas de doute, contacter une consultante en lactation avec le diplôme ibclc.

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Les nuits d’un bébé

Voici un sujet de grande préoccupation pour les parents et la société. Comment un bébé dort-il, s’il se réveille et s’il réveille ses parents la nuit. Qui n’a pas entendu : « alors ça y est, il fait ses nuits ? » ou alors des jeunes parents vous annoncer avec fierté que leur nourrisson d’un mois fait « enfin » ses nuits et qu’ils arrivent à respirer et avoir un peu de temps pour eux ? Ou bien qu’on vous dise « mais tu es sûr que tu n’as pas fait quelque chose à l’envers si ton bébé ne fait pas encore ses nuits ? »

D’abord il sera question des faits biologiques concernant l’être humain et le sommeil, puis du conflit entre ces besoins physiologiques et les normes culturelles sur le sommeil, les effets du laisser pleurer, les tétées nocturnes et quelques remarques sur le cododo.

 

1 Faits biologiques : l’être humain et le développement du cerveau

a.Cerveau immature

Après les 9 mois de gestation, lorsque le nourrisson vient au monde, il est extrêmement vulnérable, contrairement aux bébés d’autres animaux qui sont déjà en mesure de tenir debout et de se déplacer.  L’être humain est en effet un cas particulier, il est probablement celui qui naît le plus vulnérable et le ‘moins’ fini. Il est incapable de se déplacer, de se nourrir, de se rassurer seul. Pourquoi ? des anthropologues ont élaborés la théorie selon laquelle le corps humain expulse le bébé non pas lorsqu’il arrive à maturité, mais lorsque le placenta n’est plus en mesure de subvenir aux besoins nutritifs du bébé correctement et que le bassin va devenir trop étroit par rapport au périmètre crânien. Le cerveau n’est donc lui aussi pas encore arrivé à maturité, et une part conséquente de cette maturation va avoir lieu à l’ex-utéro. Cette croissance ex utéro est une spécificité à l’être humain mais également ce qui fait de lui un être vivant exceptionnel, dont le potentiel et capacités de développement sont extrêmement importantes.

Un bébé humain est donc un être entièrement dépendant de ses parents. Il a besoin d’eux pour se nourrir, se rassurer, s’endormir, se déplacer, découvrir le monde.  C’est une simple réalité biologique.

« R.D Matin un anatomiste des primates et paléontologiste dit que les humains ont une gestation de 21 mois. 9 mois in utéro et 12 mois à l’extérieur. »

traduit de Meredith F Small ‘Our babies, Ourselves.’

Meredith F Small explique donc par conséquence que ‘faire ses nuits’ est un mythe culturel. La réalité biologique est que le cerveau à la naissance de l’enfant ne sait pas enchaîner les cycles de sommeil. Toutes les connexions ne sont pas prêtes, mais encore en cours de construction.

faire ses nuits

b. Instinct de survie

Mais cela répond aussi à une nécessité : celle de survivre, en s’assurant qu’on est entouré et en ne tombant pas dans un sommeil trop profond.

dormirseul

Les réveils fréquents permettent aussi au bébé de ne pas sombrer dans un sommeil trop profond et d’éviter l’apnée du sommeil, ce que démontrent les expériences sur le sommeil humain de l’anthropologue James McKenna.  Le bébé peut ainsi s’assurer qu’il est entouré et apprendre à maîtriser les différentes manières de respirer dans son sommeil s’il est en présence d’adultes. C’est donc une forme de protection contre la mort subite du nourrisson, et le rythme biologique et physiologique du bébé.

cododocitation

 

  1. Une réalité biologique en conflit avec les normes culturelles

Les ethnopédiatres étudient justement les idéologies développées au sein de chaque société concernant la manière dont il est ‘souhaitable’ d’élever les enfants, ce qui est bien pour eux, ou non, les notions qu’ils doivent acquérir pour ‘réussir leur vie’, devenir des membres productifs de la société dans laquelle ils grandissent.

Dans certaines cultures, où la vie se base sur les relations interpersonnelles, l’interdépendance n’est pas perçue comme négative mais positive, dans d’autres, comme la culture occidentale, il est important de devenir autonome, c’est à dire de savoir très vite ne pas dépendre des autres et être capable de faire tout, tout seul.

De cette idéologie, liée à l’organisation du monde du travail, est née celle du bébé qui doit faire ses nuits, pour montrer qu’il a grandi, qu’il est capable de se passer de ses parents, que ceux-ci peuvent enfin se reposer et sont déchargés de la responsabilité de le rassurer la nuit. En effet, comment vont–ils survivre autrement et se lever le matin pour aller travailler ?

Qu’oublie-t-on déjà? qu’un adulte aussi se réveille la nuit, et plusieurs fois. La majorité d’entre nous nous rendormons aussitôt et ne sommes pas conscients lors du changement de cycles de sommeil. Mais un certain nombre d’entre nous se réveillent et n’arrivent pas à se rendormir.

Ce conflit entre réalité biologique et norme culturelle aboutit souvent à des recommandations telles que le laisser pleurer, des techniques d’apprentissage du sommeil parce qu’il faut bien que le bébé comprenne qu’il doit laisser ses parents dormir la nuit.

Sauf qu’un bébé est toujours un petit bout d’être humain, un mammifère, incapable de se rassurer seul, et qu’il fonctionne toujours selon son rythme biologique et non culturel, et de son instinct qui lui dicte comment assurer sa survie : j’ai mal, j’ai trop chaud, j’ai trop froid, j’ai faim, je me sens seul, il y a quelque chose qui m’inquiète – je demande de l’aide.

« Même les experts partisans de’ l’enseignement au sommeil des enfants’ reconnaissent ce fait, l’objectif de leurs méthodes n’est pas d’obtenir que l’enfant ne se réveille plus, c’est impossible. Ce qu’ils veulent, c’est que quand il se réveille, il se taise au lieu d’appeler ses parents et se rendorme sans rien dire ». Carlos Gonzalez, Serre-moi fort.

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  1. Que se passe-t-il quand on force un enfant à se rassurer seul ?

a. Un besoin émotionnel est aussi important qu’un besoin de nourriture. Le cerveau a également besoin de se ‘nourrir’, et il le fait grâce à des hormones qui favorisent son développement (comme l’ocytocine) et la sensation de bien-être. Cette sensation de bien-être lui permet d’utiliser ses ressources sur le développement alors que l’augmentation de l’hormone du stress, le cortisol, paralyse des parties du cerveau et les forces du bébé, et ont un impact négatif sur le développement des connexions neuronales. Plus le bébé est placé dans des situations où personne ne répond à ses appels, ou reçoit son message plus il va être sensible au stress, et cette hormone produite de manière importantes, immobilisant ses autres capacités mentales et l’empêchant de devenir résilient. Cela peut aller jusqu’à modifier les gènes. Un livre à lire sur le sujet : ‘Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen.

b. Le principe de l’attachement de Bowlby. Ce n’est pas une théorie mais un principe qui a été prouvé scientifiquement. Les êtres humains pour se développer harmonieusement ont besoin de construire un lien d’attachement, une relation de confiance avec une figure, qui s’occupe d’eux au quotidien, de manière régulière et quasiment exclusive. Cette relation leur permet d’établir des repères dans leurs premières années de vie, un équilibre psychique sur lequel ils pourront s’appuyer dans le futur. Ils peuvent grâce à ce lien développer de la confiance envers le monde extérieur, les autres et en eux-mêmes. Ce lien nourrit le sentiment d’avoir de la valeur et de mériter d’être aimé et rassuré, ce qui permet d’acquérir un équilibre intérieur et de se tourner vers l’extérieur.

Ainsi s’acquiert l’autonomie, par le développement interne de ces notions : confiance, estime de soi, amour. « Un besoin comblé est un besoin qui peut être abandonné. »

Pour pouvoir se détacher il faut avoir pu s’accrocher à quelque chose.

Par ici un lien vers un pdf qui cite l’avis d’une vingtaine d’experts sur les théories d’apprentissage du sommeil et les effets délétères du laisser pleurer, qui abime la confiance que l’enfant a en lui-même, les autres, le sentiment que ce qu’il communique est entendu et a de la valeur.

http://llwynrt.legtux.org/laisserpleurer.pdf

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  1. Les tétées nocturnes : normal ou pas ?

« La norme, c’est ce que font les enfants allaités : se réveiller plus souvent à partir de 4 mois. Cela a aidé nos ancêtres à survivre. » (Carlos Gonzalez, ‘Serre-moi fort’)

Souvent, les nouvelles mamans qui allaitent découvrent avec surprise que leur bébé tète autant la nuit (voir plus) que le jour. Surprises et décontenancées, elles se demandent si c’est bien normal et tout leur entourage ne cesse de leur répéter à quel point cela doit être fatigant, et que bébé n’en a pas besoin.
Bébé en a besoin. L’allaitement la nuit est crucial pour plusieurs raisons. Il permet à bébé de continuer à stimuler le sein et de garantir une production de lait adéquate à ses besoins, car la règle veut que la production de lait s’adapte à la loi de la stimulation, et que le pic de prolactine, hormone responsable de l’allaitement ait un pic à 3h du matin. Ensuite les tétées nocturnes sont des tétées très nutritives, à savoir que le lait maternel change de composition au cours de la journée en fonction des besoins du bébé et que notamment la nuit le lait a sa forme la plus ‘pure’ c’est à dire la moins teintée par le goût de la nourriture consommée la journée. De plus, durant la nuit, bébé n’est pas distrait par des stimuli extérieurs et va téter en importantes quantités. Rappelons-nous que lorsqu’il naît, le cerveau du bébé n’est pas terminé, il a encore de nombreux câblages à faire, qui lui prendront de nombreuses années. Il est normal donc pour lui de s’alimenter la nuit, qui n’est pas distincte du jour, mais aussi parce qu’une énorme partie du câblage cérébral a en fait lieu la nuit (acquisition, croissance, découverte). La nuit est une période intense de croissance pour un bébé, il a donc besoin de s’alimenter. A cela s’ajoute que ce cerveau pas terminé n’enchaîne pas les cycles de sommeil automatiquement, ce qui est aussi une forme de protection biologique contre un sommeil trop profond prévue par la nature. Bébé se réveille pour éviter une apnée du sommeil, et un ‘oubli de respirer’, et vérifier qu’il est entouré et protéger. Pouvoir téter le tranquillise immédiatement. Téter est un réflexe ancestral, une nécessité première, une protection, un moyen de survie, l’assurance de ne pas être seul. Oui, téter la nuit est normal et même nécessaire.

 

  1. Ce qu’il se passe lorsque l’on fait du cododo

La proximité physique permet de gagner du temps de sommeil et évite les allers-retours et des phases d’éveils trop longues après lesquelles il peut être plus difficile de se rendormir.

La maman et le bébé se synchronisent, autant au niveau de la respiration, que des battements du cœur et des cycles de sommeil. Le bébé apprend donc comment à respirer en dormant.

La maman est dans un état de vigilance accrue et des expériences scientifiques montrent qu’elle vérifie à plusieurs reprises, même en dormant, que son bébé respire toujours, qu’il est couvert suffisamment, qu’il n’a pas trop chaud ou trop froid.

La dyade mère-enfant est sécurisé, paisible, se sachant proche et connectée en permanence.

Le père profite également de cette proximité physique qui provoque une production importante d’ocytocine, l’hormone de l’attachement et de l’amour, et se sent connecté à son bébé.

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Plus doux sera le nid, plus fortes seront les ailes

 

 

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